A LARTICLE SUI! LA FONTE
en bas et les jambes en I air. Cette idée était très-simple, mais il fallait la trouver et en hasarder l'execution. L’essai réussit et toutes les difficultés disparurent. Il attaqua, suivant l’expression d’atelier, le cheval au corps, ou, si l’on veut, il y plaça les jets; les jambes, ainsi qu’un conduit partant du bout du nez et sortant par le haut du moule, dresses comme des espèces de cheminées, lui offrirent alors d’excellens évents pour le dégagement de l’air et de la vapeur embrasée. La position d’une jambe pliée peut donner de l’inquiétude, et il est quelquefois à craindre que l’eflort du métal, dans son retrait vers le corps, ne la brise ou n’y cause fie graves fissures. Ajoutez alors un jet de 18 pouces de long qui, partant du sabot ou du genou, aboutisse dans l’épaisseur du moule, où son extrémité s’encastrera par une tète en champignon très-large. Vous aurez un puissant soutien ou un contrefort qui assurera la jambe contre les effets du retrait, ou qui le fera s’opérer dans le sens qui vous conviendra. Ces faux jets, qui ne sont que de prévoyance, doivent être beaucoup moins épais que les jambes. Ils suffiront, lors du retrait, à les forcer à se maintenir dans la direction que vous leur aurez donnée. Au reste, la suite des expériences de M. Soyer lui a démontré que les jambes pleines sont beaucoup moins solides que les creuses. En voici, selon lui, la raison : il pense, ce qui aurait besoin d’être constaté, que dans les jambes pleines, le bronze se cristallise en lames transversales ; tandis que lorsqu’elles sont creuses fa cristallisation s’opère en rayons qui tendent comme à un centre; ce sont, croit-il, pour ainsi dire, les claveaux d’une voûte, disposition qui, d’après ses conjectures, offre plus d’éiémens de résistance aux contours de la jambe. Mais cette cristallisation, se conduisant de deux manières différentes dans le bronze, demande à être vérifiée par les maîtres de la science métallurgique, avant que l’on puisse se rendre bien compte de ce qui donne aux parties vides plus de solidité qu’à celles qui sont pleines : car il est à croire que M. Soyer n’affirme cette particularité que d’après ses observations souvent répétées et son expérience. Il en sera de même dans toute figure pour les parties légères et saillantes que le retrait du métal peut briser ou altérer, et auxquelles il est important de donner de l’appui, ce que l’on obtient par le secours de jets subsidiaires et d’une force convenable. Ce sont autant d’étais ou de soutiens pour la pièce qui a besoin de ce renfort. Le même procédé de jets de prévoyance ou d’étais sera très-utile dans de grands chapitaux à feuilles détachées et d’une grande saillie : ils les assureront contre les effets
du retrait. Ce sont deux puissances en présence qui se combattent et tirent chacune de son côté. Le talent du fondeur est d’égaliser, autant que possible, leurs forces de manière que ce qu’elles se disputent n’aille ni d’un côté ni de l’autre, et conserve sa position. C’est à lui à varier la disposition de ses moyens suivant les formes de la statue qu’il métamorphose en bronze, et suivant les exigences du métal; et il ne peut espérer de succès brillans et durables, surtout dans la fonte des grandes pièces, qu’au prix de beaucoup de soins et de sagacité, pour prévoir et vaincre les obstacles nombreux que de tous côtés lui présente son état difficile, pénible, et qui a sans cesse à lutter contre le feu, l’eau, l’air et les métaux.
NOTES ET CORRECTIONS
Page 2, tTO lig. «le {a note, Caryophyllus, lisez Cariophilus.
l>-p lig. de la 2e col., après Levrault, ajoutez : en 181G.
Page 17, 9e lig., après l’ivoire ajoutez : le uo'Xonnyp , d’après le Lex. de Schneider, otail aussi dans le genre du ciseau, et servait à creuser le bois ou la pierre.
Page 28. Ou peut ajouter à la fin du 1er alinea : — Au reste, Diogène Laërcc n’attriliue que d’après une tradition , a laquelle il ne semble pas ajouter foi, l’inventiou de la roue du potier au philosophe Anacharsis. Strabon, l. VII, c. ni, § 9, et Se'nèque, cp. 90 , éd. Var. , t. Il, p. 412, font remarquer que cette pre'cieuse de'couverte est beaucoup plus ancienne que le philosophe scythe, puisque Homère, dans une de ses comparaisons, se sert de la roue que le potier met en mouvement. Ces vers, que Posidonius, dit Se'nèque, regardait comme intercallés dans Homère, parce qu’il s’en tenait à la tradition sur Anacharsis, sont dans l’Iliade 2, v. 000, à la fin de la description du bouclier d’Achille. La tradition qui faisait honneur à Anacharsis de l’invention de la roue du potier se trouvait rapporte'e par Ephorc, historien de la véracité' duquel Strabon ne fait pas grand éloge. Mais aussi est-il bien sûr que la description du bouclier d’Achille soit d’Homère? H me semble que c’est plus que douteux, ce que nous discuterons ailleurs. Mais ne fut-elle pas de lui, il n’en serait pas moins extrêmement probable que la roue du potier doit être l’une des plus anciennes inventions, et remonter plus haut, nonlement qu’Anacharsis, mais même qu’Homère.
Même page, 2e alinéa, lig. 3, fils d’Erechthe'c, lisez arrière-petit-fils.
Page 32. Après le 1er alinéa, on peut ajouter : Pollux, Onom., I. X, 189, fournit un beau passage, où l’on trouve très-bien l’emploi de la cire pour fondre, ainsi que nous, à cire perdue. On y voit les trous ou les jets et les évents par où s’écoule la cire fondue. Les Grecs appelaient ce moule HySos , voy. ce mot , et yoàvr\ dans le Lex. de Schneider, et ici, p. 105. Ce passage est peut-être le seul qui nous donne quelque idée de l’un des procédés des anciens dans la fonte du bronze ; et ces notions, bien que légères , modifient un peu ce que je dis p. 07, au commencement de l’article du moulage, sur l’ignorance où nous laissent les auteurs de l’antiquité sur leurs moyens de mouler et de fondre.
Page 118, 2e alinéa, 3e lig., à fine, réparations, lisez : réparages.
Dans cette même page on peut faire observer, au sujet du moulage au sable, qu’au mot yodivr} , dans le bel article du dictionnaire de Schneider, l’expression xovia, à la 2e colonne, porterait à croire que les anciens se servaient aussi de sable pour le moulage, ce mot xovia, poussière, sable, étant rapproché du "Xiyêos, moule, par Hésycbius et par Eustathe, p. 1229, Il <I>, 100. Mais il se pourrait bien , cependant, ainsi que le pensent des commentateurs d’Ilésychius, entre autres Saumaise, que dans ce grammairien, de même que chez Eustathe, on dût, au lieu de xovia, lire -yuiveiov, ou yuveia, ou '/juvia, le même que %odvv , mot par lequel on désignait le creuset. Alors, dans Hésychius et dans le savant commentateur d’Homère, on aurait réuni le moule, 'Xijêos, et le creuset, yuvict ou yasàvv , et il faudrait renoncer il l’idée de moule en sable que xovia pourrait faire naître. Au reste, les passages d’Hésychius et d’Eustathe sont très-courts et trop vagues pour donner aucune lumière bien nette sur les moules, de quelque espèce qu’ils fussent, et sur ia foute.
NOTES ET CORRECTIONS
Quelques erreurs, et îles omissions que je n’ai pu éviter, parce que les renseignemens necessaires me sont parvenus trop tard, ayant eu lieu dans l’impression de ce volume, j'ai cru ne pas devoir différer de les réparer.
Page 123, note, colonne 2, je dis que, d’après la manière dont on a scelle, au moyen de crampons, les plaques de bronze sur le noyau de la colonne de la place Vendôme, il est à craindre que ce monument ne souffre de la dilatation et du resserrement , qui n’agissent pas egalement dans la pierre et dans le métal; mais il paraît que celte crainte serait mal fondée. On est rassure par ce que M. le colonel Coutelfe a consigné dans le tome XXV, p. G19 , de la Revue encyclopédique. Les plaques ne sont pas scellées sur le noyau de la colonne , mais elles y sont adaptées et assujetties par des tenons qui passent par des trous et sont simplement arrêtés par des clavettes. Ces trous, de différentes formes, sont creusés dans la pierre de façon à laisser du jeu aux tenons et à se prêter au mouvement que la dilatation et le resserrement pourraient produire en divers sens dans le métal et dans la pierre. Le mémoire de M. Coutclle ne laisse aucun doute sur les nombreuses et ingénieuses précautions prises par M. Le Père , architecte de la colonne, pour assurer le succès de sa grande entreprise et garantir la solidité de ce beau monument.
Page 131, lig. 22, après en fonte, ajoutez : celle-ci était d’Aristonidas.
— 138, note, lig. 20, Sainte-Chapelle, lisez : Chambre des comptes.
— 163, lig. 30, Buscheto, lisez : Buschetto.
— 259, lig. 23, Pierre Calendario et Pierre -Paul, lisez : Pierre Calendario,
Pierre-Paul.
— 313, lig. 2, après Rome, lisez : par le Bramante. A la fin du 2e alinéa on peut ajouter : On voit par ce que dit Vasari , t. Vil , p. 169 , qu’il y avait deux parties très-distinctes dans l’art de faire les vitraux : il paraît que celui qui les peignait n’était pas toujours celui qui les faisait cuire. Au reste, il est tout simple qu’il en fût ainsi, et c’est ce qui a encore lieu aujourd’hui et pour les vitraux, et pour la porcelaine. Peindre les vitraux était un art; les cuire n’était qu’un métier qui ne demandait que de lhabitçde et de l’adresse. Vasari parle d’un Maso Porro de Cortone, qui était plus habile pour cuire et monter les vitraux que pour les peindre. C’était sans doute quelque peintre verrier qui, n’ayant pas bien réussi, avait trouvé plus sûr et plus facile de se livrer à la partie mécanique de sa profession : et probablement c’était sous ce rapport qu’il était très-utile au célèbre peintre-verrier Guillaume de Marseille, auquel il s’était attaché. L’éditeur de l’édition de Rome, de Vasari, se trompe, lorsqu’il dit que 1 ' Abccedario Pittorico d’Orlandi ne dit rien de Guillaume de Marseille : il se trouve à la p. 768 de léd. de Florence, sous le nom de Guglielmo di Meda da Marsiglia. Vasari, p. 164, dit que les peintures sur verre de Guillaume de Marseille étaient si belles , qu’en les voyant on ne croyait pas que ce fussent des vitraux, mais quelque chose tombé du ciel, cosa piovuta dal cielo, pour la consolation des hommes. 11 reste encore beaucoup de vitraux et de beaux tableaux à fresque et à l’huile de ce Guillaume à Rome , à Florence et surtout à Arezzo, où il s’était fixé dans les dernières années de sa vie, et où il mourut, à 62 ans, en 1537. Sa vie, parVasari, qui était son élève, offre des détails curieux sur la peinture sur verre. Parmi les bons élèves de Guillaume on citait le Pastoiuno, de Sienne; Benedetto SpAdatu , Battista Bomto, d’ Arezzo, et Michel-Ange Urbin, de Cortone.
Page 335, 2e alinéa, lig. 15, à entendre cependant, etc., refaites la phrase ainsi . à entendre cependant quelques écrivains étrangers, cette France n’eût été qu’une terre entièrement privée du goût des arts, et où ils ne vivaient, etc.
70 fi