Canéphore, bronze , pl. 443. Naples, bronzes d’Her
culanum, pl. 70.
Ce bronze, qui représente à notre avis une Canéphore, a été aussi décrit par M. Finati, dans le Musée Borbonico comme une danseuse. Cependant, l’attitude calme de celte figure, la disposition du bras gauche, annoncent, non le mouvement, mais l’action de tenir un objet placé sur la tête.
Cette Canéphore est vêtue du pallium , dont elle soulève le pan de sa main droite. Sa chevelure, disposée d’une manière particulière, appartient aux femmes étrusques. Les yeux sont de pâte vitreuse et de couleur naturelle. Le style de cette figure est un peu recherché.
On voit que son auteur, quoique travaillant d'après des modèles grecs, avait conservé quelque chose de la manière étrusque, qui péchait par un peu de lourdeur et de roideur. [Haut. 10 on.]
81 1. — Canéphore, marbre pentélique-, pl. 443. Rome, Musée Capitolin, t. III, pl. 2 3.
Cette statue représente une prêtresse d’Isis portant une hydrie. Elle faisait jadis partie de la collection d’Esle.
La tête est antique , bien que rapportée. On a fait des restaurations au nez, au cou, au front, à la chevelure, au coude droit. Le col et la partie supérieure de fhydrie, la moitié des pieds, des jambes et la plinthe sont modernes.
81 2. — Caryatide, marbre grec, pl. 443. Rome, coll. Torlonia.
La suite assez nombreuse de Caryatides que nous offrons montre que les anciens , tout en conservant à ces élégans supports la pose droite, qui rappelle la colonne et était nécessaire pour la remplacer utilement , se plaisaient à y apporter beaucoup de variété dans le costume et la disposition des bras. Parfois, mais rarement, ils en ont abusé en éloignant trop les bras du corps. L’on peut remarquer que celles dont l’effet est le plus en harmonie avec les exigences de l’architecture, sont les Caryatides que l’on pourrait dire tout à fait en repos , qui laissent tomber leurs beaux bras le long du corps , et dont la Caryatide du temple d’Erechthée à Athènes, et celle du Vatican, 8 1 4 C, D, pl. 445, fournissent les modèles les plus remarquables.
Cette Caryatide-ci, au cas que c’en soit une, pourrait servir de confirmation à la remarque précédente. Elle est bien posée, le double pépins qui enveloppe sa longue
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tunique, est ajusté sur sa poitrine avec goût et d’une manière qui n’est pas ordinaire; de beaux bras nus ajoutent à l’élégance de la figure. Toutefois, le bras gauche se portant en avant ne produirait pas un bon effet dans une suite de Caryatides et nuirait au calme et à l’harmonie de ce genre de supports.
8 1 3 . — Caryatide ou Canéphore , marbre pentèlique, pl. 444. Londres, Musée Britannique, part. I, pl. 4-
Cette Caryatide provient du temple de Pandrose à Athènes.
Parmi les statues de ce genre, aucune n’est aussi remarquable parla beauté sévère de la tête et par l’ensemble. Sa chevelure, séparée en mèches fines, comme aux têtes d’ancien style, ondoie avec une élégante simplicité, puis se réunit par derrière pour retomber sur le dos. Ce genre de coiffure, qui paraîtrait aujourd’hui peu gracieux, était fort en vogue aux anciens temps. C’est celle que présentent des têtes de Minerve et une foule de têtes des femmes des basreliefs du Partbénon. On voit aussi cette espèce de chignon à des têtes de femme du second siècle de notre ère. Un riche collier à deux rangs orne le cou de cette Canéphore , dont la corbeille est couverte d’élégans ornemens. A ses oreilles sont fixées de grandes boucles en forme de boulons ronds; on dirait qu’elles sont suspendues, non aux oreilles, mais à la coiffure, par un filet de perles qui encadre le front. Par son agencement et ses boucles régulières, cette coiffure paraît postiche et telle qu’on en voit à des têtes de princesses du commencement du second siècle de notre ère; et il serait assez simple qu’une de ces princesses eût été représentée sous le costume et les accessoires d’une jeune prêtresse attachée au culte de la déesse d’Eleusis. Des bracelets formés de nattes entourent ses poignets. La longue tunique trèsample qui convient à la dignité du culte de Cérès, et telle que nous en voyons aux belles figures des bas-reliefs du Partbénon , est recouverte en partie d’un grand péplus.
Tout en enveloppant en entier la figure, ces riches draperies, par le prestige de la sculpture grecque, en laissent deviner les belles formes. Ce péplus n’est ouvert que pour laisser passer les bras, et il est rattaché sur les épaules par de grandes agrafes; il esta croire que, dans l’habitude de la vie, les bras restaient couverts par ce grand mantelet. Les mains de cette Canéphore sont fort belles , et il n’y a que de très-légères retouches, ce qui ajoute beaucoup à son mérite. Le pied gauche est moderne; la moitié du pouce droit et les deux doigts qui le suivent sont restaurés. — Combe, I, pl. 4; Ellis, I, pl. i65. [Haut. 8 pi. angl.]
8 1 4- — Canéphore, marbre cipollin , pl 444- Rome, Vatican.
Statue trouvée à Ostie et qui orna d’abord la villa de Sixte-Quint.
La tête est la sienne et a seulement été cassée. Elle est restaurée au nez, à la bouche et au menton. Sont modernes, le cou, le nu de la poitrine, l’épaule gauche, la main et le poignet du même côté, le pied droit et un doigt du pied gauche. Cassure à la jambe droite; ce marbre a été beaucoup retouché. A en juger parle mouvement de la main droite, qui sort, ainsi que l’avanl-bras , de la draperie, cette statue a été à tort restaurée en Cénaphore.
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a8i4- A. — Caryatide ou Canéphore, marbre grec, pi. 444. Rome, villa Albani, inédite.
Statue trouvée avec plusieurs autres à Frascati, dans un lieu nommé Pietra Porlia. Après avoir appartenu au sulpteur Cavaceppi, elle a passé dans la collection du cardinal Albani.
Le costume de celte grande figure se rapproche de celui de Junon Lanuvienne; son petit péplus, à larges plis, serré par une ceinture et disposé obliquement sur la poitrine, paraît être en peau, comme lanébride des bacchantes. Peut-être, cette statue décorait quelque temple de Bacchus.
La ceinture fixée trop bas donne de la lourdeur à la figure. On peut aussi en trouver à son exécution.
La tête a été rapportée, mais c’est la sienne, et il n’y a de restauré que le nez, et à la corbeille, un peu du bord à notre droite. Le bras droit, la moitié inférieure du gauche et les pieds sont modernes, sauf deux doigts du gauche. [ Haut. 9 pal. 1 on. 1/2. ]
a 81 4- B. — Caryatide, marbre de Lani, pl. 444- Rome, villa Albani, médite.
Cette statue ou du moins ses fragments ont été trouvés au même endroit que la précédente.
Si on lui enlevait ce qui ne lui appartient pas, il ne lui resterait que la tête et le haut du corps, jusqu’au dessous des seins, et depuis les genoux, les jambes, mais sans les pieds. Il est vrai que tout, ce qui est antique est fort joli et d’une bonne sculpture.
La tête, d’un bel ovale et d’une expression douce, est bien ajustée, et le large voile qui tombe de la corbeille offre un agencement tout particulier et que l’on ne retrouve à aucune autre des Canéphores.
Ce voile a pu être porté par les Canéphores de la procession d’Eleusis, et, alors, il a dû avoir quelque destination positive ou quelque signification allégorique. Il pouvait servir matériellement en certaines occasions, par exemple lorsque la théorie ou pompe solennelle était surprise par le mauvais temps, à couvrir et à préserver les objets sacrés renfermés dans la corbeille.
Et pourquoi ce voile n’eût-il pas été aussi un emblème du mystère inviolable dont s’enveloppaient aux yeux des profanes le culte et les cérémonies sacrées de Cérès ?
On doit aussi remarquer, à cette corbeille-ci, un ornement que l’on retrouve à d’autres et auquel peut-être on n’a pas fait attention. Cet ornement, qui n’est pas l’effet d’un simple caprice , est le filet de perles allongées qui ceint le bas de la corbeille : on le retrouve dans la décoration des temples, des autels, sur la tête des prêtres, au cou des victimes , aux guirlandes consacrées.
C’était tout simplement une bandelette assez épaisse en laine blanche ou pourpre , qui n’était que cardée et qui , de distance en distance, renouée de laine pourpre ou blanche, formait ces perles allongées ou ces olives. On en portait dans les supplications faites aux dieux. Ces bandelettes, appelées infulœ par les Romains, donnant un caractère sacré aux objets qui en étaient entourés et les mettaient sous la protection des dieux.
STATDES ANTIQUES
Les eresiones, branches d’olivier, ou de verveine que tenaient à la main les suppliants, et qu’on employait dans plusieurs cérémonies , et surtout dans les expiations et les prières adressées aux dieux pour les biens de la terre, étaient ornées de ces bandelettes de laine. Ne pouvaient-elles pas, surtout dans le culte de Cérès, de la déesse des moissons, rappeler les anciens temps, ceux de cet âge d’or où les troupeaux, la culture de la terre faisaient presque toute la richesse des simples et heureux habitans des campagnes? [Haut. 9 pal. 1/2 on.]
a 8 1 4 C. — Caryatide, marbre grec, pl. 445. Rome, Vatican,
inédite.
Statue d’un bon style, qui appartenait au peintre Camuccini, avant que le gouvernement romain en fît l’acquisition pour le musée du Vatican , dont elle orne aujourd’hui le Nuovo Braccio.
C’est le célèbre Thorwaldsen qui a restauré cette statue. La moitié inférieure des bras, les mains, une partie de la draperie à gauche, les pieds, sont dus à sou ciseau; la tête de cette statue est la sienne , mais elle a été rapportée. [ Haut. 9 pal. 1 1 onc. ]
8 1 4 D. — Caryatide, marbre , pl. 445. Athènes, Temple
d’Érechthée.
Cetle Caryatide est d’un grand style ; les plis de la Itfnique lâche qui la couvre , et que retient une ceinture, sont traités avec aisance. La tête est pleine de noblesse. Malheureusement les extrémités manquent. [Haut. 6 pi. 6. po.]
8i4 E. — Caryatides, marbre de Carrare, pl. 445. Munich, Glyptothèque nos i 66 - 169.
Ces deux Caryatides son t desCanéphores, ou personnages qui portent des corbeilles ou calathus ; elles sont vêtues d’un chiton ionien ; une palla recouvre leurs épaules, sur lesquelles flottent leurs cheveux.
Les têtes et les bras de ces statues, qui proviennent de la collection Albani, sont modernes. [Haut. 7m4i.]
a8i4 F. — Caryatide, marbre grec, pl. 445. Naples, musée Borbonico, inédite.
Cette Caryatide, d’un goût sévère et d’une exécution pleine de simplicité, comme la plupart des statues de ce genre, supporte de la main gauche un chapiteau surmonté de son architrave. Ce chapiteau repose sur la paume de la main, qui est renversée. Le mouvement de la jambe gauche est habilement rendu par le jeu de la draperie. [Haut. 2 pi. 6 po.]
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8 1 4 G. — Caryatide, marbre , pl. 454 B. Londres, musée -Britannique, 1 5e salle, n° 128.
(Description of'the Collection of ancient marbles in the British muséum. Part. IX, pl. 6. Voy. Stuart, Antiq. oj Athens , vol. II, chap. n, pl. 20.)
Cette Caryatide est l’une des six qui supportaient le portique méridional du temple de Pandrose à Athènes. Elle est vêtue d’un long chiton, sans manches, qui tombe jusqu’à terre, et qui est retenu par une ceinture que cachent les plis élégans et amples que forme ce vêtement. Visconti a supposé que la figure élait vêtue d’une sorte de vesle ou péplus très-court, que les plis empêchent de distinguer du chiton. Mais les éditeurs du musée Britannique ne partagent pas cette opinion : ils croient que ce vêtement était fait de deux pièces d’étoffe de très-inégale longueur, dont l’ajustement produit l’effet qui a fait croire à la présence de deux vêtemens. La chevelure est disposée avec grâce et finement travaillée. La main gauche tenait originairement un coin de la draperie de derrière, geste qui donne beaucoup de grâce et de mouvement à celle-ci. Stuart n’a pas rendu fort exactement ce détail de la draperie. Cette statue, d’une composition simple, mais noble, n’offre pas peut-être la grâce qu’on rencontre dans des compositions de la même époque; mais le fait s’explique par la destination pour laquelle elle a été exécutée. Elle a souffert beaucoup de détériorations : les extrémités manquent, le nez est brisé, les boucles de cheveux qui encadraient le visage ont disparu.
8 1 4 H. — Caryatide, bronze, pl. 4io H. Paris, Cabinet de la
Bibliothèque.
Cette statuette, qui provient du cabinet du comte de Thoms, a été regardée par le docteur Sichel comme représentant la déesse Angerona ( Revue archéologique, t. IV, p. 27). Mais, comme M. Letronne l’a fait remarquer (revue citée, t. IV, p. 1 43') , on n’y doit voir qu’une Canéphore athénienne. Les bras, malheureusement détaché(s à l’articulation de l’épaule, ont été perdus. Ils étaient très-certainement élevés, et soutenaient un calathus qui reposait sur la tête de la jeune fille. La restauration inintelligente qu’avait subie cette statuette a seule pu donner lieu à l’idée que ce pût être une Angerone. On l’avait affublée d’un bandeau qui entourait le bas de la face, lequel a été enlevé. Ce bandeau était percé d’un trou à l’endroit de la bouche, ce qui donnait à cette Canéphore le caractère d’une flûleuse. L’habile graveur M. Depaulis a refait avec de la cire colorée le coin de la bouche et la joue qui manquaient. Cette charmante figurine, du plus beau style grec, avait originairement appartenu à la collection Farnèse, où elle avait été vue et décrite comme une Angerone par Pirro Ligorio. (Cf. Gud. Antiq. inscript. p. 54, n° 6.) [Haut. om,28om.]
a 81 5. — * Heures ou Saisons, marbre grec, pl. 446. Rome, musée du Vatican, inédit.
On reconnaît les Saisons dans ce groupe de trois jeunes femmes sculptées
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autour d’une petite colonne. Elles dansent; leurs pieds reposent sur un cylindre qui sert de base à la colonnetle; le tout est d’une seule pièce.
Les groupes de ce genre sont rares; ils représentent le plus souvent la triple Hécate. C’est à cette catégorie qu’on pourrait rapporter le petit groupe de bronze du Capitole.
Le cabinet des médailles à la Bibliothèque nationale possède un petit groupe de marbre qui rappelle un peu celui-là. On y voit trois femmes debout, adossées à une stèle surmontée elle-même de trois têtes. On sait que les anciens ne reconnurent d’abord que trois saisons. Winckelman a fait voir par un passage d’Homère que l’été se confondait pour eux avec le printemps.
Sur le candélabre du Louvre dit autrefois le cundélabre Albani, les trois saisons n’ont qu’une tunique très-courte; leur tête porte une coiffure d’un sens fort énigmatique et d’une forme bizarre.
Sur notre stèle, elles sont chaussées, vêtues de tunique et enveloppées, chacune, étroitement dans leur manteau. Le Printemps, qui est en même temps l’Eté, en dégage ses bras, qui sont nus ; l’Automne ne fait paraître que le bout delà main gauche; l’Hiver est voilé de son manteau et découvre ses mains, si toutefois la restauration est fidèle.
La tête de la statue du Printemps n’est pas la sienne, mais est antique; le nez, l’index et moitié du pied droit sont modernes. La statue de l’Automne est parfaitement conservée ; celle de l’Hiver a de restauré le nez, le menton, la draperie placée sur le bras gauche, et la moitié du pied du même côté.
Ce qui prouve que nous avons ici réellement sous les yeux les Heures, les Saisons, c’est d’abord la danse, qui fait allusion à l’harmonie des sphères, et est le symbole du période des phénomènes naturels; en second lieu, c’est le voile d’une d’elles; enfin , c’est cette particularité fort remarquable, que toutes les trois retournent la tête, ce qui indique, d’une manière heureuse, que chaque saison se lie insensiblement aux deux autres.
Le monument est d’une fort bonne époque, mais d’une exécution un peu hâtée. Le costume de nos Heures, comparé à celui des Heures du candélabre cité, est plus archaïque; car, dansla haute antiquité, on voilait davantage les divinités. [Haut, de l’Hiver, 7 pal. 10 on. 1/2.]
a 816. — Vertumne, marbre, pl. 446. Rome, musée du Vatican,
inédite.
Ce Vertumne est représenté, comme clans toutes les statues que l’on connaît de cette divinité étrusque, nu, debout, la nébride jetée sur l’épaule; des fruits sont placés dans le pan de son vêlement champêtre; il tient le pédum de la main droite.
La tête, restaurée au nez et à la lèvre supérieure , appartient à cette statue , mais elle a été rapportée. La main droite, le pédum, l’avant-bras, et une partie de la nébride sont modernes.
Celte statue, qui date du second siècle de l’empire, manque de souplesse et de rondeur dans les muscles et les contours. [Haut. 4 pal. 4 on. 1/2.]
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816 A. — Vertumne, marbre grec, pl. /1.49 • Angleterre, coll. Blundell, pl. 19.
Celle statue, bien que d’une exécution assez grossière, est d’une jolie intention. Le dieu étrusque, représenté enfant, regarde d’un air malin; il relève jusqu’au milieu de son corps sa tunique, dans le pan de laquelle il tient des épis de blé et des fruits.
Les mains, une partie du bras gauche et le bout de îa draperie que tient Vertumne , sont modernes, ainsi que la jambe droite du milieu des genoux, et la gauche un peu plus haut. [Haut. om,866m= 2 pi. 8 po.]
* 8 17. — Vertumne, marbre de Paros, pl. 345. Musée du Louvre,
Vertumne est ici représenté couronné de feuilles de pin et tenant des fruits dans le pan de son manteau. Sont modernes le bras droit, à partir du milieu du biceps, la main gauche et le pédum, la jambe gauche du milieu des genoux, et le bas du tronc d’arbre. La statue est placée sur une colonne de brèche violette. [Haut. om 866. = 2 pi. 8 po.]
8 1 7 A. — Vertumne, marbre, pl. 447- Musée de Dresde.
Vêtu d’une tunique à manches courtes qui ne dépasse que de très-peu le milieu des cuisses et qui est serrée sur les hanches , le dieu champêtre porte, dans un pan de sa nébride nouée sur l’épaule droite, des raisins, une pomme de pin et d’autres fruits. Il est couronné de feuilles qu’on est convenu d’appeler des feuilles de pin. De la main droite, il tient une faucille dont le manche est orné d’une tête d’oiseau, et il a pour chaussure des espèces de bottines lacées sur le devant , laissant les pieds à découvert , et qui monteraient aux genoux si leur partie supérieure était déroulée; mais malheureusement elles sont modernes. Une branche de lierre serpente sur le tronc d’arbre qui sert d’appui à la figure, qui, bien posée, se présente d’une manière avantageuse; mais , n’en connaissant pas les restaurations, l’on ignore ce quelle leur doit; car il est très-probable qu’outre les jambes elle en a subi quelques autres. Avant d’être au musée de Dresde, cette statue faisait partie delà collection Chigi, à Rome, dont Visconti a savamment décrit, dans ses œuvres diverses, la riche suite de pierres gravées ; il est à regretter qu’il ne nous ait pas donné de même les statues et les autres monumens de cette belle collection. [Haut. 3 pi.] — Leplat, pl. 107; Lipsius, p. 34i.
a 818. — Vertumne, marbre, pl. 448. Paris; autrefois à Lemot,
statuaire, inédite.
Ici le dieu champêtre serait entièrement nu, s’il n’avait pas, pour se couvrir
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le haut du corps, une légère nébride, dans laquelle il a enveloppé des fruits. De la main droite, abaissée, il tient sa faucille, et à ses pieds est son chien, qui lève la tête vers lui et semble attendre ses ordres. La pose de cette figure vigoureuse a de la noblesse et quelque chose de plus ferme que le Vertumne de Dresde, auquel cependant, par sa grandeur et par son attitude, il pourrait servir de pendant. Il est comme lui couronné de feuilles de pin. L’agencement de la chevelure et de la barbe a plus de mouvement que chez la figure précédente, et ses traits ont de même une expression de bonté. La chaussure, légère, est antique et convient à un dieu champêtre.
Cette statue appartenait à notre habile statuaire M. Lemot, auquel on doit la statue équestre d’Henri IV sur le Pont-Neuf, celle de Louis XIV à Lyon , le grand fronton de la colonnade du Louvre et beaucoup d’autres bons ouvrages que l’on trouvera indiqués ici 1. 1, p. Aog. J’ignore les restaurations de cette figure, que, pendant quelques années, nous avous vue dans les ateliers du Musée, et qui, probablement, est à Clisson-Château, oô Lemot avait réuni beaucoup d’objets d’art. [Haut. im, 1 9 1 . = 3 pi. 8 po. ]