‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 302 sur 436 · A. — Cybèle sur un lion, pl. 3g6. — Coll. Panfili · texte numérisé non relu

A. — Cybèle sur un lion, pl. 3g6. — Coll. Panfili

La mère des dieux dans toute la fraîcheur et la force de la jeunesse, et telle qu’il convient à une immortelle et à la statuaire antique , dont le principal but était la beauté , est portée par le roi des animaux. Peut-être va-t-elle visiter ses séjours favoris , Bérécynthe ou Pessinunte , et y recevoir l’encens et les sacrifices de ses fervens adorateurs. Peut-être aussi le bel Atys aura-t-il quelque part à cette course rapide, Atys, que la déesse chérissait alors et qu’elle craignait de se voir enlever. Des médailles la représentent assise sur un lion. Une des statues qui ornaient le milieu ou la spina du grand cirque à Rome l’offrait ainsi, et c’était aussi le sujet d’un beau tableau du célèbre peintre Nicomaque. La déesse voyageuse est vêtue d’une tunique à larges manches , serrée d’une ceinture qui, dessinant sa taille élégante, est fixée sur les épaules par des agrafes. Delà main droite, dans une attitude gracieuse, elle rélève en arrière son manteau , et de la main gauche elle le retient. — Marbre grec dur.

Rcstaur. La tête de cette jolie statue est antique mais n’est pas la sienne, et, par la disposition du costume, il est aisé de reconnaître que celle quelle avait dans son intégrité n’a jamais eu de voile; il est probable quelle portait une couronne, on ne saurait cependant l'affirmer. Cette statue a subi d’autres restaurations; le nez, le front à gauche, une partie du cou , la main droite, la moitié de l’avant-bras et deux doigts de la main gauche, tous ceux du pied droit, l'orteil du gauche, la chute des plis du manteau sur la gauche sont modernes, ainsi que la queue du lion et la moitié de ses quatre pattes, la plinthe et une partie des pilastres. [ H. 6 pal. ]

664- B. — Cybèle assise, pl. 396. — Coll. Mattéi, t. I, pl. 2 1 .

Ornée d’une couronne à créneaux, élégamment posée sur le derrière de la

DE L’EUROPE

tête, dont elle n’altère pas les gracieux contours, la Cybèle est entièrement enveloppée d’un très-grand manteau double, diplax, et d’un péplus, qui, ne laissant apercevoir que les mains, recouvre une longue tunique, et, malgré son ampleur, ne dérobe pas la riche taille de la déesse. De chaque côté elle appuie sa main sur la tête d’un lion à crinière touffue accroupi près d’elle; ses regards semblent s’étendre au loin. Ces lions, par leur pose et par le socle sur lequel chacun d’eux est placé, ne paraissent pas vivants, ce sont des supports du trône, et ils en remplacent les bras. Ce siège sans dossier n’est pas non plus un trône ordinaire; ce n’est qu’un cube ou un bloc que l’on donnait à Cybèle comme un symbole de la stabilité de la terre, qu’à des époques reculées les anciens se représentaient ou cubique , ou en forme de parallélipipède. — Marbre.

Cette statue , d’un aspect plein de dignité , est tirée de la collection de la villa Mattéi, de même que celle qui la suit et qui semble lui servir de pendant. Il est bien à croire qu’elle n’est pas sans restaurations, peut-être y en a-t-il, même d’importantes, mais il nous a été impossible de nous les procurer, non plus que leurs dimensions. Ce sont de ces regrets auxquels , malgré tous ses soins , on est souvent condamné , en rendant compte de certaines collections dont les ouvrages et les planches se taisent sur une foule de choses que l’on aimerait à connaître. C’est probablement dans la crainte d’affaiblir l’intérêt de leurs monumens en les montrant tels qu’ils sont, qu’ils les offrent dans un état de conservation que souvent ils ont depuis longtemps perdue. Cette prétention d’intégrité nuit plus aux collections qu’elle ne leur sert; et l’on est disposé, lorsque l’on en a passé beaucoup en revue, à soupçonner bien des défauts à celles qui n’osent pas avouer les pertes que le temps et la barbarie ont fait essuyer à leurs monumens.

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