‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 366 sur 436 · Cérès, m., pl. 43o. — Col. Torlonia, III, n · texte numérisé non relu

Cérès, m., pl. 43o. — Col. Torlonia, III, n

Celte déesse jeune, la tête ornée du diadème sur ses cheveux ondulés, enveloppée presque en entier de son grand manteau, se présente ici comme Cérès, et si ses attributs sont antiques, il est facile de la reconnaître à la serpe qu’elle tient à la main droite et aux épis de la main gauche. Cependant, quelque bien que lui convienne cette serpe, comme on ne la trouve à aucune statue de Cérès, il est très-probable quelle décèle la restauration de la main et de l’avantbras. On sait par Hygin [F. 25 1) , et par Servius ( Virg . Æn. III, 707) , que, dans ses courses en Sicile, Cérès jeta loin d’elle sa faucille, et que l’endroit où ceci se passa fut nommé Drépanon , faucille , don t la ville actuelle de Trapani rappelle le nom et le souvenir. Et si cette statue a subi d’autres restaurations que l’on se garde bien de nous indiquer, il est possible que tous les attributs en fassent partie, il est possible aussi que la tête, qui, cependant, n’a pas de caractère distinctif, ne soit pas la sienne, alors celte statue a pu dans son intégrité offrir une autre divinité que Cérès. Au reste , quoique roide de pose , elle est en général assez bien drapée.

774 A. — Cérès, m ., pl. 438 À. — Coll, de lord Carlisle.

Il ne restait de cette slatue que le torse et la tête, qui en avait été détachée

DE L’EUROPE

et que l’on a replacée en y ajoutant le cou, qui manquait. 11 n’est pas certain que cetie tête soit celle d’une Cérès, les statues de cette déesse ne portant pas une couronne de laurier. Quant aux attributs, ils sont modernes, ainsi que les bras, le droit à partir du dernier boulon de la manche, et le gauche au sortir du pan du manteau passant sur le bras. Le bas de la figure, des pieds jusqu’à quelques pouces au-dessus des genoux, est dû à la restauration. Cette statue n’a rien de remarquable , mais la pose simple en est bien : tout le sein gauche a été refait. Elle provient de la collection du beau château des Howard dans le Yorksbire, appartenant à lord comte de Carlisle. Cette magnifique résidence se trouve , malheureusement pour moi , parmi le petit nombre de celles que je n’ai pas eu le plaisir de visiter et qui contiennent des statues antiques sur lesquelles je n’ai pas pris de notes. [Haut. 4 pi- 5 po. ] (1).

774 B. — Cébès, n?.,pl. 438. — Coll, de lord Carlisle.

La tête de cette statue est rapportée et antique, mais ce n’est pas la sienne : quand elle le serait, elle ne caractériserait pas une Cérès, et ce n’est qu’à la restauration d’une partie de l’avant-bras droit, à la main duquel on a mis des pavots et des épis, quelle doit le nom de cette déesse. La main et le poignet sont aussi modernes. Ainsi, cl’après la direction de ses bras ce pourrait bien être une de ces figures de femme en prière, nommées par Pline Adorantes, si fréquentes chez les anciens, et dont il nous reste quelques exemples. Ses bras, en partie hors de son manteau, et quelle ouvrait en invoquant le ciel, donneraient assez l’idée d’une figure de ce genre, et nous en verrons de reconnues pour des Adorantes, ou pour la déesse Pietas, et de la pose desquelles celleci se rapproche. Visconti (Mas. Pio-Clém., t. II, pl. 47) en donne une sous le nom de la déesse Pietas, qui a des rapports avec la statue du comte de Carîisle. Il faut cependant faire observer, qu’outre les bras ainsi ouverts, la déesse Piété et les Adorantes sont ordinairement représentées la tête voilée. Comme la statue précédente, celle-ci fait partie de la collection d’Howard-Castle. [ Haut. 5 pi. 9 po. ]

774 C. — Gérés, m. , pl. 438. — Coll. Smith Barry.

Il paraîtrait que cette grande statue, à laquelle un ciseau moderne a ajusté une tête si soigneusement coiffée, a plus de titres que les précédentes et que

(1) Statues inédites de la collection du comte de carlisle, dans le château

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