D’HOWARD-CASTLE, PRÈS D’YORK
Numéros d’ordre. Planches.
Numéros d’ordre. Planches,
Abondance
Fleuve
Amour tirant de l’arc.
Hygie
Bacchus enf. s. UN BOUC.
Minerve
Bacciius
Silène endormi. . . .
CÉRÈS
Romain en toge. . .
Tibère (Prétendu)
STATUES ANTIQUES
beaucoup d’autres à être regardée comme une Cérès ; le poignet , et la main gauclies étant antiques, ainsi que les têtes de pavots. La pose de cette ligure, chaussée de la solea, est hien, elle a de la dignité, et son péplus, serré par une ceinture sur sa longue tunique, dessine hien la taille de la déesse. Le bras droit et la partie du gauche, entre le poignet et le bracelet, spinther, quil’orne et qui est antique, sont dus à une restauration. La direction de l’épaule droite, conservée, et sans doute quelque arrachement du marbre sur la hanche, ont motivé le mouvement de ce bras. Cette statue, d’un style simple, appartient à la jolie collection de sir Smith Barry dans son château de Marbury-Hall , près de Northwich dans le Lancashire. [ Haut. 7 pi. ]
* 774 D. — Cérès, m., pl. 438 D. — Jadis aux Tuileries.
On ignore où se trouve actuellement cette statue, d’un bel aspect, qui faisait autrefois , selon Thomassin , qui l’a gravée , un des ornemens des Tuileries , et l’on ne peut être étonné qu’à l’époque où elle a été reproduite on n’en ait pas indiqué les restaurations auxquelles elle peut bien devoir et sa dénomination et les épis qui la lui ont value, et quelle présente de la main gauche.
Son costume élégant, cette tunique d’étoffe légère et transparente, le manteau jeté avec goût autour du corps, sur le bras gauche et retombant par une belle chute de plis, laissent à cette élégante figure toute la grâce de son attitude et la souplesse de ses contours. La tête, couronnée du diadème qui accompagne bien la chevelure, est en harmonie avec l’ensemble de la statue; mais nous ne saurions dire si c’est une tête antique rapportée ou si c’est celle de la déesse. [Haut. im,94ç). = 6 pi.].
7 7 5. — Cérès, m. gr., pi. 43 o. — M. Pio-Clém., I, pl. 4o.
Cette charmante statue est trop connue, sa réputation trop hien établie, pour qu’on se laisse aller à l’inutile plaisir d’une nouvelle description et d’un éloge cent fois répété. Tout le monde ne sait-il pas, du moment que l’on a vu quelques statues, qu’il n’y en a pas qui offre un meilleur modèle d’attitude où la souplesse de la taille s’allie mieux avec la dignité du maintien? Où trouver des draperies mieux disposées , plus légères , et telles que cet admirable manteau qui, en enveloppant toute la personne, ne fait rien perdre de la beauté des formes? Gaze légère, ainsi que ces étoffes transparentes de Cos, togœ vilreæ , nebulæ lineæ, loges de verre, brouillards de lin, le marbre en a pris la transparence, et, comme à travers un cristal, il montre, sans les confondre avec ceux du manteau, tous les plis de la tunique qu’il recouvre. On ne peut pas pousser plus loin l’adresse et le sentiment du travail. Mais il n’est pas certain que cette charmante statue ait toujours été une Cérès : Visconti ne le pense pas. Quoique la tête soit rapportée; c’est la sienne, qui s’était détachée et que l’on a replacée. Plusieurs antiquaires y ont vu un portrait, et, au fait, sa coiffure, que portent des princesses romaines du second siècle, favorise cette opinion, sans que l’on puisse assurer avec Alexandre Maffei que c’est la tête de Crispine, femme de Commode, ou avec Venuti, que l’on y retrouve celle de Julia Pia,
DE L’EUROPE
femme de Septime-Sévère. Peu importe, d’ailleurs, que ce soit le portrait de telle ou telle princesse , il ne s’agit que de savoir si c’est sous le caractère de Gérés ou sous celui d’une autre divinité qu’elle a été représentée. Ce qui peut le mieux décider la question, c’est la main gauche. Visconti [Mas. P. -Cl., I, 8°, p. 23g) la donne comme entièrement restaurée, et il pense que celle qu’elle a remplacée devait tenir un livre , et que cette statue pouvait jadis être la muse Clio. Mais en m’en rapportant à des notes et à des dessins exacts des restaurations de statues de Rome, que ie dois aux soins de M. Louis Piroli et de son père, qui m’a été aussi très-utile à Rome, je vois qu’il n’y a que peu de restaurations à la main gauche, et qu’il y reste un pavot antique et quelques tiges des épis que la restauration n’a fait que compléter. Il me semble donc que ce n’est pas trop se hasarder que de penser que cette charmante statue a toujours été une Cérès, dont la tête offrait les traits, peut-être embellis ou idéalisés , de quelque princesse du temps des Antonins. Mais il faut reconnaître qu’elle est moins complète sous le rapport des attributs que celle du musée Bourbon de Naples que nous avons donnée, 770, pl. k 29 (1)- [Haut. 4 pal. 6 onc.]
(1) Cette charmante statuefut acquise de la famille Mattéi par le pape Clément XIV, ce puissant et éclairé protecteur des arts et de l’antiquité, en faveur desquels, et à l’honneur de sa mémoire, il fonda cet admirable musdedu Vatican quidepuis, continuéavec magnificence par son successeur le pape Pie VI, en prenant le nom de Pio-Clémentin a réuni ceux de ses augustes fondateurs. Deux illustres antiquaires, Visconti et son fils, notre Ennius-Quirinus Visconti, en furent les premiers prefelù ou directeurs, et sous des savans d’un si haut mérite, appréciés à leur valeur par deux souverains pontifes amis zélés des arts et des chefsd’œuvre des anciens, ce grand et unique établissement devait parvenir et parvint toute la gloire qu’on pouvait attendre d’une si heureuse réunion du pouvoir et du talent. Il
put choisir et acquérir ce qui se présentait de plus beau dans les fouilles fréquentes qu’entreprirent cesdeux papes, et qui souvent furent exécutées avec le plus grand succès. Sous Clément XIV , le cardinal Braschi , depuis Pie VI, trésorier de sa sainteté, favorisait de tout son crédit les acquisitions d’objets d’art qui pouvaient ajouter au lustre d’un musée qu’il lui était réservé de porter un jour à une si grande splendeur. Visconti, dans une note sur la jolie statue de Cérès, nous offre sur les acquisitions des productions de la sculpture antique, par Clément XIV , sous la direction du cardinal Braschi, quelques détails qu’on ne sera peut-être pas fâché de trouver ici. Nous y ajouterons les résultats d’une des fouilles les plus heureuses faites sous le règne de Pie VI.