‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 297 sur 436 · ET NYMPHE · texte numérisé non relu

ET NYMPHE

Femme drapée

Flore

Ganymède

Génie de la comédie. .

Géta

Grâces (les trois) . . .

Hercule enfant

Héroïne mourant ....

Heures ou saisons. . . .

Impératrice

Impériale (stat.)

Isis

Julia pia en iole

Numéros d’ordre. Planches.

JüNON.

Lucius VÉRUS

Maniliüs en Mercure.

Matrone romaine ....

Mercure enfant

Minerve.

Municipale (stat.) . . .

Muse

Naïade

Neptune

Nerva

Nil

Niobide

Océan

Paris

Philosophe

Polïmnie

Psyché. .

Pudicité.

Rutilie.

Sabine ou Domitia. . . .

Saturne

Silène ivre

Thétis sur un cheval .

Tibère assis

Vénus et amour.

( Manilia en ) . .

Vertumne

OO

cq

STATUES ANTIQUES

dommagement des qualités qu’on désirerait aux ouvrages qued’on fait passer sous les yeux.

On sait que Cronos ou Chronos, le dieu du temps, et le plus jeune des six fils du Titan Uranus, dont les Romains, qui puisèrent tout leur panthéon chez les Grecs, firent leur Saturne, mutila son père Uranus et lui enleva l’empire du monde ; on sait aussi que de crainte d’être détrôné par ses en fans, il dévorait ceux que lui donnait son épouse Rhéa ou Cybèle. Jupiter, par l’adresse de sa mère, échappa à la voracité de son père, délivra ses frères, usurpa la couronne, et, établissant un nouveau culte, détruisit celui des anciens dieux Titans. Ces guerres de religion furent sans doute très-acharnées et très-longues; et il est bien à croire qu’elles ont, par la tradition diverse, dans les différentes contrées où luttèrent ces cultes, l’ancien et le nouveau, servi de base à la plupart des mythes de la plus ancienne mythologie. Elle fait passer en Italie le Titan Saturne chassé du ciel, et on l’y retrouve avec un tout autre caractère que lorsqu’il dévorait ses enfans; il y fonda l’empire le plus paternel , et son règne fut celui de l’âge d’or. On serait cependant tenté de penser que le souvenir et la reconnaissance de cet heureux temps du bon Saturne ne se prolongea pas aussi longtemps qu’il l’aurait dû, et que l’on finit par oublier ses bienfaits. Ses monumens du moins sont fort rares, et jusqu’à présent l’on n’en connaît, que je sache, qu’un de ronde bosse, et c’est celui que nous donnons ici. Par le peu de temples et de statues que les anciens citent de ce dieu en Grèce, l’on voit qu'ils y étaient trèsciair-semés; ils l’étaient moins en Italie. La statue qu’il avait à Rome le représentait avec des entraves aux jambes, comme si l’on eût voulu arrêter la marche du temps, et l’empêcher de détruire dans sa course les vastes projets et les monumens que les Romains créaient pour braver ses irrésistibles efforts. Cette statue avait la barbe épaisse et le dieu était nu jusqu’au milieu du corps. En général, on voit sur les monumens Saturne la tête recouverte de son manteau, qui retombe en arrière, symbole des mystères du temps, comme l’étaient aussi de sa puissance créatrice et destructive ses enfans, qu’il dévorait. Saturne était la seule divinité à laquelle on sacrifiât la tête couverte. Dans notre groupe on le reconnaît à ce caractère, quoiqu’il soit privé de ses autres attributs: le globe et la harpé, épée courte, large, recourbée et armée d’un crochet près de la pointe, arme redoutable, avec laquelle le temps sapait tout, et qui fut si fatale à son père Uranus et à luimême. Il se pourrait cependant que ce que notre Saturnetientà la main droite, et dont l’extrémité, en partie conservée, se recourbe, fut cette terrible harpédont HésiodearmeCronos, que l’on voit aussi aux mains de Persée, et dont un précieux bas-relief du Musée royal, n° i56, nous offre un beau modèle, qu’on retrouve peut-être aussi en partie sur l’autel taurobolique n° 3o. Le vénérable Titan, assis sur un trône à dossier élevé, et dont la forme supérieure circulaire n’annonce pas une époque ancienne, semble plongé dans la méditation, la tête appuyée sur sa main gauche. Debout du même côté, une jeune fille vêtue d’une robe longue et d’un péplus, la tête couronnée de raisins, en porte dans le pan de son manteau; le coude posé sur le genou de Saturne; elle relève la main droite. Cette attitude ressemble à celle de l’enfant nu debout à la droite de Saturne et qui tient à la main gauche une corne d’abondance ; les mains et les poignets de ces deux enfans sont dus à la restauration; mais elle était indiquée par la direction des bras. Le geste du jeune garçon caractérise Harpocrate, dieu du silence; celui de la jeune fille ne pourraitil pas convenir à Angerona, divinité dont on ne connaît pas bien les attributions, mais dont l’une était de présider au silence (1 )? Ces deux divinités pouvaient offrir une allégorie de l’action mystérieuse du temps, qui produit tout dans la nature, que peuvent aussi rappeler les fruits que porte cette jeune fille qui, soutenue par le Temps, agit dans le silence. Ces deux figures seraient comme les génies de la fertilité, et ils conviennent d’au-

(1) Verrius Flaccus , dans Macrobe; Sat. I, 10.

DE L’EUROPE

tant mieux à Saturne, qu’il passait pour avoir doté l’Italie de l’agriculture, et y avoir apporté la vigne. Aussi Virgile (Æn. vi, 180) lui donne-t-il le titre de vitisator, planteur de la vigne, que lui confirme Arnobe (ni, 29) ; et ces bienfaits de Saturne, dont le nom vient de seio, satum, semer, semé, étaient célébrés en Grèce dans les fêtes nommées Cronies et à Rome dans les Saturnales. Ce groupe faisait partie d’un monument funèbre dont on retrouve la forme dans celle du dossier, et la destination dans les palmettes, ornements funéraires très-fréquents aux angles relevés des tombeaux. Et d’ailleurs, une inscription latine sur la plinthe du groupe apprend (si l’inscription que j'ai reçue est exacte) que Corn. Vius se l’était consacré, ainsi qu’à ses huit enfans chéris dont il déplore la perte: HIC EGO SVM CORN VIVS DOLIENS (ùc)CVM FILIS (sic) DVLCISSIMIS VIII. Ce monument d’une exécution assez faible, mais curieux par son sujet et sa conservation, aujourd’hui dans les magasins du Vatican, avait appartenu à M. Vescovali, négociant d’antiquités à Rome. Le nez de Saturne et celui de la jeune fille sont restaurés, ainsi que la jambe d’Harpocrate , du genou à la malléole. Le Saturne a de haut. 3 pal. 10 onc. rom. = om,g54 et les enfants 2 pal. 7 onc. = om,643. — Le palme romain actuel a om,249 et sa 12e partie ou l’once = om,2o,75.

a 661. — Cybèle, m. de C., pl. 3q5. — Col. Vescovali (1), inéd.

Cette statue, qui, par l’élégante simplicité de son costume, n’est pas sans quelque mérite , n’en a cependant pas assez , et manque trop du caractère et des attributs qui distinguent Cybèle , pour être placée en tête des statues qui nous ont conservé la représentation de cette déesse ou plutôt le type que l’on s’en fit à des époques probablement peu anciennes et où l’on avait déjà perdu de vue celui des premiers simulacres des divinités de la famille des Titans. C’est donc par inadvertance que cette Cybèle a été mise ici en première ligne, et l’on ne lui laisse cette place que par égard pour l’ordre des numéros.

(1) Statues inédites de la collection de M. Vescovali, négociant en antiquités,

À Rome.

Numéros d’ordre.

Planches.

Numéros d’ordre.

Planches.

Actéon

Faune

Adrien

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