‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 306 sur 436 · JUNON ASSISE · texte numérisé non relu

JUNON ASSISE

Léda

— 4io

Marc-Aurèle, jeune. .

Municipale (statue)...

Nymphe endormie. . . .

couchée

Pluton assis

Prêtresse en gaine. . .

Tibère

Trajan

DE L’EUROPE

musée du Louvre ; elle est d'une éle'ganle jeunesse et le modelé en est fin. La forme gracieuse du pied gauche et des doigts du pied droit , assez bien conservés , fait regretter que les jambes ne l'aient pas été. La gauche, à partir du genou, et la droite, du milieu de la cuisse, de même que le bras gauche en entier et tout l’avant-bras droit, sont dus à des restaurations. La tête, d’une charmante expression pleine d’une douce mélancolie, est bien celle de la statue, mais elle en avait été détachée, et on l’y a replacée; le nez est restauré. [II. 4 pi. 3 po.] Sur la base sont de riches enroulemens de feuillages.

Je ne puis me refuser le plaisir de témoigner ici toute ma reconnaissance à lord Lansdowne pour son aimable accueil , et pour la facilité et l’agrément que j’ai trouvés à prendre des notes sur toutes les statues et les sculptures de sa riche collection , qui m’était toujours ouverte , et que j’ai eu la liberté de faire dessiner.

Pour peu que l’on étudie les monumens de la sculpture antique et que l’on cherche à pénétrer le sentiment qui les inspira, on reconnaît facilement que, d’après les idées que les Grecs se faisaient du caractère et de la puissance de leurs divinités , ils adoptèrent parmi les types créés par l’art, qui né, pour ainsi dire, et élevé dans les temples, était la religion visible ; ils adoptèrent, disje , ceux qui répondaient le mieux à ces idées et qui, pour ainsi dire, les personnifiaient et les rendaient palpables à leurs yeux et à leur imagination. Ces types, se perpétuant, devenaient comme sacrés, et les artistes se seraient fait un scrupule religieux de changer d’une manière sensible ce qu’aux plus beaux temps de la sculpture les grands artistes, qui servaient toujours de modèles à leurs successeurs , avaient eu le génie de faire regarder par toute la Grèce comme des œuvres célestes et comme la plus noble expression de la beauté des dieux. Ces caractères, créés par l’imagination ardente des artistes et souvent inspirés par les poèmes sublimes d’Homère , dont le génie peupla l’Olympe, étaient pour chaque divinité; selon ses diverses attributions, aussi variées que le permettait le système régulier de la beauté chez les Grecs , qui ne souffraient pas qu’aucune expression violente vînt en altérer la pureté. Mais dans les belles productions de la sculpture grecque, qui malheureusement sont très-rares, ces caractères sont assez distincts pour qu’un œil exercé ne confondît pas les fragmens de têtes de Jupiter, de Junon, d’Apollon, de Minerve avec celles d’autres divinités. Il paraît que ce fut à Phidias que l’on dut le type ou l’idéal des figures de Jupiter, comme à Polyclète l’ancien celui deJunon , et à Scopas ainsi qu’à Praxitèle les types variés, selon leurs époques, des têtes de Vénus. Phidias, dans son chef-d’œuvre du Jupiter Olympien, en or et en ivoire, avait porté au plus haut degré la majestueuse et calme beauté du maître des dieux, qui pendant bien des siècles vit tomber d’admiration à ses pieds la foule de ses adorateurs. Ainsi que nous l’avons dit et que nous en sont garans plusieurs ouvrages grecs en petit nombre , et surtout des pierres gravées et des médailles; le type de Jupiter, tout en conservant un caractère général, recevait quelques modifications, suivant les attributions qui, selon les contrées et les particularités du culte lui faisaient donner des titres divers. Et le Jupiter, sur son quadrige, foudroyant les géants, ainsi qu’on le voit sur la belle pierre d’Athénion, avait une beauté sévère, d’une toute autre expression que celle du Jupiter Olympien, assis, tenant à la main la victoire, symbole de sa puissance, et le sceptre dont il régit le monde avec calme et douceur. Sans entrer pour le moment dans des détails, nous rappellerons que les statues de Jupiter lui donnent, en général, pour accessoires, la couronne de laurier, un long sceptre, le foudre, emblèmes de sa puissance, ou la coupe, qui signalait les bienfaits qu’il répandait sur la terre. Son aigle indiquait la force et la rapidité des décrets du dieu , dont un seul mouvement des sourcils faisait trembler l’univers et maintenait les dieux dans le devoir.

On peut faire remarquer que parmi les nombreux surnoms qu’avait reçus Jupiter, et qui tenaient à des localités encore plus qu’à des attributions diverses de sa souveraine

STATUES ANTIQUES

puissance ; il n’y en a que très-peu dont les statues de ce dieu pussent nous offrir une explication positive. Nous verrons que ses titres statuaires, si l’on peut s’exprimer ainsi , se réduisent à un petit nombre de dénominations que l’on soit autorisé à appliquer à l’essence de ses fonctions suprêmes de maître du monde. Ji en est de même des statues des autres divinités, elles sont très-loin de nous apprendre tout ce que nous voudrions en savoir; aussi, les statuettes en bronze, les bas-reliefs, les pierres gravées et les médailles, offrent-ils aux recherches de l’archéologie un champ plus vaste , plus fécond et plus varié, et nous nous réservons bien d’y faire quelques excursions dans notre examen des dieux. En général, les têtes de Jupiter présentent un bel ovale, dont la partie supérieure, le siège de la haute sagesse, prend un peu d’ampleur : le front large et plein, rien n’en altère la pureté, et il est légèrement bombé au-dessus des sourcils , dont les arcs sont doucement surbaissés. C’est là que dans toute sa puissance la pensée développe son génie et la profondeur de ses méditations. Les yeux bien enchâssés sont grands et ouverts sans l’être trop , et toute la figure est d’un aspect majestueux, tempéré par un air de douceur et de bienveillance. Le trait le plus caractéristique des têtes de Jupiter est, en général, la disposition de sa chevelure; elle est ordinairement abondante et retombe des deux côtés du visage en longues mèches onduleuses.Sur les épaules, sur le haut du front, les cheveux se relèventcomme la crinière du lion, et se recourbant en avant, ils ombragent le front. On retrouve ce caractère distinctif et assez constant de la chevelure de Jupiter à celle de héros, tels qu’Hercule, quelquefois Bacchus et Alexandre le Grand, qui passaient pour fils de ce dieu, avec lequel ce trait de conformité leur donne quelque ressemblance et un air de famille. Lorsque Jupiter porte la couronne, elle est ou de chêne, comme dieu de Dodone, ou en olivier sauvage, cotinos, qui est propre au Jupiter Olympien. Quelquefois il a la tête ceinte d’une simple bandelette, symbole de la souveraineté. Sa barbe, large et touffue, est ordinairement, aux belles têtes de ce dieu, à mèches ondulées et à petites boucles; elle ne cache pas assez la bouche pour que l’on n’en voie pas en grande partie le noble contour et l’expression calme de la bonté et de la sérénité. Tout l’ensemble de la tête offre l’empreinte de la force et de la plus haute dignité.

La stature de Jupiter répond à la beauté de sa tête; il a les épaules larges, la poitrine vaste et bien développée, ainsi que; le décrit Homère et que l’avait représenté Phidias dans son chef-d’œuvre à Olympie. Toutes ses formes annoncent la force et la puissance, mais on sent que pour la manifester il n’a nul besoin d’efforts, un seul mouvement de ses sourcils suffit pour remuer le monde. Sa force est toute dans sa volonté suprême. Aussi la sculpture antique ne prononce-t-elle pas avec énergie la musculature du maître des dieux; elle la réserve à d’autres habitans de l’Olympe, à Mercure, à Mars et surtout à Hercule, le type de la force physique, et qui, n’ayant pas le pouvoir d’une volonté divine , était obligé dans ses exploits de déployer la force et l’adresse surnaturelles dont l’avait doué Jupiter. Aussi se manifeste-t-elle aux yeux par l’exagération de sa musculature; il n’en est pas ainsi de Jupiter, qui, devenu maître du ciel, terrasserait avec calme, d’un regard, et Hercule le dieu de la force et toutes les divinités. Aussi, dans les belles figures de Jupiter, les muscles et les veines sont-ils trèspeu sentis. Au reste, quoiqu’il existe quelques statues de ce dieu qui se distinguent de la foule, il n’y en a pas que l’on puisse citer comme de véritables chefs-d’œuvre; et, sous le point de vue de l’art , le souverain des dieux, auquel tant de monumens avaient été consacrés, est loin de pouvoir être mis sur le même rang que plusieurs des divinités soumises à son empire. Mais, parmi les bustes et les têtes, il y en a quelques-unes de la plus grande beauté , soit en sculpture de ronde bosse, en bas-reliefs, et surtout en pierres gravées.

Les statues de Jupiter pourraient, en général, se ranger en plusieurs classes, d’après

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leur pose et leur costume : les Jupiter debout, prêts à exercer quelque action, et d’autres dans une attitude fixe; les Jupiter assis en repos et comme il convient au maître suprême du monde. Parmi les statues de ce dieu debout, une partie, la moins considérable, est nue; quelques-unes, je n’en trouve que quatre, sont entièrement vêtues. Les autres, en plus grand nombre, sont demi-drapées, ou à mi-corps, de l’ himation ou manteau, quelquefois de la tunique et souvent du manteau sur l’épaule gauche , et laissant à découvert la poitrine et la partie droite jusque vers le milieu du corps. Parmi les Jupiter assis, quelques-uns, en petit nombre, sont entièrement vêtus. Les autres ne le sont qu’à mi-corps et de la même manière que les statues debout. Au reste, dans la description des nombreuses statues de ce dieu, nous aurons soin de faire remarquer les variétés de leur pose , de leur costume et des divers accessoires.

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