Cérès, m.gr., pl. 43o. — Coll. Torlqnia, I, n° i
Ce que cette grande statue a de plus remarquable, c’est son intégrité. Il n’y a de restauré que le nez; tout le reste est antique, même les mains et les pavots qu’elle tient à la gauche , ce qui ne permet pas de doute sur la déesse qu’elle représente. Le grand manteau qui l’enveloppe est assez léger pour laisser transparaître en partie les plis de la longue tunique talaire , qu’il recouvre presque entièrement. Mais on ne se rend pas bien compte du pan que lient la main droite, et qui ne se raccorde pas avec le reste de la draperie, ni de la manière dont la main gauche peut sortir de dessous ce pan, qui n’est pas d’un bon jet, et qu’elle a l’air de traverser. Ce sont de ces draperies faites de pratique , sans nature , et avec peu d’intelligence de la science de leur bonne disposition et du parti de leurs plis. L’on peut l’emarquer ce défaut d’entente dans toute la partie gauche de cette statue, dont la pose , du reste, a peu de dignité, et où les lignes se coupent d’une manière peu agréable. [Haut. 7 pal.]
a 778. — Cérès, m. Car., pl. 43 1. — Vatican, inédit.
Vêtue de la longue tunique à manches très-larges, garnies de six boulons, et recouverte en partie de son manteau, qui repasse sur le bras gauche, cette grande statue n’offre rien de particulier ni dans sa pose, ni dans son costume, qui conviendrait au reste à une matrone romaine tout aussi bien qu’à une Cérès. En restituant les deux avant-bras et en lui faisant tenir à la main gauche des épis, on en a fait cette déesse. La tête est antique, mais elle est rapportée; une partie de la jambe droite, le pied et le bout du gauche sont restaurés. — Cette statue est placée au Vatican, dans 3a salle des mélanges, Miscellanee. [Haut. 7 pal. 4 onc. 1/2.]
A 779. CÈRÈS;m.,pl. 43 1 . S-PÉTERSB., MüS. IMP., INÈD.
Ne connaissant que par le dessin cette statue d’un grand aspect, et qui se distingue par la belle disposition de cet ample manteau qui l’enveloppe presque en entier et lui sert de voile, nous 11e saurions prendre un parti sur le nom que, lors de son intégrité, elle devait porter.
Ce pouvait être une Junon, à laquelle on donnait souvent ce costume, aussi bien qu’une Cérès. Si la main gauche et les épis étaient antiques, la difficulté serait décidée; mais, d’après l’expression de la figure et d’après sa coiffure, il est bien à croire et que cette tête n’est pas celle de la statue, et que c’en est une de Vénus qu’on y a ajustée, et qui se reconnaît et à son regard à demi voilé et au nœud de cheveux qui la sur-
DE L’EUROPE
monte, et qui est propre à la déesse de Cythère. II est aussi à présumer que le diadème, bien qu'il lui convienne, a été ajouté, ainsi que la partie du voile qui l’accompagne, et qu’on a raccordé avec celui de l’ancienne statue. Cette figure, les bras ouverts, pourrait aussi avoir été une Pictas ou une Adorante en prière. Au reste , ce ne sont que des conjectures, qui, fussent-elles fondées, n’ôteraienl rien à celle statue, remarquable par son grand ensemble, plein de grâce et de noblesse, par la largeur de son style et par le mérite de ses draperies, qui voilent légèrement plutôt quelles ne dérobent la richesse de la taille de la déesse, quel que soit le nom que l’on puisse lui donner. Elle est inédite , et nous n’en connaissons pas la grandeur.
a 780. — Cérès assise, ni., pl. 420 A. — Nap., Mus. Borb., In.
La déesse se repose de ses faligues et tient à la main gauche la torche qui l’éclairait dans ses courses à la recherche de sa fille , et à la droite ses pavots et les épis qu’elle ne quittait jamais, comme pour se faire reconnaître. Elle est assise sur un siège bien modeste, sans dossier et sans bras, n’ayant pour marchepied qu’une petite plinthe très-mince : tel pouvait être celui que lui offrit la pauvre Baubo lorsqu’elle s’arrêta dans son humble chaumière.
Cette particularité du siège, peu conforme à un trône et à la dignité de la déesse, me porterait à croire qu’originairement celte statue était véritablement celle de la déesse d’Eleusis, car, sa tète étant moderne et ayant perdu tous ses attributs, que lui a rendus, avec l’avant-bras gauche et la main droite , l’habile sculpteur napolitain André Cali , elle ne serait plus Cérès que par le talent et le bon plaisir de celui qui lui a restitué ses honneurs et son titre : elle lui doit aussi sa tète, d’un assez beau caractère. Par son attitude un peu affaissée, par l’abandon de son bras droit, en grande partie antique, la déesse a bien l’air d’une personne qui se repose. Je ne parle pas du bras gauche , relevé , puisqu’il est moderne, et qui, peut-être autrefois, n’avait pas tout à fait la même direction . Lc3 draperies, sans avoir rieu de particulier sous le rapport du costume, sont bien ajustées, et, bien qu’un peu lourde, cette statue est d’un aspect satisfaisant. Elle provient de la collection Farnèse, et est aux Studi de Naples, dans le portique des divinités. [ Haut. 5 pal. 9 onc. ]