‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 336 sur 436 · Junon, m., pl. 4i5. — Berlin, Mus. royal · texte numérisé non relu

Junon, m., pl. 4i5. — Berlin, Mus. royal

La déesse, sans diadème, n’a pour coiffure qu’un voile qui, recouvrant en arrière sa chevelure, retombe de chaque côté, sur ses épaules et sur sa poitrine, presque jusqu’au bas du péplus; son costume, au voile près, est le même que celui de la statue précédente; mais il est mieux disposé, moins lourd, et l’ensemble de la pose estbeaucoup meilleur. La main droite, abaissée, et la gauche, relevée, Junon semble donner un ordre.

On sait (voy. p. cccvi) que le sculpteur Cavaceppi avait acquis assez de célébrité par ses nombreuses restaurations de statues et d’autres monumens antiques; et l’on sait aussi que, souvent, elles étaient par trop hardies. Ainsi, ne connaissant pas celles que cette statue a subies, on ignore ce qu’elle a d’antique et ce qu’elle doit à l’habile restaurateur romain. Il n’est pas certain que les liras aient eu précisément cette direction : c'est cependant probable. Mais ce qui me ferait croire que la tête est antique et peut-être celle de la statue, c’est le manque de diadème ou de stlengide; car n’cst-il pas à présumer que, voulant faire de cette statue une Junon, Cavaceppi (I, n°55) n’aurait pas manqué d’orner sa tête du diadème, insigne caractéristique de la reine des dieux?

Suite des Statues inédites i

Numéros d’ordre. Planches.

Faune porteur 1725 B. - 721.

Faustine 2457. - 956.

Hermaphrodite 1 554 A. - 668.

Junon 719 B. - 420 B.

Lucius verus 2459. - 958.

musée royal de Stockholm.

Numéros d’ordre. Planches.

Nymphe Appiade 1887. -750.

Paris 2o83 A. - 833.

Prêtresse 1933. -779.

ig33 A. - 779.

Silène 1777. - 738.

Vénus marine 1 383. A. -622.

Minerve

STATUES ANTIQUES

a 721 A. — Junon , m. gr., pl. 4 16. — Villa Albani, inédit.

On ne voit pas trop ce qui a mérité à cette statue, trouvée à la villa Adrienne et en grande partie restaurée, le titre qu’on lui a donné et que rien ne justifie. Le costume conviendrait à une matrone romaine, et l’on peut faire remarquer que le genre de la coiffure imprime à cette tête le caractère d’un portrait.

La tête avait été détachée; on fa replacée; mais il y a eu des restaurations au nez, aux lèvres et à la joue gauche. Le poignet et la main gauche, la partie du manteau qui traverse le corps, l’épaule, tout le bras droit et la draperie qui l’enveloppe sont modernes, ainsi que quelques plis du manteau à gauche , et sur la partie extérieure de la cuisse et de lajamhe droite. [Haut. 8 pal. 8 onc. = 2m,i58. ]

* 722. — Junon , m. , pl. 3 1 1 . — Louvre , n° 2 2 A.

Cette petite statue, placée sur une colonne cannelée en porphyre dans la salle des Empereurs romains au Louvre, mérite d’être remarquée pour la noble simplicité de sa pose et pour la beauté de ses draperies.

La déesse, couronnée de la sllengide , est vêtue de la tunique talaire ( chilôn podêrê ) qui recouvre en partie ses pieds chaussés de solcœ ou semelles sans courroies. Cette tunique, très-longue, dégageant entièrement les beaux bras de la déesse, et retenue sur chaque épaule par une agrafe, est relevée par deux ceintures, l’une sous les seins, l’autre sur les hanches. Elle est recouverte en partie par un manteau d’une étoffe légère et transparente, qui, retombant en arrière presque jusqu’aux pieds, entoure de larges plis le corps comme une ceinture, et laisse, à travers ces plis, voir ceux de la tunique. Ce costume élégant ne dérobe, malgré sa modestie, rien des belles proportions de la déesse, et mérite de servir de modèle. Les bras, le droit à la saignée, le gauche un peu au-dessus, sont modernes. Cette jolie statue était autrefois à la villa Borgkèse. — Bouill., 1. 1. 3, divin, pl. 1. [Haut. om,95o=2pi. 11 po. 1 li. ]

* 723. — Junon reine, m., pl. 3 1 3. — Louvre, n° 749.

La déesse, à laquelle le diadème et la patère qu’elle tient à la main donnent le caraclère de la reine des dieux, est vêtue d’une longue tunique à larges ouvertures pour manches, et serrée au-dessous des seins par une ceinture ou une bandelette étroite, simplement nouée sur le devant, et dont les extrémités sont passées dans la ceinture. Un ample manteau double, le diplax , recouvre en partie de ses nombreux plis cette tunique, et un large pan retombe sur le milieu du corps. Ce costume sévère convient bien à la gravité de la souveraine de l’Olympe; cependant, il est un peu lourd. La tête de cette statue est antique, mais rapportée. L’avant-bras et la main gauche, le droit et un peu de la draperie au-dessus de la saignée, sont modernes. Ainsi l’on pourrait contester à cette statue ses attributs et même son nom. — Bouill., 1. 1. 3, divin., pl. I, n“ 2. [Haut. im,57i = 4 pi. 9 po. ]

723. A. — Junon? m. gr. dur, pl. 4 1 4- — M. P. Clém., I, pl. 2.

Cette grande et magnifique statue, malgré toute sa beauté, n'est certainement pas une de celles qui, décorées du nom de la reine des dieux, se distin-

guent par le caractère le plus élevé et par une imposante dignité, A son diadème, on reconnaîtraitvolontiers l’épouse de Jupiter; son expression remplie de douceur et sa tête, légèrement inclinée vers la gauche, annoncent sa bienfaisance : aussi, en restituant l’avant-bras gauche, lui a-t-on mis à la main une patère, emblème des faveurs qu’elle répand parmi ses adorateurs. Mais cependant plusieurs raisons ont fait hésiter, ainsi que nous allons le voir, des savans du premier ordre sur la déesse que représente cette belle figure.

Cette statue, presque colossale, est certainement d’une grande beauté et l’un des modèles les plus accomplis que l’on puisse offrir parmi les figures vêtues pour le style noble du costume et la belle disposition des draperies, ainsique pour l’exécution soignée mais ferme de tout l’ensemble. Visconti en fait , et avec raison , le plus grand éloge , il la rapproche des admirables figures du Parthénon; cependant, en certaines parties, elle offre un caractère plus ancien, surtout dans la partie gauche des draperies, que, pour leur agencement, qui tient encore à l’ancien style, il compare à celles de notre Pallas de Yelletri. D’un autre côté parla grâce de ses formes, par la majesté de ses grands yeux, tels que ceux qu’Homère donnait à Junon, il ne doute pas qu’elle ne soit due au ciseau de quelque grand sculpteur grec, et s'il ne lui manquait pas quelques données, il serait tenté de voir dans cette. Junon, car il n’hésite pas à croire que c’en soit une, celle de Praxitèle, que, d’après Pausanias, on admirait dans son temple, l 'Hereum, à Platée en Béotie.Mais comment oserions-nous parler des ouvrages de ce grand maître, lorsque nous ne le connaissons pour ainsi dire que de ouï-dire, ou d’après des copies incertaines de ses admirables productions? Tel est le sens de ce que cette statue inspire à Visconti dans une grande partie de son article sur ce cbef-d’œuvre. Mais dans un appendice ajouté â l’édition italienne in-8°, ce savant apporte, d’après de nouvelles observations, de grandes modifications à sa première opinion, non sous le rapport de la beauté de cette statue, qui est incontestable, mais sous celui de la déesse quelle représente. On ne doit pas être surpris de ce changement d’idée du grand antiquaire. Lorsque de nouvelles recherches plus approfondies lui suggéraient de nouveaux aperçus qu’il croyait préférables aux premiers, il ne faisait nulle difficulté de reconnaître que la seconde fois il avait vu plus juste que la première, et c’est ce qui doit inspirer le plus de confiance dans les jugemens d’un savant à qui toute l’antiquité et tous ses monumens étaient si bien présens, et qui savait si bien les apprécier, surtout sous le point de vue de l’érudition. II avoue qu’après avoir bien considéré la tête de cette statue il n’y a plus vu ces grands yeux homériques de Junon, et qu’ils sont moins ouverts et tels que ceux de Vénus, qui en tempère l’éclat et leur donne plus de douceur et de volupté en rapprochant légèrement les paupières. Les cheveux retirés en masse par derrière, et réunis dans une espèce de réseau, ne lui paraissent pas convenir à Junon ; c’est la coiffure de Vénus. Enfin , il prend le parti de celle-ci et abandonne la reine de l’Olympe. 11 croit que cette statue, par son style, est antérieure à Praxitèle, et qu’elle peut offrir ou Vénus ou Proserpine, dont la coiffure, sur les médailles de Sicile, a de l’analogie avec celle de la statue qui, quoi qu’il en soit, dit-il , n’a pas été faite pour une Junon : Cerlo è che questa statua non mi sembra essere statafattaper Gianone.

Le savant Zoéga [Zeitschrift de M. Welcker, p. 3io), dans ses observations remplies de sagacité sur le Musée Pio-Clémentin de Visconti, est très-incertain sur le nom que l’on pourrait donner à dette statue. Sa tète douce et jolie, et son costume élégant, n’ont pas le caractère élevé qui convient à Junon; d’un autre côté, il lui trouve un aspect trop sérieux pour une Vénus Genetrix, trop jeune pour une Cérès, et pas assez pour une Hygie. 11 se décide enfin pour Junon Lucine, protectrice des accouchemens, et que caractériseraient la tunique sans ceinture et l’expression de la tête, où règne moins de la

STATUES ANTIQUES

majesté et de la fierté de la reine des dieux que de la gravité et de la compassion de la déesse qui préside à la naissance du genre humain , sur lequel, latête légèrement penchée , elle laisse tomber de bienveillans regards. Zoéga est d’autant plus porté pour Junon Lucine, que cette déesse avait un temple vers l'emplacement de San Lorenzo in Panisperna, où cette belle statue a été découverte. Il est difficile de prendre un parti entre deux savans antiquaires tels que Visconti et Zoéga. Cependant, d’après le caractère delà tête d’après l’attitude du corps et le costume, je suis très-porté à me ranger du côté de l’auteur du Musée Pio-Clémentin.

Les draperies sont remarquables par leur agencement et leur exécution. Cette tunique, d’étoffe fine, à petits plis, malgré son ampleur, ne dérobe pas la richesse delà taille de la déesse. On sait que ces petits plis , serrés, passés au fer chaud, étaient nommés siolides par les dames grecques, et qu’ils faisaient appeler stolidotes les vêtemens de fin lin auxquels on trouvait qu’ils ajoutaient beaucoup d’élégance. Cette mode est trèsancienne, car on voit ces petits plis gaufrés à des statues et à des bas-reliefs d’une haute antiquité. En ne considérant cette belle statue que sous le rapport de l’exécution , on doit faire remarquer que la tête , les bras et les pieds, étaient d’un marbre beaucoup plus fin que le reste et, qu’étant rapportés, on pouvait les changer et en adapter d’autres. Le manteau double, diplax, enroulé autour de la taille par la largeur de ses masses, contraste bien avec la finesse du vêtement qu’il recouvre. Ce sont de ces adresses de disposition qu’entendaient si bien les anciens sculpteurs , et qui donnent tant de valeur à leurs draperies. Peut-être, dans la partie de celles qui retombent sur le milieu du corps, quelque parallélisme de lignes leur donne-t-il un peu de roideur; mais c’est peu de chose auprès des qualités de cette belle statue. Le manteau est garni d’une bordure appliquée sur l’étoffe et appelée pcza par les Grecs et instita ou segmentum par les Romains. Le bras droit en entier, les doigts du pied droit et le pied gauche, sont modernes, et il y a quelques légères réparations aux draperies. Cette statue fut découverte dans des fouilles faites par le cardinal François Barberini, et dirigées par le célèbre antiquaire Leonardo Agostini, au xvme siècle, sous le couvent de Saint-Laurent in Panisperna, où l’on place les thermes d’Olympias. Le nom de son premier possesseur lui a fait donner celui de Junon Barberini, sous lequel on la désigne encore. L’Olympias dontil est ici question était fille d'Ablave, préfet du prétoire sous Constantin le Grand. La circonstance d’avoir servi d’ornement à des thermes, où l’on plaçait sans doute plus de statues de Vénus que de celles de Junon , pourrait faire pencher vers l’opinion que cette statue serait la reine de Cythère plutôt que celle de l’Olympe. Elle est aujourd’hui dans la rotonde du Vatican. (Vov. Visconti.) [Haut. 12 pal. 9 onc.]

728 B. — Junon, m. gr., pl. 4 1 4* — Napl., M. Borb., i oo.

A celte attitude imposante, à ce diadème élevé, à la noble sévérité de ce costume, qui ne laissait à découvert que les beaux bras de la déesse qu’Homère nomme toujours la déesse aux grands yeux, aux bras blancs, on reconnaît bien celle qui, sœur et femme de Jupiter, marchait à la tête <les dieux, ainsi que le dit Virgile : Jovis et soror et conjnx , divum incedo regina. Elle s’appuie sur son long sceptre, et il est très-probable qu’au lieu de ce pan de manteau qu’on lui a fait tenir en restituant la main gauche, elle avait à la main une patère ou quelqu’autre attribut. Par sa noble pose, par la belle et simple disposition de ses draperies , qui ne font pour ainsi dire que voiler la richesse de sa taille, cette Junon, d’un habile ciseau romain, élève des sculpteurs grecs,

DE L’EUROPE

est une des plus belles de celles que nous a Iransmises l’antiquité, et un des meilleurs modèles que présente la sculpture antique à l’élude de celle qui, suivant ses principes , cherche à s’inspirer de ses chefs-d’œuvre. Le bras droit est moderne. — Cette statue du musée royal des Stucli, ou musée Bourbon à Naples, faisait autrefois partie de la collection Farnèse. [Haut. 8 pal.]

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