‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 28 sur 436 · CXL1V · texte numérisé non relu

CXL1V

INTRODUCTION

ou la carianique , la salle d’or et la haute salle; la carianique fut due à Andronic II, successeur de Michel Paléologue, son père (il de'c. 1282, dépose 24 mai 1328, mort 13 février 1382). On voit par l’Anonyme (p. 40) qu’il y avait beaucoup de statues en or et en argent dans le palais des Blachernes, mais il n’en indique pas les noms.

Hebdomon. — Ainsi nommé, dit-on , parce qu’il était à sept stades du milliaire d’or. C’était un des trois grands palais de Constantinople, près de celui des Blachernes et de la fin du port , à l’extrémité N. O. du triangle que forme la ville. II était situé sur la septième colline. Ce palais, bâti par Constantin, fut encore appelé Magnaura, peut-être pour Magna aula, grand palais , et Pentapyrgion , probablement parce qu’il était flanqué de cinq tours : il existe encore en bon état des parties très-considérables de ses bâtimens, nommés assez ordinairement le palais de Constantin, et par les Turcs Tekfur serai. Le palais de l’Hebdomon ou de la Magnaura renfermait en grande quantité des objets précieux en or et en pierreries que fit faire l’empereur Théophile (830) pour rivaliser ceux qu’avaient vus ses envoyés dans le palais des kalifes à Bagdad : on citait entre autres cinq tours en or, un arbre du même métal sur lequel chantaient des oiseaux d’or, et deux orgues en or enrichies de pierreries. Des événemens importans se passèrent dans le palais de la Magnaura, où fut tué de la foudre, en 518, l’empereur Anastase Dicore, la vingt-septième année de son règne, dans une belle salle qu’il avait fait faire. La Magnaura servit de retraite en 448 à l’habile et vertueuse impératrice Pulchérie, sœur de Théodose le Jeune et femme deMarcien, lorsqu’elle fut éloignée du gouvernement. C’était dans ce palais que se faisaient la plupart des mariages des princes de la famille impériale; on y recevait aussi avec la plus grande pompe les princes étrangers et les ambassadeurs. On y vit se présenter avec un faste oriental à l’empereur Basile le Macédonien (emp. 24 sept. 867-lcr mars 886) Danelis, la plus riche propriétaire du Péloponnèse, portée en litière dans son long voyage par trois cents esclaves qui se relayaient de dix en dix. Elle était suivie de cent eunuques et d’autant de belles esclaves. Les présents qu’elle offrit à l’empereur consistaient en cent morceaux du sandal le plus fin, deux cents pièces de la toile la plus belle, cent pièces de mousseline si fine que chaque pièce tenait dans un roseau, et cent vases d’or et d’argent. Elle institua, en outre, l’empereur héritier de ses immenses possessions, dans lesquelles, après sa mort, se trouvaient trois cents esclaves, qui furent envoyés en Lombardie pour y former une colonie. L’empereur Michel III, dit l’Ivrogne (né 836, emp. 20 janv. 842-24 sept. 867), successeur de Théophile (emp. 3 oct. 829-20 janv. 842), en émulation de l’académie de Bagdad, établit dans le palais de la Magnaura une école de philosophes, à la tête desquels il mit le célèbre Léon le Philosophe, que lui enviait le kalife de Bagdad, et cette académie de la Magnaura acquit de la réputation (l). Près de l’Hebdomon, ou en faisant partie, était le Tribunal de l’Hebdomon , où se firent proclamer plusieurs des empereurs d’Orient.

(1) Voy. M. de Hammer, v. I, p. 196 , 204.

INTRODUCTION

Palais de Chalcé. — Selon l’Anonyme, ce palais avait été bâti par Constantin le Grand et était couvert de tuiles en bronze dore, et d’après Cédrénus, page 307, c’est cette couverture en bronze (%alx6s, chalcos ) qui lui fit donner son nom; mais suivant cet auteur et une èpigramme, la Chalcè aurait ete construite par l’architecte Ætherius pour le sénateur Anastase. II paraîtrait cependant que la Chalcé existait avant Anastase, et qu’elle fut brûlée de son temps dans une violente émeute excitée par la faction prasine ou vert porreau de l’hippodrome, l’an sept de son règne (498 de J. C.). Ce palais fut reconstruit plus grand et plus beau après la guerre d’Isaurie, par cet empereur, qui passa pour en être le fondateur. Il était de la plus grande magnificence, et Cédrénus le met au-dessus du Capitole et du palais des empereurs à Rome; il surpassait, dit-il, le palais des rois de Pergame, le temple de Cyzique et le colosse de Rhodes. Après avoir existé pendant six ans, il fut encore incendié dans une autre sédition. Il y avait un arc de triomphe au palais de Chalcé , qui faisait partie de la masse d’édifices du grand palais, qui en contenait tant d’autres. Dans les pompes triomphales , qui partaient de la porte d’Or en suivant la rue Mésê ou grande rue du Milieu, pour arriver au grand palais, on passait par celui de la Chalcé. Lors de la furieuse révolte, dite de la victoire, par les factions de l’hippodrome, en 582, sous Justinien , la Chalcé fut en grande partie brûlée. Depuis, cet empereur (en 539) ayant renversé la statue de Théodose le Grand, en argent, pesant 7,040 livres = 3,474 kilogr., élevée dans la place de l’Augustéon, sur une colonne de plomb, il fit faire de celle-ci des conduits pour les eaux, et, du prix de la statue d’argent (77,202 fr. 60 c.), il se fit ériger une statue équestre en bronze sur une haute colonne de porphyre, qui servit de pendant à celle de sa femme Théodora, placée aussi sur une colonne de porphyre. On employa à la statue de l’empereur les tuiles de bronze de la Chalcé; elle fut terminée en l’an 544.

Ce beau palais de Chalcé, qui était entre l’Augustéon et le palais de Daphné, devint, dit-on, une prison; cependant, selon Nicétas(l), la prison que l’on nommait Chalcé, ou de bronze, devait son nom à des portes en bronze de l’ancien palais, que l’on y avait placées de son temps, et qui depuis en furent enlevées et mises aux numera, nommés aussi excubita, corps de garde, longs portiques bâtis par Constantin le Grand, et changés en prison par Héraclius et ses successeurs. (Band. v. II, p. 474.) Statues à la Chalcé ;

Arcadie , prem. femme de l’emp. Ze'non.

Ariadne, deuxième femme.

Bélisaire , statue dorée , à la gauche de

la Chalcé.

Chevaux (Deux), sur Tare de triomphe.

Constantine, femme de l’emp. Maurice.

Gorgones dorées, sur l’arc de triomphe.

Jésus-Christ, en bronze.

Justin Ier, le Thrace, et sept statues de sa

famille.

(1) L. III, n» 6.

Maurice (L’empereur) et sa femme.

Maximin (L’empereur), coloss. en bronze.

Philosophe sans nom.

Pulchérie, femme de l’empereur Marcien.

Secundus, philosophe.

Soleil.

Théodose le Grand et toute sa familte- TibÈre II , le Thrace ou le Bossu.

Zénon (L’empereur).

INTRODUCTION

Augustéon ou Augustion. — On nommait ainsi un ancien marche aux légumes ou opsopolium de Byzance, entoure’ de portiques, qui s’appela d’abord Gustéon, et dont on changea, dit-on, le nom lorsque Constantin y eut élevé, sur une colonne en porphyre, une statue à sa mère Hélène, impératrice et auguste. II paraît que c’était, à proprement parler, une immense place, un vaste atrium ou une area devant le palais impérial, et terminé aux deux extrémités par un grand édifice. Il ne faut pas le confondre avec le principal forum, endroit où Constantin avait placé sa tente lorsqu’il assiégea Byzance.

Un côté de l’Augustéon longeait le palais impérial et l’autre la basilique de Sainte-Sophie. II paraîtrait même qu’on donnait le nom d’Auguste'on au grand palais impérial. Cet Augustéon, selon Cédrénus, page 303, fut terminé la cinquième année du règne de Justinien. Il y fit bâtir la basilique de Sainte-Sophie, ou plutôt il prit une partie de ce marché pour agrandir cette église, qui avait été construite par Constantin le Grand. Justinien, après ses victoires sur les Perses, se fit élever sur une haute colonne dans l’Augustéon, ou sur une construction pyramidale, une statue équestre. Ce monument, placé près de Sainte-Sophie, existait peutêtre encore en son entier à l’époque de l’Anonyme (l), mais il paraîtrait problable que, vu son élévation et le bronze dont il était fait en grande partie, il dut attirer les regards avides et les dévastations des croisés, lors du pillage de Constantinople. Cependant Pachymère (2), personnage considérable, et qui, né en 1242, et mort vers 1310, écrivit sur Constantinople, et longtemps peut-être après l’Anonyme, et même après Nicétas, l’historien du siège et des désastres de Constantinople, parle de l’Augustéon comme d’un très-beau monument et qui existait encore à son époque : il en traite plus au long que les autres auteurs byzantins. Mais ce qu’il en rapporte n’est nullement clair, et il serait difficile de s’en faire ou d’en donner une idée sur la justesse de laquelle on pût avoir toute confiance. On voit que ce monument n’était pas positivement pyramidal, mais que c’était une espèce de campanille élevé sur sept marches de marbre blanc et à quatre étages , sur les quatre faces desquels semblent avoir été figurées de grandes arcades. Chacun des étages était en retraite sur celui qui le soutenait. Aux angles supérieurs étaient des colonnes ou des pilastres de briques revêtus de marbre. Sur les murailles un revêtement en marbre recouvrait un mur en maçonnerie, en pierres pyromaques , probablement delà lave ou des cailloux, qui du temps de Pachymère étaient à découvert, le revêtement n’existant plus. Le dernier étage était circulaire et supportait une très-haute colonne ou plutôt une tour carrée, élancée, en briques, décorée à distances égales de zones ou de bandeaux en marbre blanc; elle était ornée de bronze de Témesse, que Pachymère met un peu au-dessous de l’argent. Entre ces zones, il y en avait neuf autres, qui, de l’une à l’autre, allaient en diminuant, ce qui donnait à l’ensemble de cette partie une sorte de forme pyramidale. Rien n’indique dans Pachymère, quelle pouvait être la hauteur de

(1) lmp, or. de Band. v. I , p. 5.

(2) Band. v. I , p. 1 05 ; II , p. 168-169.

INTRODUCTION

toute la masse, qui devait être prodigieuse, autant qu’on en peut juger par l’inintelligible description de cet écrivain. Ce que l’on y voit de plus clair, c’est que cette tour si élevée était assez large à son sommet pour qu’on y eût placé, sur une colonne en porphyre, une grande statue équestre, en bronze, de Justinien. Notre auteur dit qu’elle était fort belle et que le cheval avait beaucoup de mouvement et de vie. Mais si, d’après les médailles de Justinien , on n’est guère obligé de s’en rapporter à Pachymère sur la beauté de la statue, on peut du moins inférer de son récit que le monument devait être d’une hauteur très-considérable. Il paraît, d’après M. de Hammer, I, p. 152, que la statue de Justinien résista à tous les désastres de Constantinople jusqu’à l’an 1317, 24° année du règne d’Andronic. La grande croix que tenait l’empereur étant tombée, Andronic la fit rétablir et entoura la colonne qui la supportait de cercles de fer; il raffermit aussi la statue. Ce fut sous le pied gauche, relevé, du cheval de cette statue, que, lors de la prise d’assaut de Constantinople par Mahomet II, en 1453, fut exposée la tête de Constantin XI Dragosès, le dernier des empereurs de Constantinople, à la même place où Constantin le Grand, son fondateur, avait érigé une statue à sa mère Hélène. Mais, ainsi que nous l’avons dit, ce que l’on peut recueillir sur ces statues et ces colonnes, dans Procope, Cédrénus, Pachymère, Codin, même avec les commentaires savans de M. de Hammer, ne met nullement en état de s’en faire une idée juste. Si la colonne placée au milieu de I’Augustéon était en porphyre, il faut que Théodose le Grand ne s’en soit pas servi pour sa statue en argent, puisqu’il est dit qu’illa plaça sur une colonne de plomb; à moins qu’il ne l’eût superposée sur la colonne de porphyre. Mais il est à croire aussi que le monument que s’érigea Justinien était beaucoup plus considérable que celui que Constantin avait consacré à sa mère Hélène, et qu’il y employa des matériaux plus riches, et une colonne de porphyre de la plus forte dimension. Cette colonne a été employée à la construction de la mosquée Sulée Maniji, et la statue de Justinien, qui par son attitude menaçait l’Orient, a été métamorphosée en canons. Dans les débris du soubassement de ce grand monument, on a établi une modeste fontaine. On peut voir aux statues, dans notre dernier volume, la description que fait Pachymère de celle de Justinien.

Selon Papias (l) on voyait àl’Augustéon les statues de

Arcadius (2).

Constantin le Grand.

Constance et Constant (Les empereurs).

Constance , femme de l’emp. Licinius.

Hélène, mère de Constantin le Grand.

Honorius (3).

Julien II.

Justinien, statue e'questre colossale.

Licinius (L’empereur).

Rhéa ou Cybèle; son ancien simulacre se trouvait dans une e'dicufe ou chapeHe d’un des portiques de l’Auguste'on , où jadis e'tait son temple.

Théodose le Grand, en argent.

(3) Band. v. I, p. 105; II, p. 468,

(1) Band. v. I, p. 102.

(2) Idem, v. I, p. 5, 105.

INTRODUCTION

Citadelle. — Du temps de l’Anonyme, il y avait encore à la citadelle de Constantinople des restes du temple de Jupiter, où e'taient les statues de Jupiter et de Saturne.

Daphné. — C’était une partie du grand palais, ou peut-être même un petit palais, dans la première région; cependant Suidas le place dans le forum Augustéon de la quatrième région.

L’Anonyme (l) y cite, comme très-remarquable, une statue de Daphné, qui lui avait donné son nom, et à laquelle on attribuait un pouvoir fatidique. D’après Codin, au 1er janvier, on distribuait aux magistrats, pour les répandre parmi le peuple, des feuillages et des couronnes de laurier ( daphne ), arbre que l’on regardait comme très-efficace pour la santé. Banduri (2) n’est pas de cette opinion, et il fait remarquer que chez les Romains, de qui Constantinople tenait une partie de ses idées et de ses usages, le laurier se donnait en récompense ou comme une distinction honorifique. Mais ce que rapporte Codin est au moins aussi plausible que l’explication de Banduri (3). Touchant le palais de Daphné était celui des Novcmdecim accubitores , ou des dix-neuf commensaux qui avaient le droit de dîner avec l’empereur; et près de là étaient les scholæ, casernes des gardes impériales, et les excubia, grands corps de garde, nommés aussi lieptalichos , à cause des sept coupoles qui les surmontaient.

Diipium. — L’Anonyme ne nous apprend pas ce que pouvait être ce monument. On croit qu’il était dans la quatrième région de Constantinople, près de la grande place de l’Augustéon et de l’Hippodrome, entre ce cirque et le Milliaire d’or. Une église de saint Jean l’évangéliste était dite au Diipium. Il paraît que l’empereur Phocas y éleva des statues. (Banduri, lmp. or. v. I, p. 11 ; v. II, p. 483.) Voy. aux statues.

Constantin leGrand (Deux statues de). Hélène (Deux statues d’), mère de Cons- Chevaux (Deux ). tantin.

Taurus (Forum de). — Ce forum était le principal de Constantinople, celui dans l’emplacement duquel Constantin le Grand avait dressé sa tente lorsqu’il assiégeait Byzance, et qui alors par conséquent était hors de la ville. Théodose le Grand l’avait fort embelli dans la quinzième année de son règne (394). Il était de forme circulaire ou plutôt elliptique : un arc de triomphe s’élevait à chacune de ses extrémités, ou de son grand diamètre. Les portiques qui l’entouraient étaient ornés de nombreuses statues. Au milieu, sur un socle de marbre blanc de vingt pieds de haut, se dressait une colonne en porphyre, de trente-trois pieds de circonférence, composée de dix blocs, chacun de dix pieds de hauteur. Cette énorme et magnifique colonne cochlide, ou à escalier intérieur tournant, ce qui semble presque incroyable, avait été surmontée d’une statue en argent de Théodose le

(1) Band. v. I, p. 102.

(2) Idem, v. I, p. 9.

(3) Band. v. II. p. 604.

(4) Idem, v. I, p. 9; v. II, p. 604.

Grand, érigée la seizième et dernière anne'e de son règne (395): elle n’existait plus du temps de l’Anonyme, et avait ète', à ce qu’il paraît, renverse'e par un tremblement de terre la quatrième anne'e du règne de Zenon (478), selon Ce'dre'nus et le comte Marcellin. D’après ce dernier, l’empereur Anastase Dicore y replaça, la quatorzième anne'e de son règne (505), sa statue en bronze, provenant de beaucoup d’ouvrages faits sous Constantin le Grand (l). Selon ce que rapporte l’Anonyme, il y avait de son temps sur cette colonne une statue colossale en bronze d’Apollon, et qui passait pour être de Phidias: elle fut renverse'e , au XIIe siècle, sous Alexis Comnène. On conçoit que l’appât du gain ait fait fondre cette statue ; mais que peut être devenue cette colonne, formée d’immenses blocs d’une pierre presque indestructible? Ces masses doivent avoir été' employées dans de grandes constructions ou être encore enfouies sous terre. Près du forum de Taurus, dans la septième région, était le Tétrapylon , qui paraît être le même monument que le Digestium; cependant la carte de Banduri les place loin l’un de l’autre, le Digestium dans la septième région, le Tétrapylon dans la huitième. Celui-ci était à l’O. du forum de Théodose ou de Taurus, et l’autre à l’E.; ils étaient séparés par V Artopolium et Y Ancmodulium. On n’indique pas quelle espèce de monument était ce Tétrapylon, qui était en bronze ou orné et peut-être couvert en bronze. Son nom le ferait croire à quatre portes , et ne pourrait-i pas donner à supposer que c’était une espèce de Janus ou arcade à quatre portes dans les quatre côtés, comme il y en avait à Rome? L’ Artopolium, marché au pain, répondant au forum Pistorium des Romains, faisait, à ce qu’il paraît, partie du forum de Taurus ou de Théodose. L’on y avait représenté toutes sortes d’animaux et de plantes, ou peut-être une statue de la nature, entourée d’animaux de toute espèce. C’était dans ce marché que se trouvait YAncmodulion. (Band. v. 2, p. 591.) Statues du forum de Taurus :

Apollon sur une colonne de porphyre. Hercule couche' ou en repos.

Arcadius sur un haut pilier carré. Honorius sur un haut pilier carré.

Aspar, statue équestre en bronze. Impudence.

Bellérophon, statue équestre en bronze. Julien II ou l’Apostat.

Constantin le Grand. Porc.

Éléphant colossal. Voyez au Pittacium. Théodose le Grand.

Gallus, frère de Julien II. Sirènes (Douze) dorées.

Hélène (Flavie-Julie), femme de Julien II.

Par le petit nombre de ces statues, on voit que l’Anonyme n’a fait choix que de quelques-unes de celles qui décoraient en grande quantité les portiques et les autres parties du forum de Taurus.

Anémodulion ou Tour des Vents. — Cet endroit se nommait aussi Anémodérion (2) , Combat des vents. Ce'dre'nus attribue ce monument à The'odose le Grand; l’Anonyme et Codin à l’empereur Léon l’Isaurien ou l’Iconoclaste. Nicétas, 1. II (3), en parle au long. II paraîtrait avoir été placé à

(1) Band. v. II, p. 504.

(2) Idem , vol II , p. 504.

(3) Band. 1. IV.

INTRODUCTION

I’ArtopoIion le marche au pain. L’Anonyme, page 801, dit que Ton devait à l’astronome Heliodore cette tour, qui indiquait le vent, ce qui lui avait fait donner son nom de serviteur du vent , et qui servait peut-être à des observations astronomiques. L’Anêmodulion en bronze, probablement une machine, avait été apporte' de Dyrrhachium par une femme qui l’avait reçue en dot. D’après ce que rapportent Cêdrênus etNicêtas, cet Anêmodulion était un monument pyramidal très-élevé et soutenu par des colonnes d’une grande hauteur. Sur le faîte était une statue que le vent faisait tourner, espèce de girouette ou d’indicateur du vent. On avait enrichi ce monument de beaucoup de bas-reliefs représentant des scènes champêtres, des plantes, des fruits, surtout des grenades, et toutes sortes d’animaux au milieu desquels se jouaient des amours nus, qui se livraient au plaisir de la chasse et de la pêche au fdet, et qui, selon Nicétas (l), se jetaient des pommes; scènes gracieuses qui se trouvent aussi dans les peintures décrites par Philostrate. Près de l’ Anêmodulion, ou peut-être dans ce monument, on avait placé douze statues représentant les V ents et dont quatre très-grandes , en bronze , étaient venues de Dyrrhachium. On y voyait aussi Persée et Andromède, groupe apporté d’Iconium, dont la fondation avait rapport à leurs aventures et à la tête de Méduse ( eikôn , image), et la statue de Verine, femme de l’empereur Léon le Grand (2).

Galata. — Ce faubourg de Constantinople, sur la côte d’Europe, sur le bord N. du port, était, de même que celui de Péra, regardé comme faisant partie de la ville. Suivant l’Anonyme, son nom lui vint d’un certain Galation qui avait aussi donné son nom à l’église de Sainte-Irène. Il paraît que ce faubourg fut d’abord nommé Syca (figues), probablement parce que cette partie de la campagne en produisait en abondance. Galata, ainsi que Péra, fut fort embelli par Justinien et devint le treizième quartier ou la treizième région de Constantinople, qui, par l’adjonction de ces deux faubourgs, eut une enceinte de 14 milles romains. Elle n’en avait auparavant que de 10 à il, et sa longueur était de 3 milles depuis la porte d’Or jusqu’au promontoire oriental. Constantinople avait alors en surface, selon Gibbon, 2,000 acres anglais, ou 809 hectares 34000; ou en anciens arpens de Paris, de 100 perches carrées de 18 pieds, ou de trente toises de côté en carré, 2,367 arpens, 23756. D’après les publications statistiques de M. le comte de Chabrol, à la sage et intelligente édilité duquel la ville de Paris a eu tant d’obligations, pendant plusieurs années de son habile et paternelle administration , la superficie actuelle de Paris, reproduite par le baron de Prony dans l’Annuaire du bureau des longitudes de 1839, est de 3,450 hectares, ou 10,094 arpens 5050 de Paris. Ainsi Paris est environ quatre fois et demie plus grand que l’ancienne Constantinople. Théodose le Jeune, en 413, pour assurer la ville contre les insultes des barbares, l’entoura de jnurs

(1) Nicétas, Vie d’Andronic, 1. II, (2) Band. v. II, p. 504; 1. VI ; vie d’Anc. vu. dronic, I. II c. vit.

INTRODUCTION

qu’un tremblement de terre renversa en 447, et qui furent relevés en deux mois par Cyrus, préfet de Constantinople.

L’Anonyme ne cite à Galata qu’une statue de Vénus, la tête surmontée de quatre cornes.

Hippodrome. — Ce grand cirque, destiné aux courses des chars, dont était si avide Byzance, fut fondé par Septime-Sévère, près du beau portique du Zeuxippe, et consacré à Castor et à PoIIux. II était entouré de portiques dont la partie supérieure se terminait en galerie où circulaient les spectateurs, et que bordait le sphendôn, probablement une balustrade, qui couronnait élégamment les portiques comme la sphendoné , espèce de diadème, la tête des femmes. La carrière, les bornes, metœ, furent aussi disposées et achevées par Septime-Sévère. Constantin le Grand orna l’Hippodrome d’un grand nombre de statues; il en fit venir de Rome, d’Athènes, de Cyzique, de Césarée , de Tralles , de Sardes , de Sébaste , de Salatis , de Chaldée , d’Antioche, de Chypre, de Rhodes, de Chios, d’Attalia, de Tyane, d’Iconium, de Nicée, de Bithynie et de Sicile. Papias dit que Constantin tira de Rome soixante statues qu’il plaça dans l’Hippodrome, entre autres une d’ Auguste et une de Dioclétien, très-légère, probablement en métal trèsmince; elle était placée vers le milieu de la tribune de l’empereur. Toutes les statues de l’Hippodrome étaient sur des bases qui portaient des inscriptions et qu’ornaient des bas-reliefs. Les inscriptions faisaient connaître les lieux d’où venaient ces statues, et les noms des auriges vainqueurs auxquels on en avait décerné un grand nombre, ainsi que ceux des chevaux qui avaient mérité d’être couronnés. Une longue suite de colonnes supportant des statues, de bases, d’autels, d’obélisques en marbre et en bronze, décoraient dans sa longueur le milieu de l’arène et formaient la spina de l’Hippodrome. Sous les portiques qui servaient de promenades aux factions se distinguaient les statues en pied des empereurs Gratien, Valentinien, Théodose le Grand, et d’un certain Firmitius, qui, sans doute, avait contribué ou à l’embellissement du cirque, ou à la beauté des courses. La neolœa, partie nouvelle de l’Hippodrome, était aussi décorée de statues; entre autres d’un quadrige doré conduit par une femme, peut-être Minerve ou la Fortune de la ville, tenant une Victoire. A l’endroit où s’exercaient les athlètes était une statue de Diane, et quatre chevaux de bronze doré, apportés de Chios par Théodose le Jeune, servaient de couronnement aux barrières garnies de grilles, cancelli, d’où les chevaux s’élancaient dans la carrière. Au-dessus du trône de l’empereur était une statue en marbre de Thessalie, ouvrage d’un certain Pontus; Papias ne dit pas ce qu’elle représentait. Cet Hippodrome, destiné aux courses, et qui vit si souvent s’agiter dans son arène la turbulente ambition des factions du cirque, avait, dit-on, quatre cents pas de long sur cent de large ; mais on ne s’explique pas sur la longueur du pas. Si l’on entend par là le pas géométrique de cinq pieds, les quatre cents pas en donneraient deux mille, et les cent pas cinq cents, ce qui serait énorme; si le pas n’est que de deux pieds et demi, la grandeur de l’Hippodrome diminuerait de moitié en longueur et en largeur, et n’aurait

plus rien d’extraordinaire. Ii était orne' d’un obélisque. Aujourd’hui cet emplacement se nomme Atmédan ; on y exerce les chevaux, ce qui rappelle son ancienne destination. En 1808 il fut incendie' par les janissaires révoltés.

Banduri, v. II, p. 662, donne sur l’Hippodrome un long passage de l’Anonyme, qui ne se trouve pas dans le premier volume, et qui en reporte l’établissement aux temps mythologiques. Ce passage est assez curieux et me'rite d’être rapporte', du moins en partie. On faisait remonter l’invention des cirques à l’amour de Circè pour Ulysse : elle le poursuivit dans diverses contre'es de l’Italie et y e'tablit, sans doute pour le retenir par i’attrait du spectacle, des lieux de courses que, de son nom, eiîe appela cirques. Singulière origine de ce mot, qui ne vaut pas celle que l’on tire tout simplement de circos (xipxos) cercle, forme que l’on donnait, ou à peu près, ordinairerement à ces endroits destine's aux courses des chars. Circe', hile du Soleil, institua les premières courses en l’honneur de son père , dont elles représentaient le cours annuel. On pre'tend cependant qu’elle n’avait pas droit à l’honneur de l’invention, et qu’avant elle, Ényalus, fils de Neptune, e'tablit en Grèce fes courses de biges , ou de chars a deux chevaux, et Œnomaüs, roi de Pise, en Elide , celle des quadriges, dont il fixa la célébration au 24 mars, à l’équinoxe du printemps. II adopta, dit-on , pour les auriges ou conducteurs de chars, la couleur verte de la terre , prasinum , et son adversaire Pélops, celle de la mer, le vert-bleuâtre, venetuni. Là-dessus l’Anonyme raconte l’histoire si connue d’Œnomaüs, d’Hippodamie sa fille, et de Pe'Iops, qui, maigre' le roi de Pise, devint son gendre. Mais l’Anonyme, rapportant l’invention du cirque à Circe', dit quelle donna au premier hippodrome la longueur de quatre stades , ou quatre cents pieds grecs , et un seul stade à la largeur , et alors c’eût e'te' trèsdiffe'rent de la forme des cirques, beaucoup moins elliptique, et qui se rapprochait plus de celle du cercle; tandis que les proportions indiquées par l’Anonyme rappelleraient assez la forme des stades.

Dans le milieu de son hippodrome, Circé e'Ieva une enceinte en bois nommée Euripe, et qui rappelait, disait-on, le détroit de ce nom, entre I’ile d’Eubée et l’Attique, où sept fois par jour se fait sentir le flux et le reflux. Des deux côtés de cette Euripe étaient des autels, et sur la partie supérieure les statues de Saturne, de Jupiter, de Mars; dans l’inférieure, celles de Mercure, de Vénus et de la Lune : il y avait aussi deux autels consacrés au Soleil et à la Lune , et une statue de femme portant sur la tête un ephiale, ou coupe, qui selon l’Anonyme était l’emblème de la Terre portant la Grèce; singulière interprétation. Des trompettes, à la fin des courses, annonçaient les prix, qui paraissent avoir été douze fouets, en l’honneur des douze signes du zodiaque et du cours du soleil.

Au milieu de l’hippodrome, une statue tenait à la main une grande pièce de toile, mappa, qui, en se développant, donnait aux chars le signal de s’élancer dans la carrière. L’Anonyme ajoute, ce qui est un peu éloigné de l’époque de Circé, que les consuls avaient l’habitude de dîner au cirque, et, lorsqu’ils avaient fini leur repas, de jeter leurs nappes ou leurs serviettes ( mappœ ), que recevaient les mapparii, et c’était le signal des courses, ce qui paraît très-peu respectueux pour les spectateurs. Le nombre des courses autour de l’Euripe était de sept, en l’honneur des sept planètes, et parce que sept stades faisaient le mille romain. Quel mélange de Circé et des usages de Rome, qui ne fut fondée que quelques siècles après cette célèbre magicienne! Selon l’Anonyme, Romulus établit un cirque semblable à celui de Circé, et il y fit courir trois chars, un blanc en l’honneur de Jupiter, l’air; celui de Mars, le feu, était rouge, et Vénus, la terre, en avait un ver t, prasinum. Arrivent à présent les Gaulois, qu’on ne sait pas être venus à Rome du temps de Romulus. Us eurent la prétention de

INTRODUCTION

faire paraître un char aux courses : il e'tait de couleur vénète, ou du vert bleuâtre de la mer; les vêtements des conducteurs des chars e'taient de cette couleur, et ce fut en honneur de Saturne, ou plutôt de Neptune.

De Romulus, l’Anonyme, sans autre interme'diaire, franchit neuf siècles, passe à Septime-Se'vère , qui, après ses victoires sur Pescennius-Niger, vint à Constantinople etye'tablit de très-beaux bains. Il changea en hippodrome le lieu voisin consacre' aux Dioscures ; il l’embellit et l’agrandit en abattant le bois sacre' de ces divinite's, et le mit dans l’e'tat où il e'tait à l’époque de l’Anonyme. D’après la carte de Constantinople, dressée sur les indications de cet écrivain par Banduri, on voit que l’hippodrome était près de la rive de la Propontide , qu’il avait au N. le palais de Justinien, au S. Sainte- Sophie, à l’E. les thermes d’Arcadius. La planche de Banduri, avant la page 664, donne une vue de ce cirque ou de ce qui en restait cent ans après la prise de Constantinople par les Turcs, d’après une topographie dressée peu avant la prise, et tirée de l’ouvrage de Panvini (1) sur les cirques. On voit que la plus grande partie en était détruite et était occupée par des édifices considérables et des maisons de particuliers : on n’y trouve que très-peu du second ordre entouré de colonnes; il n’existe rien de la terrasse et des galeries. Au milieu s’élèvent encore l’obélisque, quelques autels, de petites pyramides; à une extrémité, un reste de la terrasse du second ordre; sur la plus haute des cinq colonnes est une statue de femme, sans doute HelÈne, mère de Constantin. Mais peut-on bien s’en rapporter à cette topographie, qui cependant, par son exécution naïve, semble présenter un caractère de vérité, du moins dans l’ensemble? D’après le rapport de la chronique Alexandrine , le trône de l’empereur à l’Hippodrome était entouré de vingt-quatre colonnes; c’était là qu’il assistait aux courses avec sa famille et sa cour. Le portique de la faction vénète, selon Procope (2), était à droite du trône. Les portiques des factions étaient garnis de gradins en marbre. La rouge avait fini par se réunir à la prasine, et la blanche a la vénète. On raconte, page 665 de Banduri , qu’il y avait, au-dessus des carceres, une haute tour sur le sommet de laquelle étaient les quatre chevaux dorés, et que ce fut de là qu’un certain Agarenus, voulant imiter Icare et voler à l’aide d’ailes, s’élança dans les airs et se tua. Les chevaux sont ceux que l’on a vus à Paris et qui sont retournés à Saint-Marc, à Venise, où ils avaient été apportés par les croisés après la prise de Constantinople. On dit que, production de la statuaire d’Athènes, ils avaient été transportés à Chios, et delà à Constantinople (3). Il paraît que cette tour laissait au-dessus des carceres, d’où partaient les chars, la place d’une terrasse, où une foule d’hommes assistaient aux courses. L’obélisque qui s’élevait au milieu de la spina de l’Hippodrome, et qui subsiste encore en partie, était venu d’Egypte à Athènes, d’où il passa à Constantinople. Renversé par un tremblement de terre dont on n’indique pas la date, il resta longtemps à terre, et il paraîtrait qu’il fut brisé, et qu’une partie en avait été placée ailleurs avant que Théodose le Grand l’eût fait relever. II se dressait entre un grand pilier en pierre revêtu de plaques de bronze chargées de bas-reliefs historiques et d’ornemens, et une espèce de colonne torse formée de trois serpens enlacés auxquels manquaient les têtes, et qui passait pour avoir servi de support au bassin fatidique du trépied de Delphes. D’après ses proportions , du moins d’après celles que donne à ce monolithe la planche de Banduri, cet obélisque était moins élevé que le grand pilastre, et c’était un défaut en raison de sa position au milieu de la spina ou de l’Euripe , entre deux monumens qu’il devait surpasser en hauteur. Celui-ci était chargé d’hiéroglyphes et de bas-reliefs égyptiens. Le côté tourné vers la mer,

(1) De Lud. cire. 1. I , pi. 61 .

(2) De Bellu Pers. 1. I, xxiv.

(3) Nicétas et Gyllius, 1. II, c. xm.

INTRODUCTION

exposé aux influences de l’air salin de la nier et aux coups de vents fréquents du midi, est plus dégradé que le reste. (Voy. M. de Hammer, Constantinop., etc. v. I p. 128-150.)

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