IVRE
BIBAX 2012. -801.
Junon 744- -422.
Jupiter 689. - 4o3.
Numéros d’ordre. Planches.
Mercure
Minerve
Narcisse
- 5go.
Nymphe (Jeune) . . .
Silène
VÉNUS
VICTRIX
STATUES ANTIQUES
Aucune grande statue de Jupiter ne nous le fait voir la tête ornée d’une couronne, soit d’olivier sauvage , le hotinos, que portait le Jupiter Olympien et que lui avait donnée Phidias, soit de chêne , comme était celle du Jupiter de Dodone. En général , sa tète n’est ceinte que d’une simple bandelette , le diadème, que même il ne porte que rarement. Le petit bronze de la Bibliothèque royale et celui qui le suivra sont couronnés d’olivier sauvage, et la couronne de la figurine qui nous occupe est nouée de larges bandelettes ou de lemnisques qui retombent sur ses épaules. Ce Jupiter est chaussé de sandales et, de tous ceux que nous offrons nus ou n’ayant pour vêtement que le manteau sur l’épaule gauche, c’est le seul qui soit chaussé, tous les autres sont pieds nus. Homère et les autres poètes ne représentent pas ainsi Jupiter, les autres divinités et les héros. Ils leur donnent toujours de brillantes chaussures qui prêtaient plus à leurs descriptions que les plus beaux pieds nus. Il en était tout autrement de la sculpture. Ce qui lui donne le plus de peine et la fait le mieux valoir , c’est de rendre avec toute sa beauté la nature humaine dans tout le développement de la vie. Il y a plus de difficulté et de mérite à reproduire la forme élégante de beaux pieds qu’à les couvrir en totalité ou en partie des plus riches chaussures. De même des armures très-ornées font honneur au talent presque mécanique et à l'adresse de main du ciseleur, mais elles sont le désespoir du sculpteur, qui regrette toujours de se voir obligé de cacher sous le fer ou l’airain un corps qui lui offrirait tous les moyens de développer son talent dans la science si difficile du nu ; tandis qu'il n’en faut qu’un très-médiocre pour reproduire avec la plus froide vérité un mannequin de métal, et encastrer de pied en cap un héros dans une armure. Ce labeur s’abandonne à un sculpteur secondaire, ce que les Italiens appellent un scarpellino, adroit au maniement du ciseau et à décorer une armure aussi bien qu’une cheminée, ou qu’un lustre. Aussi les Grecs qui dès, les temps les plus reculés, n'allaient jamais au combat qu’armés de toutes pièces, se gardaient-ils bien de représenter ainsi leurs héros. Leurs sculpteurs savaient trop le tort qui en serait résulté pour leur art, qui eût perdu de vue l’étude si compliquée de la belle nature dans toute sa variété et le mouvement de la vie. Laissant aux poètes le plaisir de parer les divinités au gré de leur imagination , ils préféraient les offrir sans ornemens étrangers et douées de cette beauté surhumaine que savait y imprimer leur génie, et qu’on eût dit que Phidias, Polyclète, Praxitèle avaient été contempler et étudier dans l’Olympe
o a 690. — Jupiter, br., pl. 4o3. — Paris, Bibl. roy. unéd.
Cette petite figurine , debout, entièrement nue, et qui tient le foudre à la main droite abaissée, est bien dessinée, surtout dans la partie supérieure jusqu’aux genoux. Elle est remarquable par la couronne d’olivier qui ceint la têle de Jupiter, et que nous avons fait remarquer dans l’article précédent. Le bras gauche, qui manque, était probablement relevé vers le milieu et tenait un long sceptre , ce que peut faire supposer la fierté de son altitude [H. 0,1 o4 m.r=4 po. ]
69 1 . — Jupiter assis, m., pl. 4o5c — Guat., II, pl. 1 1, an. 1 8o5.
Ce dessin-ci est un double emploi et nous l’avons déjà donné (G69, pl. 3q8) pris de deux côtés, l’un presque en face, d’après Guattani, l’autre sur la gauche, dessiné pour mon recueil, à Rome, dans la collection Pacelti. Les deux dessins, au premier coup d’œil, paraissaient offrir deux statues; mais, en les
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examinant mieux, on voit que c’est, à n’en pouvoir douter, la même statue dessinée sous deux points de vue.
H semblerait cependant que depuis Guattani, qui du reste n’indique pas les restaurations , cette statue a subi quelques retouches à la tête, dont les mèches qui tombent sur les épaules sont plus allongées qu’elles ne l’étaient de son temps; et l’habile sculpteur auquel a appartenu cette statue lui a mis à la main un long sceptre. Dans un recueil tel que celui-ci, près de dix fois plus considérable qu’aucun de ceux qui l’ont, précédé,
11 est bien difficile de n’avoir pas par-ci par-là quelque double emploi à se reprocher; et l’on peut espérer que ces torts, qui ne sont que de la surabondance, seront regardés avec indulgence, si l’on veut bien réfléchir à la difficulté de trouver dans les anciens ouvrages et dans les dessins que l’on fait (aire loin de soi, d’après les antiques, toute l’exactitude que l’on pourrait désirer. Guattani ne donne de hauteur à son Jupiter que
12 pal. 4 onc.; la mesure que j’ai reçue de Rome la porte, à 1 2 pal., 7 onc. : est-ce cette dernière mesure qui est exacte?
a 692. — Jupiter assis, m., pl. 4o6. — Rome, Vesuovalï, inéd.
Sauf quelques restaurations dont les plus importantes sont celles du front , du nez, de la bouche et de la moitié du bras droit, ce Jupiter, drapé à micorps, est d’une bonne conservation, mais le travail en est médiocre. La tête est la sienne, une bandelette ceint sa chevelure touffue. On ne conçoit pas trop le pan de manteau qui recouvre l’épaule gauche et se termine là , sans se continuer par derrière; ce n’est pas un exemple de bon goût à offrir. Aux pieds, chaussés de sandales , il ne manque que quelques doigts. Sur la barre transversale du trône sont quelques lettres; l’on a cru y lire LALISIA, dont on a fait un sculpteur étrusque; ce qui est bien incertain, et d’autant plus que le style de la statue n’est, nullement étrusque. Cette statue, trouvée en 1821 à la villa Patrizi, hors la porte Pie, à Rome, appartient à M. Vescovali, négociant en antiquités, qu’il rassemble avec zèle, en marchant sur les traces de Gavin Hamilton et de Thom. Tenions. [ H. 5 pal. 6 onc. 1/2. ]
692 A — Jupiter assis, pl. 4o4- — Oxford, aux écoles.
D’après le geste du bras droit, il semblerait que ce Jupiter menace de son foudre. Le bras gauche a été brisé , mais c’est le sien , et la main est fort bien. On ne saurait en dire autant de la tête avec la même certitude. Il m’a paru , en l’examinant de près , que c’était celle de la statue rapportée sur un cou moderne ainsi que le haut de la poitrine et les épaules. Mais certainement, cette tête a été fort retouchée et elle a perdu de son caractère antique. Le pied droit est une des meilleures parties de cette statue, lourde et; de fabrique, exécutée d’après quelque bon original. — Marbre de Paros.
Nul doute que le nuage sur lequel posent les pieds ne soit une addition moderne, et elle n’est pas heureuse; le plus médiocre sculpteur ancien ne s’en serait jamais rendu coupable. Cette statue fait partie de la collection que le musée des écoles d’Oxford doit à la générosité de lady Pomfret, qui légua à ce grand et bel établissement tout son cabinet d’antiquités. (Voy. Marmara Oxon ., pl. 1.) [ H. 3 pi. ]
STATUES ANTIQUES
692 B. — Jupiter assis, m., pl. 4o4. — Boissard, iv, pl. 94.
Boissard (1), selon son ordinaire, ne nous apprend rien sur cetle statue, si ce n’est que de son temps elle était dans la vigne du cardinal de Carpi, célèbre amateur d’antiquités, dont on peut, p. ccxii, parcourir les nombreux monumens tirés de l’Aldroandi (2). Bien ne vient à l’appui du nom donné à cette figure : l’absence d’attributs , le peu de dignité de la pose, du costume et de tout l’ensemble de la figure , ne porte guère à y reconnaître le maître des dieux.
L’on ne serait guère tenté de s’arrêtera cette statue, à moins de vouloir chercher quels pouvaient être les deux animaux quadrupèdes accroupis aux côtés du massif carré de pierre qui sert de siège ou de trône, et dont les têtes n’existent plus. D’après leurs griffes et leur longue queue, terminée par une touffe, ce pourraient être des lionnes ou peut-être des sphinx égyptiens à tête humaine, par lesquels, au déclin de l’art, auquel appartient cette statue, on aurait voulu caractériser Jupiter Ammon; hypothèse que je suis loiu de vouloir appuyer sérieusement. Il paraîtrait que cette statue était restée comme on l’avait trouvée, qu’on ne l’avait pas restaurée, et qu’elle était dans un bon état de conservation. Nous ne pouvons rien dire de l’exécution ni de la matière, pas plus que de la grandeur de cette figure, que Boissard ne nous fait pas connaître.
692 C. — Jupiter assis, pl. 4o4- — Boissard, vi, pl. 127.
Voici encore une de ces figures sur lesquelles Boissard ne nous met que très-peu au fait de ce qu’ellès pouvaient être. Mais elle peut bien venir de la même main ou du même atelier que la précédente. Plus roide encore et plus pauvre de dessin, elle offre de plus mauvaises draperies. L’ajustement de la barbe et des cheveux porterait à présumer que cette tête est un portrait.
Ce Jupiter, si c’en est un, ce dont peut faire douter l'absence d’accessoires, est assis sur un siège dont les pieds perpendiculaires, faits au tour, sont surmontés de fortes boules qui leur servent d’ornement, et où je me garderai bien de chercher une allusion au globe du monde. Les deux avant-bras et le pied gauche manquant à cette statue; on voit qu’elle n’avait pas été restaurée, et il est à croire que, du reste, elle était bien conservée, et que sa tête lui appartenait. De même que pour la figure précédente, mesure et matière inconnues.
a 692 D. — Jupiter, pi. 396 F. — M. Bourb., Finati, n°3 1 8, in.
Ce superbe fragment d’une statue colossale de Jupiter assis est remarquable par la souplesse de son modelé et la beauté de son exécution. La tête , sans
(1) Né en i528, Boissard vivait encore en 1 597, de même que son graveur, Théodore de Bry, de même âge que Boissard, et dont il ne faudrait pas juger le talent par les gravures du recueil de ce savant : il a fait beaucoup mieux. Mais, du reste, à cette époque, les artistes et surtout les graveurs, même de grand mérite, ren-
daient très-mal et sans caractère les productions de la sculpture antique, et les statues étaient encore plus maltraitées que les bas-reliefs : voyez , pour en être convaincu, les recueils et de de Cavaleriis, et de Perrier, etc., etc.
(2) Il cite cetle statue, p. 3o3; voyez ici p. cxcii, n° 3o8.
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être d’un caractère idéal aussi élevé que celui d’autres têtes de ce dieu, offre une expression de bonté et de dignité. Le mouvement des cheveux sur le front et l’enchâssement des yeux suffisent à faire reconnaître le maître de l’Olympe. Les prunelles , indiquées, et lin peu trop de rondeur et de mollesse dans le travail, décèlent un ouvrage romain. — Marbre grecchetto.
Le pan de draperie sur l’épaule gauche montre que ce Jupiter assis était drapé à micorps comme tant d’autres figures de ce dieu, et il reste assez de l’épaule gauche pour être certain, par sa direction, que le dieu avait le hras élevé et que probablement il s’appuyait sur son long sceptre , ce qu’indique aussi la légère inflexion du corps qui , un peu affaissé sur lui-même, dénote la tranquillité de la pose. D'après les proportions de ce beau débris, la statue dont il faisait partie devait avoir de 1 2 à i3 pieds , plus de 4 mètres de proportion, et il est à croire que c’était la divinité principale de quelque grand temple de Naples. Ce Jupiter, autrefois connu sous le nom du Géant, il Gigante, avait donné son nom à une petite place, sur laquelle il était, près du palais du roi , d’où a passé au musée Bourbon , où il était digne de figurer à côté des autres chefs-d’œuvre de ce magnifique musée. [ Haut. 8 pal. = 2™, 096. ]