‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 29 sur 436 · STATUES DE ^HIPPODROME CITEES PAR L’ANONYME · texte numérisé non relu

STATUES DE ^HIPPODROME CITEES PAR L’ANONYME

Adam et Eve.

Auguste.

Chevaux de bronze doré ( Quatre ).

Diane.

Dioclétien.

ÉleuthÉrius, secrétaire de Constantin.

Faim ( La).

Femme dans un quadrige doré ; peut-être Minerve.

Firmitius, bossu.

Gratien (L’empereur).

Hyène, venue d’Antioche.

Irène, mère de Constantin VI.

Minerve assise (Vérine, femme de Léon le Grand).

Prospérité (La).

Quadrige doré, transporté du Miüiaire à l’Hippodrome par Constantin le Grand. C’était un quadrige différent de celui des chevaux de Venise, qui ne fut apporté de Chios que sous Théodose le Jeune; ce quadrige avait été placé par

Constantin après sa victoire sur Azotius, et lorsqu’il fut proclamé empereur, à l’endroit même où Byzas, fondateur de Byzance , avait été élu roi. Sur le char était une femme de haute stature , qui portait à la main la statue de ta Fortune de la ville. Tous les ans, à l’anniversaire de la fondation de Constantinople, on la promenait en pompe dans la ville ; elle était ensuite déposée pendant quelques jours au sénat. Ce char et la statue sont les mêmes que le quadrige qu’on dit avoir été à la Neolœa , partie nouvelle de l’Hippodrome.

Sanglier de bronze.

ScyllA saisissant Ulysse.

Serpents enlacés (Trois).

Soleil (Quadrige du).

Théodose le Grand.

Valentinien Ier.

Vérine. Voyez Minerve.

Péra. — L’Anonyme rapporte qu’au delà (irépxv, peran) du détroit du Bosphore, sur la côte d’Asie, il y avait une statue d’un prêtre nomme' Irus (mais peut-être est-ce une alteration du mot grec hiéréus, prêtre), et qu’on l’appelait to Hiéréiou péran (tô ïspetov irépxv), la statue de Hirus ou du prêtre au delà (du Bosphore) , d’où resta le nom de Péra au faubourg où se trouvait cette statue. Ce faubourg, embelli par Justinien, finit par devenir le quatorzième quartier ou la quatorzième région de Constantinople. (Voy. plus haut Galata .) L’Anonyme ne cite à Péra que la statue d’iRUS.

Palais de Lausus. — Le patrice Lausus l’avait fait construire sous l’empereur Arcadius (395-408), et il existait encore avec éclat du temps de l’Anonyme. Mais il faut qu’il eût été relevé, car il avait été en grande partie incendié sous le règne de l’empereur Basilisque (475-477) ; et il parait même que ce palais , que fit bâtir Lausus sous Arcadius , pouvait être sur le même emplacement, mais que c’était un autre édifice que celui qui fut brûlé sous Basilisque, et dont on ne nous a pas transmis le nom. II est fort à croire qu’il avait été élevé par Constantin le Grand, et que c’était même un des douze palais où il tenait en réserve tout ce qui pouvait servir à l’ornement de Constantinople : aussi l’incendie dont il fut la proie dut-il y faire périr une grande quantité de statues et de belles productions des arts. Après bien des

vicissitudes, cet édifice devint la propriété' de Lausus, qui le rétablit, l’agrandit et le porta à une grande magnificence. L’Anonyme n’indique pas les statues que renfermait le palais lausiaque. D’après ce qu’il rapporte, refait en grande partie par Justinien, il était devenu une sorte de forteresse et une place importante. Très-voisin du Milliaire, auprès étaient les statues équestres de Trajan et de Théodose le Jeûne. Selon Cédrénus, l’on recevait dans un xenodochium ou hôtellerie du palais de Lausus, les étrangers, et on leur donnait à laver, ce qui, selon lui, aurait été l’étymologie du nom de lausus, e'tymogie qui semble assez tirée par les cheveux, d’autant plus qu’il faudrait la chercher dans le mot latin lavare,et qu’on ne la trouveraipas dans le grec loutron, bain. Si l’on s’en rapportait à cet écrivain, il y aurait eu dans ce palais des statues faites par Dipœne et Scyllis, statuaires que l’on sait être du vie siècle avant notre ère, et elles auraient été données à Cléobule deLinde, qui vivait au vne, par Sésostris, qui régnait au xve ou au xvie siècle. (Voy. Band. v. II, p. 486, 487; aux statues, Flaccille. )

Philadelphium. — Cet endroit, dont le nom indique la tendresse de frères, rappelait qu’après la mort de Constantin le Grand ses fils Constance et Constant, dont le premier était en Orient et l’autre dans les Gaules, s’y réunirent et se firent un bon accueil. On y éleva un groupe qui les représentait s’embrassant. D’autres statues les offraient assis. L’Anonyme (l) ne cite ici en statues que le groupe de Constance et de Constant, et une statue d’HÉLÈNE, mère de Constantin, érigée à l’endroit même où il avait vu dans le ciel la croix lumineuse qui lui annonçait ses triomphes sur ses ennemis: cette statue, en porphyre, sur un pilier carré de la même pierre, était au pied d’une grande croix, et assise sur un trône. Ce Philadelphium, qui paraît avoit été dans la partie N. O. de la ville, près de l’emplacement de la mosquée actuelle de saint Bajazid, est cité parmi les monumens qui furent incendiés lors de la première attaque des princes croisés contre Constantinople, dans les premiers jours d’avril 1204.

Milliaire d’or. — A Rome, le milliaire n’était qu’une simple colonne en pierre presque brute, posée sur une base corinthienne, et surmontée d’une boule dorée. Placée par Auguste, dans la partie occidentale du forum, vers le petit V élabre , sous le temple de Saturne , c’était là qu’aboutissaient les routes d’Italie venant à Rome, et d’où l’on mesurait les distances aux diverses villes, de même que l’étendue des régions de la ville. Mais à Constantinople le Milliaire d’or ou milion était un monument élevé, dont Cédrénus, l’Anonyme et d’autres vantent l’élégance, et qui s’appuyait sur des arcades riches d’architecture. On y remarquait une croix dans le milieu de laquelle était fixée une chaîne consacrée par des cérémonies magiques, mélange de christianisme et de pagnisme, et d’où l’on faisait dépendre les destinées de Constantinople. La colonne milliaire, qui donnait le nom au monument, était, selon l’Anonyme, couverte d’un réseau d’or, et c’était de

(1) Band. v. I , p. 18.

INTRODUCTION

là que l’on commençait à compter les milles sur les routes de l’Orient. Ce milliaire, vers le milieu de la quatrième région, d’après la carte de Banduri, était sur l’emplacement d’une des portes de l’ancienne Byzance, et Constantin porta de là les murailles de sa nouvelle ville jusqu’à l’Hexacionium. Il partait du Milliaire quatre grands portiques couverts qui, servant de promenade, traversaient la ville dans diverses directions. Construits par Eubulus, l’un des sénateurs romains que Constantin avait attirés à Constantinople, ils existèrent jusqu’à la prise de cette ville par les croisés, et furent alors incendiés ainsi que d’autres portiques (l). Le Milliaire servait de pilori, et l’on y exposait les têtes des traîtres. Ce monument, dont il est souvent question dans les écrivains byzantins, était orné de statues, de colonnes et de bas-reliefs en bronze doré, qui représentaient des faits historiques. Parmi les statues, l’Anonyme cite

Arabie, fille de Justin Ier.

Char attele' de deux chevaux dont les jarrets e'taient coupe's, et qui rappelaient la manière dont Phocas en fuite e'chappa aux poursuites, en faisant couper les jarrets des chevaux qu’il laissait derrière lui sur sa route ; il les consacra à son retour.

Constantin et sa mère Hélène, portant la croix. Il est aussi question de quatre statues de Constantin et d’HÉlène, en mosaïque d’or. On ne voit pas bien si elles étaient différentes des autres, et s’il n’y avait que quatre statues en tout ou bien six. Il paraît aussi qu’une partie de ces statues avait e'té transporte'e à Saint-Phocas, devenu depuis la chute de l’usurpateur Phocas l’e'glise de Saint-Jean le The'ologue, et aujourd’hui la ménagerie des bêtes féroces ou Yarslanchone.

Éléphants (Deux) en bronze.

Fortune de la ville; talisman qui devait assurer ia durée de la fortune de Constantinople : nous avons vu quelle avait été enchaînée à une grande croix par des cérémonies magiques.

Hélène, petite fille de Justinien Ier ou le Thrace; statue dorée.

Hélène , nièce de Justinien Ier.

Hercule; a genoux : statue très-vénérée, et à laquelle, sous Septime-Sévère, on offrait des sacrifices.

Justin le Tyran; à genoux.

Quadrige en bronze doré, transporté ensuite par Constantin k l’Hippodrome.

Sophie, femme de Justin Ier; sous une arcade.

Théodose le Grand, stat. e'q. en bronze; sous une arcade.

Théodose le Jeune, stat. éq. en bronze; près du Milliaire.

Trajan, stat. éq. en bronze; près du Milliaire.

Non loin du Milliaire et de la belle place de l’Augustéon était la citerne royale, bâtie par Constantin le Grand. C’est la seule cle toutes celles de l’ancienne Constantinple qui existe encore aujourd’hui en partie; ses vastes voûtes étaient soutenues par plus de cinq cents colonnes, et elle était alimentée par un abondant ruisseau, le Cydaris. On y voyait la statue de Salomon, assis, érigée par Justinien : la tête appuyée sur sa main, il semblait admirer l’église de Sainte-Sophie, qui surpassait son temple en grandeur et en beauté. Il s’y offrait aussi, sur deux colonnes carrées revêtues d’or, la statue de Théodose le Grand; elle était placée derrière la citerne royale, près du Milliaire. (Procop. de Æd. I, c. n ; Band. II, p. 694.)

(1) Voy. M. de Hamraer, v. I, p. 154-158.

INTRODUCTION

Octagone ou Tetradisiüs. — Selon Codin , grand édifice de la quatrième région de Constantinople, entre le portique royal au N., le Smyrnium au S. et le Milliaire à l’E. ; il était peu éloigne’ de l’Augustéon et de la Chalcéà l’E. Cet Octagone, forme' de huit portiques, contenait de grandes salles voûtées où se professaient toutes les sciences. Les professeurs, conseillers de l’empereur, étaient appelés dans toutes les grandes affaires, et rien ne se traitait ou ne se décidait sans leur avis et leur assentiment. Au rang des personnages les plus considérables de Constantinople, ils devenaient souvent patriarches. II paraît, d’après Banduri, que cette grande et belle institution, qui offrait une académie ou une université, devait remonter vers 313 de notre ère, à la septième année du règne de Constantin le Grand, quoique ce ne fut que plus tard qu’il s’occupa spécialement de Byzance, et lui donna son nom. Ce vaste établissement contenait un gymnase public et une grande bibliothèque. On dit qu’il exista avec éclat pendant quatre cent quatorze ans, jusqu’en 727, la dixième année du règne de Léon III l’Isaurien (717-741), ou l’Iconoclaste. Mais il fallait qu’il eût été relevé, car en 533, la sixième année du règne de Justinien, cet édifice fut incendié lors de la grande sédition de l’hippodrome, en meme temps que le Zeuxippe. En 727, selon la Chronique d’Alexandrie et Cédrénus, page 69, Léon III fit mettre le feu, la nuit, à cet important monument. Une partie des professeurs et leur chef, l’œcuménique, y périrent, la bibliothèque fut consumée. (Band. v. II, p. 484-486.)

Smyrnium. — Dans la quatrième région, entre l’Octagone et l’église de Saint-Théodore-Sphoracius, érigée sous les empereurs Arcadius et Théodose, par le riche sénateur Sphoracius. C’était un monument souterrain, voûté, décoré de statues, parmi lesquelles on en distinguait neuf de la famille de Constantin le Grand. Les autres représentaient des sénateurs qui avaient contribué à l’embellissement de Constantinople. Sous l’empereur Valens, les ariens détruisirent le Smyrnium et les statues suivantes :

Constantin- le Grand.

Crispus, son fils, qu’il fit injustement mourir, trompé par les calomnies atroces de Fausta. Lorsqu’il reconnut son innocence, il le pleura pendant quarante jours sans se coucher ni se laver, et lui consacra une statue en argent portant pour inscription : Mon fils innocent, mis à mort.

Eleutherius, sénateur.

Fausta, femme de Constantin, indigne calomniatrice, qui porta contre son beau-fils, Crispus, la même accusation que Phèdre contre le chaste Hippolyte.

Harmatius, sénateur.

Hilarion, sénateur.

Severus, sénateur.

Vigilantius, sénateur.

Zeuxippus.

Pittacium. — Endroit de la partie N. O. de la première région, et séparé de Sainte-Sophie par une petite place, où l’on déposait, le soir, les suppliques et les placets aux pieds d’une statue de Léon le Grand élevée sur une colonne: l’on y trouvait, le lendemain, la réponse qu’y faisait l’empereur. Sa sœur Euphémie avait contribué à cette institution, et sa statue était à côté de celle de son frère ; on y voyait aussi la statue en argent que

INTRODUCTION

s’était fait ériger, en 406, Eudoxie, femme de l’empereur Arcadius. Saint Jean Chrysostôme fut exile' pour s’étre élevé violemment contre les hommages exagérés rendus à cette statue, qui, en 732, fut renversée par un tremblement de terre. On donnait le nom de Pittacium ou de Pittacé à la statue aussi bien qu’à la place (l). Peut-être, d’après la destination du Pittacium, ce mot devrait-il s’e'crire Pythacium, et il viendrait du grec ■nv&é<j&a.i ou TrvvS-ôivofJtai, pythesthai , pynthanomai, interroger : c’eut été le lieu des demandes, des requêtes; et au fait, d’après ce que rapporte l’Anonyme, page 29, au sujet de la statue de Justinien le Tyran, on voit que le Pittacium devait faire partie de la basilique où étaient les tribunaux et où l’on rendait la justice. Les statues citées par l’Anonyme et par d’autres dans le Pittacium étaient :

Alexandre le Grand. Euphémie, sœur de Léon le Grand.

Eléphant de Septime-Sévère. Justinien II le Tyran.

Eudoxie, femme d’Arcadius. Léon le Grand ou Macellus.

Forum. — Près du Milliaire; il était circulaire, pour imiter l’Océan, dit l’Anonyme. On y remarquait une horloge ( horologion ) ou un gnomon de bronze, venant de Cyzique, ce qui était peu propre à indiquer les heures à Constantinople. 11 y avait sous une voûte ou une abside, une grande niche hémi-circulaire, les statues d’HÉLÈNE et de Constantin le Grand, aux côtés d’une grande croix.

Sénat. — On n’indique que quelques statues parmi celles qui décoraient le palais du Sénat.

Auriges ou cochers du Cirque. le palais du Sénat; après un incendie

Diane. elle fut placée par Théodose dans la

Hélène, petite fille de Justin le Thrace: salle du Sénat.

sa statue, en porphyre, était devant Vénus , sur une colonne torse.

Tzycanisterium. — Il paraît que c’était, dans le palais, du côté de Sainte-Sophie et du Sénat, un terrain très-uni, une place ou une grande cour, où l’empereur, les princes de sa famille et leurs favoris, s’exercaient à jouer au ballon, à cheval; exercice qui devait demander une grande adresse et beaucoup d’habileté dans l’équitation. II y avait un ancien et un nouveau Tzycanistérion; celui-ci, dans la première région, à côté du grand bain de Constantin, était au S. de la Mangana, à l’E. de l’église de Saint- Agathonicus et de Saint-Michel (2). L’exercice du javelot ou djerid, à cheval, auquel se livrent dans leur costume le plus brillant les pages devant le grand seigneur, rappellent les jeux équestres du Tzycanistérion, dont le nom, suivant Du Cange, serait venu d’un mot persan.

Mangana. — Cet endroit était au N. du Tzycanistérion, à l’E. de l’église de Saint-Michel. On conservait dans cette espèce d’arsenal, construit par

(1) Band. v. II, p. 608.

(2) Band. v. II , p. 597 et sa carte.

INTRODUCTION

Constantin le Grand à la pointe de la citadelle, les machines de guerre et les livres qui y avaient rapport, ainsi qu’aux operations militaires. Le nom de nos anciens mangonneaux , aussi instrumens de guerre, rappelle ce nom de Mangana. Cet e'difice donnait, à ce qu’il paraît, son nom au quartier de la première région où il était placé. (Band. v. II, p. 606)

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