MUSÉE FRANÇAIS
Le Musée Français, grand in-folio, est en quatre volumes ou 80 livraisons, chacune de 4 planches, dont une pour la sculpture, ce qui ne ferait que 320 planches, cependant il en a 344. Il contient, divises en quatre sections, les tableaux et les antiques les plus remarquables du musée du Louvre, tel qu’il existait en 1814, et tel qu’il existerait encore sans le funeste retour de l’île d’Elbe : tableaux d’histoire , tableaux de genre et portraits, paysages, statues antiques. Nous aurons souvent occasion de citer ce brillant ouvrage commence' en 1 79 1 , avec l’autorisation de Louis XVI, par Pierre Laurent, graveur du roi. Deux ans après, les travaux furent suspendus pendant quelque temps, la société, formée par Pierre Laurent, fut dissoute. Dans ces circonstances désastreuses pour les arts, deux sociétés nouvelles se formèrent, et n’eurent d’autre résultat que d’ajouter peu de chose aux travaux préparatoires. En 1802, M. Pierre Laurent s’associa avec M. Robillard-Péronville , et la publication commença sous le nom de Musée Français.
Ce magnifique ouvrage, recueil le plus riche qui ait jamais paru, et qui fait le plus grand honneur à nos dessinateurs et à nos graveurs, et à plusieurs de ceux des étrangers, fut continué jusqu’en 1811 avec le plus grand succès. En 1806, une médaille d’or fut décernée à MM. Robillard et Laurent. Les explications des tableaux sont de MM. Croze-Magnan jusqu’à la 36e livraison, les autres de M. Eméric-David. Les antiques ont été interprétés par Visconti. Le prix des dessins de cette immense collection fut d’abord de 200 à 500 francs; celui des planches de 1,500 à 6,000 francs; et, dans les dernières années, les prix allèrent pour les dessins de 400 à 500 francs, et pour les planches de 2,000 à 10,000 francs. Toute cette vaste entreprise, qui a demandé neuf ans de travail, a occasionné une dépense de 950,000 francs. La livraison coûtait 48 francs et 96 avant la lettre. Ne considérant ce recueil que sous le rapport des monumens antiques, je me bornerai à dire qu’il contient 75 statues, et, quoiqu’on eût le projet de donner toutes celles du Musée , on avait commencé par les plus belles. Mais il n’y a que 4 bustes, 6 bas-reliefs, 2 candélabres et 2 trépieds, en tout 89 monumens antiques. En 1820, le fonds de ce superbe ouvrage, comprenant les dessins, les planches, un grand nombre d’exemplaires, dont beaucoup avant la lettre, un magasin de papier, a été vendu aux enchères et adjugé à très-bas prix à M. le marquis d’Aligre; il a passé depuis en d’autres mains. On a fait un nouveau tirage des planches, et du texte une nouvelle édition en 25 livraisons à 50 francs. Les planches ont reçu un autre classement par école et par maître; le texte, imprimé chez M. Jules Didot, 1829, 1830, abrégé par M. Duchesne aîné, a été donné en français et en anglais, et cette nouvelle édition, quoiqu’elle ait fait tomber dans les ventes la valeur marchande de la première, ne la rend que plus précieuse aux amateurs assez heureux pour la posséder.
INTRODUCTION
Les planches et les pages du texte du Musée Français n’ètant pas numérotées, on ne peut citer que le volume.
La plupart des meilleurs dessinateurs et graveurs de notre école ont développe tout leur talent dans les planches du Musée Français, et c’est un titre d’y avoir travaille. Mais la nomenclature en étant très-nombreuse , je ne donnerai les noms que de ceux auxquels on doit les dessins et les planches des antiques.