Minerve, marbre, pl. 46o. Musée royal de Dresde
Curieuse statue d’ancien style éginétique (voy. le n° 84a B). Elle provient de la collection du prince Chigi , à Rome.
La tête, rapportée, est antique, mais d’une époque moins ancienne que la statue. Le casque, les bras, les pieds sont modernes.
La déesse est vêtue d’une tunique longue qui descend jusqu’aux pieds, et d’un grand péplus à petits plis réguliers : une cyclade du même genre , et plus longue par derrière que sur le devant, est serrée à la taille par une ceinture formée de serpens enlacés. L’égide à tête de Méduse hérissée de serpens, sans écailles, couvre la poitrine et le dos. Les mèches des longs cheveux de la déesse retombent de chaque côté sur l’égide, et une forte touffe descend sur le dos, ainsi qu’on le voit aux anciennes images de Minerve.
Ce que cette grande statue présente de plus remarquable, c’est cette bande divisée en onze compartimens qui orne, du haut en bas, le devant du péplus : elle peut donner une idée d’une partie des ornemens brodés sur l'immense péplus qu’on offrait aux grandes panathénées, à la Minerve du Parthénon. Les ornemens en relief et finement travaillés de cette bande représentent les exploits de la déesse contre les géans. — Leplat, pl. 23; Lipsius, p. 1 6 4 ; Becker, Augusteum. [Haut. 6 pieds.]
856. — Minerve, marbre grec, pl. 46o. Rome, collection Giustiniani, pl. 9.
Par sa parfaite conservation et son beau travail , celte statue peut offrir aux artistes un excellent modèle.
La tête n’est que replacée; deux petites pièces sont rapportées à l’égide et au sommet du casque. Le dessinateur de Rome ne dit rien du bouclier, mais il est évidemment moderne, à en juger par le gorgonium répété, qui est un non sens, et à raison de sa forme recourbée en dehors, particularité inconnue aux anciens, et qui eût rendu ce bouclier d’un usage fort incommode.
La déesse est grande et belle , debout , le côté droit en repos , chaussée de sandales , vêtue d’une seule tunique, les bras nus, le sein large et modérément saillant ; 1 égide est ajustée sur le haut de la poitrine et fait le tour du dos, le casque grec refoule de coté et par derrière la riche chevelure ondulée, le bouclier est porté par le bras gauche, abaissé; la chouette devrait orner le haut du sceptre qu’elle tient à la main droite. [ Haut. 7 pal. 8 on. ]
DE L’EUROPE
85y. — Minerve, marbre grec, pl. 46 1. Rome, Musée Pie- Clémentin, t. III, pl. 12.
Cette Minerve a été découverte à Tivoli, à la villa d’Adrien.
La tête est entièrement antique , mais elle a été retravaillée ; le casque et les cheveux sont assez mal traités. Sont modernes, le nez, la bouche, tout le bras droit avec une portion du sein , le bras gauche à partir du milieu du deltoïde, le bouclier qu’il tient, le pied droit et une bonne partie de la draperie.
Le visage et le cou sont d’un marbre noir tacheté. [Haut. 5 pal. 1 on.]
858. — Minerve, marbre de Paros, pl. 46 1. Rome, Musée Capitolin, pl. 10.
Statue colossale d’une bonne conservation.
Quoique non dépourvue de mérite, elle n’est pourtant pas d’un travail irréprochable. Elle appartient vraisemblablement au second siècle de l’empire.
La tête tient aux épaules.
Sont modernes, les deux mèches de cheveux, la main et le poignet droits, les doigts de la main gauche , l’extrémité du pied droit et une très-petite partie du bouclier; de petites pièces sont rapportées à l’un des serpens de l’égide, au panache du casque et à la calotte à gauche.
La déesse , debout , chaussée , casquée , armée d’égide et de bouclier, s' appuie davantage sur le pied gauche ; sa tunique est retenue par une ceinture ; elle a rejeté le manteau sur ses épaules pour être plus libre de ses mouvemens. Le manteau semble avoir été raccourci par la restauration plutôt que restitué.
Autant la partie supérieure est noble et bien dessinée , autant la partie inférieure est commune et maniérée. On ne comprend pas comment les plis de la tunique sont roides, verticaux et sans mouvement à droite, et ondés et agités à gauche : ce défaut est rendu encore plus choquant par la mutilation moderne du manteau par derrière.
Le casque et le bouclier carré sont romains ; la main droite était probablement armée de la lance. [Haut. i4 pal. u on.]
858 A. — Minerve, marbre pentéligue , pl. 462 A. Rome, Musée Capitolin, pl. 4-
La déesse marche à droite en se retournant: elle est légèrement vêtue d’une tuniques sans manches. L’égide est à écailles et le gorgonium est ailé.
Cette statue fait partie de l’ancienne collection du Musée.
Sont modernes : la tête, le cou, les bras en entier, un doigt du pied droit et quatre du pied gauche.
La draperie flottante est habilement traitée, les formes du corps sont un peu viriles :
ce caractère se rencontre fort souvent chez cette déesse, sans doute parce qu'elle était la personnification de la science unie à la force. [ Haut. 9 pal. 10 on.]
85 8 B. — Minerve, marbre grec, pl. 462 D. Rome, villa Pamphili,
inédite.
La déesse est représentée debout et s’appuyant davantage sur ie pied droit; elle est vêtue seulement d’une tunique talaire, serrée par une ceinture; un casque à visière fort relevée couvre sa tête ; ses cheveux, roulés sur eux-mêmes, retombent sur le cou ; l’égide, doublée d’écailles et écbancrée, défend sa poitrine ; ses bras sont rapprochés du corps : les avants-bras, qui manquent, étaient repliés en avant ; à gauche est un bouclier rond fort petit.
La tète tenant au buste est restaurée au nez et au menton. Sont modernes : une partie du cou et du sein à droite, le bras droit, qui n’est pas entier, et le pied gauche. Manquent l’avant-bras gauche, moitié du bouclier, le pied droit. On ignore si elle était chaussée, et on ne connaît pas le mouvement antique du bras droit.
L’égide n’a point le gorgonium ni les serpens : sa forme et son ajustement sont remarquables.
Si cette statue avait été restaurée avec plus d’intelligence , elle serait encore fort belle ; car ce qui est antique dénote un excellent travail. [ Haut. 7 pal. 10 on.]