‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 340 sur 436 · Junon ? m. Paros, pl. 417. — M. Gapit., III, pl · texte numérisé non relu

Junon ? m. Paros, pl. 417. — M. Gapit., III, pl

Si cette statue avait toujours été telle qu’on la voit ici, l’on pourrait dire que Junon debout, la tête légèrement inclinée en avant, le bras droit élevé, la main gauche appuyée sur le côté, a quitté son voile et son diadème, insignes de son rang, et quelle ne veut attirer les hommages des mortels que parla douceur de son expression, qui tempère l’imposante dignité de son altitude. Mais cette belle statue manquait de tout ce qui aurait pu la caractériser. Elle, n’avait plus de bras, et sa tête, rapportée , provient d’une autre figure. Aussi Visconti ( Notice des statues du Mus. roy., n° 447), revenant sur les premières idées que cette statue lui avait inspirées, émet-il des doutes sur ce quelle pouvait être jadis , et il serait assez disposé à y voir Melpomène , souvent, dit-il, représentée de celte manière, et la chaussure à épaisses semelles , dans le genre du cothurne, conviendrait à la muse de la tragédie. Mais il me semble que le costume de cette muse est ordinairement plus simplement traité, et que sa taille est serrée par une très-large ceinture; cependant, on lui en voit aussi de plus étroites; ce ne serait pas une raison suffisante pour repousser la supposition de Visconti, qui manque rarement de rencontrer juste, mais il peut y avoir des doutes.

Cette grande figure, d’un bel aspect, est d’une bonne conservation. L’ajustement du manteau qui, l’enveloppant en partie après avoir formé de larges masses de plis, retombe de l’épaule gauche, est assez remarquable. A l’exception de ce qui a été indiqué, cette

statue n’a de moderne que l’extrémité du nez, la lèvre inférieure et le pied gauche; il y a bien aussi quelques légères retouches à deux ou trois endroits des draperies. De toutes nos Junon, celle-ci, si c’en est une, serait la seule qui appuie ainsi sa main gauche sur la hanche, s’il n’y en avait une en terre cuite à Naples avec à peu près la même attitude de sa main droite. (Voy. 727 A. pl. 420 A.) Il est à croire que quelque indice dans le marbre sur la hanche aura motivé la restauration de la statue du Capitole. Cette figure faisait, dit-on , autrefois, sous le nom d’Amazone, partie de l’immense collection du palais Cesi, l’une des plus belles de Rome (voy. ici p. ccxn) du temps de l’Aldroandi; cependant, je ne la trouve pas au nombre des statues citées dans son ouvrage et que j’ai données. [H. 16 pal. 4 onc.]

727 A. — Junon, terre cuite, pl. 420 A. — M. Borb. n° 5g.

Cette statue, déjà remarquable par son ajustement et par la transparence de son manteau, qui, bien que d'une très-médiocre exécution , laisse entrevoiries plis delà tunique , l’est surtout en ce qu'elle nous offre, et d’une belle conservation , l’une des deux plus grandes statues en terre cuite qui nous soient parvenues de l’antiquité ; et c’est un mérite, ne fût-ce qu’aux yeux des antiquaires. L’autre statue est un Jupiter appartenant de même au musée de Naples.

Nous retrouvons ici, ainsi que je l’ai indiqué à l’article précédent, la pose de la main droite sur la hanche , que, parmi toutes nos nombreuses Junon, l’on ne voit qu’à ces deuxci. Le chef-d’œuvre de notre très-médiocre ouvrier plasticien , ne serait pas une grande garantie de la convenance de cette attitude pour la reine des dieux. Cette statue curieuse fut trouvée, de même que le Jupiter de Pompéi, dans un très-petit temple, bien modeste, derrière le corridor qui mène à la platea ou au parterre du grand théâtre. On l’a nommé temple d’Esculape, probablement d’après l’idée de Winckelmann (1), qui voyait dans ces deux figures Esculape et sa fille Hygie ; mais on ne peut hésiter à y reconnaître avec mon savant ami M. Finati (2) Jupiter et Junon; et à Naples, où je les ai vues et revues bien souvent, j’en avais toujours jugé de même. [H. 8 pal.]

(1) Hist. de l'art. I, p. 3i , 2û5 éd. ital. de Carlo-Fea.

(2) Il recjale muse o Borbonico, etc., 8° Napoli, 1827, par M. J.-B. Finati, de l’Académie royale d’Herculanum , inspecteur général du musée royal des Studi, ou musée Bourbon; pp. 3i , n° 39 ; 45, n° 5g. L’abbé Romanelli, bibliothécaire desjeunes princes de Naples sous le roi Joachim Murat, et connu par de savantes recherches sur l’histoire et la géographie du royaume de Naples, mais tout à fait étranger à tout ce qui a rapport aux arts et au goût, dit dans son V oyage à Pompéi et à Pestum, très-médiocre sous ces deux points de vue, que ces deux statues en terre cuite ont été trouvées à Herculanum. M. Finati, p. 3 1 , n° 39, relève avec raison celte erreur. Je ne sais pour-

quoi, en ajoutant quelques mots sur le lieu où qlles ont été trouvées, il donne le titre pompeux d'édijice grandiose à ce temple tout petit, nul comme architecture, et qui n’est qu’une espèce de chapelle ou sacellum , où il n’y avait, pour ainsi dire, que la place nécessaire pour y placer les deux statues. Ce petit temple, au reste, est curieux par sa disposition, l’escalier de plusieurs grandes marches qui y mène, et surtoutpar le grand autel long ou lectisternium qui se trouve en avant dans la petite area, ou cortile, et qui était destiné à y placer, à certaines cérémonies, des statues des dieux pour les repas sacrés qu’on leur offrait et dont de simples mortels profitaient. M. le docteur Morgenstern avec lequel j’ai eu en 1809 le plaisir d’aller de Florence à Rome, dans son

STATUES ANTIQUES

’ a 727 B. — Junon, Paros, pl. 420 A. — Naples, inédit.

Cette imposante figure qui, la main droite portée en avant, semble prêle à parler , est remarquable par son noble ensemble et par le bel ajustement de ses draperies ; et il est à regretter que la tête soit moderne. La déesse est à l’ordinaire vêtue d’une longue tunique talaire, dont la partie supérieure est recouverte d’un ample péplus à larges manches, auxquelles des boutons, le long des bras , ajoutent de l’élégance. Ces boutons , ornement assez habituel du costume antique , devaient être en or, en argent, en ivoire, et souvent, pour les personnes riches , en pierres gravées ou en pierres fines. On ne les voit en général qu’aux manches et sur les chaussures. Un grand manteau, tombant de l’épaule gauche, entoure le bas du corps et forme, sur le côté, de belles chutes de plis jusqu’aux pieds. D’une bonne exécution, ces draperies offrent un modèle qui mérite d’être étudié; et il est fâcheux que quelques parties au-dessous de l’épaule gauche et du bras droit aient été brisées. Ces lésions n’ôtent cependant rien à la dignité de cette figure , à laquelle on peut reprocher que la tête que lui a donnée le sculpteur Albaccini est trop forte, ce qui nuit aux proportions de l’ensemble. L’avant-bras droit, la main et le poignet gauches sont du même restaurateur. — M. Borb. Fin., ^78. [Haut. 7 pal. — im,834.]-

728. — Junon voilée, m. gr ., pl. 417. — M. P.-Clém. I, pl. 3.

Vêtue, à l’ordinaire , de la tunique talaire à ceinture et recouverte en partie par l’ample manteau-voile, plus grand peut-être qu’on ne le voit ordinairement, cette statue, assez bien conservée et de sculpture romaine, n’offre à présent rien de particulier. La déesse, à peu près dans la même pose que la précédente, est caractérisée par son diadème et par le voile; il a été brisé au bas du cou. Le manteau forme des masses de plis qu’on ne voit qu’à celte statue-ci, et qui, bien qu’un peu lourds, ne sont peut-être pas d’un mauvais effet sur le reste des draperies à parties larges et plates.

Il paraît, d’après Visconti, que jadis cette Junon avait sur la tête un modius dont on retrouve la trace, ce qui lui donnerait des rapports avec Isis, divinité qu’à l’époque à

Voyage d’Italie, 181 1, Dorpat, p. i3o, a été induit aussi en erreur sur la provenance de ces deux statues , qu’il attribue à Herculanum ; mais ce n’est pas d’après l’abbé Romanelli , dont la 1 r° édition du Voyage à Pompéi, que nous avons revu ensemble sur les lieux, ne parut que beaucoup plus tard. Le savant philologue allemand fait aussi un grand éloge des draperies de la Junon en terre cuite. Mais il est à croire que les immenses recherches auxquelles, pendant son court

séjour à Naples , il s’est livré dans les bibliothèques , les collections publiques et particulières, et partout, et qu’il a consignées, avec tant d’autres, sur tous les lieux de l’Italie qu’il visitait avec scrupule, la plume et le crayon à la main, ne lui ont pas permis de donner tout le temps nécessaire aux antiques du musée des Studi, car certainement il eût vu que ces terres cuites , Jupiter et Junon , étaient de tous points, de très-curieuses, mais très-mauvaises statues.

DE L’EUROPE

laquelle on peut placer cette statue, on confondait ou l’on assimilait à presque toutes les déesses. L’on sait que ce modiusou boisseau était le symbole des bienfaits , des richesses que l’on croyait devoir à ces divinités. II pouvait aussi, en quelque sorte, rappeler par sa forme cylindrique les anciens simulacres qui n’étaient que des espèces de colonnes ou de poteaux. Le trou carré sur le haut de la tête servait à encastrer le modius, et il est à croire qu’on l’ôtait et qu’on le remettait â volonté, selon que l’on voulait laisser à la déesse le caractère de Junon ou y joindre celui d’Isis. La tête de la statue avait été détachée au bas du col, elle a été replacée; une partie du masque, le nez, la bouche, le menton , le haut du diadème, l’avant-bras droit, la main et le jet des plis du manteau en dessous sont dus à la restauration. Visconti donne comme appartenant à cette figure la main droite et la patère quelle tient, mais des notes que j’ai lieu de croire exactes et que j’ai reçues de Rome, sur les restaurations des statues qui, bien souvent, ne sont pas indiquées par les antiquaires romains , pas même par Visconti , m’assurent que cette main et la patère sont modernes. Cette statue a été trouvée à Castel-Guido l’ancienne Lorium, où, selon Jules Capitolin [Ant. Pie , C. 1 , 1 2 ), fut élevé et mourut Antonin Pie, qui y avait une maison de campagne. [Haut. 8 pal.]

O 729. — Junon, br., pl. 4 1 8. — Gal. de Florence, t. I.

Debout, de la main gauche en avant elle tient une coupe, et de la droite, abaissée, un objet peu distinct. La stlengide qui couronne la tête de cette Junon est ornée d’une manière qu’on ne voit à aucun des ornemens de ce genre, -et d’après le travail , il est aisé de reconnaître que cette coiffure est en métal.

Le péplus, à une seule manche longue et qui laisse à découvert le bras gauche, est un de ces vêtemens nommés étéromaschales dont nous avons parlé ailleurs. La manière dont le péplus est roulé autour de la taille en guise de ceinture ne rappellerait-il pas un peu le cinclus gabinus que les Romains avaient emprunté, comme tant d’autres de leurs usages, aux Etrusques ? On sait qu’il consistait à se ceindre le corps d’un pan de la toge et à le faire servir de ceinture. La coiffure de la déesse pourrait bien encore avoir quelque chose d’étrusque. Ces stlengides, souvent en métaux précieux, et qu’il ne faut pas confondreaveclediadème ou la mitre, large bande en étoffe, étaient souvent aussi ornées de riches ciselures, de camées ou de pierres gravées intailles. Celle-ci paraît fendue dans le milieu ; on dirait quelle était à charnières et qu’on pouvait à volonté la relâcher ou la resserrer, l’ouvrir ou la fermer. Les recherches de l’élégance avaient dû multiplier à l’infini les gracieuses productions de la glyptique , ce bel art qui , délaissé par les caprices • bizarres de la mode, est presque tombé en désuétude et finira par disparaître ou par n’être plus pratiqué que par les faiseurs de cachets. Réduit à l’industrie et au service de la vanité, ce ne sera plus qu'un métier. On ne pourra plus y voir un art guidé par la science du dessin et par le goût. Ainsi se perdra, peut-être sans retour, et malgré les efforts de l’Académie royale des beaux-arts pour le soutenir, l’art admirable des Pyrgotèle, des Cronius, des Dioscouride et d’un grand nombre de graveurs sur pierres fines qui nous ont laissé tant de souvenirs précieux de leur rare talent. Et cependant, sous François Ier, Henri II, Henri IV, Louis XIV, Louis XV, et même encore de notre temps, nos graveurs français sur pierres fines se sont distingués par de très-belles productions dignes de l’antique, et ils avaient, avec un grand succès, recueilli et accru, en concurrence avec les Italiens et quelques graveurs allemands et anglais , le brillant héritage de l’antiquité. Ce bronze curieux fait partie de la belle collection de bronzes de la galerie de Florence. (Haut. 1 1 po. 1 li.)

ST AIDES ANTIQUES

O 730. — Junon , br., pl. 4i8. — Gal. de Florence, t. I.

Ce joli bronze, par ses belles et nobles proportions, produit l’effet d’une grande statue, et l’on en trouve peu qui représentent la reine des dieux avec plus de dignité et d’élégance. Son costume, plus léger que sévère, la jeunesse, la grâce et la souplesse de sa taille, sa poitrine peu saillante pourraient la faire regardercomme une Junon fiancée, nympheuomèné, et avant son union avecJupiter.

Son diadème est d'une forme particulière et rappellerait assez le modius cylindrique dont on surmontait les antiques simulacres de la déesse de Samos et d’Argos , et dont il a été question 728, p. 82. Le péplus, qui laisse à découvert les beaux bras de la déesse et retombe très-bas en arrière, ne fait rien perdre à la richesse de sa taille et à la souplesse de son attitude, et il s’ajuste on ne peut mieux avec les draperies, qu’il recouvre en partie. La jeune reine future de l’Olympe a des sandales sans courroies, chaussure que l’on voit fréquemment aux déesses. [ Haut. 8 po. ]

73i. — Junon lanuvienne, m. g ., pl. 4 1 8.- — M.P.-C., II, pl. 21.

Des bienfaits dont la ville de Lanuvium, dans le Latium, se croyait redevable à la protection de Junon , lui firent consacrer dans les anciens temps, par cette ville, une statue ou un simulacre dont le singulier costume devait rappeler le genre de service rendu parla déesse, à laquelle depuis on sacrifia des chèvres, et que peut en partie retracer cette statue presque colossale, imitation peutêtre grecque et embellie de l’antique simulacre qui devait être dans le style archaïque grec, dont on retrouve ici quelque peu de la sévérité et de la roideur. Avant de recevoir le surnom de Lanuvienne, celui de Sespita ou Sospita l’offrait aux hommages comme Préservatrice.

Aussi, pour défendre les peuples qui l’invoquaient, cette déesse était-elle armée d’un grand bouclier, et on la voit ainsi sur son char et brandissant un javelot, comme la Junon Curitis des Sabins sur un denier du triumvir monétaire Lucius Procilius cité par M illin , G. M., I, p. 2, pl. xii. Devant elle, pour lui frayer le chemin, un grand serpent s’élance, et, déroulant ses orbes, il rappelle celui de la Minerve du Partbénon, de Phidias; de même que la peau de chèvre dont elle est en partie vêtue, comme d’un péplus serré au corps par une ceinture, a quelque rapport avec l’égide de Pallas, qui, du reste, ne fut d’abord qu’une peau de chèvre , et passait même pour être la dépouille de la chèvre Amalthée , qui avait partagé son lait entre Junon et Jupiter. Minerve et les anciens héros 'se couvraient au combat des dépouilles des animaux, et cette égide devint de même une armure, une cuirasse pour Junon. La manière dont, après avoir entouré le eorps, elle s’ajuste, ainsi que la peau de lion d’Hercule, sur la tête audessus du diadème de la déesse, et dont les jambes se nouent sur la poitrine, ne laisse pas d’être piquante et pittoresque. Winckelmann [Mon. inéd., p. i5) s’était trompé sur cette égide et l’avait prise pour une peau de lion ; il n’avait pas remarqué sur la tête de l’animal des traces de cornes très-visibles, et en outre les pieds de chèvre qui tombent sur la poitrine. Visconti fait observer que l’on retrouve cette Junon Lanuvienne ou Sospita sur beaucoup de médailles romaines des familles Cornijicia, Papia, Procilia, Roscia , Thoria , et que , sur celles de la famille Thoria, elle est représentée comme dans notre statue, et avec le costume indiqué par Cicéron [de Nat. Deor., I, 29). C’est d’après le

denier des Procilii que l’on a restitué, avec une grande exactitude, dit Visconti, les bras et le bouclier de cette statue, et qu’on l’a armée du javelot. On donnait, et on le sait par Cicéron, à cette déesse une chaussure dont le bout était relevé, calcei repandi, uncinati , fort en usage à Rome aux premiers temps, surtout parmi les sénateurs. En restaurant le bas de cette statue colossale, on l’a chaussée de ces souliers. On a placé à ses pieds le serpent, qu’on lui voit sur le denier de la famille Papia et dont parle Properce (IV, 1 8 ) : il était entretenu avec soin et nourri dans une caverne par une jeune fille de Lanuvium. Il est vrai que sa charge se bornait à porter une fois par an de la nourriture au reptile sacré, symbole de la santé, de la vigilance et de la résistance. Le grand péplus, ou plutôt la tunique supérieure, recouverte par la peau de chèvre, se drape d’une manière singulière et qui donne à ce vêtement presque l’apparence de larges pantalons. En tout, cette statue est très-remarquable par sa grandeur, par son exécution, et par la manière dont elle nous présente Junon Lanuvienne. De chaque côté, à partir du milieu des cuisses jusqu’aux genoux de la déesse, la peau de l’égide et les pieds sont dus à une restauration. Cette statue était autrefois à Rome au palais Paganica sur le mont Palatin, oé il y avait un temple de Junon Sospita, mais il était entièrement détruit depuis longtemps à l’époque d’Ovide ( Fast . XI, 55), ce qui ne permet pas à l’auteur du Musée Pio-Clém., d’admettre que cette statue ait pu être placée dans ce temple. 11 faut voir dans le Zeitschrift , etc. de M. Welcker, ce que dit de cette curieuse statue le savant Zoéga, qui, au fond, en juge comme Visconti, mais qui n’admet pas que ce soit un ouvrage d’imitation exécuté par un artiste grec. Il la croit tout à fait grecque ou romaine de composition et d’exécution, et l’imitation n’aurait consisté que dans celle de l’ancien costume. Il me semble cependant qu’il est assez plausible que, soit à la fin de la république, soit sous le règne d’Antonin Pie, à Lanuvium, l’on ait imité, pour la pose et le costume, tout en lui donnant un autre style, l’antique simulacre vénéré de Lanuvium; et peut-être même la tête de la déesse, de la plus grande sévérité et qui, selon Zoéga, inspire la terreur, tiendrait-elle beaucoup de l’aspect rude et sauvage de l’antique et certainement très-grossière idole de Lanuvium. [Haut. \ i pal. 3 onc.]

732. — Junon Lanuvienne, m.gr., pl. 4i8. — M. Capit., III, pl.5.

Cette Junon-ci diffère de la précédente par quelques détails de son costume, moins original et moins pittoresque que celui de la statue du musée Pio-Clémentin. La déesse a la tête ornée de la stlengide et son long voile retombe élégamment en arrière. La peau de chèvre, dont on a supprimé la tête et les pieds, est placée en écharpe de gauche à droite, commel’égide à des statues de Minerve, et la longue tunique qui descend sur les pieds nus de la déesse, ne laisse à découvert que la moitié de ses bras, qui, du reste, sont modernes, ainsi que la stlengide, un peu des cheveux et une partie des pieds. Au bas de la robe et à la cuisse droite, sont aussi quelques légères lésions qui n’empêchent pas cette belle statue d’être, par son sujet, sa grandeur et par son exécution , un des plus dignes ornemens du musée Capitolin. [Haut, xo pal. = 2m,090. ]

a 733. — -Junon Lanuvienne, Carr., pl. 419- — Vescovali, inéd.

De beaucoup plus petite dimension que les deux Junon Lanuvienne que nous venons de voir, celle-ci diffère un peu d’elles dans son costume.

STATUES ANTIQUES

Quoique la tête ne soit pas la sienne, il est aisé de reconnaître aux épaules que celle qu’elle a remplacée n’était pas voilée, et elle a dû de même être ornée de la stlengide ou du diadème. La peau de chèvre, qui a conservé ses pieds et sa tête , est aussi ajustée d’une manière particulière; serrée à la taille par une ceinture, elle est unie, par une fibule sur l'épaule gauche, à la grande tunique scliistos ou fendue, qui, laissant les bras entièrement à découvert, et formant une belle chute sur le côté droit, y est ouverte dans toute sa hauteur. Tout le bras droit et plus de la moitié du gauche étant modernes, il est inutile de s’arrêter à la patère et au long sceptre que tient la déesse, et qui, du reste, lors de son intégrité , ont aussi pu lui servir d’attributs. Les doigts du pied gauche et le devant de la plinthe sont dus à la restauration. [ Haut. 6 pal. 7 on.= î^^g. ]

a 734. — Junon? m. de Carr., pl. 4 19. — Vatican, inédit.

Il se pourrait bien que cette statue, d’un aspect plein de dignité et qui m’est arrivée sous le nom de Junon , fût quelque autre divinité ou quelque matrone romaine.

La tête ne peut pas lui garantir le nom qu’elle a reçu, non plus que la patère qu’elle tient à la main droite, puisque la tête est rapportée et a appartenu à une autre figure, et que la main , la patère et la partie de manteau qui les entoure sont modernes. Et d’ailleurs cet ample manteau qui recouvre presque entièrement la tunique ne se voit à aucune statue de Junon, et c’est ordinairement le costume de quelques muses, et surtout celui de leur mère Mnémosyne. H me semble donc qu’on peut la reconnaître dans cette belle statue, si toutefois ce n’est pas tout simplement quelque matrone romaine enveloppée de sa vaste palla. La main qui sort du manteau est jolie. La tête a subi des restaurations au nez, aux lèvres et au menton ; il y en a aussi aux doigts. Les pieds et le bas de la robe qui les recouvre en partie sont modernes. [Haut. 8 pal. 2 on. = 2m,o33.}

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