COLLECTION MATTEI
Ce grand ouvrage, en trois volumes in-folio, dont le premier comprend 106 planches; le deuxième 90; et le troisième des inscriptions et des monumens funèbres, 70, fut commence par Rodolphe Venuti, patricien, de l’academie de Cortone, qui n’interprèta qu’une partie des statues du premier volume, dont les 106 planches contiennent 109 statues divisées en 11 classes.
(1) Monumeiila Matlhœiana. — Vetera raonumenta quæ in hortis Cælimontanis et in ædibus Matthæiorum adservantur. Nunc prinium in union collecta et adnotationibns illnstrata a Rodulphino Vennti et
Johanne Christophoro Amaduzio. — Vol 1 , statuas comprehendens. — Roniæ, mdcclxxix, sumptibus Vrenanti Monaldim, bibliopolæ.
INTRODUCTION
Dans ce nombre de statues se trouve , planche 9 , un groupe moderne , Apollon et Marsyas, par Paul Olivieri , élève du Bernin. Amaduzzi travailla aussi à ce premier volume, et continua l’ouvrage jusqu’à la mort de Venuti, en 1763. Il fut aide” dans ce travail (voy. préfacé, p. lvi) par J. B. Visconti et son fils, notre Ennius Visconti, qui, attache au cabinet intime du pape Pie VI, avait déjà, depuis plusieurs années, quoiqu’il n’eut en 1763 que 21 ans, donne de nombreuses et brillantes preuves de ses grands talens et de ses vastes connaissances en archéologie. Ces deux habiles antiquaires, les deux Visconti, revirent et rectifièrent dans bien des parties le travail de Venuti sur ces statues, et reformèrent plusieurs de ses jugemens. Il paraît qu’ils contribuèrent beaucoup à l’ordre établi parmi ces statues, et à leur nomenclature, qui est ainsi classée : 1° Dieux célestes; 2° Dieux terrestres; 3° Divinités sylvestres; 4° Demi-dieux ou dieux indigètes; 5° Déesses vertus; 6° Ministres des dieux et prêtres; 7° Consuls, magistrats; 8° Empereurs; 9° Rois barbares; 10° Mélanges; 11° Statues couchées. Peut-être cette classification paraîtra-t-elle un peu singulière pour un si petit nombre de statues, et il est à croire que si Visconti l’eut revue plus tard il y aurait apporté quelques modifications. Amaduzzi reconnaît qu’il y a beaucoup à redire au dessin et à la gravure d’un bon nombre de ses planches , quoiqu’on les eût rectifiées autant que la chose avait été possible. Il a grande raison de faire cet aveu et de ne pas les défendre , car en général elles sont très-mauvaises, grossièrement terminées, sans correction, sans caractère et sans exécution. Elles ne servent, pour ainsi dire, qu’à faire à peu près connaître la pose des statues, bien que la dimension qu’on leur a donnée, de 9 à 10 pouces, se prêtât à ce que les figures fussent très-bien rendues pour l’ensemble et pour les détails. Les noms des graveurs ne sont pas indiqués, et au fait, c’est dans leur intérêt. II est fort à regretter qu’une aussi belle collection n’ait pas été reproduite par des mains plus habiles et plus dignes d’elle. II l’est aussi que Jean-Baptiste Visconti et notre grand antiquaire n’y aient pas plus travaillé, et qu’ils y aient laissé une part beaucoup trop forte à Venuti et à Amaduzzi, qui dans ses additions et ses corrections n’en apprend pas plus que Venuti, qu’il veut redresser. Le texte est très-peu de chose; pas un mot pour l’art : de l’érudition, et de l’érudition, très-souvent sans goût et très-commune; rien ni du marbre, ni de la matière des statues, pas plus que des mesures et des restaurations, et silence absolu sur leur provenance. De pareils ouvrages, qui se présentent avec une sorte de pompe, loin d’inspirer le goût de l’antiquité et de ses arts, seraient plus propres à en dégoûter.
Cette magnifique collection de statues, de bustes, de bas-reliefs et d’inscriptions était à la villa Mattéi, bâtie par Jacob Duca, au milieu de superbes jardins, et dans le palais Mattéi, près du cirque de Flaminius. Elle avait été formée par Cyriaque et Asdrubal Mattéi et le marquis José Mattéi. En 1779, ces jardins, la villa et le palais avaient changé de face : les monumens n’y étaient plus et ils avaient en partie, surtout les inscriptions, passé au Vatican, au Capitole et dans d'autres collections. On peut consulter sur la collection Mattéi: Pirro Ligorio ( Villa Tiburtina , etc, Romæ, 1551