‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 403 sur 436 · Minerve, marbre grec, pl. 474- Rome, collection · texte numérisé non relu

Minerve, marbre grec, pl. 474- Rome, collection

Giustiniani, pl. 7.

Nous n’avons pas les restaurations de cette figure, dont cependant les parties fragiles n’étaient pas compromises. L’absence de ceinture et d’égide, et la disposition du péplus, font douter que ce soit une Minerve; la tête, le globe et la forme du casque rappellent la déesse Rome.

a 893. — Minerve, marbre cipolin, pl. 470. Rome, collection

Pacetti, inédite.

Cette statue, d’un travail très-médiocre et de très-bas temps, a de moderne le bras droit à partir de la draperie, et le bras gauche avec partie de la draperie. La tête n’est pas la sienne, mais elle est antique, et a été restaurée vers l’année 600 de notre ère.

1 88 STATUES ANTIQUES

Son péplus entoure deux fois le corps au-dessous de la taille , ce que l’on peut remarquer aussi à notre Pallas de Velletri (1). [Haut. 6 pal. 8 on. ]

a 894. — Minerve, marbre de Carrare, pl. 470. Rome, coll. Vescovali, inédite.

Cette statue de Minerve guerrière est d’une exécution vigoureuse et d’un mouvement bien senti. Les parties restaurées sont peu nombreuses : ce sont le nez, le sphinx qui surmonte le casque, le bras droit à partir de la naissance du deltoïde deux doigts du pied gauche.

La tête est antique, mais n’appartient pas à la statue. La lance est de bois.

Ce beau morceau , de marbre de Carrare et de travail romain , a été trouvé au mont Palatin, en 1821. [Haut. 7 pal.]

a 8g5. — Minerve, marbre grec, pl. 470. Russie, collection Demidoff, inédite.

Cette statue appartenait à M. Vescovali; elle fut vendue à la famille Falconieri, d’où elle est passée dans la collection Demidoff.

Les parties restaurées sont nombreuses : ce sont le casque en entier, le bras droit à partir de la moitié du biceps, la main comprise; le bras gauche à partir du deltoïde, les doigts du pied gauche. La lance est de bois.

La tête est antique, mais elle n’appartient pas à la statue. [Haut. 9 pal. 1/2 on.]

a 896. — Minerve, marbre grec, pl. 470. Rome, Vatican.

Cette Minerve, debout, vêtue de l’égide, a été trouvée sur le territoire de l’ancienne Veies, en 1811, par M. Georgi, hors de la porte du Peuple; elle a été acquise parle Vatican; elle est aujourd’hui en magasin.

La tête est antique, mais n’appartient pas à la statue. La planche montre qu’elle n’a pas subi de restaurations, et qu’on l’a laissée dans l’état où elle a été découverte. [Haut. 3 pal. 9 on. 1/2.]

897. — Minerve, bronze, pl. 471. Londres, Musée britannique, Specimens, pl. i3.

Cette statue représente la Minerve Pallas, qui darde sa lance sur ses ennemis. Le bouclier, qu’elle tenait de la main gauche, a disparu ; il n’en subsiste plus que la courroie. [Haut. 7 po. 6 li.]

(1) Pl. 320. — En nous envoyant ce dessin, on nous a fait savoir que la statue venait d’être vendue à un étranger, M. Demidoff.

DE L’EUROPE. 1 89

a 898. — Minerve, marbre de Carrare, pl. 471- Munich, Glyptothèque , n° 92.

Cette statue provient de la villa Albani.

Elle a subi de nombreuses réparations. La tête, en marbre de Paros, ne lui appartient pas. Sont modernes : le cou, le bras droit, la lance , les pieds avec la partie de la tunique qui les sépare. [ Haut. 7 pi. allemands 8 po. 1/2.]

a 898 A. — Minerve pacifique, marbre grec, pl. 472. Rome, musée Chiaramonti, inédite.

Cette statue, autrefois au musée Pie-Clémentin (t. I, pl. 1), a les plus grands rapports de pose et de costume avec celle du musée du Louvre, n°83g, pl. 3 1 g, etcomme elle, ainsi que le pense Visconti, ce pourrait être une Minerve pacifique, à laquelle, en la restaurant, on aurait dû faire tenir à la main une branche d’olivier, qui aurait mieux convenu qu’une pique à son caractère de douceur. La tête est antique, mais rapportée , et l’on pourrait trouver que le casque, trop en arrière, ne la coiffe pas d’une manière agréable. Quoique d’un style et d’une exécution recommandables, le péplus et le reste du vêtement n’offrent pas une disposition aussi bien entendue que celle de la statue du Musée. Ce qui reste de l’épaule droite montre que les bras étaient entièrement nus. Sont modernes : le bras droit, depuis la fin du deltoïde; le gauche, depuis l’aisselle; le bouclier, le bas de la robe et les pieds. [Haut. 6 pal. 8 on.]

898 B. — Minerve, marbre de Paros, pl. 472. Rome, villa

Albani.

Statue trouvée à la villa Adriana , à Tivoli. Elle est de bonne manière et d’une exécution parfaite; elle est remarquable, en outre, par la coiffure, les vêtemens et la disposition de l’égide.

La tête est la sienne ; la coiffure est faite de la peau d’une tête de lion , ce que nous signalons pour le cas où notre gravure ne l’indiquerait pas suffisamment. Le nez est moderne.

Sont modernes, en outre, le bras droit depuis le saillant de l’épaule, ce qui comprend partie de l’égide et la tunique ; l’avant-bras gauche , le pli qui descend le long de la jambe droite, le pied gauche avec la draperie qui le couvre, enfin le contour de la plinthe. Plusieurs tasseaux. [ Haut. 8 pal. 7 on. ]

898 C. — Minerve, marbre de Paros, pl. 472. Angleterre, musée d’Oxford, Marm. Oxon. pl. 2.

Cette Minerve colossale, vêtue, comme à l’ordinaire, de la tunique longue, du péplus et de l’égide à écailles et à tête de Méduse, n’offre rien de particulier;

igO STATUES ANTIQUES

mais j’y ai remarqué la finesse du travail de la tête de Méduse, ailée, bien ajustée, et la manière dont elle fait partie du péplus, et est serrée par la ceinture.

La tête et les deux bras sont restaurés, le gauche ne l’est pas d’une manière heureuse. Cette statue, courte de proportion et d’une exécution très-lourde, a fait partie de la collection léguée aux écoles d’Oxford par lady Pomfret. [Haut. 8 pi. 10 p. 9 lig. ]

898D. — Minerve, marbre, pl. 472. Boissard, part, iv, pl. 62.

Cette Minerve se trouvait, quand Boissard la vit, dans la maison de Titus Celse. Sur la base on lit le mot kOrjva. Si cette inscription était antique, elle rendrait vraisemblable que la statue appartenait d’abord à une ville grecque, puis aurait été apportée à Rome, d’où résulterait, avec une presque complète certitude, que c’était une œuvre de mérite.

La composition vient , au reste, à l’appui de cette opinion : au-dessus de la tunique longue qui lui couvre presque entièrement les pieds, la déesse porte une seconde tunique, qui descend à mi-jambe; son péplus, d’une ampleur unique , la couvre à peu près en entier. Ce vêtement , fixé sur chaque épaule de manière à entourer entièrement le cou , retombe en larges plis de tous côtés, en couvrant jusqu’aux avant-bras. L’égide est représentée par un baudrier couvert d’écailles.

Le casque paraît fait de la peau d’un lion , dont la face est représentée sur la visière; l’aigrette est de plumes d’autruche ; le cimier est orné d’un rang de grosses perles.

Le visage de la déesse est celui d’une jeune fille.

a 899. — Minerve pacifique, pl. 471- Rome, collection Vescovali, inédite.

Cette statue a été trouvée à la villa Patrizi, sur la route de Nomeiitum; elle fut ensuite cédée à Vescovali.

La tête, ornée d’un diadème, n’est pas la sienne, mais est antique; les bras sont en entier modernes; tout le reste est antique et de la meilleure conservation.

Quoique la restauration ait fait de cette statue une Pallas , on ne saurait assurer que tel était le sujet qu’elle représentait originairement. M. Fossati pense que c’était l’image d’une Spartiate, et il regarde comme parfaitement convenable l’idée du sculpteur moderne qui a placé un casque et une branche dans ses mains ; c’est , à son avis , un symbole destiné à indiquer que le mari ou le frère de cette femme n’avait pas perdu ses armes. Le même antiquaire croit reconnaître dans la tunique rabattue et sans manches la %t8œv Çavepopijpts des femmes Spartiates.

On remarque ici, comme à plusieurs statues indiquées pour des Gérés, n" 790 , une cuirasse ou bandelettes en écharpe.

Cette statue est d’une composition extrêmement simple. Les formes du nu sont d’une grande pureté ; le jeu de la draperie se marie agréablement au baudrier. [ Haut. 6 pal. 6 on. ]

DE L’EUROPE

899 A. — Minerve, marbre grec, pl. 473. Angleterre , coll. Blundell, pl. 1.

Cette statue, d’une sculpture médiocre, mais d’un ensemble satisfaisant, mériterait d’attirer l’attention, si elle avait toujours tenu cette chouette à la main droite, mais elle ne doit cette particularité curieuse qu’au sculpteur, qui a restauré tout l'avant-bras; et, en fait de statue, il n’y a jusqu’à présent que la Minerve de la collection de lord Grey à Newby (888 B. pl. 462 A.) qui offre, d’une manière qui me semble authentique , cet attribut de la déesse du Parthénon.

Du reste, dans sa pose et son costume, cette Minerve ne présente rien de particulier. Le péplus ouvert sur le côté droit est très-long par derrière.

Nous venons de voir que l’avant-bras droit était restauré, le gauche l’est aussi un peu au-dessous de la saignée, et il y a quelques retouches dans les draperies.

Trouvée à Ostie, elle fit partie de la collection du palais Lante à Rome, et ensuite de celle de Thomas Jenkins, d’où elle passa dans la collection de M. Blundell, à Ince , près de Liverpool. [Haut. 5 pi.]

899 B. — Minerve, marbre de Paros, pl. 473. Angleterre, coll. Blundell, pl. 8.

Ii y a peu de différence entre l’altitude de cette Minerve et celle de la précédente, elle pose seulement plus carrément; l’égide, sans tête de Méduse et à écailles , est fixée sur l’épaule droite par une agrafe , et passe en écharpe de la droite au flanc gauche ; le péplus se drape par le bas d’une façon moins roide et plus pittoresque, et en général les draperies sont d’un bon travail.

Cette statue est d’une moins bonne conservation que celle qui la précède. La tête, rapportée, est en grande partie moderne; le bras gauche au-dessous du deltoïde, le bouclier, et tout le bras droit avec une partie de l’épaule le sont aussi, ainsi que le bas de la statue à partir du milieu des jambes.

Venue du palais Negroni à Rome, elle a, selon le catalogue Blundell, appartenu au pape Sixte-Quint. [Haut. 6 pi.]

899 C. — Minerve, marbre grec , pl. 473. Collection Blundell,

pl. i3.

Minerve est debout, appuyée de 3 a main droite sur son long sceptre, posant la main gauche sur la hanche, et enveloppée de son manteau , qui laisse voir une partie de l’égide, couverte d’écailles et bordée de serpens. Elle s’annonce bien par son attitude ferme et noble; l’exécution est même assez soignée. Mais cet ensemble est défiguré par une tête moderne détestable. Du reste, elle est. bien conservée, et il ne lui manquait que le bras droit en entier. Elle était autrefois à la villa Mattéi, à Rome. [Haut. 4 pi- 10 po. ]

STATUES ANTIQUES

899 D. — Minerve, torse; marbre pent. pl. 4y3. Collection Blundell, pl. 38.

Torse d’ancien style, ou en étant imité dans la partie drapée.

On a ajouté une tête de marbre de Paros sur le corps de marbre pentélique, des bras et des jambes, et, d’un grand fragment remarquable, on a fait une statue qui ne l’est que par sa taille colossale.

J’ai cru pouvoir la débarrasser de ce qui choquait la vue, et la présenter telle que le temps nous l’a transmise.

La manière dont la grande égide à écailles, couvrant le milieu du corps, est serrée par une ceinture en peau de lion , qui en a conservé la tête et les pattes, est très-curieuse, La tète de Méduse l'est aussi par sa grandeur, qui occupe presque toute la largeur de l’égide. On peut remarquer, à cette tête échevelée entremêlée de serpens, cette longue langue qui sort de la bouche. On la voit ainsi au gorgonium, dans des bas-reliefs trèsancieus, et surtout sur des vases peints.

Rien ne manque donc à cette égide et au costume guerrier de Minerve. D’après un certain goût d’ajustement et une sorte de régularité singulière dans la disposition de toutes ses parties, non-seulement je suis porté à ne pas regarder comme fort ancienne cette imitation partielle de l’ancien style, mais même à croire qu’elle est en grande partie à un travail moderne ou du xvie siècle.

Ce torse, avant d’être à la collection Blundell, a appartenu à celle de lord Cowdor. [Haut. 4 pi.]

899 E. — Minerve, marbre, pl. 474 A. Angleterre, musée d’Oxford, Marna. Oxon. pl. 3.

La gravure des Marmora Oxoniensia donne cette statue privée du bras droit, mais avec une tête non casquée, et ceinte du creàemnon, comme le fait notre gravure.

On reconnaît tout de suite Minerve dans une attitude semblable à celle d’une autre Minerve d’Oxford , que nous donnons, d’après Cavaceppi, sous le n° 900, pl. 471. (Voyez aussi 888 C, pl. 462 B.)

Nous ne connaissons pas d’autre Minerve représentée avec l’égide et sans casque. [ Haut. 5 pi. 6 po. ]

900. — Minerve, marbre grec , pl. 471. Angleterre, musée d’Oxford, Marm. Oxon. pl. 18.

Par sa pose et par la manière dont cette statue est drapée, elle a de grands rapports avec plusieurs des Minerves que nous avons déjà vues : celles de la collection Giusliniani (867, pl. 464), de Florence (879, pl. 467), de la collection Carlisle à Castel Howard (888 C. pl. 462 B.), de la collection Vescovali (894, pl. 470), surtout celle de la collection Blundell (899 C. pl. 473); enfin, le bronze de Florence (872, p. 466).

DE L’EUROPE

Ces statues doivent être des copies du même original, avec quelques modifications, et divers degrés de mérite dans l’exécution. On a laissé paraître plus ou moins l’égide, et, en faisant poser une des mains sur la hanche, on a placé l’autre en avant, ou on l’a tenue élevée. Ces statues, destinées au commerce, se faisaient sans doute en fabrique; on copiait librement, et on se bornait à quelques légers cbangemens. U y en a de beaucoup supérieures aux autres, comme cela arrive dans toutes les répétitions et lorsque le copiste n’a pas tenu à une exactitude mathématique; mais on ne peut pas les considérer comme des œuvres originales de bons maîtres. Cette Minerve d’Oxford, quoique restaurée par Cavaceppi, ou peut-être parce qu’elle l’a été, est certainement inférieure à celle de Blundell, pl. 473, dont elle ne diffère, pour ainsi dire, que par le travail de la cuirasse ; car à la statue d’Oxford on ne s’était pas donné la peine de la couvrir d’écailles. La pose est aussi beaucoup plus roide, ainsi que les draperies; et, en tout, ce ne sont, l’une et l’autre, que de très-médiocres sculptures. [ Haut. 5 pi. 6 po.]

901. — Pallas, marbre grec, pl. 458. Rome , villa Albani. Cavaceppi, t. I, n° 1.

Nous croyons reconnaître ici la Minerve Polymétis ou Agoræa, adressant des conseils aux habitans de quelques-unes des villes placées sous sa garde.

Elle est vêtue de la tunique Spartiate, armée de l’égide et coiffée du casque; elle s’appuie sur une lance, et le geste de sa main droite indique quelle parle.

Cette statue est de beau style et d’un air grandiose, les draperies sont habilement traitées. Le casque a pour cimier un sphinx et deux chevaux ailés, comme au n° 85 x A. Ce casque ne paraît point antique.

a 902. — Pallas, albâtre, pl. 462 C. Rome, villa Albani.

Le nom de Pallas donné à cette petite statue, l’a été sans doute à raison de ce qu’on y a vu une reproduction du Palladium.

La tête, les mains et les pieds' sont en bronze, et paraissent antiques.

Sont modernes : les bras depuis la draperie, un fragment de la plinthe à gauche, quelques tasseaux sur la tunique, et un tasseau sur la joue droite. Les yeux sont troués. [Haut 3 pal.]

a 902 A. — Pallas, marbre de Carrare, pl. 474 A. Musée royal de Madrid, inédite.

Statue d’une belle conservation, si l’on s’en rapporte à notre examinateur, qui ne nous a indiqué aucune restauration. Ainsi, elle serait seulement privée des doigts de chaque main, qui sont cassés au milieu; de plus, absence du bouclier, que l’on doit supposer s’être trouvé sous sa main gauche.

On remarquera que la figure a le cou excessivement long, à tel point que l’on doit supposer une restauration peu rigoureuse et une tête qui n’appartenait pas à la statue; moyennant celte supposition, on ne trouvera plus à la partie antique cette roideur qui, sur notre gravure, frappe au premier coup d’œil.

ig4

Notre Pallas est très-semblable à une autre encore plus petite du musée de Dresde (862, pl. 462); comme à celle-ci, le bouclier paraît être descendu jusqu’à terre. Le péplus est tout entier derrière le dos. [Haut. 3 pi. 5 po.]

Ago3. — Minerve voilée, marbre grec, pl. 467. Rome, villa

Albani.

Nous donnons le nom de Minerve à cette statue, de moins de trois palmes, enveloppée d’un voile depuis la tête jusqu’aux genoux.

Elle n’a de moderne que le bras droit à partir de l’épaule, restauration bien déterminée par la partie antique. La tête, quoique rapportée, est bien la sienne.

Ce peut être une image du Palladium, qui, conservé dans le temple de Vesta, était probablement recouvert d’un voile. [Haut. 2 pal. 7 on.]

Apollon et les Muses.

Apollon est l’un des grands dieux de la Grèce, l’un de ceux dont la physionomie est le plus essentiellement hellénique. Sans doute qu’au fond de la conception enfantée parle génie grec, il se trouvait quelques traits empruntés aux divinités solaires de l’Asie. Les populations de l’Ionie, venues des plateaux de la Baclriane et de la Perse, apportèrent dans le pays des Pélasges des croyances empreintes des idées qui donnèrent naissance chez les Aryas au culte d’Indra, chez les Sémites à celui de Baal-Adonaï. Mais, une fois transporté en Grèce, le type du dieu solaire y revêtit promptement des formes toutes nationales, quoique, dans les mythes dont il fut l’objet, on découvre souvent des traces des origines orientales de son culte, qui vinrent se grossir, plus tard, d’une foule d’emprunts faits aux religions de l’Asie.

Apollon est la divinisation du soleil, de la lumière, de la force qui vivifie la nature, de la beauté. L’astre du jour, considéré comme la source de tous ces dons, se personnifie en lui; il en est le symbole vivant et animé.

Comme dieu du soleil, Apollon reçoit l’épithète de Phœbus, c’est-à-dire de brillant, de lumineux. Le surnom de Lycien, emprunté au radical lux, lumière, est dérivé de la même idée. Son char, qui rappelle celui que les Védas donnent à Indra, est l’image de sa course journalière dans les cieux. Les flèches que lance le dieu sont les emblèmes des rayons du soleil. C’est avec ces flèches qu’il frappe les hommes de maladies , attendu que l’action brûlante du soleil donne parfois naissance à des contagions. Mais Apollon est aussi celui qui guérit les hommes, parce que le malade puise dans l’air que le soleil échauffe, qu’il épure de ses feux , et les forces et la vie. Dans ce sens, il est le dieu qui éloigne les maux, Alexicacos , Apotropxos , le dieu sauveur, celui qui rend la santé, Acesios , Acestor, Epicourios , latromantis.

Personnification des forces bienfaisantes , il combat les principes malfaisans répandus sur la terre, il en triomphe : victoire que représente, sous le voile du symbole, sa lutte contre le serpent Python.

DE L’EUROPE

C’est à Apollon que les Grecs rapportaient toutes les clartés qui illuminent l’esprit humain. La personnification de la lumière opérée en lui a conduit tout naturellement à en faire le dieu des lumières morales et intellectuelles. A ce titre, il est le dieu de l’inspiration prophétique et de l’inspiration poétique, intimement liées à l’origine et comprises sous le nom de pavreiâ, vaticinium. Il préside aux arts, à la musique, à l’éloquence, aux oracles.

Adoré par les Grecs comme la divinité par excellence, lorsque les tribus helléniques vivaient encore à l’état pastoral, Apollon a conservé, pour cette raison , les caractères de dieu berger, de divinité champêtre.

Comme tous les dieux grecs, ses formes se diversifient sans cesse, ses traits changent, se métamorphosent dans chaque lieu et pour chaque peuplade; mais , à travers toutes ces modifications , dues à la souplesse , à la fécondité du génie hellénique, il conserve sans cesse son caractère essentiel, celui de la jeunesse, de la force, de la noblesse et de la beauté, que l’art a rendu dans maints chefs-d’œuvre, et qui le fait toujours reconnaître, malgré la variété de ses attributs.

C’est qu’en effet c’était avec ces caractères que le soleil s’offrait constamment aux Hellènes, sous quelque aspect qu’ils le considérassent d’ailleurs. Sous le magnifique ciel de la Grèce, l’astre du jour répand dans la nature cette beauté, cette jeunesse, cette vigueur de tons, cette fraîcheur de coloris que le ciseau antique a symbolisées dans cette admirable figure de l’Apollon du Belvédère. Le soleil de la Grèce échauffe sans brûler comme sans énerver.

Qu’on oppose Apollon à un autre dieu solaire, dont la conception, venue plus tardivement de l’Asie, était, empreinte davantage des caractères d’un autre ciel; qu’on le compare à Dionysos ou Bacchus : comme l’artiste ancien avait bien fait passer dans cette seconde conception le caractère d’un autre soleil. Chez le dieu qui personnifie le soleil énervant de l’Asie, tout est mou, tout est efféminé. Ses formes sont belles, mais elles respirent une langueur nonchalante qui contraste avec la mâle énergie des formes de l’Apollon. Bacchus inspire la volupté, Apollon l’admiration. L’un appelle au repos et à la mollesse, l’autre commande l’ardeur et l’activité. Chez le dieu fils de Latone , c’est un feu vif qui circule dans ses veines, qui soulève ses muscles, qui brille sur son front; chez celui de Sémélé, c’est une flamme secrète qui consume sans échauffer.

Apollon est fils de Latone, la déesse qui personnifie les ténèbres primitives, la nuit primordiale, qui , dans toutes les théogonies de l’Asie, donne naissance à l’astre lumineux.

Comme dieu de l’inspiration, Apollon conduit le chœur des Muses, divinisations des différens dons de l’intelligence, des diverses formes de l’inspiration artistique, dont Phœbus est le véritable auteur.

En Italie , les colonies grecques , et peut-être les Pélasges , venus par le nord de l’Adriatique , apportèrent le culte d’Apollon , qui fut adoré des Etrusques sous le nom d'Apul, d'Aplu. 11 conserva dans ce pays les traits et les attributs qui lui appartenaient dans la Grèce, et, lorsque Rome entra dans une relation plus intime avec ce pays, le culte des deux Apollons hellénique et italique se confondit complètement. Quant aux Muses, les Grecs en firent connaître

STATUES ANTIQUES

l’existence aux Romains à une époque plus récente; elles n’eurent jamais chez ceux-ci qu’une existence empruntée, et elles conservèrent constamment chez eux la physionomie qu’elles devaient à leur origine essentiellement grecque.

904. — Apollon jeune, marbre, pi. 476. Angleterre, musée Worsley.

Cette statue a paru à Richard Worsley difficile à caractériser. Cet archéologue était porté à y voir un Génie. Nous avons cru y reconnaître un Apollon jeune.

Worsley fait remarquer que le Génie du peuple romain, que nous offrent si souvent les médailles, est toujours, comme notre statue, un adulte demi-nu, portant une petite chlamyde qui couvre à peine les épaules.

Mais ce Génie tient une haste de la main droite et une corne d’abondance dans la main gauche. Notre statue a à la main droite un fragment d’arc, ce qui indique un Apollon ou un Amour.

La chlamyde et l’absence d’ailes nous font opter pour un Apollon jeune.

*9<d5 — Apollon Sauroctone, marbre de Paros, pl. 268, musée du Louvre, n° 19.

Praxitèle avait exécuté en bronze un Apollon jeune lançant de près une flèche contre un lézard rampant. Le nom de Sauroctone ou tueur de lézard, qu’on donna, suivant Pline, à la statue, en exprimait l’action. Pline (liv. 34- 19) nous en donne la description en quelques mots : Praxileles fecit et pulerem Apollinem subrepenti lacertœ cominus sagiltâ insidiantem , quem Sauroclona vocant. (Voy. sur l’Apollon Sauroctone. Revue archéologique, tom. VI, p. 81 , sq. un mémoire de M. Ad. Duchalais.)

Plusieurs imitations de cet ouvrage célèbre sont parvenues jusqu’à nous. (Voyez les numéros suivants.)

La tête de cette statue n’est pas la sienne, mais est antique et bien conservée. Sont modernes : la moitié de l’avant-bras droit et la main droite, les doigts de la gauche et la tête du lézard.

Les genoux et les jambes sont d’un bon modèle, et remplis de finesse et d’abandon; le corps, d’une grande souplesse, brille de grâce et de jeunesse. [ Haut. 1 m 4g3 = 4 pi- 7 po. 2 li.j

9o5 A. — Apollon Sauroctone, pl. 475. Rome, Musée Pie-CIémentin, t. I, pl. i3.

Statue trouvée parmi les ruines du mont Palatin , dans la villa Magnani.

Le dieu est dans sa première jeunesse; il est entièrement nu, debout et en repos sur le pied droit; il se penche en avant, et s’appuie de l’avant-bras gauche sur un tronc d’arbre, s’apprêtant à percer d’un dard, qu’il tient à la main droite, un lézard qui grimpe sur ce tronc. Le diadème du dieu est recouvert à moitié par la chevelure.

Visconti, dans l’explication de ce monument, rapporte en outre que notre statue fut trouvée avec un pendant du même sujet, mais beaucoup plus endommagé, et il ne dit pas où celui-ci était de son temps.

Cet Apollon est fort endommagé; sa tête est mutilée, et a été replacée; l’avant-bras et la main droite, l’avant-carpe gauche et les doigts de l’autre main , une partie de la cuisse droite, les jambes et le pied gauche sont modernes; le bras gauche a une forte pièce rapportée; l’arbre est antique, moins un petit bout en haut et un segment en bas, qui s’étend jusqu’à la moitié du lézard. [Haut. 7 pal. 7 on.]

9o5 B. — Apollon Sauroctone, marbre grec, pl. 476 B. Angleterre, coll. Biundell, pl. 36.

Cette statue a été trouvée par J. Hamilton , et achetée par Rob. Heathcote. La tête est celle de la statue. Sont modernes , le nez, le bras gauche près de l’épaule, le bras droit à quelques centimètres au-dessus du poignet, la cuisse droite fracturée par le milieu, le pied et le bas de la jambe, à quatre pouces des malléoles, la moitié delà cuisse gauche, la jambé et le pied, enfin l’arbre.

Le torse est plein de souplesse et de grâce; la tête, d’une fort jolie expression. Le marbre a été retravaillé ou frotté. [Haut. 4 pi. 6 po.]

a go5 G. — Apollon Sauroctone, marbre de Paros, pl. 476 B. Londres, coll. Hope, inédit.

La tête de cette statue n’est pas la sienne, mais elle est antique et fort jolie. Sont modernes les deux bras à partir de l’épaule , les jambes , le tronc d’arbre et le serpent. [Haut. 5 pi.]

a 905 D. — Apollon Sauroctone, marbre, pl. 476 B. Londres, coll. Landsdowne, inédit.

Il n’y a guère d’antique dans cette statue que le torse, qui est rempli de morbidesse et d’élégance. Les chairs annoncent la jeunesse.

Le sculpteur moderne en a fait un Sauroctone ; les restes d’un tronc cl’arbre, le mouvement de la cuisse droite, qui est antique, semblent en effet annoncer que telle était son attitude originaire.

La tête n’est pas la sienne, mais elle est antique. Le bras droit est restauré au-dessus de l’épaule. [Haut. 4 pi- 6 p.]

905 E. — Apollon Sauroctone, bronze, pl. 486 A. Rome, villa Albani, Winckelmann, Mon. inéd. t. I, pl. 4o.

Cette fois nous avons un Sauroctone d’excellente conservation. En effet, cette statue en bronze n'a de moderne que la moitié antérieure du pied droit.

STATUES ANTIQUES

Le tronc d'arbre est moderne : mais il n’était pas nécessaire pour motiver la restauration en Sauroctone : l’altitude de la figure suffisait.

Ce tronc d’arbre est tout en bronze et a de petits tasseaux. [Haut. 4 pal. 1 on.]

906. — Apollon du Belvédère, marbre grec (1), pl. kg 5. Rome, musée Pie-Clémentin.

Cette statue fut trouvée à Capo d’Anzio et acquise par le pape Jules II. Nous nous bornerons à en faire connaître les restaurations.

Ce chef-d’œuvre de la statuaire antique est trop connu, il a été l’objet de trop de travaux, pour que nous devions nous étendre sur lui.

La tête est totalement antique. Les parties modernes sont la main gauche à partir du poignet, les doigts de la main droite qui sont en plâtre, la moitié çlu pouce du pied gauche et l’extrémité du pied droit. Il y a un petit fragment moderne à la malléole du pied droit. L’extrémité supérieure du tronc d’arbre - est également moderne. [Haut, g pal. 8 on.]

a 906 A. — Apollon, marbre, pi. 476 A. Londres, collection Lansdowne, vestibule; inédit.

Apollon est représenté venant de décocher une flèche.

La tête n’est pas la sienne , mais est antique : elle a subi quelque restauration. Sont modernes, le bras droit depuis le biceps et le gauche depuis la clilamyde ; la cuisse droite a été fracturée au genou , et la jambe gauche dans le bas.

N’était la détestable restauration des bras, cette statue serait assez jolie. Le torse et les cuisses sont élégans et bien modelés.

Le tronc d’arbre est antique , bien que le carquois soit moderne.

Le marbre a été frotté en plusieurs endroits. [Haut. 4 pi- 8 po. ]

a 906 B. — Apollon Pythien, marbre salin à gros grains, pl. 476 A. Angleterre, coll. Smith-Barry.

Le tête n’est pas la sienne, mais est antique; toutefois, elle a de moderne le bas du visage à gauche et le cou du même côté. Sont encore modernes , le bras

sonnes, originaires de Carrare , déclarèrent avoir une connaissance complète aussi bien du marbre grec que de celui de leur ville natale , et en connaître les différentes variétés. D’après ces notions, elles affirmèrent que l’Apollon du Belvédère n’était pas et ne pouvait pas être de marbre de Carrare, et qu’il était positivement de marbre grec.

Le notaire dressa acte de cesdéclarations. Le texte de cet acte en latin se trouve à la fin du premier volume du Museo Pio- Clementino.

(1) On n’a pas toujours été d’accord sur la nature du marbre de l’Apollon du Belvédère, on a cru assez communément que c’était du marbre de Carrare.

En 1783 a eu lieu à ce sujet une sorte d’expertise, qui paraît avoir été provoquée par les auteurs du Museo Pio-Clementino.

Le 29 janvier comparurent devant un notaire de Rome, le sieur Franzoni, professeur de sculpture à Rome, et les sieurs Berti et Marcbiti, directeurs des exploitations des marbres de Carrare. Ces trois per-

DE L’EUROPE

droit à partir du deltoïde , le bras gauche depuis le biceps , les deux jambes depuis la rotule, le tronc d’arbre, le serpent et le carquois. [Haut. 4 pi- 6 po.]

906 C. — Apollon, marbre, pl. 476 A. — Londres, coll.

Lansdowne.

Sont modernes dans cette statue : le nez, le bras droit depuis le biceps, les doigts de la main gauche, la cuisse droite depuis l’aisne, jambe et pied compris, et la cuisse gauche depuis le milieu.

Les attributs sont modernes , et nous avons bien de la peine à admettre la tête comme antique, à raison de l’énorme couronne de laurier qu’elle porte.

a 906 D. — Apollon, marbre grec, pl. 476 B. Angleterre, coll. Grey, à Newby, inédit.

Ici Apollon croise les jambes et tient la main droite derrière le dos. 11 s’appuie du bras gauche sur un tronc d’arbre. Sont modernes : le tronc d’arbre jusqu’à sept pouces de la base, partie de la jambe gauche et le nez. Ce marbre a été retouché. Le pied droit est fracturé en plusieurs endroits , mais antique. Le corps a été fracturé par le milieu, obliquement, en descendant de droite à gauche.

La pose est jolie; la tête est rapportée; elle paraît toutefois appartenir à cette statue; les deux bras sont restaurés près de l’épaule. [Haut. 3 pi. îopo. ]

906 E. — Apollon, marbre, pl. 476 C. Rome, coll. Mattéi,

pl. 5.

Privés sur l’état de cette statue de nos indications ordinaires, nous dirons que, d’après le dessin, ses traits et ses formes ne conviennent pas à Apollon. C’est la musculature d’un âge beaucoup plus avancé.

Le tronc d’arbre où se trouvent les attributs ordinaires d’Apollon doit, s’il est antique, avoir appartenu à une autre statue.

Voyez l’Apollon Sagittaire de la même collection (même planche, g65 C), qui se prête à la même critique.

907. — Apollon, marbre grec, pl. 475. Rome, collection , Torlonia , t. I, n° 18.

La tête de cet Apollon est la sienne, mais elle a été rattachée au cou. Le bras droit est moderne à partir de la fin du deltoïde et le bras gauche au-dessus du deltoïde. L’original n’a pas sa lyre dans la main gauche. La jambe droite a été rattachée au genou et la jambe gauche au-dessous du genou. Le tronc et la plinthe sont modernes. [Haut. 8 pal. 7 on.]

STATUES ANTIQUES

* 908. — Apollon Pythien, marbre, pi. 269. Musée du

Louvre , n° 881.

La draperie et le serpent qui se replie autour du tronc d’arbre ont dû faire reconnaître Apollon dans ce fragment de statue, dont le corps et ce qui est antique ne sont pas sans mérite.

Sont modernes : la tête, les bras et la jambe droite au-dessus du genou. Un reste de tenon sur le tronc d’arbre indique que la tête antique du serpent montait plus haut que celle qui l’a remplacée. [Haut. iin,75i r=5pi. 4 po. 9H. ]

* 909. — Apollon, marbre, pl. 269. Musée du Louvre,

Le serpent qui rampe autour du tronc d’arbre et la pose de la figure font reconnaître Apollon Pythien dans cette statue, qui n’offre rien de particulier.

Sont modernes : la tête, le poignet et la main gauches, et la jambe droite un peu audessous du genou. [Haut. im,54i.]

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