JüNON? m. g., pl. 420. GlUSTINIANI, pl
Le nom donné à cette charmante statue est certainement très-arbitraire, rien ne le motive, et d’autant moins que la tête, coiffée d’une manière capricieuse, n’estpas lasienne, et que d’ailleurs elle n’offre pas un caractère particulier. V. 787.
H est difficile de trouver des draperies plus simples et plus jolies. Le péplus, qui ne cache rien de ces beaux bras, se combine élégamment avec les plis de la longue tunique qui laisse apercevoir de jolis pieds nus, et deviner les formes gracieuses qu’elle recouvre. La régularité de la pose de cette figure et la symétrie de son ajustement lui donnent beaucoup d’analogie avec celles de caryatides ou de canépbores, et je ne serais pas éloigné dépenser que c’en était une. L’avant-bras droit et le gauche, depuis le milieu du biceps, sont modernes; le bout de draperie que l’on a ajouté et qu’on lui fait tenir, n’est nullement heureux, et l’on n’en comprend même pas l’agencement. Cette statue est placée dans la cour du palais Giustiniani à Rome. [H. 9 pal. = 2m,24i.]
O 74l- JüNON REINE? èr., pl. 42 1. HeRCÜLANUM, pl. 67.
Cette grande et belle statuette, étant intacte, offre sans doute une des représentations les plus exactes et les plus complètes de cette déesse, quoiqu’il lui manque les attributs auxquels on peut la reconnaître avec le plus de certitude, le long sceptre de la reine de l’Olympe et la patère, signe caractéristique d’une divinité bienfaisante; car on ne voit jamais, du moins dans les statues, auprès de la déesse, le paon , qui lui était consacré et que nous offre, comme son symbole, le curieux autel des douze dieux du musée du Louvre, n° 38i.
Ici la déesse semble donner un ordre. La douceur de son regard et le geste de sa main gaucbe annoncent sa bienveillance. Elle est coiffée d’un large voile ou plutôt d’une partie de son grand manteau qui, ramené sur le derrière de la tête fait l’office de voile, et s’ajuste avec la stlengide qui la couronne et que vulgairement on a l’habitude de nommer
DE L'EUROPE
diadème. Cependant, pour être exact, il faudrait le distinguer de la stlenglde, qui était en métal et avait à peu près la figure d’une strigile pour se frotter au bain, ou de la' partie de la fronde où se posait la pierre ou le gland de plomb; tandis que le diadème,, de même que la mitre, était une large bande d’étoffe qui, des deux côtés, allait en diminuant et était terminée par des bandelettes étroites, qui servaient à en ceindre la tête. Il était libre à toutes les femmes de se parer de la stlengis , qui n’était qu’un ornement, tandis que le diadème, étant un insigne et ayant un caractère sacré, n’appartenait: qu’aux divinités et aux souverains. Aussi, cet insigne de la royauté était-il en horreur à Rome, et ce ne fut que très-tard que les empereurs osèrent s’en décorer. Junon , ainsi qu’on la voit ordinairement, porte un costume sévère qui convient à sa gravité. Son ample péplus à larges manches, courtes, ornées de boutons, recouvre la partie supérieure de sa longue tunique, et elle est en partie enveloppée de son grand manteau-voile, qui, passant sous le bras droit à la hauteur de la ceinture, va retomber sur le bras gauche. La déesse est chaussée de sandales. Tout, dans cette jolie statue, est empreint d’une dignité qui convient à la reine des dieux. [ Haut. 2 pal. 8 onc. 1 /2 . = om,6 1 o. ]