‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 385 sur 436 · Fortune, marbre, pl. 455. Guattani, année i8o · texte numérisé non relu

Fortune, marbre, pl. 455. Guattani, année i8o

Nous ne connaissons celte statue que par la publication de Guattani, qui n’en donne pas les restaurations, il est à croire cependant qu’étant d’une proportion colossale, elle a souffert des dégradations.

La figure porte un diadème latin , orné de pierreries. Un voile d’étoffe légère , placé sur sa tête, d’une part, descend sur l’épaule et le bras gauche, qu’elle recouvre d’autre part, puis contournant l’épaule droite, il vient s’établir sur le devant du corps et se fixer sur l’avant-bras gauche.

Le bras droit est allongé et tient le haut d’un aviron , le bras gauche supporte une très-belle corne d’abondance, dont les fruits s’élèvent à la hauteur du front.

Etait-ce la statue de la Fortune elle-même ou celle d’une Augusla représentée en Fortune? [Haut. 11 pal.]

836. — Fortune, marbre, pl. 456. Rome, villa Massimi, autrefois coll. Giüstiniani, pl. 19.

La tête de cette statue, antique et de portrait, paraît être de l’époque de Titus à Hadrien ; elle ne lui appartient pas. Le milieu de la corne d’abondance étant antique, la restauration a suppléé, comme il le fallait, la main droite et tout le gouvernail, la main gauche et les deux extrémités de la corne, et un pan du manteau en avant du côté gauche.

STATUES ANTIQUES

La déesse est debout, cliaussée de souliers fins et recouverts, alulce. Sa tunique flotte sur les pieds; le manteau est ajusté de l’épaule au bras gauche, et laisse le corps couvert de la seule tunique à courtes manches, et serrée haut par la ceinture.

Ce monument de troisième ordre n’a qu’un médiocre intérêt. [Haut. 9 pal. 7 on.]

837. — Fortune, bronze, pl. 456. Naples, Bronzes d’Herculanum , pl. 195.

L’atlitude de celte ligure est rare et singulière. La Fortune est debout sur un globe et comme dans l’action de vouloir s’envoler. Peut-être est-ce la Nortia étrusque, qui avait un temple à Antium; cependant, on ne retrouve pas à sa main les clous , qui caractérisaient celle-ci. Cette figure est remplie de grâce, de légèreté et d’élégance. Sa coiffure est celle des femmes étrusques. La tunique légère dont elle est vêtue, est travaillée avec une grande délicatesse. De chaque main cette Fortune en soulève un pan et découvre ainsi ses jolis pieds. Ceux-ci gardent sur le globe un équilibre parfait , et ils se lèvent comme pour danser.

Il est impossible d’exprimer, d’une manière plus heureuse, l’instabilité des dons de cette déesse, son inconstance et la facilité de ses chutes.

On distingue sur les épaules de cette statuette deux ouvertures rectangulaires, qui étaient incontestablement destinées à recevoir les ailes avec lesquelles elle était représentée et qui ont disparu.

L’habileté du travail de la chevelure, nouée gracieusement derrière la tête, le collier qui orne le cou, l’agrafe du manteau et la guirlande qui décore le globe, toujours obets incrustés d’argent, ajoutent encore au prix de ce bronze. [Haut. 11 on.]

838. — Fortune, marbre grec, pl. 456. Rome, villa Massimi, autrefois coll. Giustiniani, pl. 1 44.

Rien de plus commun que les statues de la Fortune, ce qui justifie Pline d'avoir écrit dans le livre II, chap. vu de son Histoire : Toto quippe mundo et locis omnibus, omnibusque bonis, omnium vocibus Fortuna sola invocatur. Les surnoms qu’on lui donnait dans la religion latine sont fort nombreux; ainsi elle était Primigenia , Obsequens ,Mammosa , Fortis, Virgo , Barbata, Viscata, Plebeia, Idia.

Jusqu’à présent, les archéologues n’ont pris aucun soin de les distinguer sur les monumens, distinction qui n’est pas toujours facile, il est vrai, mais qui offrirait beaucoup d’intérêt.

La statue qui nous occupe a la tête tenant au buste, et, quoique cela ne paraisse pas dans notre planche, le dessinateur à Rome lui voyait un diadème, qu’il croit moderne. Le nez, une partie des riches boucles des cheveux répandues sur les épaules, la main droite avec une partie du gouvernail, la main gauche et son avant-bras, enfin la partie supérieure de la corne, sont modernes. Elle est, en outre, fort retouchée, ainsi qu’on avait la fort mauvaise habitude de le faire dans les deux siècles derniers. La déesse est debout, chaussée de sandales, le pied droit porté un peu en avant, la tunique à longues manches plissant vers le coude; le manteau de l’épaule gauche aboutit à l’avant-bras gauche, et ne couvre pas la partie de devant du corps. Cette statue indique chez son auteur plus de désir de multiplier les ornemens que de véritable étude. [Haut. 7 pal. 4 on.]

DE L’EÜROPE.

839. — Fortune, marbre de Paros, pl. 454- Londres, musée Britannique.

Cette jolie statue a subi nombre de restaurations, mais elles sont bien entendues. Le modius qui surmonte la tête est un emblème des richesses, il convient à cette déesse, qui les distribue selon ses caprices.

Des restes de tenons à la cuisse droite ont motivé la restitution de la main droite et du gouvernail, il pose sur un globe qui existait en partie et sur lequel était un reste du gouvernail. Le bras gauche, au sortir du manteau qui le recouvre, et la partie inférieure de la corne d’abondance sont modernes. Mais il y a peu de statues de cette déesse dont les attributs soient aussi authentiques, et ils le sont assez pour qu’on ne puisse confondre cette image avec celles d’autres divinités.

Cette petite statue est de beau marbre de Paros à petits grains. [Haut. 2 pi. 9 po.] — Mus. britann.; Combe, p. 2, pl. 18.

839 A. — Fortune, marbre de Luni, pl. 454 A. Rome, musée Pio-Clémenlin, t. II, pl. 12.

Statue d’un excellent travail trouvée à la place Saint-Marc, à Rome, iout près du Forum de Trajan.

De notables parties sont modernes, à savoir: la main, la partie inférieure du bras droit, le gouvernail et la roue, les trois doigts du milieu de la main gauche, la pointe de la corne d’abondance et l’extrémité du pied droit. La tête, bien que rapportée, est la sienne; elle a subi seulement des restaurations au nez et au menton.

La déesse est debout, dans une noble attitude. Elle est chaussée d'alutæ, une ceinture à torsades, torsilis , retient sa tunique; son péplus, qu’elle porte en écharpe, passe sur l’avant-bras gauche; sa chevelure, dénouée avec grâce, flotte sur ses épaules et retombe sur son sein. La déesse est coiffée d’un pileus phrygien surmonté d’une petite tour hexaèdre.

Visconti ne voit, dans cette singulière coiffure, qu’une calotte hémisphérique représentant la voûte du ciel, et il rappelle à ce sujet la Fortune de Bupalus à Smyrne, qui avait le -aoXos sur la tête.

La restauration a peut-être placé à tort un gouvernail dans la main droite de cette statue. La coiffure et la corne d’abondance rappellent en tous points les attributs que l’on donne aux villes sur les médailles. Cette Fortune pourrait être la personnification d’une ville. Toutefois, comme la position de la main convient parfaitement au gouvernail, nous n’affirmerons rien à cet égard. M. Fossati suppose que c’est une Fortune phrygienne. [Haut. 5 pal. 4 on. 1/2.]

839 B. — Fortune (Plotine ou Sabine en) , marbre grec, pl. 454 B. Londres, coll. Lansdowne.

L’examen que nous avons fait de cette statue, à Londres, nous a laissé l’inv

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pression que la tête , qui est cassée au milieu du cou , est bien la sienne et n’a été que rajustée. Ce point est important à constater, la statue étant iconique.

Est-ce Plotine ? On peut la rapprocher de la tête de cette impératrice, que nous donnons, d’après une médaille, pl. 1067, et de la Plotine du musée du Louvre, pl. 327 (1).

Est-ce Sabine? On peut voir la tête de cette autre impératrice, que nous donnons à la même planche, aussi d’après une médaille, et les cinq statues des pl. 332, g45, 967 et 982 B.

Sont modernes à notre statue, le poignet droit avec le gouvernail, et la main gauche avec la partie inférieure de la corne d’abondance ; la partie supérieure de cet attribut est antique.

La draperie nous a paru lourde, mais bien jetée : nous avons cru voir une irrégularité de dessin dans les seins. [Haut. 5 pi. 10 po. ]

839 C. — Fortune, marbre deLuni, pl. 454 A. Rome, coll. Mattéi, pl. 63.

Sont modernes, à cette statue, le masque presque en entier (2), le bras droit depuis le bas du deltoïde, avec la corne d’abondance, la moitié de l’avant-bras gauche, avec l’autre corne d’abondance, la draperie qui couvre le pied droit, avec le petit doigt et un morceau de la plinthe; enfin, tout le pied gauche avec la draperie qui le couvre, et partie de la plinthe. Sur le derrière de la figure, la draperie qui descend à gauche est moderne. Tasseau sur la mamelle gauche. [ Haut. 9 pal. 2 on. ]

839 D. — Fortune assise, marbre , pl. 454 B. Rome, coll. Mattéi, pl. 64-

Cette statue de Fortune assise n’a pas comme les autres Fortunes, notamment les n05 834, 834 A, 83g E, l’attribut important de l’aviron, et il ne paraît pas qu’elle l’ait jamais tenu. Elle n’a ni voile, ni diadème.

Nous croyons que le torse seul est antique et que la corne d’abondance est due à un sculpteur moderne , opinion qui nous fait fortement douter que cette statue ait été originairement une Fortune.

a 839 E. — Fortune, marbre grec, pl. 454 B. Rome, coll. Giustiniani , inédite.

Fortune assise, de bonne manière, mais qui a de moderne la tête avec le cou , le bras droit depuis le bas du deltoïde , avec l’aviron , les fleurs de la corne d’abondance. Tasseau sur le genou droit. On voit que les parties antiques suffisent pour caractériser la figure. Les pieds sont nus ; le siège et l’escabeau ont des formes à remarquer. [Haut. 2 pal. 1 on.]

(1) Nous donnons aussi, pl. 967 , une prétendue Plotine , prise dans Boissard.

(2) Quasi lutta la maschcra cou porzione di testa moderno, dit notre dessinateur de Rome.

DE

L’EUROPE

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