‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 342 sur 436 · Junon ? m. gr., pl. 4ao. — Giustiniani. pi · texte numérisé non relu

Junon ? m. gr., pl. 4ao. — Giustiniani. pi

Voici encore une de ces statues décorées d’un nom que rien ne justifie d’une manière positive, et qui pourraient tout aussi bien en porter d’autres. Si c’est une Junon, ce qui est douteux, elle serait représentée dans toute la fleur de la jeunesse et de la beauté comme fiancée , et avant que son union avec Jupiter l’eût fait proclamer la grave et fière souveraine de l'Olympe.

Il convient d’abord de faire remarquer que cette statue s’offre ici dans le sens inverse, et que le bras abaissé et relevant un pan de la robe est le bras gauche; il est moderne ainsi quelc pan de draperie, et ce geste, si la restauration de ce bras était motivée et qu’il eût été dans cette pose autrefois, donnerait à cette jolie figure le caractère de l’Espérance, que, selon Visconli, l’on représentait ainsi; la moitié de l’autre bras est aussi moderne. La tête est antique, mais ce n’est pas celle de la statue, et le diadème est une addition nouvelle de même qu’un morceau du col. De la moitié de la cuisse gauche jusqu’en bas, y compris le pied, toute cette partie est due à la restauration. Malgré toutes les pertes que cette statue a éprouvées, elle mérite d’être remarquée pour la finesse d’exécution de tout ce qui est antique, pour la morbidesse du nu, la souplesse et le beau jet des draperies, surtout dans la partie supérieure. On doit y faire attention au péplus, disposé avec élégance , retenu sur les épaules par deux agrafes, et dont la partie postérieure , fort ample, retombe fort bas en formant sur le côté une belle chute do plis. On voit au reste cet élégant costume à d’autres jolies statues et entre autres à celles de 73o, pl. 4i8 et do 74o, pl. 420; aux Junon, 749, pl. 423. A toutes ces figures, ainsi qu'à celle que nous examinons, la longue tunique dorienne est relevée sur les hanches par une ceinture sous le péplus. Elles ont aussi toutes les bras nus, ce qui n’est pas ordinaire aux autres statues de Junon, qui, pour la plupart, ont un costume plus sévère ou plus grave. Aussi, plusieurs de ces figures, en exceptant le joli bronze de Florence (738), peuvent-elles, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, exciter quelque doute sous le rapport du nom qu’on leur a donné, peut-être un peu arbitrairement. [H. 10 pal. = 2m,4go.j

* 738. — Junon (Imper. EN)?m.,pl. 420. — Louvre, n° 883.

Si la tête de cette statue était la sienne, d’après sa coiffure, son diadème et le manteau-voile qui retombe sur ses épaules , ce serait une impératrice ou une princesse de la famille des empereurs que l’on aurait représentée avec le caractère de Junon, flatterie très-ordinaire au premier et au second siècle de notre ère, époques vers lesquelles on peut reporter cette tête. Mais ce n’est pas

STATUES ANTIQUES

celle de la statue et elle y a été rapportée. L’agencement de la draperie est bien, et il est à regretter que l’exécution en soit médiocre. Les avant-bras sont modernes. [H. im,78o. = 5 pi. 5 po. 9 li. ]

739, JüNON REINE? 7W., pl. 420. GlUSTINIANI, pl. 12Ô.

L’air imposant et la majesté de cette Junon lui mériteraient bien le titre de reine, quand même elle devrait à une restauration, que je ne connais pas, non plus que les mesures, quelques parties de ce nobie ensemble.

Il est bien à croire que le bras gaucbe ou du moins que la main n’est pas antique, car on ne voit pas pourquoi on lui aurait fait tenir un rouleau d’écrits, ce qui ne se trouve à aucune statue de Junon. Quant au bras droit, il est à présumer qu’il s’appuyait sur un long sceptre. Ce grand péplus qui descend à mi-corps et a des manches larges garnies de trois boutons, et ce manteau, passant, en écharpe, de l’épaule droite sous le bras gauche, offrent de riches parties de draperies qui , malgré leur ampleur, ne nuisant en rien à la beauté des proportions , les font même valoir. Ces plis droits et serrés de la robe sur la gaucbe, contre-balancent bien l’effet large et simple de la partie droite.

Page 1