‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 381 sur 436 · Vertumne, marbre, pl. 447- Musée de Dresde · texte numérisé non relu

Vertumne, marbre, pl. 447- Musée de Dresde

Cette figure qui, par sa pose et sa nébride remplie de fruits , se rapproche de celle que nous venons de voir , est cependant beaucoup moins bien exécutée, et sa grandeur ne la rend pas plus importante. Ce qui pourrait lui donner quelque mérite, ce serait la grande branche de pin que le dieu champêtre tient à la main droite, et qui le caractérise davantage comme dieu protecteur des forêts. Vertumne se présenterait ici comme protecteur des arbres fruitiers et de haute futaie. — Leplat, pl. 25; Lipsius, p. 223; Becker, Augusteum, pl. 82.

Le pin tenait, au reste, un peu des arbres forestiers par sa nature sylvestre, n’ayant pas besoin de culture, et des arbres fruitiers par ses fruits à pignons, dont les anciens faisaient grand cas comme alimens, et qu’on mange encore dans nos provinces du Midi et en Italie. Aussi voit-on presque toujours des pignons dans les cornes d’abondance, comme dans les nébrides des dieux champêtres. La chaussure, péronés, à rabattants découpés que porte cette statue, accompagne moins bien la jambe que celle du Vertumne de Lemot et est plus campagnarde. Le dieu a accroché à un pilastre sa faucille, d’une forme un peu différente des autres. La tête de cette figure est moderne, ainsi nous 11’avons rien à en dire, si ce n’est qu’elle ne s’accorde pas très-bien avec l’attitude du corps. D’après la description de Lipsius, le reste est bien conservé, cependant la main droite et la jambe du même côté jusqu’à la cheville sont modernes, ainsi que la tête et la poitrine du chien. Cette statue du musée royal de Dresde, dessinée dans l’Augusteum de M. Becker, par M. Retsch, et gravée par M. Gottschick, était autrefois au palais Chigi.

a 820. — Vertumne, marbre blanc, pl. 449- Munich, Glyptothèque, n° 284, inédite.

Le dieu est représenté la tête ornée de pin ; il est couvert d’une nébride, dans

DE L’EUROPE

le pan de laquelle il porte des fruits; de la main droite il tient une serpette carrée , et de la gauche une serpette courbe. Un chien est assis à ses pieds. [Haut. 2 pi. 2 p. ]

820 A. — Sylvain, marbre de Carrare, pl. 449- Angleterre, coll. Blundell, pl. 26.

Debout, appuyé contre un tronc d’arbre, nu ou n’ayant que la poitrine couverte de sa chlamyde, retenue par une agrafe sur l’épaule droite, ce dieu champêtre tient à la main gauche une branche de pin, qu’on ne peut méconnaître aux. trois cônes ou pommes qui la terminent; et on ajouterait qu’à la main droite il a sa faucille et des épis de blé, si cette main n’était pas moderne, ainsi que presque tout le bras et les jambes , à partir du dessous des genoux.

Cette petite statue, fortroide de pose, est d’une très-médiocre sculpture; mais la tête, couronnée de feuilles de pin, et la branche de cet arbre la rendraient curieuse, s’il était bien prouvé que le tout fût authentique. Toutefois, quoique je l’aie examinée avec soin, je ne garantirais pas qu’il n’y eût quelques parties restaurées; cependant, la masse de ces attributs est antique. [Haut. 2 pi.]

a 821. — L’Automne, marbre de Carrare, pl. 447- Rome, musée Chiaramonti , médite.

L’Automne est ici représentée couronnée de fruits et entourée d’amours qui portent des raisins , gracieuse allégorie qui rappelle les produits de cette saison. La figure de l’Automne est d’une exécution médiocre, et a subi de nombreuses restaurations. On doit à un ciseau moderne la tête, le cou, une partie de la poitrine, un fragment du sein, deux fruits, une portion du bras gauche et le pied droit.

Le premier Amour, placé près du pied de l’Automne, est en entier moderne; il a des cassures en deux endroits des jambes. Le second a de moderne la jambe et la cuisse droites, la jambe gauche et les deux ailes. Le troisième a de moderne la tête, les deux ailes, le bras gauche, la corbeille, partie du tronc et les raisins. Enfin, le dernier Amour est tout moderne, à l’exception du pied gauche.

Ce groupe a été trouvé à Ostie. [Haut, de la stat. 3 pal. 3 on.; long. 6 pal. 2 ou. haut, des Amours, 1 pal. 3 on.]

a 822. — L’Hiver, marbre de Carrare, pl. 448. Rome, musée Chiaramonti.

L’Hiver est ici représenté sous les traits d’une femme voilée, couchée, entourée de génies ailés (1) qui jouent avec des oies et des canards. Ces oiseaux aquatiques font allusion à l’humidité de l’hiver.

(i) On sait que Poussin, voulant figurer les saisons par des scènes de la Bible, caractérisa l’hiver par le déluge.

l5ï STATUES ANTIQUES

Ce groupe, trouvé à Ostie, a subi de nombreuses restaurations. La tête, la draperie , l’extrémité du pied droit de l’Hiver sont modernes. Il en est de même de l’extrémité des doigts de la main gaucbe, moins le pouce. Le premier génie placé près du pied a toute l’aile moderne; il en faut dire autant du canard. On doit rapporter à la restauration les deux ailes et le bras droit du second génie, le cou du canard avec lequel joue le troisième génie, qui est en entier moderne, ainsi que la barbe, les ailes et l’extrémité du pied droit du quatrième génie, la tête, le bras droit, à partir du deltoïde, une partie de l’aile du cinquième génie, et le cou du canard avec lequel il joue.

Ce groupe, quoique bien conçu, est d’une exécution médiocre. [Haut. 6 pal. 6 on.]

a 82 3. — Abondance, marbre de Luni, pl. 45 1. Naples, inédite.

Par-dessus sa longue tunique talaire, qui la couvre en entier, cette figure porte un ample manteau auquel sont attachées très-bas des manches longues et serrées , telles que l’on en voit à présent.

On ne conçoit pas trop la manière dont un pan du manteau de la déesse tourne autour de la taille, qu’il serre de larges plis, dans le genre du cinctus gabinus de la toge romaine, ceinte à la gabienne. Je ne puis me rendre compte de cèt agencement, peut, être d’autres seront-ils plus heureux que moi.

La tête de cette statue, de bonne sculpture romaine, est la sienne et bien conservée ; elle est d’une douce expression. La corne d’abondance est antique, et à elle seule, en bon état, elle donnerait quelque valeur à cette statue, d’un agréable ensemble. Les mains sont modernes ainsi que le pied droit. [Haut. 8 pal.] — Naples, musée Borbonico, n" 386.

823 A. — Abondance, marbre de Luni, pl. 45 1. Rome,

musée Capitolin.

Cette statue, de sculpture médiocre, présente un grand nombre de restaurations. La tête, le cou, une partie de la poitrine, l’avant-bras droit et la main du même côté, l’avant-bras et la main gaucbe, l’extrémité inférieure de la corne d’abondance, sont modernes. Il en est de même des pieds, d’une partie de la tunique de dessous et de la partie antérieure de la plinthe. Il y a aussi une restauration à la moitié de la jambe. [ Haut. 8 pal. 2 onc. ]

82 3 B. — Abondance assise, marbre, pl. 438 B. Angleterre,

coll. Carlisle.

Cette figure assise est vêtue d’une tunique sans manches, qui laisse à nu la partie supérieure de la poitrine ; son péplus , jeté sur ses genoux, s’enroule, en outre, autour du bras gauche; le montant du siège sur lequel elle appuie le bras droit est une corne d’abondance : on y a ajouté le raisin sur lequel porte la moitié de la main, qui était à restaurer. On a mis une patère dans la main gaucbe, qui manquait jusqu’à la draperie, et on en a fait une Abondance.

La tête, qui est bien la sienne, est diadéméc; le nez est moderne, les mains ont été mal restaurées.

DE L’EÜROPE.

a 824. — Abondance , marbre, pl. 45 1. Rome, Vatican, inédite.

Cetle statue, qui se trouve dans le Braccio nuovo du Vatican, est remarquable par le bel agencement de ses draperies. La tête est antique et d’une expression pleine de douceur et de noblesse.

Les restaurations sont assez nombreuses. On doit à un ciseau moderne un fragment du cou, l’extrémité du nez, la bouche et le menton, une portion de la joue droite, la main gauche, une portion du bras droit, les deux* pieds, une partie du bout de la tunique de dessous et la partie antérieure de la plinthe. [Haut. 9 palm. 10 onc. Plinthe, 8 on. ]

a 825. — Abondance, marbre de Carrare, pl. 45 1. Rome, chez les comtes Lozzano e Paterni, médite.

Cette statue nous offre les traits d’une Augusta; mais, comme la tête ne paraît pas lui avoir originairement appartenu, on ne doit rien conclure touchant son attribution. Le travail en est excellent et de la meilleure époque romaine. La draperie est pleine de goût. Toutefois , les extrémités ne répondent pas à l’exécution de cetle partie. La manche et le bras droits, quelques fragments des plis, de la poitrine, et les doigts de la main gauche, la corne d’abondance , sont modernes , ainsi que la partie antérieure de la plinthe.

Ce marbre a été découvert dans les fouilles faites par les comtes Lozzano et Paterni, en 1828, à Fallari, Civita castellana.

826. — Abondance, marbre, pl. 452. Rome, collection Torlonia, t. III, n° 16.

La pose et surtout le vêtement de cette figure la distinguent des autres Abondances. Elle n’a pas de péplus, mais une surtunique qui s’étale devant sa poitrine comme à la Minerve, n° 899, et à la Cérès, n° 799 que nous avons déjà donnée comme une Diane mal restaurée. Elle porte enfin la courroie en baudrier comme ces deux figures, accessoire qui se comprend peu dans une Abondance. Les trois statues sont donc des Dianes.

827. — Abondance, marbre grec, dur, pl. 402. Rome, coll. Giustiniani, pl. 20.

Il est douteux que cette statue ait été réellement une Abondance; car la corne d’Amallhée placée à gauche, et la main droite ainsi que les fruits qu’elle tient, sont modernes.il est même vraisemblable que c’était une Cérès ou une Junon : c’est ce que semble annoncer le grandiose des formes. Dans la dernière hypothèse, tout autre symbole écarté, elle n’aurait eu que le sceptre à la main droite; la tête antique avec diadème, empruntée et rapportée, devrait rester en place; car elle convient en tout point à la reine des dieux.

1 54 STATUES ANTIQUES

Hormis le peu de restaurations signalées, ce beau monument est, du reste, parfaitement conservé.

La déesse est debout, s’appuyant davantage sur l’extrémité gaucbe; la palla et la tuniquesont ajustées, comme d’ordinaire, suivant le costume sacré romain; les bras, pliés, ne s’éloignent pas du corps, la main droite est avancée, l’autre main ramenée près de l’épigastre.

Les formes sont développées, le sein fort, l’air très-noble. [Haut. 9 pal. 1 on.]

827 A. — Abondance, marbre grec, pl. 438 D. Rome, coll. Pamphili.

Cette statue présente un costume sévère, peu d’accord avec la dénomination d’Abondance qu’elle a reçue et que nous lui conservons. Son manteau lui couvre la tête et les deux épaules , et revient par la hanche droite reposer sur l’avant-bras gauche ; cet avant-bras gauche soutient la corne d’abondance, et le bras droit, allongé, tient nous ne savons quel objet.

Sont modernes la tête, l’avant-bras droit, le haut de la corne d’abondance où sont les fruits, et tout le bas de la statue depuis la hauteur du poignet gauche. Tasseau à la mammelle gauche. [ Haut. 4 pal. i on. ]

827 B. — Abondance, marbre , pl. 438 D. Rome, coll. Mattéi,

pl. 65.

On remarque à cette figure, outre une tunique à manches larges, un ample péplus qui s’enroule autour du corps, de l’épaule gauche sous le bras droit, et retombe de l’avanl-bras gauche en draperie. Nos autres Abondances ont le péplus roulé autour de la taille. (Voyez pourtant n°‘ 823 et 827. )

a 827 G. — Abondance, marbre grec, pl. 438 H. Rome, musée Capitolin, inédite.

Cette déesse, assise sur un siège grossièrement façonné, est chaussée de sandales. Sa tunique est à manches boutonnées, sans ceinture ; la stola, en écharpe, passe du bras gauche à la cuisse gauche; le front est orné du diadème latin ; la main droite, abaissée, ne tient plus à présent aucun symbole , et la corne d’abondance, fort éloignée du corps, est placée dans la main gauche.

La tête est rapportée, restaurée au nez et aux lèvres. Sont modernes, la main gaucbe et une forte parlie en haut de la corne d’abondance, tout le bras droit, à commencer de la pointe du deltoïde, et le pied droit. Les symboles à droite , qui manquent, empêchent de déterminer à laquelle des déesses dont la corne était l’attribut, appartient notre statue.

Le pied droit indique, par son mouvement, une intention de bienveillance; on sait que les anciens priaient les dieux, Bacchus, par exemple, d’intervenir Set-tw -aoSt , et tout Romain entrant dans un temple devait y poser le pied droit le premier ; en conséquence, le nombre des degrés qui conduisait aux édifices sacrés , était impair. Quoique de marbre grec, cette statue est d’une expression fort commune, circonstance qui, à nos yeux, est une des preuves que sous l’empire l’on transportait bruts, de Grèce en Italie, des blocs de marbre statuaire. [Haut. 5 pal. 9 on. 1/2.]

DE L'EUROPE

82 7 D. — Abondance, marbre de Carrare, pl. 4 1 o H. Rome ,

palais Altemps.

La tête de cette statue est conservée dans une grande intégrité, sauf le nez, qui a été restauré. On doit à un ciseau moderne l’avant-bras droit et la main , ainsi que les raisins qu’elle tient : il en est de même de l’avant-bras gauche et des épis. Il y a eu quelques restaurations à la draperie. L’extrémité du gros orteil droit manque.

La pose de cette figure est pleine de grâce. Le jeu des draperies rend bien le mouvement de tout le corps. [Haut. 8 pal. 9 on. ]

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