Minerve, marbre peut. pl. 468. Musée Chiaramonti
Visconti, pl. 12.
La déesse des arts debout, le côté droit en repos, chaussée de sandales, vêtue d’une tunique sans manches rattachée par une ceinture, est coiffée du casque grec orné de branches d’olivier ; elle abaisse la main gauche entr’ouverte, et tient sur la main droite avancée une chouette.
DE L’EUROPE
La tête, restaurée au nez et au sommet du casque, est antique, mais d’emprunt, suivant mon dessinateur à Rome. Les illustrateurs du Musée Chiaramonti rapportent les autres restitutions et ne disent rien de la tête : est-ce oubli de leur part, ou la croyaientils réellement la sienne, fragmentée et replacée?
Le cou et les bras en entier sont modernes: de petites pièces sont rapportées çà et là à la tunique , et une plus forte l’est à la jambe droite.
Visconti et son collaborateur citent, à propos de cette chouette , une petite Pallas en bronze du musée de Kircher, une pierre gravée delà collection Stosch , p. 65, la Minerve de bronze publiée par Borioni (Coll. ant. rom., pl. 19), et illustrée par Venuti ; enfin des monnaies d’Athènes, des, Égéens, des Cotianéens, où la chouette est constamment sur la main gauche. Les mêmes savans rapportent le passage du Scholiaste, au verset 5 1 4 des Oiseaux d’Aristophane, en ces termes : Minerva autan Archegetis simul noctuam habebat. [ Haut. 7 pal. 6 on. 1/2. ]
885. — Minerve, marbre grec bleuâtre, pl. 468. Musée Pie- Clémentin, Visconti, t. III, pl. 37.
Cette statue fut achetée par Pie VI aux ducs de Tiano, et transportée du palais Ottoboni au Vatican, où elle se trouve placée dans la salle de la Cléopâtre.
La tête n’est pas la sienne, mais est antique.
Sont modernes : le bras droit presqu’en entier, l’avant-bras gauche, les mains, la partie visible du pied droit, trois orteils du gauche et quelques plis. Cette restauration fut dirigée par Visconti lui-même , ainsi que cet illustre antiquaire nous l’apprend.
La déesse est debout; elle s’appuie sur le pied gauche; elle est vêtue d’une tunique à manches, et chaussée de sandales. Le péplus, qui forme des plis ingénieux, couvre les épaules, et s’ajuste autour du corps; il est agrafé sur celle de gauche et descend jusqu’aux genoux. Cette disposition du vêtement est peu commune et digne d’attention.
La main droite, avancée, tient un casque, et la main gauche, abaissée, une branche d’olivier.
Visconti a été dirigé dans sa restauration par la ressemblance qu’il a trouvée entre le mode d’ajustement du péplus dans cette statue et celui de deux Minerves intervenant dans le jugement d’Oreste, l’une du célèbre vase d’argent ciselé par Zopyrus, et l’autre appartenant à un bas-relief de la galerie Giustiniani. Ce péplus était celui qui portait le nom de diplax. II est douteux qu’il ait été exclusivement propre à Minerve, et, dès lors, que la restauration de Visconti soit complètement fondée.
Le jeu des draperies est simple et harmonieux ; les proportions , quoique assez belles , donnent cependant trop d’ampleur dans le sens de la largeur. [Haut. 9 pal. 6 on. ]
a 886. — Pallas, marbre de Luni, pl. 469. Musée Chiaramonti,
inédite.
La conservation de cette statue rachète son peu d’intérêt pour la science et pour l’art. Voici le travail de la restitution.
La tête n’est pas celle de la statue, mais elle est antique; elle est fort jolie, ét vaut à elle seule plus que tout le reste : tout le bras droit, la main comprise, est antique, fragmenté et rajusté.
Sont modernes l’avant-bras gauche et le bouclier; le gorgonium sur le bouclier est un non sens , car on ne le trouve jamais et sur l’égide et sur la parma à la fois.
l8A STATUES ANTIQUES
La déesse, debout, en repos sur le pied gauche, est coiffée du casque grec, vêtue de la tunique rabattue, chaussée de sandales.
La ceinture est haut placée, l’égide est sans serpens et porte le gorgonium.
Minerve abaisse le bras gauche d’aplomb et écarte horizontalement le bras droit , dont la main tient un objet.
Lorsque l’on songe que ce bras est tout antique, et par conséquent que sa position est ce qu’elle était, on est frappé du contraste d’un bras vertical et de l’autre horizontal-, mais cette faute, qui serait impardonnable si la statue n’était pas groupée, ne peut s’expliquer qu’en admettant que ce simulacre a fait partie d’un groupe dont la déesse formait la figure principale ; sans doute elle étendait son bras protecteur sur quelque héros placé à sa gauche. Le héros pouvait être Ulysse, Achille , Hercule même , etc.
Ce groupe fut ou isolé ou relié à une composition plus nombreuse , telle qu’on en connaît sur des frontons de temples. [ Haut. 7 pal. ]
a 887. — Minerve, marbre peut. pl. 46g. Musée du Vatican,
inédite.
La déesse est chaussée de sandales , est vêtue de la tunique sans manches. Le péplus, jeté sur l’épaule gauche, revient par le côté droit et va s’attacher à sa ceinture, à gauche comme au n° 873. Elle a le casque grec, rabattu sur le front , et l’égide , sur laquelle est attaché le gorgonium et qu’entourent des serpens.
La tête est celle de la statue , mais a été séparée. Sont modernes : le cou , les bras en entier , avec une petite partie de la tunique des deux côtés , le bouclier et un pan gauche du péplus. [Haut. 6 pal. 3 on.]
888. — Minerve, marbre de Carrare, pl. 469. Naples, Musée Borbonico, 1. 1, n° 2 65.
La déesse, debout, le casque en tête, sa pique à la main droite élevée, le bouclier au bras droit, abaissé, a les pieds nus, et porte sur la poitrine l’égide entourée de serpens et armée du gorgonium. Un péplus, ouvertsur le côté droit et où l’on voit l’olive ou le gland qui en fait bien tomber les plis, recouvre jusqu’au milieu du corps sa longue tunique talaire.
La tête et les bras sont modernes. Cette statue provient de l’ancienne collection Farnèse. L’Aldroandi, p. a 54, se borne à dire qu’elle est sans tête. C’est la seule Minerve, si c’est bien celle-ci , qu’il cite de la collection Farnèse. [Haut. 5 pi. 7 po. 6 lig. ]
a 888 A. — Minerve , marbre grec, pl. 462 B. Angleterre, collection Coke, inédite.
Statue assez jolie, mais dont la partie droite a subi de nombreuses restaurations.
Minerve, debout, la pique à la main droite, le bouclier à la gauche, est enveloppée d’un manteau à petits plis et serré au corps. Ses demi-manches sont amples et garnies de boutons.
DE L’EUROPE
L’égide, à tête de Méduse et à écailles , se relève autour du cou d’une manière peu ordinaire, et je n’ai pas pu examiner d’assez près cette partie, pour m’assurer si ce n’était pas le fait de la restauration , ce qui est très-probable , ce côté ayant été beaucoup refait.
II doit y avoir aussi une restauration au casque, et je doute que ces têtes de bélier qui s’avancent tant sur le devant de la visière ou Stéphane , soient antiques.
Sont modernes les avant-bras ainsi que le pied gauche et les plis de la robe, qui le recouvrent en partie. [Haut. 4 pi. 9 po. ]
a 888 B. — Minerve à la chouette , marbre de Paros, pl. 462 A. Angleterre, coll. Grey(i), inédite.
L’égide de cette statue est petite, étroite, disposée en écharpe, obliquant de droite à gauche ; elle porte une tête de Méduse entourée de gros serpens qui s’agitent dans tous les sens.
A la manière dont le bord se relève en formant des plis, on voit que cette égide est en peau souple ou en étoffe , tandis que les égides en écailles pouvaient être comme des cottes de mailles en métal et servir de cuirasses.
Une belle tunique longue à plis fins suit avec grâce les contours souples du corps, et ne laisse voir que le bout des pieds, qui sont fort jolis.
On ne peut douter que la tête ne soit rapportée , car elle est d’un autre marbre que la statue; mais elle est antique, fort belle, et d’un grand caractère.
Le bras droit est antique et d’une grande beauté, et certainement la main , longue, effilée, élégante, est la plus belle main antique que je connaisse : il n’y a que de légères lésions aux doigts. La petite chouette que porte la main droite est fort curieuse; entièrement antique, elle tient à la main par de petits tenons, qui la détachent dans quelques parties. Voir au n° 8i4le même attribut ainsi placé.
Le bras gauche est moderne à partir de l’épaule. Le manteau diplax, bienajusté, offre de beaux partis de plis sur la gauche.
La tunique, à larges ouvertures, laisse le bras droit entièrement à découvert.
De tous les côtés, cette statue est remarquable. C’est bien la déesse vierge , Parthcnos , la fille de Jupiter dans toute sa sévère et élégante dignité. [Haut. 5 pi. 6 po.]
888 C. — Minerve, marbre, pl. 462 B. Angleterre, collection
Carlisle.
Cette Minerve a de moderne la tête et le bras droit à partir de la draperie ; la restauration était suffisamment indiquée par la partie antique.
Son péplus , qui couvre le bras gauche , revient par derrière sur le devant du corps , qu’il enveloppe depuis la poitrine jusqu’aux genoux. La main gauche le retient derrière le dos, disposition qui se retrouve dans les six Minerves 867, 872, 879, 894, 898 et 900.
(1) Jadis collection Weddel, et depuis, prendre toutes les notes dont j’avais besoin. Grantbam, à Newby, dans le Yorkshire, Ce que l’on trouve sur la belle résidence lune des meilleures collections de l’Angle- de Newby, dans le Guide de Rippon, est terre et oh l’on reçoit le plus aimable ac- peu de chose, cueil. Aussi ai-je pu tout à mon aise y
1 86 STATUES ANTIQUES
Son bras droit est levé et tient une lance, ce qui se voit à trois de ces Minerves (867, 879 et 898). [Haut. 5 pi.]
a 888 D. — Minerve, marbre grec , pl 462 D. Naples, musée
Borbonico, n° 82.
Statue de travail grec, provenant de la collection Farnèse.
La déesse porte ses regards vers sa droite, laissant pendre le bras de ce côté, et élevant le bras gauche comme pour soutenir une lance.
La tête n’est pas la sienne, mais est antique. Les deux bras sont modernes depuis les deltoïdes. La déesse appuyait la main droite sur un bouclier; à côté de ce bouclier, était placé un serpent dont on voit encore un reste. Cet indice a été négligé par le restaurateur moderne, qui n’a point rendu à Minerve son arme défensive. La fraction de la lance qui reposait près du pied de la déesse eût dû cependant attirer son attention. [Haut. 10 pal.]
888 E. — Minerve et Erichthonius, marbre grec, pl. 462 C.
Berlin.
Cette statue représente Minerve portant sur son sein le jeune fils de Vulcain et de la Terre, qu’elle s’apprête à confier aux filles de Cécrops.
Cette statue, dont les draperies font à peu près tout le mérite, a subi de nombreuses restaurations. La tête, le cou jusqu’au bord du vêtement, le bras droit à partir de l’épaule, qui indiquait bien au reste la direction que lui a imprimée le restaurateur, le côté droitde l’égide, la tête de Méduse, l’avant-bras droit et celui de gauche, enfin les cuisses, les bras et la partie supérieure d’Erichthonius sont modernes. — Gerhard, Berlin s Antihe Bildwerk. p. 3i , n° 4. [Haut. 5 pi. 6 po. prus.]