Fortune, argent, pl. 454- Florence (Galerie de
t. IV.
Petite figure d’argent, dont le métal, selon l’auteur de la Galerie de Florence, est le moindre mérite. «Le travail, dit-il, est précieux, d’une grande «finesse et d’un beau style. La tête présente un grand caractère, qui rappelle « la tête du palais Farnèse ( aujourd’hui à Naples ) connue sous la fausse déno- «mination d’Ariadne. La coiffure est élégante, le travail de la draperie est ex- « cellent , les plis sont grandioses et contrastés sans affectation ; enfin , le nu est « indiqué avec beaucoup de vérité. » [ Haut. om,i22 =: 4 po. 6 li. ]
84 1. — Fortune, marbre, pl. 45o. Rome, coll. Giustiniani.
Nous sommes réduit, sur cette statue, au dessin que nous en donnons.
L’aviron et la corne d’abondance sont probablement modernes; mais, dans ce cas, la pose de la figure motivait la restitution de ces attributs.
On remarque à la chevelure trois ornemens qui sortent d’entre les cheveux, et qu’on doit supposer tenir à un diadème. Quant au costume, il est très-simple: c’est une tunique et une sur-tunique serrée par une ceinture. Le bras droit porte un bracelet.
84 1 A. — Fortune ailée, marbre, pl. 45o. Paris, collection
Pourtalès.
Au premier examen de cette statue, on reconnaît qu’elle ne peut rentrer, comme quelques autres de nos Fortunes, dans la classe des statues de matrones portant des attributs de divinités.
Ses deux bras écartés et sa pose tout à fait droite lui donnent quelque apparence d’une Caryatide. (Voyez les n03 8i4 G, 833.)
Elle a le polus sur la tête, et des ailes aux épaules.
Les parties modernes sont les deux bras à partir de la saignée, l’aviron, le griffon, le globe à droite de la figure, et le pan de draperie quelle tient à sa gauche.
Dans la collection Pourtalès, la statue porte le nom de Némésis. On sait que, chez les anciens, Némésis ou Adrastée était toujours représentée avec des ailes. Sa restauration nous a décidé à la placer parmi les Fortunes. [Haut. om,636 = î pi. 1 1 po. 6 li.]
Minerve.
Minerve, ou, comme les Grecs l’appelaient, Athéné, fut une des déesses les plus nationales de la race hellénique. Adorée très-anciennement en Béotie, où son culte datait des établissemens pélasgiques, elle fut portée delà dans toute la Grèce. A l’origine, Athéné était une personnification du principe humide et féminin, comme l’indique son surnom de Tritogénie, née des eaux. Elle réunissait tous les attributs des divinités suprêmes du sexe féminin, d’Anaïtis, la grande divinité araméenne, et de Neith, la divinité égyptienne, avec lesquelles elle a peut-être une antique parenté. Protectrice de la famille , elle présidait à nr. 1 1
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la vie et aux travaux domestiques , aux ouvrages d’aiguille et de fuseau. Elle avait en même temps le caractère de gardienne des villes, des peuples, de déesse guerrière et victorieuse. De là le nom d 'Atherne que se donna l’une des premières et des plus anciennes villes de la Grèce. C’est avec ce caractère de divinité des combats qu'Athéné passa en Italie , portée par les Pélasges , qui vinrent coloniser ce pays. Elle reçut chez les Étrusques le nom de Mnerfa , d’où les Romains firent Minerva, Minerve, nom dont l’étymologe rappelle l’idée de courage et de force ( fiévos). On voit sans cesse sur les vases peints cette déesse armée de la lance et coiffée de la peau de lion, galea , qui précéda le casque. Elle darde son fer contre les ennemis, et cette circonstance rappelle le surnom de Pallas qu’Homère donne souvent à Athéné (de 'vrdXk(o, lancer, agiter). Chez les Étrusques, Minerve était la divinité des instrumens de musique guerrière, des chars, des arts; caractère qu’on retrouve également chez la Minerve Erganéet Hippiades Hellènes. Par ce côté, Pallas se rattache à Cérès ou Déméter, et elle partage avec elle l’honneur de plusieurs inventions aratoires. Ces deux divinités n’étaient en effet que deux formes d’une même personnification, la terre, considérée comme la forme sensible du principe plastique, humide et fécondant.
Les mouvemens de la pensée en Grèce dégagèrent de plus en plus l’idée métaphysique et .abstraite qui se cachait dans la personnification appelée Athéné et Minerve. Celle-ci devint l’idéalisation de la force, de la pensée, de la sagesse , de la science humaine. La plupart des mythes dont la poètes embellirent son histoire, furent créés sous l’influence de cette nouvelle conception. L’art suivit la poésie dans cette voie idéale : Minerve devint la vierge divine par excellence, armée comme un guerrier, le front empreint d’un sentiment de noblesse et de chasteté, la démarche fière et hardie, le type en un mot de la femme forte.
La philosophie néoplatonicienne acheva d’élever le type de Minerve à la hauteur d’une véritable personnification de la Sophie divine, conçue comme un être à part, ayant pour mission d’opérer le salut de l’humanité. Conception magnifique dont le gnosticisme s’em para, et qui se reflète dans le type divin de la vierge Marie.
Si Minerve, comme divinité de l’agriculture, donne une main à Cérès, dont elle est sœur, de l’autre elle s'unit à Artémis ou Diane, autre personnification du principe féminin et humide, vierge divine aussi, et que des liens étroits de parenté unissent à Anaïtis et à Cybèle.
Toutes ces déesses offrent sous un type plus pur, plus chaste, moins sensuel, la personnification de la sexualité féminine; elles appartiennent, comme telles, aux divinités d’origine japétique ou araméenne, chez lesquelles un caractère plus spirituel et plus pur caractérise la femme. Au contraire, Vénus Aphrodite, qui exprime la même idée, et est née des eaux comme la Minerve Tritogénie, représente le sexe féminin avec ce caractère sensuel et voluptueux qui appartenait aux déesses de race sémitique, à Astarté , à Cybèle, caractère que l’art conserva religieusement dans le type de Vénus, dont les formes contrastent si complètement avec celles que le ciseau donnait à Minerve.
8/^2. Minerve (du temple d’Egine), marbre de Paros , pl. 547 et 817. Munich, Glyptothèque, n° 60.
Au fronton du temple d’Égine , Minerve était placée au milieu du groupe. C’était la plus grande de toutes les figures.
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La déesse est vêtue du péplus et du chiton, dont les bords étaient peints en rouge, tandis (pie le casque l’était en bleu.
La direction des jambes à gauche , qui contraste avec le corps représenté de face, paraît indiquer que la déesse prend le parti des Grecs. Elle tient au bras gauche le bouclier argolique et dans la main gauche le javelot.
Les trous qui se remarquent dans le casque ( xarafru? ) étaient destinés à recevoir des clous en bronze qui servaient souvent à garantir les yeux.
L’égide était peinte en écailles rouges. La tête de Méduse, les serpens et les franges étaient probablement en bronze. On distingue encore les endroits où ils étaient attachés.
Il n’y a de restauré que quelques parties du vêtement et de l’égide. [Haut. 5 pi. îo po.]
842 A. — Minerve, bronze, pl. 462 A. Munich, Antiquarium.
Ce bronze, d’un travail ancien, nous offre un type archaïque de Minerve. Le bras droit, qui manque, était sans doute étendu , pour indiquer que la déesse parlait, ce qui nous ferait croire que nous avons sous les yeux une Minerve Açjoræa. [ Haut. 4 pi- 8 po. ]
842 B. — Minerve, marbre de Paros, pl. 462 D. Rome, villa Albani, inédite.
Winckelmann donne cette statue dans ses Monumens inédits (1), mais non entière, parce qu’elle n’avait pas encore été restaurée. Il la cite comme un exemple du style archaïque ou éginétique, la compare aux figures qu’on voit sur des médailles de la Grande-Grèce frappées dans l’enfance de l’art, et dont les contours , comme ceux des statues égyptiennes , s’éloignent peu de la ligne droite.
Les parties qui manquent à cette statue dans le dessin donné par Winckelmann, sont bien celles que notre examinateur a signalées comme modernes. Le masque et les cheveux sont antiques ; le casque est moderne (2). Sont modernes, en outre, le nez, les deux bras depuis la draperie, les têtès des serpens qui entourent l’égide, enfin la partie inférieure de la statue au-dessous des genoux. [Haut. 6 pal. 6 on.]
842 C. — Minerve étrusque, marbre, pl. 462 D. Montfaucon, supplément I, pl. 3g, n° 1.
Minerve est vêtue d’une tunique qui lui descend jusqu’aux pieds, mais
(1) Tomel, Trattalo preliminare , cap. autorité on a restauré le casque, qui ne
iv, ser. 2* (istorica), p. lxi. ressemble ni à celui de la Minerve du
(2) La gravure de Winckelmann ne temple d’Égine (voy. 842, pl. 457), ni à donne pas cet appendice du casque que celui de la Minerve éginétique de Dresde, la nôtre indique comme antique en partie, moderne lui-même (voy. 842, 855, pl. Nous ignorons, du reste, d’après quelle 46o).
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laisse les seins découverts; elle a par-dessus un manteau qui est fort en arrière et qui laisse voir tout le devant de la tunique.
Son casque est recourbé sur le devant, comme le bonnet phrygien ; ce casque a deux grandes oreilles, qui ressemblent à celles d’un satyre.
Le bouclier que tient la main gauche est ovale. [ Haut. 1 1 po. ]
a 842 D. — Minerve, marbre grec, pi. 462 C. Rome, palais
Vidoni, inédite.
Belle Minerve, dont la tête a été très -heureusement conservée. Elle n’est que rattachée au menton.
Sont modernes les deux bras depuis la saignée , et le genou droit. Le bras gauche a été rattaché à la fin du deltoïde. Tasseaux sur la draperie.
Le casque présente nettement la peau de la tête d’un lion. (Voy. 898 B.)
La forme gracieuse de l’égide se retrouve à la Minerve à la chouette de la collection Grey; enfin, comme celle-ci et deux Minerves de Naples, elle tient sa lance de la main gauche (1).
Notre Minerve est sans péplus. Ses traits rappellent ceux d’une jeune fille. [ Haut. 8 pal. 3 on. ]
* 843. — Minerve d’ancien style grec, marbre pentéligue, pl. 3 19. Musée du Louvre, n° 398.
Le costume de cette Minerve ressemble à celui des statues d’Égine.
L’égdie forme une espèce de grand manteau garni d’écailles, couvre les épaules, et retombe jusqu’aux jarrets. Elle rappelle ces vêtemens de peau de chèvre que, selon Hérodote, portaient les Éthiopiennes.
La tunique à manches larges, rattachées par des boutons, descend jusque sur les pieds , et est recouverte d’un péplus très-ample , à plis droits , serrés et symétriques. Ces plis semblent faits d’après des étoffes gommées et plissées au fer, et remontent à l’époque où les idoles étaient revêtues de robes d’étoffes véritables. Le casque de Minerve , orné d’une couronne dont les fleurs ressemblent à celles du myrte, peut rappeler que la déesse guerrière, cueillant des fleurs avec Proserpine dans les plaines d’Enna, en couvrit son casque, et l’on sait par Pindare et par Athénée qu’à Corinthe des courses aux flambeaux et des fêtes se nommaient Helloties, en l’honneur de Minerve Hellotis, à qui l’on offrait des couronnes de myrte.
La tête de cette statue, qui est rapportée, a pu appartenir à une figure de cette Minerve et convient au reste du corps, qui peut être une copie ou une imitation de quelque ouvrage de Callon d’Égine, dont on avait à Corinthe une Minerve en bois. La partie nue des bras et le pied gauche sont modernes. [Haut. o“,868 =r 2 pi. 8 po. 1 li. ]
(1) Quasi tutta la maschera con porzione di testa modcrno, dit notre examinateur de Rome.
DE L’EÜROPE.
* 844- — Minerve, marbre, pl. 3 1 g. Musée du Louvre, n° 596.
Cette statue de Minerve est une imitation de l’ancien style hiératique grec. On y retrouve les caractères dont nous avons parlé sous le numéro précédent. La tête et les bras sont modernes. [ Haut. 4 pi- 6 po. ]
* 845. — Minerve, bronze, pl. 457. Rome, villa Albani.
Ce bronze, dont les deux bras sont modernes, est fort curieux par le casque , d’un genre particulier, qui surmonte la tête, et qui est couronné de chevaux ailés et surmonté du sphinx en guise de cimier.
Le pied gauche, certaines parties de la draperie et la plinthe sont modernes. [Haut. 2 pal. 8 on.]
* 846. — Minerve au collier (1), marbre de Paros, pl. 3 19.
Musée du Louvre, n° S22.
La beauté majestueuse de la tête, l’agencement des draperies, où la vérité et la variété s’allient à un style noble et sévère, distinguent cette statue, imitée probablement de quelque original de Phidias, peut-être de sa Minerve de bronze surnommée la Belle.
La statue de Phidias était, comme la nôtre, armée de la lance et du bouclier.
Le costume de la déesse est rare et mérite d’être remarqué. La disposition du bras droit, élevé, laisse apercevoir deux tuniques doriennes ou sans manches, fermées dans toute leur longueur du côté gauche, et ouvertes du côté droit : ce n’est pas la forme ordinaire de ces vêtemens, qui sont ou fermés ou ouverts des deux côtés.
On distingue au bord de la draperie une espèce d’ondulation ou de froncé qui peut indiquer ou une bordure ou la lisière de l’étoile; ce qui se voit à d’autres statues qui paraissent des imitations d’ouvrages très-anciens. Les glands ou houpes se sont conservés aux coins du péplus qui, joint par la ceinture à la tunique supérieure, n’en offre pas moins une belle chute de plis, et est d’accord avec le caractère sévère de la déesse.
La tête, antique, mais rapportée, est en marbre pentélique; son casque, surmonté d’un sphinx et de deux griffons, rappelle celui de la Minerve du Parthénon (Paus. Alt. c. xxiv). Ces êtres fabuleux, symboles de la pudeur et de la perspicacité, conviennent à la déesse de la sagesse et des arts; son péplus est relevé par un serpent qui lui sert de ceinture. [Haut. 2m,092 = 6 pi. 5 po. 4 li.]
(i) Les colliers sont très-rares dans les anciens monumens delà sculpture, et celui de notre statue est peut-être unique parmi les statues de grand style. Cette recherche de parure, étrangère à la fille guerrière de Jupiter, rivale de Mars plutôt que de Cythérée, peut avoir fait donner le surnom de la Belle à la statue de Phidias.
Les colliers célèbres qui attirèrent tant de malheurs à Eriphile et à Hélène étaient en or. On en voit en perles à Junon , à Cérès et à Diane, sur des médailles et sur les peintures de Pompéi , d’Herculanum.
Des vases en offrent aussi; mais ils appartiennent à des temps peu reculés.
STATUES ANTIQUES
O 847- — Minerve étrusque, terre cuite, pi. 487. Vienne, Musée impérial.
Cette curieuse terre cuite a été donnée dans nos planches comme une Minerve étrusque; et en effet, l’égide dont est vêtue la déesse, son vêlement, son casque, semblent annoncer qu’on a sous les yeux la Mnerfa ; cependant, l’inscription en caractères étrusques qu’on lit sur la plinthe nous fait douter de l’exactitude de cette attribution. On y lit en effet : Tanas nirmerii runter. Or, nous savons que Tana était la Diane et non la Minerve des Étrusques : quant au sens des deux autres mots, nous le laissons chercher à de plus habiles que nous. [Haut, k pi. 1 1 po. viennois.]
848, — Minerve étrusque, marbre de Paros, pl. 45g. Naples, musée Borbonico, n° 102.
La fille de Jupiter est représentée ici armée du casque et de l’égide, et dans la chaleur du combat qu’elle livre sans doute contre les géans. De la main droite, élevée, elle darde sa lance.
L’égide de la déesse est toute garnie d’écailles et bordée de serpens; elle est attachée au cou et disposée de manière à être saisie de la main et servir de bouclier, manière dont la tient précisément la déesse. Minerve est vêtue d’une longue tunique , par-dessus laquelle elle porte un péplus à plis symétriques. Un petit serpent enroulé forme la fibule qui retient sur l’épaule droite l’égide et le péplus.
Lorsque cette statue fut découverte, sa chevelure et son pallium portaient des traces de la dorure qu’on leur avait fait subir.
Au style et à l’ajustement de cette statue, qui fut l’une des premières que présentèrent les fouilles d’Herculanum , on reconnaît facilement une œuvre de cet art italico-grec que l’on désigne sous le nom d’étrusque. [Haut. 7 pal.]
848 A. — Minerve étrusque, bronze, pl. 462 E. Turin,
Musée royal.
Cette jolie figurine de bronze représente vraisemblablement Mnerfa la déesse protectrice des cités étrusques. Son geste annonce qu’elle parle à ceux qui l’implorent, circonstance qui semble lui mériter le surnom d ePolyboulos, de Polymétis ou à' Amloulia.
Le casque qui surmonte la tête de Mnerfa est bien celui que l’on voit pour coiffure à la déesse dans d’autres monumens. [Haut. om700. ]
848 B. — Minerve et Typhée, marbre pentèlique, pl. 462 F. Ancienne coll. Crawford.
Quoique ce groupe soit désigné sous le nom de Minerve et Typhée, il est plus naturel d’y voir Minerve et le géant Pallas, que cette déesse avait vaincu
DE L’EUROPE
dans le combal des géans et des dieux, ou encore le géant Encelade, sur le corps duquel elle avait lancé la Sicile. Le géanl, en partie enfoncé dans la terre, dans les profondeurs de laquelle les dieux avaient refoulé sa race impie, est représenté anguipède, suivant l’ancienne tradition. Il fait de vains efforts pour soulever le bouclier de Minerve, qui pèse sur son épaule. Un tronçon d’un des serpens qui forment ses pieds, est étendu sans vie devant la déesse. Celle-ci, à laquelle le surnom de Giguntophonos convient parfaitement, est représentée dans une attitude calme et avec un maintien sévère. Elle méprise les efforts inutiles du géant.
Nous ignorons quelles sont les restaurations que ce groupe a subies. [Haut. om82 5.]
848 G. — Minerve Tritonide, marbre, pi. 462 F. Rome, col]. Ruspigliosi.
Cette statue paraît avoir subi de nombreuses restaurations, et les attributs qui la caractérisent semblent dus à un ciseau moderne.
Le surnom de Tritonide, qu’on lui a donné, n’est justifié par aucun détail particulier.
Si la restauration n’avait point dénaturé la physionomie originelle de ce marbre, on y verrait avec plus de vraisemblance une Minerve Zostéria , Alcimaché ou Poliouchos.
O 849. — Minerve, bronze, pl. 489. Paris, Bibliothèque
nationale.
Ce petit bronze est très-remarquable par sa composition et son exécution.
Le casque offre de nombreux détails, le masque est d’un fini parfait. L’égide a beaucoup de relief.
La déesse lève le bras droit comme pour darder sa lance, la main gauche , qui manque, tenait probablement un bouclier. [Haut. 4 po. 6 li.]
85o. — Minerve Nicéphore, marbre, pl. 489. Londres, coll. Hope, Specimens, pl. 35.
Cette statue, d’un travail médiocre, représente Minerve s’appuyant sur sa lance et portant de la main droite, étendue, une statue de la Victoire. Elle est coiffée du casque surmonté du sphinx.
Ce monument, d’un travail lourd et sans proportions, a certainement subi de nombreuses restaurations. [ Haut. 6 pi. 6 po. ]
* 85 1 . — Pallas de Velletri, marbre de Paros, pl. 320. Musée du Louvre , n° 3 1 o .
La fille de Jupiter est représentée avec la beauté majestueuse qui convient
au caractère de la sagesse, au génie des lalens et des arts; rien de plus noble que sa pose sévère, ni de mieux imaginé que l’ample péplus qui, formant une riche draperie autour de ses membres, retombe jusqu’à ses pieds, et dont les plis, arlistement variés, sont distribués tout à fait dans le goût de l’ancienne école grecque, de laquelle se rapprochent le style grave de celte statue et la simplicité de son travail. La déesse , coiffée de son casque , armée de son égide, devait avoir une lance à la main; mais son air doux et son regard tranquille indiquent que les études et les ornemens de la paix ne lui sont pas moins chers que les combats. [Haut. 3m,o44 = 9 pi. 4 po. 5 li. ]
Découverte en 1797 , à dix lieues de Rome, dans le territoire de Velletri, parmi les débris d’une maison de plaisance romaine , elle fut acquise par le gouvernement français. Le lieu où elle a été trouvée lui a valu le nom qu’elle porte.
La tête avait été séparée du corps, et l'on n’a fait que la replacer; il n’y a de restauré que l’extrémité du nez ; il y a eu aussi quelques raccords à la partie gauche du cou et audessus de la tête. Les mains, les poignets et les doigts du pied gauche sont modernes. II se pourrait que les cheveux eussent été peints en rouge, et que le visage eût été un peu regratté.
Les draperies de cette belle statue sont travaillées avec une grande recherche; la partie de la tunique qui couvre le sein et retombe sur la ceinture est d’une souplesse admirable, et sans nuire à l’ensemble est très-riche de détails. Toute la partie gauche offre une belle chute de plis bien combinés. C’est sans doute pour l’exactitude du costume que l’artiste a marqué la couture qui unit les deux lés ( ockthaiboi) ou les deux parties [ptêrygia, ailes) de la tunique, et qu’on voit au-dessus de la petite houpe du bas de ce vêtement. On remarque au bord du péplus ce froncé qu’on ne trouve qu’aux draperies des statues du meilleur temps de la Grèce. L’égide, ajustée avec élégance au haut de la tunique, lui sert de bordure et n’a pas la forme de manteau qu’on lui voit ordinairement. La chaussure très-simple, composée d’une triple semelle attachée avec deux bandelettes, est du genre de la solea. Les semelles étaient souvent, comme dans les chaussures tyrrhéniennes, faites de plusieurs morceaux de liège, et elles avaient jusqu’à deux pouces et demi de haut; telles étaient celles de Minerve du Partliénon (voy. le Jupiter Olympien de M. Quatremère de Quincy, p. 244). Les cheveux de la déesse sont traités avec goût , bien refouillés, et accompagnent la tête avec grâce. Le casque, sans ornemens, convient à la simplicité du reste du costume. Cette armure des Grecs, surtout dans les anciens monumens , diffère du casque des Romains par sa forme allongée et ovale, par les trous du mètopon ou de la visière, et par la fente qui y est pratiquée. Ces casques se plaçaient sur le derrière de la tête ; lorsqu’on voulait se servir de la visière, qui n’était pas mobile, on ramenait le casque en avant et on le rabattait sur les yeux. Plusieurs bas-reliefs, et surtout des peintures de vases très-anciens présentent des héros ayant la visière baissée de cette manière. Le casque de cette Pallas n’est pas muni de genéiastbres qui se rabattaient sur les joues et servaient de mentonnières; il est aussi dépourvu de cimier. U y en a qui portent jusqu’à quatre aigrettes, et qui, ornés de sphinx, de chevaux ailés, sont surmontés de panaches en plumes ou en crin. Une peinture tirée d’un tombeau de Pestum, et conservée au musée de Naples, offre des casques très-curieux ornés de plusieurs aigrettes. On en trouve aussi de très-beaux dans les peintures des vases. M. le comte de Forbin a rapporté de Milo, pour le Musée royal, un casque en bronze doré. Ces monumens sont très-rares; celui-ci est en bon état et fait partie de la collection de bronzes du musée Charles X. On y voit les trous qui servaient à fixer la doublure ou bonnet de feutre dont le casque était garni. Les artistes trouveront une grande variété de casques
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grecs des plus belles formes dans les médailles de la Grande-Grèce, surtout parmi celles de Vélia.
Quelques parties de cette Pallas paraissent avoir été coloriées.
85 1 A. — Minerve, marbre de Paros, pi. 458. Naples, musée Borbonico, n° 118.
Celte Minerve, l’un des chefs-d’œuvre de l’ancienne collection Farnèse, est certainement une des plus belles que l’on connaisse.
Vêtue d’une longue tunique et d’un ample manteau double, la fille de Jupiter s’appuie de la main gauche sur sa baste, et le geste de sa main droite indique qu’elle va parler.
Sa tête est d’une rare beauté et pleine de dignité. Des boucles de cheveux allongées en spirale encadrent le visage en retombant sur les épaules.
Le casque a pour cimier un sphinx couché entre deux Pégases, symbole de l’imagination, qui convient à la déesse des arts et des œuvres de la pensée. Les deux garde-joues du casque sont relevés et feraient croire que la déesse se repose après quelqu’un de ses exploits.
L’égide, armée de son gorgonium , est entourée de serpens dont les mouvemens sont très-variés, et qui se dressent; il y en a même dans la partie qui recouvre le dos.
Cette statue a subi peu de restaurations; les garde-joues et quelques parties des serpens et des plis du manteau, le bras gauche, au sortir de la manche, et le droit, un peu au-dessous de la saignée, .sont refaits par Albaccini, mais l’exécution en est mauvaise et peu digne de cette belle statue.
II paraîtrait, au reste, ou qu’elle n’a pas été également bien terminée dans toutes ses parties, ou qu’elle n’était pas destinée à être vue isolée et de tous côtés; car la partie de derrière n’est qu’une bonne ébauche, et n’a pas, à beaucoup près, le fini du reste de la statue. [Haut, 8 pal.]
* 852. — Minerve, marbre pentéligae, pl. 320. Musée du Louvre, n° 162.
Le casque a à la visière comme des cornes de bélier. La tunique est d’une étoile très-fine. Une large et double chlamyde, appelée diplax , passe sur la tunique et va, suivant l’usage , se rattacher sur l’épaule droite.
La tête est celle de la statue. Sont modernes l’avant-bras droit (que notre gravure ne donne pas à la même statue sur la planche 462 F) et le pied gauche. [ Haut. 6 pi. 5 po. 6 li. ]
* 853. — Minerve, marbre grec , pl. 32 1 . Musée du Louvre,
La déesse, armée de sa terrible égide, devait tenir une lance à la main.
La tête et les bras sont modernes. [Haut. im,i 16 = 3 pi. 5 po. 3 li.]
STATUES ANTIQUES
854- — Minerve, marbre, pl. 46o. Venise, Bibliothèque Saint-Marc, t. II, pl. 11.
Cette statue est une des plus élégantes représentations de la déesse protectrice des arts. On peut la comparer aux nombreux dessins que nous donnons de statues de cette déesse : aucune autre , ce nous semble , n’est aussi gracieuse , n’offre autant d’aisance. [Haut. 3 pieds.]