FONTE À MOULE À NOYAU
Lorsque nous avons interrompu ( p. 74) ce qui a rapport au bronze, ce n était pas qu’il n’y eut encore beaucoup de choses à en dire; mais, d après la marche que nous avons suivie «mi rendant compte de la partie technique de la sculpture , il n’était alors important de connaître que les
premières méthodes employées dans les temps anciens pour exécuter la statuaire en bronze par les procédés de la fonte massive et du sphyrélaton. La toreutique nous conduit à présenter l’art de fondre sous un autre point de vue. Il serait inutile de chercher dans les auteurs anciens des renseignemens sur la fonte à noyau , la seule au moyen de laquelle on puisse donner à une statue coulée l’épaisseur de métal qui lui convient. Mais , comme il est impossible que pour obtenir ce résultat on n’ait pas eu recours autrefois, d’une manière ou d’une autre , à peu près aux mêmes procédés que nous , c’est de ceux d’à présent que je vais donner une idée. Quoique nous ne connaissions pas les matières dont se servaient les anciens pour faire leurs moules, et que nous n’en mettions en usage qu’un petit nombre , il se peut qu’ils en aient employé plusieurs que nous ignorons et qui remplissaient mieux que les nôtres les conditions requises pour donner de bons moules et produire de belles fontes. Cette partie matérielle de la statuaire mériterait des recherches approfondies de la part de la métallurgie et de la chimie, qui pourraient rendre ainsi de grands services à la statuaire en bronze et mériter toute sa reconnaissance.
La tonte d’une statue équestre étant sans contredit parmi les opérations de ce genre l’une des plus grandes et des plus difficiles que l’on puisse exécuter, c’est de celle-là que je rendrai compte, d’après ce qui eut lieu pour la statue equestre de Louis XV, pour celle de Henri IV par M. Leinot , et pour les deux de Louis XIV, faites l’une pour Paris par M. Bosio , et l’autre pour Lyon par M. Lemot. Elles ont été fondues par MM. Pigiani , Carbonneau et Jacquet, et il m’a été facile de recueillir sur leurs travaux tous les détails que l’on peut désirer ( 1 ).
Il y a deux manières de couler une statue de bronze au moyen d’un moule à noyau : la première dans un moule de potée , la seconde dans un moule de sable. L’une et l’autre ont leurs avantages et leurs inconvémens, que nous chercherons à balancer. C’est de la première que nous allons d’abord nous occuper. Nous commencerons par décrire le fourneau, indispensable dans les deux opérations, et de la bonne construction duquel dépend en grande partie la réussite de la fonte. Je prendrai pour exemple celui des ateliers du Roule, construit sous Louis XV, et qui est tres-bon. On peut en voir le plan et les principales coupes dans les planches 4 et 5 , où se trouve réuni ce qui a rapport au moulage en plâtre
( 1 ) H existe plusieurs ouvrages sur la fonte des statues de bronze : un article de 1 Encyclopédie, qui pourrait être plus complet ; deux descriptions in-folio trèsdétaillees des travaux exécutes pour la fonte et la mise en place des statues équestres de Louis XIV et de Louis XV (le premier de ces ouvrages est de Boffrand; et le second , de Mariette ) ; un volume m-8.° par M. Lafolic , inspecteur des travaux publics de Paris , sur la statue de
Henri IV par M. Lemot, qui avait eu pour fondeur M. Pigiani , aidé de M. Jacquet. J’ai eu surtout recours à M. Jacquet , mouleur très-habile du Musée royal , et qui a exécuté la statue en bronze de Louis XI V parM. Lemot pour la ville de Lyon : j’en ai suivi avec soin toutes les opérations dès le principe, et M. Jacquet m’a d’ailleurs donné sur ce sujet tous les rensei gnemens qui m’étaient nécessaires.
l'Ali Tl K TECHNIQUE
et ù la fonte des statues de bronze. Le tableau ci-joint donnera un aperçu préliminaire de la suite de ces operations et des details de construction qui en dépendent.
Explication des Planches 4 et 5 ( 1).