‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 335 sur 436 · Léda, mar., pl. 4i2. — Venise, Mus. St-Marc, II · texte numérisé non relu

Léda, mar., pl. 4i2. — Venise, Mus. St-Marc, II

La belle épouse de Tyndare, n’ayant pour tout vêtement qu’un collier de perles et une bandelette qui relient sa chevelure, est saisie par le cygne, sous la forme duquel elle a déjà reconnu le maître des dieux. Son ample voile est tombé; toute tremblante et éperdue, repoussant d’une main fatiguée par une lutte inutile les étreintes du dieu, elle n’oppose plus qu’une faible résistance, dont bientôt sera vainqueur Jupiter, sous sa perfide métamorphose. [H. 2 pal. 2 onc.]

7 1 7.— Léda, m., pi. 4 1 2. — Dresde, LEPL.,pl. 1 3 1 ;LiPs.,p. 1 88.

Voici encore une Léda du genre de celles que nous avons vues , et qui , recevant le cygne entre ses bras, va le couvrir de son manteau. Le nu de cette jolie statue est bien modelé, la tête , agréablement ajustée, a de la grâce, et la draperie est disposée avec une élégante simplicité. [H. 2 aun. = im,i33.] — L’aune de Dresde = om,566,5.

JUNON

Les statues de Junon, de même que celles des autres divinités, sont loin d’offrir à l’érudition autant de ressources que les figurines en bronze, les bas-reliefs, les pierres gravées, les médailles et les peintures de vases qui se prêtaient avec plus de facilité et de complaisance que la sculpture statuaire à toutes les compositions , aux caprices de l'imagination, et à représenter les caractères distinctifs et les attributs des divinités. Beaucoup de ces accessoires l’eussent embarrassée et elle s’en dispensait, à moins qu’elle ne fût chargée par la religion et les exigences du culte , pour lequel l’art était souvent l’intérêt le moins important, d’offrir aux adorations des peuples des simulacres anciens et vénérés où les accessoires, les attributs, symboles du pouvoir des dieux, étaient, plus que la beauté de l’art, l’objet de leurs représentations. Aussi voit-on, du moins dans le peu qui nous reste des Grecs et des Romains, que, pour leur statuaire en bronze et leur sculpture en marbre, leurs artistes étaient très-sobres sur le fait des attributs, tandis qu’ils en donnaient beaucoup plus à leurs petites productions, aux figurines destinées aux laraires ou au culte particulier, où l’on était moins exigeant sous le rapport de l’art. Et encore ce que l’on y trouve d’accessoires et d’attributs est-il bien moins nombreux que ceque présentent les poètes, qu’ils ne gênaient pas dans leurs descriptions , où ils se plaisaient même à les multiplier et à les faire valoir. La sculpture, surtout dans ses statues, ne pouvait pas, par sa nature, se permettre un tel abus de richesses symboliques qui l’eussent étouflée sous ces emblèmes. Elle était trop sage et trop intelligente pour ne pas sentir que de grandes statues ne devaient pas être traitées comme des figurines, qui n’étaient que des espèces d’amulettes ou de petits présens, qu’à certaines fêtes on se faisait en famille, et que, quant à elle, son premier besoin, sa plus importante affaire, c’ctait d’être belle et de plaire aux yeux. Aussi les monstruosités de l’Egypte, en-

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combrées de symboles faits pour i’ esprit plutôt que pour les yeux, faisaient-elles horreur à la sculpture grecque et à son élève, la sculpture romaine.

On doit aussi faire remarquer, par rapport aux attributs des divinités et aux accessoires, qu’il est rare que les statues aient conservé leurs bras en entier et surtout leurs mains, parties délicates , et que leur fragilité exposait le plus à être brisées; et, en disparaissant, les mains ont emporté les attributs. Souvent, en les restituant , on leur en a donné que rien ne motivait , et l'on créait arbitrairement des divinités auxquelles n’avaient pas pensé les auteurs de ces statues, qui devaient être très-fières de pareilles apothéoses. De cette manière , on a dû sans cesse altérer et même changer entièrement le caractère primitif de ces mêmes statues. Parmi les quarante-six Junon que présentent mes planches, et jamais aucun ouvrage n’en a offert à beaucoup près un aussi grand nombre, on n’en trouve que quatorze que, d’après l’absence des points indiquant les restaurations, l’on pourrait croire n’en avoir pas subi. Mais il ne faut pas trop se fier à cette apparence d’intégrité ou de conservation parfaite. Plusieurs de ces figures doivent inspirer des doutes, et l’on devrait encore diminuer le chiffre de celles qui, à bon droit, pourraient se féliciter de nous être arrivées sans être mutilées. Quelques-uns des musées ou des collections particulières d’où sont tirées les statues que je donne, n’ont malheureusement pas l’utile usage , d’en indiquer les restaurations , dans leurs ouvrages gravés, probablement par la crainte assez naturelle à des propriétaires de diminuer le mérite de ces statues et l’intérêt que l’on peut y prendre, si on les réduisait à ce qui leur appartient en propre. On n’aime pas à leur voir reprocher ce quelles tiennent de la libéralité de la main qui les a complétées. Les figurines en bronze , en terre cuite , offrent peut-être plus de garanties que les statues en marbre. Sur ces quarante-six Junon ou les figures qui ont l’habitude de passer pour telles, je n’en trouverais donc que sept, la plupart même statuettes en bronze, dont les mains et les bras me paraissent authentiques : deux figurines de Florence en bronze, 729, 73o, pl. 4i8;deux figurines en bronze de notre Bibliothèque royal e> 7/14, 745 , pl. 422; une grande figure en terre cuite, de Naples, 727 A., pl. 420 A.; la main droite d’une Junon du Vatican, 734, pl. 423; une Junon assise de la collection Lansdowne, 748 A., pl. 420 B., et encore la manière dont elle tient obliquement son sceptre, ou le morceau cylindrique qui l’indique, me paraît très-suspecte, et cette main doit être moderne; une Junon en bronze d’Herculanum , 74 1 , pl. 420 A. ; Junon allaitant Mars, 748 , pl. 423. — Il me semble, au contraire, que l’on peut concevoir des doutes sur l’entière conservation des statues qui suivent, bien que mes planches les indiquent dans toute leur intégrité et telles que me les ont fournies des ouvrages qui se taisent et sur les mesures et sur les restaurations; ce sont : Junon Torlonia, 718, pl. 4i5; une de la collection Albani, 7 19, pl. 4 1 5; de Berlin, 721, pl. 4 1 5 ; trois Junon de Dresde, 747, pl. 42 3, 754 A., pl. 424, 755, pl. 4i 9 ; de la collection Giustiniani , 739, pl. 420 : par la position de la main gauche, ce qu’elle tient ne peut pas être sa hasle’, c’est un écrit roulé, ce qui indique une assez mauvaise restauration; 735, 736, pl. 4i 9; deux Junon de la collection Vescovali. Quand on n’a pas vu ces statues, on ne peut s’empêcher de les regarder comme très-suspectes de ne pas être ce qu’elles paraissent. En admettant même comme intactes ces figures, sur la plupart desquelles on peut avoir de légitimes soupçons, on ne trouverait pour attributs h toutes nos Junon que le diadème, le voile, le long sceptre, la patère, que l’on voit aussi à d’autres divinités. Et, parmi ces attributs, je ne saurais regarder comme authentiques que les coupes ou patères de deux petits bronzes de Florence, 72g, 73o, et de notre Bibliothèque royale, 744. Je ne dis pas qu’il n’en existe pas d’autres, et je ne parle que des figures que je donne. Les épis de blé de la Junon en Cérès, de Dresde, 747, nie semblent mériter très-peu de confiance.

Les auteurs anciens et les médailles nous font connaître plusieurs autres attributs de Junon que ne nous transmettent pas ses statues. DansPausanias (Bcot. XXXIV, 2), une statue

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de Pythodore tenait sur la main les Sirènes , comme le Jupiter Olympien et la Minerve du Parthénon de Phidias, une Victoire. Un vase peint offre cette déesse avec un lion sur la main. (Gerhard, Anf. Bildw., J. 33.) Le paon, son oiseau favori, et qui jadis avait été Argus aux cent yeux, le gardien d’Io, rivale de la jalouse J unon, se voit sur les médailles romaines et y est l’emblème de l’apothéose des impératrices, comme l’aigle celui de la déification des empereurs. Un admirable camée de Vienne en Autriche offre peut-être Germanicus surun aigle ; un autre , tenant le foudre , porte l’empereur Adrien. Sur une médaille , l’empereur Antonin Pie est enlevé aux cieux sur un aigle, et Julia Domna, femme de Septime Sévère, est représentée en Junon emportée par un paon. ( Mill. G. M. II, 677 , 680, 681 , 683. ) Cet oiseau était aussi le symbole de l’union conjugale, et on en nourrissait dans les temples de Junon, de la fierté de laquelle on aurait pu le faire l’emblème. Sur les médailles de Samos, on en voit deux à ses pieds. (Mill. G. M. I. 5o, pl. xit.) Les statues ne nous offrent pas cet attribut, beaucoup moins propre, il est vrai, par ses formes , à la sculpture, qu’il ne l’eût été par ses riches couleurs à la peinture. Elle ne montre pas non plus Junon , la tête surmontée d’une espèce de modius à anses, qu’on lui voit sur cette même médaille de Samos, et qui rappelait peut-être les temps reculés où la reine des dieux, comme d'autres anciennes divinités, n’avait pour idole qu’un poteau, une pierre carrée, que depuis et pendant longtemps l’art grec, dans son enfance, babilla, comme un grossier mannequin ou une grande poupée, d’une robe, d’un péplus serré à la taille et d’un ample manteau ramené sur la tête. Tous ces vêtemens étaient d’étoffes véritables, costume dont l’art réligieux hiératique ou archaïque conserva le premier type, et qu'on voit en général aux statues de Junon. Cependant, la tunique et le péplus sont assez ordinairement très-larges et sans ceinture. On a donné plusieurs explications du grand manteau qui , s’unissant sur la tête au diadème, faitl’office de voile et recouvre en grande partie la déesse. II est bien à croire qu’aux anciens temps, lorsque l'on ne songeait pas encore aux symboles qui depuis prirent tant de faveur, on donnait à Junon ce manteau voile le pliaros, qui distinguait les femmes d’un haut rang, et qu’on leur voit toujours dans Homère. Il convenait à la dignité chaste et sévère de l’épouse de Jupiter. C’était avec ce voile que l’avait représentée dans son simulacre en bois à Samos, Smilis , l’un des plus anciens sculpteurs grecs , contemporain de Dédale. La statue de Junon au Capitole était aussi voilée comme on le voit sur des médailles d'Adrien. Les mythographes , au temps des explications allégoriques, en ont donné de diverses de ce voile. Selon Albricius, cité par Visconti [M. P. Clèm., I, pl. 3) , Junon étant le symbole de l’air, le voile représentait les nuages qui le couvrent. Suivant Fulgencc, Junon était l'arbitre des richesses , et le voile qui l’enveloppe indiquait qu’on les tient avec soin cachées , interprétations qui n’ont l’une et l’autre guère de valeur, et il me semblerait que l’on peut tout simplement s’en tenir à la première idée qu’eurent les sculpteurs archaïques, en représentant la souveraine des dieux dans le costume qui alors avait le plus de majesté et de gravité. L’art, en s’embellissant, conserva l’idée primitive du type des antiques simulacres et le morceau d’étoffe véritable jeté sur l’ancien manequin ou le poteau, devint sous son habile ciseau une ample et riche draperie. Le cylindre dont on surmontait quelquefois la tête de la déesse, comme celle d’autres divinités, rappelait de même, lorsqu’on en fit un modius, une mesure , le temps où ces modestes dieux étaient vénérés par leurs primitifs et naïfs adorateurs sous la forme d’une simple pierre, d'une colonne ou d’un poteau. De même que sur la médaille de Samos, cette déesse est presque toujours représentée debout; on n’en connaît que deux assises, dont une, de la collection Lansdotvne, 7/18 A, peut bien être douteuse. On donnait encore à Junon pour attribut la grenade, symbole de la fécondité, et qui convenait à la déesse qui présidait aux accouchements, Junon-Lucine. Cet attribut 11’est pas encore connu par les statues. On ne leur voit pas non plus le coucou qui surmontait le long sceptre de Junon , et qui rappelait

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que ce fut sous la forme de cet oiseau, que Jupiter se rapprocha de cette déesse sur le mont Thornax ou Coccygion (xdxxvt;, kokkjx, coucou). S’étant ensuite fait connaître, il s’unit à elle, et elle devint la reine des dieux.

Les médailles les plus belles (pl. 1002) n’olfrent pas une grande variété dans l’ajustement des têtes de Junon. Une médaille du Bruttium , 2722 , lui donne le diadème recouvert en partie en arrière par le voile ; elle a pour collier un rang de perles, et des boucles d’oreilles à trois pointes, 2721. Celle d’ Aptère en Crète n’a que le diadème brodé de palmettes et de fleurs de la grenade , qui lui était consacrée ; le collier de perles et des boucles d’oreilles formées de deux cercles , d’où pendent trois perles qui pourraient rappeler les trirjlena d’Homère. Ses cheveux abondans, et divisés en nombreuses mèches ondulées, n’ont pas la simplicité de la coiffure de la Junon voilée, 2722. Par sa forme taillée droit des deux côtés, la parure qui couronne la Junon de Crotone, 2720, paraît en métal et est une stlengideou une stéphané en métal, plutôt qu’un diadème en étoffe. On en peut dire autant de celle de Chalcis en Eubée, 2719. Ce n’est ni un diadème, ni une stlengide, mais bien une couronne ou un large cercle de métal, le stephanos, qui pare sa tête, et sa forme, plate en dessus, rappellerait celle du modius dont il a été question ; elle a le même collier et les mêmes boucles d’oreilles que la Junon d’Aptère, 2721. Des deux têtes de Junon unies à celles de Jupiter, pl. 1002, celle de Ténédos, 2718, est ceinte d’une mitra ou large bandelette, souvent de plusieurs couleurs. Elle a des boucles d’oreilles sphériques, peut-être en perles. Il est à remarquer que, sur cette belle médaille l’oreille est horriblement mal placée. Les cheveux forment de longues ondulations très-simples. La tête de Junon de Dodone, 2717, a le voile sur le diadème, dont on 11e se rend pas bien compte et qui semble crénelé. Ce ne serait pas alors un diadème, mais une stlengide en métal : nous aurons ailleurs l’occasion de parler de ces diverses ‘ coiffures.

Par cet aperçu ou cette espèce de statistique iconographique de Junon, il est aisé de reconnaître que les statues qui portent le nom de cette déesse sont bien loin de nous la représenter telle que pouvaient l’offrir les poètes, les consécrations particulières des diverses localités et les monumens nombreux qu’avait élevés l’antiquité à la déesse sœur et femme de Jupiter , et reine de l’Olympe.

7 18. — Junon, m. , pl. 4 1 5. — Rome, col. Tojrlonia, III, n° 1 2 (1).

La déesse , dans toute la fraîcheur de la jeunesse , debout, appuyée sur son long sceptre, est coiffée du diadème, que recouvre en partie un pan du grand manteau qui, lui servant de voile, enveloppe presque entièrement sa longue tunique à larges manches. Celte figure, dont la tête est un peu forte, a de la dignité ; et les draperies, disposées avec goût et simplicité, font valoir, plutôt qu’elles ne les masquent, l’attitude noble et les belles proportions de la déesse.

On ne saurait admettre aujourd’hui comme élégante une chaussure fermée , à fortes semelles, aussi lourde que celle que l’on voit ici à Junon; mais on la retrouve ù beaucoup de statues de déesses et de femmes, mises du reste avec recherche, et les peintures de Pompéi et d’Herculanum en offrent de nombreux exemples. 11 faut que ce fût admis chez les anciens dans une toilette de bon goût; et cependant de jolis pieds nus, ou à peine couverts de chaussures légères qui les laissent voir en partie, sont plus agréables

(1) Dans la table de l’introduction p. cdxxxvi - 718, j’ai omis le nom de cette statue, ou plutôt je l’ai mise par inadvertance avec les Léda.

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eu sculpture et en peinture que de gros souliers fermés. Homère, ce premier des artistes, fait toujours briller de leur grâce naturelle les pieds nus des déesses ou des héroïnes, ou bien il les montre à travers les réseaux d’or et de pourpre d’élégantes chaussures.

a 7 19. — Junon, pl. 4 1 5. — Rome, villa Albani, inéd.

Si cette jolie statue, si jeune, et dont le costume se fait remarquer par sa légèreté et son élégance , est une Junon , dénomination sous laquelle on la connaît dans la riche collection Albani, ce peut être une Junon Pronuba, qui présidait au mariage, et à laquelle appartiendrait la torche qu’elle tient à la main droite.

Peut-être aussi cet ample péplus qui flotte autour d’elle, et dont la transparence ne dérobe rien des attraits de la déesse, représenterait-il l’air pur, l’atmosphère qui entoure la terre, et dont, selon quelques systèmes de cosmogonie, Junon était le symbole. Ce rocher au-dessus duquel s’élève celte divinité, pour ainsi dire aérienne, serait l’emblème des hautes montagnes qui, portant leur cime dans les cieux, sont enveloppées de l’air le plus pur; la torchealors caractériserait la lumière qui, dégagéedes nuages, yest plus brillante. Ce diadème et ces beaux bras conviennent à Junon, la déesse aux bras blancs, la Leucolêni d’Homère, soit commepromièa,qui protégeait les liens du mariage, soit comme souveraine de l’air. Quel que soit au reste le nom que l’on adopte pour cette statue, c’est certainement une des plus élégantes productions de la sculpture antique, et elle fait un des plus gracieux ornemens de la belle villa Albani. [H. 7 pal. 3 onc, = im,8o5.]

a 7 1 9. A. — Junon, m. de Luni, pl. 4i 6. — Villa Albani, inéd.

Cetle statue-ci a ia plus grande analogie avec celle qui précède, et l’on dirait qu’elle en est une répétition , à quelques variétés près que présentent la coiffure et quelques détails de la draperie. La tête aussi est un peu plus dirigée vers la droite, le corps incline un peu sur la gauche, et la pose des pieds, dont le droit est plus en arrière , offre de légères différences.

Mais cette figure-ci , moins bien conservée, a des parties modernes; la tête , antique, vient d’une autre statue, le nez et le diadème sont restaurés, le bras droit, à partir du bas du deltoïde; le bras gauche en entier, ainsi que la jambe gauche au-dessus du genou et les deux pieds; un pan de la robe sur la droite et au milieu du corps, par le travers; un morceau du péplus et la plinthe sont modernes. Le sculpteur Cavaceppi , à qui cette statue a appartenu, voulut, çn lui mettant une torche à la main, en faire une Diane Lucifère. Depuis, on y a vu une Junon s’élevant dans les airs comme la précédente, sur laquelle je n’ai pas de renseignemens qui puissent nous apprendre si elle a été découverte après celle-ci, et si elle a fourni des motifs pour y reconnaître une Junon plutôt qu une Diane, la tête n’étant pas la sienne, et peut-être en est-il de même de celle de sa compagne, dont j’ignore les restaurations. Cette statue a été découverte à la villa Adrienne à Tivoli; elle est aujourd’hui dans le grand portique de la villa Albani. [H. 7 pal. 1 onc.= i“,763].

a 719. B. — Junon, mar., pl. 420. — Stockholm, inéd. (1).

Cetle élégante statue, ainsi que plusieurs que nous avons déjà vues, ne nous

(1) Statues inédites du Musée royai. de Stockholm.

Numéros d’ordre. Planches. Numéros d’ordre. Planches.

Caligula 2376. -934- Enfant et cygne 2232 C. - 877 B.

Diane chasseresse ... . 1237 A. - 58o. Faune porteur 1725 A. -721.

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offre pas cetle divinité avec fa gravité que l’on donnait à fa reine de f’Ofympe: c’est fa jeune épouse du maître des dieux et telle que fa dépeint Homère sur fe mont Ida , lorsqu’elle veut par ses charmes et ses séductions attirer Jupiter entre ses bras et le forcer à accéder à ce quelle désire; et c’est bien la jeune épouse xovpàtr) akoyps , ainsi que l’appelle le poète. Son péplus sans ceinture et sa longue tunique, suivant sons prétention les formes du corps, sont cl’une piquante simplicité. L’avant-bras droit, un peu au-dessus de la saignée, et le gauche, audessous du deltoïde, sont modernes. [H. 2 aun. 19 po.] — L’aune de Suède = om,593,5.

720. — J un on , m. g., pl. 4i 5. — Rome , Torlonia, I, pl. 2 , n° 9.

La déesse, dont la tête et le cou sont modernes, est vêtue d’une longue et ample tunique talaire relevée à mi-corps par une ceinture et que recouvre un péplus très-large, retenu sur chaque épaule par une fibule, et laissant les bras entièrement à découvert.

La chaussure, fermée, est de celles dont nous avons parlé plus haut. Ce costume trèslourd masque et altère les proportions de la déesse. Les mains et les poignets sont modernes. H est à croire , d’après son attitude , que cette figure tenait autrefois un long sceptre à la main gauche, élevée, et une patère à la droite. Il y a trois grandes restaurations parallèles dans le bas de la rohe à partir du genou gauche. [H. îopal. 900c. = 3m,67 6-3

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