Jupiter en Diane, pl. 4o5. — Guattani, i 786, pl
On sait que pour mieux réussir auprès de la belle Callislo, nymphe chérie de Diane, et rebelle aux ardentes poursuites de Jupiter, ce dieu, qui pour Antiope , Europe , Léda , Ganymède , s’était changé en satyre , en taureau , en cygne, en aigle, prit la forme de la déesse, et que faisant pénétrer la séduction au cœur de la nymphe sans défiance, et profilant de sa faiblesse, au milieu de caresses qu’elle croyait innocentes , il redevint Jupiter et la rendit mère d’Arcas. La chaste et sévère déesse se vit obligée de la chasser de sa présence et de la troupe pure de ses nymphes, étrangères à l’amour, et ne connaissant comme elle que les plaisirs innocens de la chasse, des bois, des eaux et de la campagne.
Jupiiter n’a pas pris tout à fait les formes de Diane , et à travers son costume de femme, son péplus et sa double tunique d’étoffe fine et gaufrée, ses manches larges à boutons, son manteau retenu par une agrafe sur la poitrine, très-peu saillante, on retrouve en quelques endroits le dieu sous sa métamorphose. A son côté gauche pend le carquois de la déesse de la chasse; à ses pieds est son chien , qui se dresse pour caresser le séducteur, qu’il prend pour sa maîtresse. La tête, antique, est rapportée , les hras , les pieds, et la plus grande partie du chien sont modernes, mais ses pattes sont antiques et ont motivé la restauration. Cette statue, publiée par Guattani, est actuellement au Vatican. — Marbre de Luni. [H. 6 pal. 2 onc. 1/2.]
694. — Jupiter jeune , pl. 4o5 , bron. à! Herculanum , pl. 77.
Quoique les dieux soient toujours jeunes par leur essence immortelle, la statuaire, à l’exemple de la poésie, avait, en les représentant, adopté différent^ âges, et elle nous offre Jupiter tantôt dans son enfance soigné par les nymphes, égayé parles Corybanles, tantôt dans sa jeunesse, ainsi qu’à toute sa maturité. Ici dans toute la fraîcheur du jeune âge, imberbe, tel qu’on figurait Jupiter Axur, ou dont la barbe n’a jamais été coupée (a privatif et Çvpov, rasoir),
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ce dieu est déjà vainqueur des Titans et des Géans, et le long sceptre, ainsi que le foudre entre ses mains , sont des insignes de son triomphe. Il n’a pour vêtement qu’un léger himation, ou manteau qui laisse à découvert tout le corps et les jambes. On voit que c’est un dieu actif et prêt à de nouvelles victoires.
Il paraîtrait , au reste , que l'on a voulu représenter quelque empereur jeune et triomphant sous la figure et les attributs de Jupiter; et la bague qu’il porte au quatrième doigt de la main gauche donne à cette statue un caractère' d’individualité et doit y faire reconnaître un portrait. Il passe pour être celui de Caligula, qui se faisait adorer et se vantait de triomphes qu’il n’avait jamais remportés. Cette grande et belle statue, découverte à Herculanum , est un des ornemens de lax magnifique et unique collection de bronzes du musée Bourbon de Naples. [Haut. 9 pal. 8 onc.]
SUR UES TÊTES DES DIVINITES DONNEES PAR LES MEDAILLES, ET EN PARTICULIER SUR CELLES DE JUPITER.
Les têtes des divinités reproduites par les médailles et par les pierres gravées nous offrent, surtout pour les coiffures plus de variété que celles des statues, dont, souvent, les têtes sont les parties qui ont le plus souffert , et le plus fréquemment changé de maîtres; car l’on n’ignore pas combien peu de statues ont conservé intactes celles qu’elles avaient lors de leur intégrité. C’est ce qui m’a engagé à faire un choix parmi les plus belles médailles grecques dont mon ami, feu Mionnet, qui a si bien mérité de la science numismatique, avait réuni une petite collection spéciale, au nombre de trois cents têtes remarquables par leur caractère, leur ajustement et la beauté de leur travail. Ceci ne sera peut-être pas regardé ici comme un hors-d’œuvre : cette petite iconographie sacrée peut très-bien se combiner avec la représentation des statues des divinités , et ce sera une sorte de préambule à l’iconographie des héros, des princes et des personnages célèbres grecs et romains, qui doivent accompagner la dernière partie de cet ouvrage. Ils peuvent y être, pour la plupart, rangés en ordre chronologique; et ces portraits, que nous a légués l’antiquité, trouveront facilement leur explication à leur époque, dans les tableaux historiques. Il n’en est pas de même des têtes des divinités, auxquelles on ne saurait assigner de temps précis. Si j’avais fait de meilleure heure cette réflexion , peutêtre me serais-je dispensé de faire dessiner et graver ces cent vingt-cinq têtes de divinités et de héros, exécutées avec soin. C’eût été une dépense de moins pour moi; car elles n’influent en rien sur le prix de l’ouvrage. Mais, pensant qu’elles pouvaient intéresser quelques personnes, artistes ou amateurs, je n’ai pas hésité à les donner, sans la moindre prétention à les offrir comme un travail de numismatique : ce ne sont que de belles têtes, qu’on peut avoir quelque plaisir à considérer, et dont j’indique la provenance; et j’ose espérer que, me sachant quelque gré de mon intention , tout à fait désintéressée, et dont l’unique but est d’être utile à cet ouvrage, on ne me reprochera pas de ne pas offrir toutes les têtes que j’aurais pu tirer des collections de pierres gravées et des nombreux bustes antiques. Ce travail m’eût mené beaucoup trop loin , et n’aurait pas eu , sous le rapport de l’intégrité et de la variété des têtes, le même degré d’authenticité que les médailles, que je ne présente d’ailleurs que comme spécimen. Par leur rapprochement avec les têtes des statues, on verra combien elles offrent plus de variétés. Les artistes peuvent en retirer quelque utilité; si tant est que le peu de goût qui, chaque jour, se manifeste de plus en plus pour la mythologie, ne fasse pas un jour disparaître de nos musées et de nos ateliers toutes ces antiques divinités, et, avec elles, le sentiment de la sculpture antique. En attendant cette décadence, qui s’avance, j’engagerai toujours les artistes qui tiennent encore un peu à notre vieil Olympe, aux créations d’Homère et aux chefs-d’œuvre dont le poète et son Phidias avaient embelli la Grèce et le monde, à con-
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sulter une foule de médailles curieuses, dont je ne donne ici qu’un bien faible aperçu*
Si l’on examine la série des quarante-huit Jupiter que présentent nos planches, cl entre lesquelles il n’y a que qmelques figurines d'admises, on remarquera que, dans ce nombre, très-petit, puisqu’il n’y en a que trois, on trouvera plus de variétés de têtes que dans toutes les grandes statues réunies. Parmi toutes nos statues, qui comprennent, je pense, toutes les grandes figures de Jupiter répandues en Europe, on n’en verra que quatre qui portent des couronnes, et ce ne sont que des figurines et une grande terre cuite de Naples qui aient cet avantage. En thèse générale, car quelque Jupiter peut m’être échappé et rester ignoré, avec sa couronne, dans quelque coin de palais d’Italie, on peut donc avancer qu’il n’y a pas un seul Jupiter en marbre qui soit couronné, et il n’y en a même que quelques-uns dont la tête soit ceinte d’une simple bandelette, insigne bien modeste des divinités, des rois et des héros, et par lequel on désignait la puissance. Il est cependant certain que, dans l’antiquité, Jupiter portait ordinairement une couronne; et il est bien inutile de citer et celui de Phidias, à Olympie, et tant d’autres exemples, à l’appui d’un fait si connu. Selon ses attributions et le caractère sous lequel on le représentait, la couronne du maître des dieux était même ornée d’accessoires divers. Parmi nos Jupiter, il y en a sept dont les têtes, étant tout à fait modernes, ne peuvent pas entrer en ligne de compte. En examinant ceux dont les têtes sont antiques, ily en a peu qui aient conservé cellequ’avait créée le sculpteur :1a plupart sont rapportéeset ont appartenu à des figures qui n’existent plus. Mais peu importe , puisque, eu général , ce sont bien des têtes de ce dieu que l’on a restituées à ces statues mu tilées, et elles n’ont pas plus de couronne que celles, en petit nombre, qui se sont conservées dans leur intégrité. Ne paraîtrait-il pas ou ne pourrait-on pas se laisser aller à penser qu’il n’était pas ordinaire de donner des couronnes à ces statues de marbre de Jupiter? Serait-ce par suite de l’habitude d’offrir en hommage à ces images des couronnes, ou de feuillages véritables ou de feuilles de métaux précieux? C’eût été un reste de l'antique usage de revêtir d'étoffes réelles les simulacres en bois, les êdam, xoana des divinités. Ne pourrait-on pas supposer, je ne le dis qu’avec défiance, qu’eu général on regardait comme inutile de sculpter une couronne sur la tête du dieu qui devait tant en recevoir; et peut-être aurait-elle pu gêner pour en placer une véritable ? Car on ne saurait guère admettre que le hasard, qui aurait tout à fait l’air d’un dessein prémédité, d’une espèce de complot contre les statues de Jupiter, ne nous eût laissé parvenir, parmi le nombre immense qui en existait, que celles qui étaient privées de couronnes. Si donc l’on s’en rapportait à ce qui nous reste de figures entières de ce dieu, ou dont la partie la plus importante, la tête, est conservée, on serait, ce me semble, assez porté à penser que du moins il était rare que les statues du dieu des dieux eussent une couronne; mais ce seraît bien hasardé; et je suis loin de proclamer comme un fait reconnu cette supposition , et d’en tirer aucune conclusion positive; et d’autant plus que de nombreuses statues en marbre d’autres divinités, auxquelles on offrait aussi des couronnes véritables, ne laissent pas d’être couronnées. D’où vient cette différence, et pourquoi le temps a-t-il moins épargné Jupiter que les autres divinités; et, l’on pourrait presque dire que le Temps, Saturne, par un juste ressentiment, s’était ainsi vengé de s’être vu ravir sa couronne par son fils Jupiter.
D’un autre côté, si l’on considère les têtes de Jupiter conservées par les médailles, on verra que, bien qu’en petit nombre, elles offrent assez de variété. Plusieurs ont un beau carctère, grave et sévère, tempéré par une douce bienveillance. Voyez pl. 1001, le Jupiter de Crète, 2705 ; deux d’Epire, 270/1, 2076; celui deBéolie, 2071 et 2711; la tète d'Antiochus II, Epiphane, roi de Syrie, avec le caractère de Jupiter. Il y a peu de variété dans la capillalure, dans la barbe; les cheveux, touffus, se recourbant en avant sur le front, retombent en larges masses ondoyantes sur le cou et les épaules, signes
STATUES ANTIQUES
d’une forte et puissante nature. A Jupiter Ammon de la Cyrénaïque, 2702, 2713, 271 A, les cheveux ont quelque chose de plus inculte et de plus sauvage; il en est de même des barbes onduleuses ou annelées, et en rapport avec la nature des cheveux.
Ce que l’on remarque le plus à ces têtes, et ce qui les distingue le mieux de celles des statues, ce sont les couronnes. Elles sont de trois espèces : la couronne d’olivier sauvage, xohvos , particulière au Jupiter Olympien, c’était celle qui, exaltant tous les vœux des concurrens aux jeux olympiques, fut pendant longtemps le seul prix des vainqueurs ; elle faisait toute leur gloire et embrasait le génie de Pindare. Ou voit ici cette couronne parer la tête de plusieurs Jupiter : ce sont celles de Béotie, 2701 , dont le feuillage est le mieux caractérisé; 270A, 2705, 2706, du Jupiter de médailles de l’Epire ; 2707, de celui d’Elie ou Olympie; 2709, du Jupiter des médailles de Locri des Bruttiens, dans la Grande-Grèce; 2710, d’un autre Jupiter; 2711, de celui de Syrie, offrant la tête idéalisée d’Antiochus II , Épiphaue. Aussi cette tête tient-elle un peu du portrait, et il y a quelque chose de plus soigné, de plus apprêté que dans les autres. Celle de Jupiter d’Arcadie, 2712,8 le caractère de la douceur et de la bienveillance, et sa chevelure, plus longue et plus ondoyante, conviendrait au bon Aristée, le dieu des pasteurs d’Arcadie, et adoré comme Jupiter dans cette contré; 2718, pl. 1002, le Jupiter de Ténédos, dont la tête est unie à celle de Junon, porte aussi une couronne, mais peut-être n’est-elle pas de feuilles d’olivier.
Au Jupiter de Dodone, en Epire , contrée célèbre par sa forêt de chênes séculaires, qui rendaient des oracles, on donnait une couronne de feuilles de ces arbres fatidiques. On la trouve ici, 2703, 2708 , 2715 , pl. 1002 ; 27 16, 27 17, pl. ioo3 , au Jupiter Dodonéen ; elle était tout à fait particulière et l’on voit que c’est le seul qui la porte.
Le Jupiter Ammon , adoré dans la Cyrénaïque, avait aussi une couronne qui lui était spécialement assignée ; c’était une bandelette, à laquelle était fixée une corne de bélier, qui, de chaque côté de la tête, entourait en partie l’oreille. On trouve cette espèce de couronne ou de bandeau à des têtes de rois se prétendant fils de Jupiter Ammon, tels qu’ Alexandre le Grand et Lysimaque, roi de Macédoine. Telles sont les couronnes que donnent les médailles aux têtes de Jupiter, et que ne présentent aucune des statues en marbre de ce dieu.
J’ajouterai ici, ayant omis d’en parler à l’article de Cybèle, une belle tête de celte déesse sur une médaille de Smyrne, 27 2 A, planche 1002. Sa couronne, tourelée, est bien caractérisée. Elle est formée de créneaux et de parties de murailles; ses cheveux, sur le devant, encadrent régulièrement sa figure, et, sur la partie postérieure de la tête, ils s’échappent en masses qui semblent agitées par le vent, et retombent, en serpentant sur le cou. La déesse a pour boucles d’oreilles une grosse perle en poire.
a 695. — Enlèvement d’Europe, pl. 4o6. — Vatican, inéd.
Au bord de la mer, foulant aux pieds une riche prairie émaillée de fleurs qu’un pouvoir divin faisait naître sous ses pas, la belle et jeune Europe, fdle d’Agénor, roi de Thèbes, et sœur de Cadmus, jouait, au milieu de ses compagnes, avec un beau taureau blanc qui se prêtait avec douceur à tous les enfantillages de celte troupe folâtre. Europe, dans son innocence, ne se doutait pas que ce taureau n’était autre que le maître des dieux, le séducteur Jupiter, qui, pour se rapprocher d’elle sans effrayer sa vertu , avait pris la forme de ce fier et superbe animal qui, pour elle, n’avait rien de menaçant.
Ici la jeune et imprudente beauté s’est enhardie au point de monter sur le dos du taureau couché à ses pieds. Vêtue d’une tunique légère et d'un manteau que les mouve-
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mens de la nymphe ont fait descendre sur ses hanches , d’une main elle relève avec grâce une tresse de ses longs cheveux agités par quelque Zéphyr, complice de Jupiter, et de l’autre elle se soutient à l’une des cornes du taureau, qu’elle semble exciter à se lever. Heureux du succès de sa ruse, ce taureau-dieu se glisse vers la mer; bientôt, déployant sa puissance, il la traversera, et Europe, éperdue, se consolera de son enlèvement en apprenant que c’est un dieu , Jupiter, et en donnant par delà les mers son nom à de vastes et riches contrées. Ce sujet prêtait trop à la peinture et à la sculpture pour ne pas avoir été souvent traité. Varron (1. V, VI, § 3 1 ) cite une statue en bronze de Pythagore, sans doute de Rbégium, offrant Europe sur un taureau , et on la voit assez fréquemment sur des vases peints , des pierres gravées et sur des médailles indiquées par C. O. Müller dans son Manuel d’archéologie, § 35y, 1 4. La figure gracieuse d’Europe, d’un élégant ensemble, se fait remarquer par la belle exécution de ses draperies. Malheureusement ce joli groupe est loin de s’offrir dans son intégrité : la tête, antique, d’Europe est rapportée ; ses bras et son pied gauche, ainsi que quelques parties de sa robe, sont modernes, de même que les cornes, les oreilles, les jambes, la queue et une portion du cou et du fanon du taureau. Ce petit groupe, inédit, et qui n’est décrit ni dans la Description de Rome par M. Gerhard, t. III, i834, ni indiqué dans le Manuel de C. O. Müller, est au Vatican. — Marbre grec. [Long. 3 pal. 5 onc. 1/2; Haut. 2 pal. 6 onc.]
a 696. — Ganymède, m. Carr., pl. 407. — Vatican, inéd.
Le beau berger, fils de Tros, roi de Troie, est ici dans sa première enfance, et Jupiter avait déjà des vues sur lui, et songeait, pour embellir l’Olympe, à lui faire partager avec Hébé l’agréable emploi d’offrir, dans des coupes d’or, aux divinités de la cour céleste le nectar et l’ambroisie. Le jeune enfant, par une idée sans doute particulière du sculpteur , jouait dans les champs avec des lézards et une tortue, lorsque l’aigle de Jupiter, ou peut-être ce dieu luimême sous la forme du roi des airs, le saisit, et, les ailes déployées, est sur le point de l’enlever et de le transporter dans l’Olympe. L’aigle qui le ravira à ses tranquilles plaisirs, semble jouer avec le bel enfant; de son bec il dérange les boucles touffues de sa chevelure , qui retombent avec grâce sur ses épaules; il le familiarise avec ses caresses. Le petit Ganymède ne craint plus le terrible oiseau de Jupiter, il abandonne les lézards et la tortue avec lesquels il jouait sur les rochers et qui paraissent avec lui en pleine confiance. Rendant à l’aigle caresse pour caresse, delà main droite il presse sa tête contre la sienne, et, de la gauche, il saisit son aile puissante comme s’il voulait s’en envelopper, et l’on voit que bientôt ce ne sera, pour le beau Ganymède, qu’un jeu d’être enlevé par son ami et de traverser les airs moelleusement bercé et transporté vers le séjour des dieux.
Il est à regretter que cette gracieuse composition ait été si mutilée; il y manquait presque tout le torse de Ganymède, le nez , le menton, la moitié intérieure des pectoraux et tout le corps jusques à la jonction des cuisses avec les hanches, ainsi que la moitié antérieure du pied droit, et le bras gauche a partir du bas du deltoïde, avec toute l’aile de l’aigle. Celle de l’autre côté à aussi été refaite de même que la queue et le bec; mais ce qui restait de ces parties était plus que suffisant pour en motiver la restauration, d’une manière très-satisfaisante. Ce groupe est au Vatican, dans la salle des Miscellance , ou monumens divers, où j’obtins la permission défaire dessiner un bon nombre de statues. [Haut. 2 pal. 7 onc.]
STATUES ANTIQUES
a 697. — Ganymède, m. gr., pl. 4 1 1 - — M. Chîaram., inéd.
Parmi les fonctions dont Jupiter avait chargé Ganymède, était celle d’avoir soin de l’aigle qui l’avait apporté et de lui offrir le nectar et l’ambroisie. Ce sujet, fréquent sur les pierres gravées, y est traité avec assez de variété. Ici le bel échanson, debout, nu, ses longs cheveux touffus tombant en boucles onduleuses sur les épaules, le regard empreint d’une douce tristesse, serre de la main gauche et rapproche de lui l’aigle posé sur un tronc d’arbre recouvert de sa chlamyde. Ganymède tient à la main droite, dans une coupe, l’ambroisie , qu’il va présenter à l’oiseau de Jupiter ou peut-être à ce dieu lui-même. Ils paraissent l’un et l’autre d’intelligence, et le fils de Tros semble avoir reconnu le maître des dieux sous la forme de l’aigle qui , agitant déjà ses ailes, va prendre son essor vers l’Olympe. Ce petit groupe, bien composé, d’un agréable dessin , mais médiocre sous le rapport de l’exécution , a le mérite d’être bien conservé dans ses parties principales. La tête de Ganymède avait été détachée du corps, on l’y a replacée. La main droite est antique, et il n’y a de moderne que le bras droit depuis le dessous du deltoïde jusqu’au poignet, la jambe droite du genou à la malléole, et la moitié antérieure du pied gauche ainsi que quelques plis de la draperie. Les notes que j’ai reçues ne parlant pas de l’aigle, il paraîtrait qu’il est antique où qu’il 11’y a que peu de restaurations. [Haut. 3 pal. 3 onc. ] (1).
698. — Ganymède et l’Aigle, m.gr., pl.4o8. — M. Bourb.,ii°7o.
Jupiter, sous la forme cl’un aigle, est près d’enlever le jeune et beau Gany-
(I) Statues inédites du musée Chiaramonti,
Ou qui ne se trouvent pas dans les ouvrages analysés p. ccclxxiv et cccxcvn.
Numéros d’ordre. Planches.
Alexandre
Apollon
ou Narcisse . .
Athlète
Atropos
Automne (L’)
Bacciius
Britannicus
Gérés
Numéros d’ordre. Planches.
Cérès ....'1187. -557.
Claudius Marcellus. . 23o8. - 902.
Clio assise 988. -5oi.
Diane 1220. - 571.
LUCIFÈRE 1205. - 56/j.