Apollon, marbre grec , pl. 478. Rome, Musée Pie
Clémentin, t. VII, pl. 1.
Statue trouvée à Rome, vers la fin du dernier siècle, au Champ de Mars, près de l’église de Saint-Sylvestre in capite. Les topographes les plus érudits placent en cet endroit les édifices construits par Domitien , parmi lesquels était un odéon, destiné aux luttes et spectacles de musique : or notre statue avait naturellement sa place dans un pareil édifice.
La partie antique consiste uniquement dans le torse et la cuisse droite ; tout le reste est l’œuvre de la restauration , faite par ie sculpteur Pierantonn
La tête a été imitée, mais sans servilité, d’un buste d’Apollon de la collection Giustiniani, 2e part. pl. 42.
La cuisse droite, conservée, déterminait, par son mouvement, celui du reste delà figure. Le baudrier, orné d’arabesques, est antique en entier. La partie où il se terminait indiquait clairement qu’il soutenait un large instrument, et non une épée ou un carquois.
Le tronc d’arbre et le serpent sont modernes.
La partie antique de la statue est d’un excellent travail; les contours en sont délicats et nobles, et appartiennent au style idéal : ils sont conduits avec correction et révèlent dans le sculpteur ancien de l’amour pour son ouvrage.
La statue, restaurée d’après des indications certaines, nous offre Apollon ayant une main sur les cordes de la lyre et marchant à grands pas. Or, c’est dans cette pose et cette action qu’ Apollon est représenté dans l’hymne attribué à Homère (voy. 5i4 et suiv.) , et le sculpteur antique paraît s’être inspiré de ces vers. [Haut. 8 pal. 2/3].
a 916. — Apollon, marbre de Luni, pl. 479- Musée Chiara-
monti, inédit.
Cetle statue représente le dieu nu , debout , la main droite sur la tête, l’avant-
20 4 STATUES ANTIQUES
bras gauche plié et appuyé. Le bout du nez, la moitié du bras gauche et du droit sont modernes, ainsi que les deux jambes au-dessous du genou, la plinthe et les pieds. [Haut. 8 pal. î on.]
a 917. — Apollon, marbre grec, pl. 479. Naples, musée Borbonico, n° 282, inédit.
Cette statue , qui ne manque pas de gracieux , représente le dieu dans la pose d’Apollon Lycien. Il n’y a d’antique que le torse et une partie des bras et des cuisses ; le reste est moderne et dû au sculpteur Canardi.
Il est à regretter que la restauration, si défectueuse, ait enlaidi ce reste d’une jolie statue, que nous ont value les fouilles de Pompéi. [Haut. 4 pal.]
918. — Apollon au Cygne, marbre grec, pl. 479. Naples, musée Borbonico, n° 67.
Cette statue forme, sans contredit, l’un des plus beaux ornemens du musée de Naples. Winckelmann, dans la préface de ses Monumens inédits, la regarde comme la plus belle statue d’Apollon que l’on connaisse. Montfaucon l’a aussi publiée ( t. I, p. 102, liv. IV, 1).
Le dieu est représenté dans la fleur de la jeunesse ; il est complètement nu et les jambes croisées. Mollement appuyé sur un tronc d’arbre , il marie la douceur de sa voix aux accens de la lyre, qu’il tient du bras gauche. La chlamyde, passée sur son bras, vient couvrir le tronc d’arbre.
Un cy^ne, emblème de l’harmonie des chants divins, est placé au bas du tronc, et semble s’apprêter à faire entendre sa voix.
Les pieds de cette statue sont traités avec une grande perfection ; les formes sont d’une admirable noblesse et d’un fini précieux. La grâce est répandue sur toute la composition.
L’artiste a su imprimer à sa figure un mouvement plein de naturel, dont le style est d’une pureté accomplie.
Cette statue, qui provient de la collection Farnèse, a été restaurée aux bras et aux jambes. [ Haut. 7 pal. 6 on. ]
a 919. — Apollon, marbre de Luni, pl. 479- Collection
Vescovali , inédit.
Debout , nu , les cheveux en partie noués sur le front , en partie flottant sur les épaules, le dieu pose l’avant-bras droit sur la tête et tient à la main droite une couronne de laurier; la main gauche, placée près de l’aine, tient la cythare, posée d’aplomb sur le nœud saillant d’un tronc d’arbre.
Une tête antique remplace celle de notre statue; une petite partie des bras, les avant-bras, la cithare, les jambes à partir des mollets et le tronc d’arbre sont modernes.
DE L’EUROPE
ao5
Quoique belle, cette statue a deux défauts : les jambes sont trop écartées de côté et le torse trop contourné; il serait, à notre avis, fort difficile à un modèle de reproduire complètement celte pose. [Haut. 6 pal. n on. ]
* 920. — Apollon Lycien, marbre de Paras, pl. 267. Musée du Louvre, n° 197.
Cette statue provient de la villa Borghèse. Sa pose , semblable aux nos 197 et suivans, nous fait reconnaître Apollon Lycien, par les motifs que nous exposons plus bas. L’emblème du serpent s’y retrouve aussi.
La tête est rapportée; le nez et le menton sont réparés; les bras, la cuisse et la jambe droites, la jambe gauche depuis le genou, le tronc , sont modernes. Il reste sur plusieurs parties, entre autres sur la cuisse gauche, des témoins qui prouvent à quel point celte ligure a été retouchée et altérée dans ses contours. [ Haut. 2m, i88rr= 6 pi. 8 po. 10 li. ]
* 921. — Apollon Lycien, marbre grec dur, pl. 267. Musée du Louvre, n° 188.
Apollon avait à Athènes un temple célèbre, où il était, honoré sous le nom d 'Apollon Lycien, et dont la statue, au rapport des anciens, levait le bras en le ployant sur la tête : ici le dieu est figuré dans la même attitude , qui est celle du repos, et son bras gauche s’appuie sur un tronc de laurier, autour duquel rampe le serpent, qui accompagne souvent les images d’Apollon, ou comme symbole de sa victoire sur Python , ou comme emblème de la santé et de la médecine, dont l’invention était attribuée à ce dieu, ainsi qu’à son fils Esculape.
Cette belle statue, dont la tête n’a jamais été séparée du corps, est antique, à l’exception de la main droite et de la moitié de l’avant-bras gauche. Des parties saillantes dans la chevelure font croire que la main n’était pas placée comme on le voit aujourd’hui. Cette statue a été retouchée en plusieurs endroits. Le tronc d’arhrc et le serpent sont antiques. Elle était dans les jardins de Versailles. [Haut. 2m,i64 = 6 p. 7 po. 3 li.]
921 A. — Apollon Lycien, marbre pentéligue, pl. 48o. Rome, Musée Capitolin, tome III, pl. i3.
Statue trouvée dans le territoire de Tivoli à la Solfatara. Apollon tient sa lyre du bras gauche et pose le bras droit sur la tête. C’est bien la pose que lui a donnée le sculpteur ancien ; le bras droit est le sien. La tête est bien la sienne, seulement elle a été rattachée.
Sont modernes : le masque, partie de la chlamyde qui couvre le pectoral, les doigts de chaque main , la moitié de la lyre du côté de la figure, partie de la draperie du bras gauche, et enfin de l’aile du griffon. Il y a d’autres
STATUES ANTIQUES
restaurations partielles qui sont suffisamment indiquées sur la gravure. [Haut. 9 pal. 7 on. 1/2. Pir. n° 265.]
a 921 B. — Apollon Musagète, basalte, pl. 48o. Naples, musée Borbonico, n° 222, inédit.
Statue, de travail romain, provenant de la collection Farnèse. Le dieu est drapé à mi-corps dans l’attitude du repos : son bras droit est replié sur sa tête, et du gauche il tient une lyre, qu’il appuie sur un soutien.
Cette pose élégante, qui n’est pas rare dans les statues d’Apollon de petites dimensions, est peu commune dans les statues colossales, et surtout lorsque la matière est dure, comme ici le basalte. [ Haut. 9 pal. ]
a 922. — Apollon étrusque, marbre grec, pl. 48o. Rome, villa
Borghèse, inédit.
Ce monument est extrêmement rare, s’il n’est pas unique. Le dieu de Delphes est représenté debout, vêtu, chaussé de sandales; le trépied fatidique est placé à sa gauche ; au-dessus de la cortine est un griffon redressé, qu’Apolton tient ou caresse avec la main gauche, pliant en même temps le bras droit en avant et tenant un objet mal défini. Le griffon est ailé, à tête d’aigle et à corps de lion : le trépied repose sur une base triangulaire , ornée de basreliefs, et aune tige centrale, autour de laquelle s’enroule un serpent; la cortine, d’abord cylindrique , devient après hémisphérique.
La tête , antique, n’est pas celle de la statue ; elle est restaurée au nez, au menton, aux oreilles; les avant-bras, la main gauche, la moitié derrière du griffon , un des montans du trépied et les deux barres horizontales qu’il coupe, sont également modernes.
Il est difficile d’interpréter cette statue d’une manière satisfaisante. Il y a dans les formes qu’on lui a données quelque chose de féminin , qui tendrait à faire croire que ce simulacre représentait une divinité androgyne. Le vêtement est aussi assez difficile à comprendre : quoiqu’il ne semble composé que de deux pièces , il offre trois parties bien distinctes.
Nous nous abstiendrons de présenter ici aucune hypothèse sur l’attribution de cette statue, qui mérite d’occuper les méditations des antiquaires et des mythologues. [ Haut. 6 pal. 7 on. ]
a 923. — Apollon, marbre de Paros, pl. 48o. Rome, coll. Pacetti, inédit.
Belle et intéressante statue, qui a de moderne les jambes, les pieds, le bras gauche à partir de la pointe du deltoïde jusqu’au tiers de ce qu’on croit un arc, et qui n’est qu’une bandelette de laine.
Le dieu de Delphes est nu; sa chlamyde est suspendue à un tronc d’arbre; ses cheveux sont noués presque au sommet de la tête ; il s’appuie avecl’avanl-
DE L’EUROPE
bras droit sur une hydrie couchée, ornée tout autour d’une branche de laurier et posée sur le trépied sacré rehaussé de bucranes ; un serpent s’est glissé dans l’intérieur du trépied du bas, jusque sous la cuve lebes. Le dieu a à la main droite une branche de laurier, et la main gauche, abaissée, tient un des bouts d'une bandelette de laine en forme de chapelet à grains fort allongés.
On sait que les expiations jouaient un grand rôle dans l’antiquité : tout meurtre , volontaire ou légitime, devait être expié. En général, on consultait à Delphes le dieu touchant l’expiateur plus encore que sur le mode d’expiation. Ici l’allusion à cette bienveillante intervention d’Apollon paraît évidente; tous les accessoires en font foi.
Le trépied désigne l’île sacrée, et mieux le temple; l’hydrie est destinée à puiser l’eau d’Hippocrënc ou du gouffre de l’Adytum ; la branche sert aux aspersions. La bandelette doit parer pour la cérémonie l’homme souillé.
Ce monument a été probablement déterré à Tusculum [Frascati] ; car il orna d’abord le Belvédère, qui en est tout près, d’où il est passé dans les ateliers Pacetti.
Sous le rapport de l’art, il est plein de grâce, de correction et d’harmonie. [Haut. 7 pal. 9 on.]
a 924. — Apollon Musagète, marbre grec, pl. 482. Naples, musée Borbonico, n° 264, inédit.
Cette statue provient de la collection Farnèse.
Elle est complètement antique, sauf de légères restaurations au cou, au nez et aux pieds.
Apollon est assis sur un rocher recouvert en partie de son manteau , et sur lequel il appuie sa main droite; la gauche repose sur sa lyre. Il est chaussé de riches sandales ; sa chevelure épaisse flotte sur ses épaules.
La pose de cette statue respire une mollesse et un laisser aller qui flattent singulièrement l’œil. [ Haut. 6 pal. ]
a 924 A. — Apollon Hyperboréen, marbre grec, pl. 482 C. Rome , coll. Pamphili , inédit.
Ce monument n’est intéressant que pour l’archéologie ; il n’offre presque rien aux artistes , ne comprenant que quelques fragmens antiques : en effet , dans la partie supérieure, à partir de l’aine, tout est moderne, de même que le genou et une partie de la jambe gauches, le cou et la tête du griffon.
Let dieu , assis sur un rocher , la main droite à la poitrine , abaisse la gauche ; un griffon est placé contre sa main droite, et à gauche, sur le rocher, est un serpent enroulé : on ne peut distinguer sur le dessin s’il est mort ou vivant, ce qui empêche d’en déterminer la signification.
La restauration nous semble mal entendue; elle a créé à droite un vide affreux entre le griffon et le dieu, vide qui serait comblé, si la main droite, légèrement écartée, tenait d’aplomb le carquois, l’arc étant à gauche ou à la main gauche, et le groupe serait en outre pyramidal et droit, si la tête et le cou du griffon eussent été moins forts.
M. Fossati croit reconnaître ici l’Apollon Hyperboréen; le griffon lui paraît figurer comme symbole de la Scylhie, qui était comme on sait, le théâtre de la guerre des griffons et des arimaspes. D’ailleurs, la pose de cet Apollon assis ne semble pas convenir au Phébus du Parnasse.
Si le serpent est mort, il représente Python frappé; s’il est vivant, il est le symbole de la santé, du bonheur. [Haut. 5 pal. 1 onc. ]
924 B. — Apollon berger, marbre, pl. 482 D. Rome, villa Ludovisi. Hirt. Beldw. pl. 4, n° 6.
Apollon, réduit à la condition de berger chez Admète, est assis sur un rocher; son pédum ou bâton pastoral est appuyé sur la pierre qui lui sert de siège. De la main droite il tient sa lyre sur son genou droit.
Cette statue renferme quelques parties bien traitées, mais sans être cependant d’un excellent travail.
* 925. — Apollon, marbre, pl. 346. Musée du Louvre,
en magasin.
Ce petit Apollon est drapé à la manière d’Esculape, comme deux autres que nous donnons sous les numéros 91 1 et g65. Il s’appuie sur un trépied que surmonte un globe, et où s’enroule comme à l’ordinaire un serpent. Sa tête est couronnée de lauriers.
Sont modernes : la main gauche avec la draperie qui en descend , la main droite, avec partie de l’avant-bras, et enfin les deux jambes. [Haut. om,54o = 1 p. 8 po. ]
* 926. — Apollon, marbre de Paros, pl. 346. Musée du
Louvre, n° 906.
Cette figure a d’antique une partie de la tête, la partie supérieure du bras, le torse et les cuisses. Ces fragmens qui , dans les endroits le mieux conservés , sont d’une bonne sculpture , viennent de Grèce. Us ont été remis dans leur état actuel par M. Lange. [ Haut. 2°’,34o 7 pi. 20 p. 6 li. ]
a 92 6. A. — Apollon étrusque, marbre, pl. 48 1 .Rome, Vatican,
inédit.
Si l’on s’en tenait aux catalogues des collections et aux dénominations, trop souvent arbitraires des antiquaires, nous ne posséderions, en marbre ou en bronze, presque aucune représentation d’Ampliion, d’Orphée, deLinus.de Thamyris et d’une foule d’autres musiciens célèbres. En revanche, le nombre des Apollons Citharèdes serait prodigieux. Pourtant des statues de ces héros musiciens ont été citées en Grèce et à Rome par les auteurs anciens.
DE L’EUROPE
Ne se pourrait-il pas que, faute d’examen ou de renseignemens, on ait rangé parfois leurs simulacres parmi les Apollons; erreur que la restauration aura rendue encore plus méconnaissable P Aussi pensons-nous qu’il y aurait lieu à regarder de près ces milliers d’ Apollons, et, s’il y a lieu, en restituer à d’anciens citharistes. De ce nombre est probablement notre statue, dont la pose et le costume sont dépourvus de ce grandiose qui n’aurait pas fait défaut si elle eût représenté un dieu. Cependant, cela peut aussi provenir de ce que le travail en est étrusque ou appartient à l’école grecque archaïque.
Le nez, le cou, une partie des mèches des cheveux, une partie du bras droit, les avant-bras, les mains , les pieds, jusqu’à la tunique, enfin la cithare, sont restaurés. Les orbites des yeux sont vides : les yeux qui y étaient adaptés étaient d’autre matière.
Ce personnage ou ce dieu est assis, vêtu de la tunique à courtes manches, enveloppé du pallium, et n’ayant de libre que le bras droit. Les bras se portaient certainement en avant vers un instrument à cordes. L’épaisse chevelure roulée sur elle-même autour du front, tombe en partie sur les épaules.
La restauration n’est pas à l’abri de tout reproche ; la cithare est trop large et pas assez rapprochée du corps ; les mains devraient être plus éloignées sur les cordes.
La tête est gracieuse et bien dessinée. La draperie, à partir de l’aine, ne forme presque que des lignes parallèles ou verticales , ou horizontales , ce qui sent trop la recherche et n’est pas de bon goût. [ Haut. 3 pal. 2 on. ]
926 B. — Apollon, marbre, pl. 482. Musée de Dresde.
Apollon est appuyé sur sa lyre et dans l’action de chanter. La partie inférieure du corps est couverte seulement d’une draperie. Le dieu s’offre donc comme dieu de l’harmonie. C’est également à cette circonstance que fait allusion le cygne dont on voit la tête et le cou au-dessous du barbiton sur lequel repose le bras gauche d’Apollon, qui tient le plectrum.
Sont modernes: la tête, le bras droit , la main gauche d’Apollon , et le devant du corps du griffon. [Haut. 3 pi.]
926 C. — Apollon Müsagète, porphyre, pl. 494 A. Naples, musée Borbonico.
Cette statue provient de la collection Farnèse.
Elle a été trouvée aux environs de Rome, privée de toutes ses extrémités.
Réduite à un corps portant le vêtement des femmes, elle fut prise d’abord pour une statue de femme. Un examen plus attentif fit ensuite remarquer en elle des formes masculines, et on y vit le poète Pindare assis sur le Parnasse.
C’est un Apollon Müsagète. Ce vêtement se trouve à l’Apollon du bas-relief de l’apothéose d’Homère. (V. pl. 4g6.)
iû
STATUES ANTIQUES
a 927. — Apollon Citharède, marbre pentélique, pl. 494 A. Munich, Glyptothèque, n° 82.
Belle statue colossale, connue pendant longtemps sous le nom de Muse Barberini. Winckelmann la citait comme un des modèles du grand style grec cpii suivit immédiatement l’époque de Phidias , et voulut même y voir la Muse Érato du sculpteur Agéladas. On y a reconnu depuis un Apollon Citharède. Le dieu est vêtu de l’orthostade et de la palla. Les cheveux sont noués en corymbe, suivant la coiffure qui lui est particulière. De la main gauche il tient le barbiton , et de la droite le plectrum.
La draperie est simple, mais d’un grand style; la pose est pleine de grâce et de majesté. Les paupières sont formées pas de petites lamelles en bronze; les prunelles étaient sans doute des pierres précieuses.
L’œil droit, une partie de l’épaule droite et le bras qui lui appartient, avec la main et le plectrum , la main gauche et la plus grande partie de la lyre sont restaurés.
Cette statue provient du palais Barberini, à Rome. [Haut. 9 pi-]
* 928. — Apollon et ün Hermès, marbre, pl. 267. Musée du Louvre, n° 454-
Le dieu se livre aux charmes de la musique; la femme terminée en gaine, sur laquelle il appuie sa lyre, est une addition moderne.
Le bras droit, le gauche depuis le poignet jusqu’au sortir de la draperie, la moitié de la jambe droite , et la gauche , à partir du dessus du genou , sont dus à la restauration. [ Haut. 1 m,5i6 = 4 pi- 8 po. ]
928 A. — Apollon, marbre, pl. 483. Rome, musée du Capitole, Bottari, t. III, pl. i5.
Notre gravure, donnée d’après Bottari nous a été signalée par l’examinateur de Rome comme fort différente de l’original, lequel a à gauche une stèle, sur laquelle on a placé la lyre, et auquel le cygne n’existe pas. Il paraît qu’on a restauré une seconde fois la statue , les accessoires signalés par notre correspondant se rencontrant dans le n° 9 54 A pris à Lorenzo Ré.
Celte statue faisait partie de l’importante et forte collection d’antiques donnée par le cardinal Alexandre Albani au Capitole; et on la dit restaurée par Pieranloni.
La tête, antique, restaurée aux oreilles et au nez, n’appartient pas à notre marbre. Le bras droit depuis le milieu du biceps, le gauche depuis la naissance du deltoïde, et lajambe gauche depuis le dessus la cheville , sont modernes.
Apollon regarde en haut, lajambe gauche passée sur la droite, le corps penché, le manteau comme accroché au bras gauche et descendant jusqu’à terre; illèvele bras gauche et abaisse le brasdroit. Un oiseau palmipède, probablement un cygne, est placé à gauche
1>E L’EUROPE
Winckelmann, dans son Traité préliminaire sur les monumens antiques, donne la coiffure de cette tête comme une de celles d’Apollon. A notre avis, cette tête est empruntée d’une femme.
Bottari ne donne, au sujet de ce monument, que de longues généralités, et il ne touche rien de ce qui en concerne l’explication. [ Hauteur 8 pal. î/a on. ]
929. — Apollon, marbre de Paros, pl. 483. Rome, Musée Capitolin, t. III, pi. i4.
Cette statue provient de la collection du cardinal Alexandre Albani. Elle représentait un athlète.
La tête est antique, mais rattachée à partir de la moitié du cou ; il y a parderrière un fragment moderne.
Sont modernes : le tronc d’arbre , l’extrémité du nez , le menton , le bras droit à partir de la moitié du deltoïde, avec la main, la moitié du bras gauche et la main , la jambe droite depuis le dessus du genou jusqu’aux malléoles. La jambe gauche est brisée en divers endroits. [Haut. 8 pal. 9 on. ]
* 929 A. • — Apollon, bronze, -pi. 482 A. Musée du Louvre.
Curieuse statue de style archaïque qui a été trouvée à Livourne, dans la mer. Elle a été, pendant quelque temps, la propriété du savant antiquaire anglais M. J. Millingen, et a été acquise, en i834 , pour le musée du Louvre.
L’examen que nous en fîmes alors avec M. Letronne, membre de l’Académie des inscriptions, nous fit reconnaître en elle une imitation du style archaïque, postérieure aux temps d’Alexandre le Grand, et qui peut-être n’a pas précédé de beaucoup la fin de la république romaine.
La statue porte, sur le pied gauche, une inscription en dialecte dorien, énonçant qu’elle avait été consacrée à Minerve avec le produit d’une dîme, AOnvcL d[iro] bexcnctv.
L’importance de celte statue nous l’a fait donner sur nos planches sous quatre faces , et même la tête a été reproduite sur une plus grande échelle audessous de la figure, sous les quatre aspects.
Elle offre quelque analogie de pose et surtout de tête avec une statue en marbre de Paros du Musée britannique, dont nous avons donné aussi la tête sous une plus grande proportion. Voyez pl. 482 B (1). [Haut. im,25o~3 pi. 10 po. 2 li. ]
(1) En 1 84 2 , des efflorescences d’oxyde de cuivre dont la statue se couvrait, principalement sur le bord des paupières, la firent soumettre, au musée du Louvre, à un lavage intérieur qui l’a vidée de limon imprégné d’eau salée. Le résultat de cette opération , faite à une époque où nous étions absent de Paris, a été la découverte de morceaux d’une lame de plomb large d’en-
viron om,o2 et portant le fragment d’inscription suivant : ...[voSotoï.... <peov P oSios £7roo.] D’après cette inscription, la statue serait l’œuvre de deux statuaires , l’un nommé Zénodote ou Menodote, etc., l’autre Rbodien, et portant un des noms qui
se terminent en phon (Démophon,
Aristophon, Xenepbon , etc.).
En février 1 843 , une revue qui traite
STATUES ANTIQUES
929 B. — Apollon, bronze, pl. 482 C. Autrefois à M. Mimaut.
Ce bronze représente un jeune homme debout et nu, la tête tournéè à droite, les bras légèrement fléchis en avant, et la jambe gauche un peu inclinée en signe de repos. Sa tête est ceinte d’un lien tordu, et sa chevelure bouclée se répand autour de son cou.
Cet ouvrage, plein de noblesse et d’harmonie, a été fondu en neuf parties, dont l’épaisseur est d’une ligne environ. Les sutures de ces pièces, rapportées à battes et avec une admirable précision, n’ont pu être aperçues qu’à l’aide de la fracture des bras et des jambes, et en introduisant une lumière dans l’intérieur de la statue.
Une partie de la jambe droite, le bas de la jambe gauche, les deux pieds, et enfin la plinthe de cette figure, ont été jadis fondus par les Arabes, qui en firent la découverte à Zifteh. Les deux bras avaient été anciennement détachés par suite d’une chute, et deux doigts de la main droite se trouvaient détruits.
M. Husson a exécuté les principales réparations sous la direction de l’habile fondeur M. Delafontaine.
La cornée des yeux de la statue rapportés en feuilles d’argent, et ses mamelons incrustés en cuivre rouge , rappellent ces images célèbres dans lesquelles les plus habiles statuaires employaient, par une entente d’effet bien calculé, des substances de couleurs diverses et des métaux différens.
La disposition de la chevelure a fait regarder cette statue comme un Apollon : peut-être serait-il plus vraisemblable d’y voir l’Amour Apteros ou sans ailes, tel que les Grecs l’ont quelquefois figuré. [Haut. im 57.]
93o. — Apollon étrusque, pl. 483. Londres, Musée britannique, 2e salle, n° 1 5.
Apul ou Aplu est ici représenté portant dans sa main droite la biche, symbole de la rapidité de sa course; de la gauche il paraît avoir tenu un arc ou une épée. La disposition particulière de la chevelure semble faire allusion aux
des matières archéologiques , éleva des doutes sur l’authenticité de l’inscription et avança que c’était le résultat d’une mystification due à la personne qui, en notre absence, avait présidé à l’opération du lavage. Une polémique s'engagea à cette occasion. On pourra consulter sur ce sujet: Explication d'une inscription yrecque trouvée dans l’intérieur d’une statue de bronze , avec des observations sur quelques points de l’histoire de l’art chez les anciens , par M. Letronne. Paris, Imprimerie royale, 1 84 3 ,
in-4° de 48 pages, extrait du XVe volume des Mémoires de l’Institut, classe des inscriptions et belles-lettres. — Le Cabinet de l’amateuretde V antiquaire. Revue mensuelle, février i8A3. — Lettre deM. Dubois, sousconservateur du musée des antiques du Louvre, sur une inscription trouvée dans une statue de bronze appartenant au musée , Paris, 22 février i843. — Sur une inscription en plomb trouvée dans une statue de bronze du Louvre , par le comte de Clarac, Paris, mai i843.
DE L’EUROPE. 2l3
rayons du soleil. Elle est retenue par un diadème. (Voy. Gerhard, Die Gotlheiten der Etrusker, p. i x , sq. ) [Haut. 6 po. xo li. ]
a 93 1. — Apollon Soleil, marbre grec, pl. 483. Rome, musée Chiaramonti , inédit.
La pose de cette statue se ressent beaucoup de l’ai't égyptien , et le style appartient à une école fort ancienne; mais l’exécution est d’une époque bien postérieure , qui , tout en gardant le canon d’art religieux , s’est permis dans les détails l’emploi de ses moyens et de sa science.
Apollon est ici nu, debout, très-droit, le pied gauche porté un peu en avant : du bras droit il tient une petite biche, le bras gauche s’abaisse d’aplomb.
La tête est parée d’un diadème circulaire, et le front porte une couronne de roses à deux rangs dont les bandelettes crispées retombent sur la poitrine.
Cette tête est dessinée à merveille; elle est d’une beauté céleste.
Sur les vases peints, qui nous ont conservé jusqu’aux plus petits attributs des personnages, on rencontre souvent des animaux tenus par des divinités. Ils ne sont pas d’une grande rareté sur de petits bronzes ; mais sur les marbres ils sont beaucoup moins fréquens, vu la fragilité de cette matière et les inconvéniens des fouilles.
Sur les vases peints, la biche accompagne indistinctement, soit Latone, soit un de ses enfans. Elle convient aussi au soleil, pour exprimer la rapidité de sa course.
Le pied gauche avancé pourrait indiquer que le lever de l’astre a lieu dans les régions gauches de la terre; l’homme devant se placer, ainsi que cela était prescrit dans la discipline augurai e , la face tournée au midi, vers l’Éthiopie, la terre chérie des dieux, et d’où ils reviennent vers les chétifs mortels. Le diadème annonce que Phœbus est roi de la nature matérielle, et la couronne de roses dont le front des Muses est également orné fait allusion aux sciences et aux arts , auxquels ce dieu préside. [ Haut. 4 pal. 5 on. ]
93 1. A. — Apollon, marbre de Paros , pl. 482 B. Musée britannique, 4e salle, n° 2.
Belle et curieuse statue, de style assez ancien, achetée à la vente du comte de Choiseul en 1818; ce pourrait être un athlète.
La tête est fort petite pour la proportion de la figure. La coiffure ou l’ajustement des cheveux se distingue par une tresse qui ceint la tête et sert de bandelette. La tête du Bonus Eventus, n° 8o3, du musée du Louvre, offre une particularité de ce genre , ce qui est fort rare dans les têtes d’homme. La pose de cette statue est droite et roide, et l’on y retrouve les caractères qui tiennent de la primitive et naïve école grecque. Comme dans l’Apollon de Calamis, la poitrine est large, élevée, et rappelle un peu celle des statues égyptiennes. La partie supérieure des bras , le biceps , est fortement prononcé et ajoute à l’ampleur des épaules. Généralement, la musculature est très-sentie. Les cuisses sont pleines et rondes. Les épaules sont très-élevées, les hanches sont très-marquées, comme aux figures d’ancien style. Les bras manquent en partie.
STATUES ANTIQUES
H y a trois fractures à la cuisse et à la jambe gauches , une au milieu de la cuisse droite et une au-dessous du genou; mais ces parties sont antiques, bien modelées et d’une belle forme.
Un arrachement au haut de la jambe gauche , en dehors , près du genou , indique un tenon ou le soutien de quelque accessoire que tenait la main gauche, et assez long pour descendre jusque-là. Si cette statue est un Apollon, cet objet pouvait être un arc. Le tenon qui soutient le bras gauche est antique.
Le travail de ce marbre est soigné ; on le voit aux veines indiquées aux bras et aux pieds, qui sont fort beaux et bien étudiés. La forme en serait excellente , s’ils n’étaient pas un peu plats, et si l’arcade était plus relevée.
Cette figure , quoique assez ancienne , n’a pas le caractère de tête des statues d’Égine; la manière dont est travaillé par petites boucles l’entourage des parties sexuelles, ne se voit qu’à des statues anciennes.
Le tronc d’arbre est antique; ce que l’on aperçoit en dehors en ligne droite avec un biseau paraîtrait indiquer un arc. [Hauteur 5 pi. îo po. 1/2 ].
g32. — Apollon oü Adonis, marbre grec , pl. 484. Naples, Musée Borbonico, t. II, pl. 2 4-
Cette statue doit son nom d’ Adonis à la jeunesse et à la grâce qui régnent dans tout son aspect : mais la figure n’est pas celle qui convient au favori de Vénus. Dans la partie antique, il n’y a aucun attribut qui puisse faire découvrir de quel personnage elle était l’image. Mais, quel que soit le nom qu’on doive lui attribuer, on n’en doit pas moins reconnaître l’excellente exécution de la statue.
Le mouvement légèrement sinueux du corps ajoute à sa personne une grâce infinie. Le torse est d’une excellente exécution. Le dos faiblement voûté, la tête inclinée, donnent à la figure un léger air de réflexion qui est ravissant.
Cette statue, une des meilleures du second ordre, a été découverte à Yamjileatro campano, ainsi qu’un certain nombre d’antiques qui appartiennent tous à la belle époque d’Hadrien.
Une partie des cuisses, les jambes, le tronc, l’arc, le carquois, la main droite et le bras gauche sont visiblement l’œuvre du sculpteur qui a restauré cette statue, Andreà Coli.
Le piédestal sur lequel repose ce marbre est en jaune antique. [Haut. 9 pal.)