‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 409 sur 436 · Apollon assis, marbre grec, pl. 485 et486A. Naples · texte numérisé non relu

Apollon assis, marbre grec, pl. 485 et486A. Naples

musée Borbonico, n° 92.

Cette statue a été trouvée à Herculanum. La tête et les bras sont modernes.

Le dieu, couvert d’un manteau depuis la ceinture jusqu’en bas du corps, est assis sur un trépied. Il appuie ses pieds sur un globe ceint de deux zones , et qui n’est que la cortine ou couvercle du trépied de Delphes, tel qu’on le voit sur divers bas-reliefs ou médailles.

Sculpture romaine. [ Hauteur 5 pal. ]

937 A. — Apollon Delphique, marbre de Luni, pl. 486 B. Rome , villa Albani.

Apollon est assis sur le trépied , comme au numéro précédent. Le bassin du trépied est muni d’anses et recouvert d’une peau de mouton. Sous le trépied, à gauche , est un lion accroupi.

Le pallium laisse à découvert le devant du corps et tout le bras droit ; les pieds, chaussés d 'alutai, posent sur la cortine ornée de ciselures, placée plus bas que le trépied. La main droite approche du genou, la main gauche n’est pas loin de la poitrine, et tient à présent un serpent, qui, passé derrière, aboutit au côté droit. Raffei croit que ce sont les cornes de la peau de mouton ; mais c’est plutôt une partie des anneaux du même serpent.

Sont modernes : la tête , le cou , les mains et leurs avant-carpes , le genou droit, le pied gauche, l’extrémité du pied droit, la tête et une petite partie du serpent , une petite partie des plis au bras gauche.

(1) On a trouvé dans la même ville les petits Jupiters en bronze que nous donnons sous les n01 670 à 684 et 687.

DE L’EUROPE

Le restaurateur a oublié une ou des deux anses du trépied. La chevelure restituée sur le chef et sur le cou, d’un style beau et recherché, n’est pas d’accord avec le chignon antique qu’on voit sur les épaules, ondulé, plat, et terminé horizontalement, fait qui nous prouve que notre statue est reproduite d’après un original sacré archaïque.

On voit ici l’emploi du trépied pour la reddition des oracles. Le bassin servait de siège, la cortine d’escabeau. Ce trépied de Delphes était d’or massif (Eurip. Iphig. in Tanrid.), et l’Apollon ainsi placé avait le surnom d’éroXpos. L’emploi, dans ce cas, de la peau de mouton est une particularité remarquable dont les écrivains de l’antiquité ne parlent pas, et qu’on peut expliquer par l’analogie du sommeil sur la peau de la victime, au moyen duquel on obtenait, dans d’autres oracles, la communication de l’ordre divin. Ceci est exposé au long par Raffei. Le lion placé sous le trépied pourrait bien être un symbole du soleil. [Haut. 5 pal. 2 on.]

938. — Apollon, marbre grec, pl. 485. Rome, collection Giustiniani, pl. 53.

La restauration de cette belle statue est soignée et bien entendue; le peu qui reste du bras droit, suivant une ligne fort écartée, exigeait que le coude fût plié, et le point d’appui haut placé ; à cet effet, on a eu raison de préférer une cithare, posée sur un tronc d’arbre, à un trépied , qui aurait été trop bas. L’instrument à cordes est au reste cl’un mauvais dessin.

Notre Apollon Cilharède s’appuie sensiblement sur le pied gauche, et plie son corps à droite : il est entièrement nu, couronné de laurier et les cheveux flottans ; il abaisse sa main gauche, et appuie son coude droit sur l’instrument ; un serpent s’enroule au tronc d’arbre.

La tête appartient à la statue , mais a été séparée ; elle est parfaitement conservée, d’une expression admirable et d’une incontestable beauté. Le torse, la moitié du bras droit, les deux cuisses et la moitié supérieure de la jambe gauche sont antiques. [Haut. 9 pal. 9 on.]

939. — Citharède , marbre de Luni, pl. 486. coll. Giustiniani ,

pl. 57.

Statue unique dans son genre, et fort intéressante par son sujet. Le dessinateur de Rome dit que la tête est antique, mais il doute qu’elle soit la sienne; il n’y a, ajoute-t-il, de restauré que la lyre, qui manque aujourd’hui, et une forte partie du bras gauche, tout le reste brisé et réuni est antique, y compris le voile allant de la main droite à terre.

Un fort jeune homme, tout nu, debout, le côté droit en reposées cheveux non coupés et un peu en désordre, plie en avant le bras gauche appuyé sur un objet placé au-dessus d’un tronc d’arbre, et dont la restitution a fait une lyre; la main droite, abaissée de côté un peu loin du corps, tient une draperie légère massée et touchant à terre.

STATUES ANTIQUES

M. Fossati croit que la tète appartient à cette statue; on ne peut, en effet, supposer que la chevelure flottaDt sur les épaules ait pu se combiner avec la disposition des cheveux d’une autre tête, sans un grand travail de raccordement qui serait Tort visible, et qu’on n’a point signalé.

Dans la collection Giustiniani publiée par de Rossi , cette statue est désignée comme uu Apollon; mais cette attribution est douteuse, car la lyre est moderne, et fut-elle antique, elle ne caractériserait pas exclusivement Apollon. Le voile placé comme il est dans ce monument est un symbole unique et extrêmement obscur. [Haut. 3 pal. 4 on. 1/2.]

94o. — Apollon, marbre de Luni, pl. 486. Rome, collection Giustiniani, pl. 55.

Les parties modernes de cette statue sont la tête, les bras en entier , le genou droit, le pied gauche, l’heptacorde et le tronc d’arbre. Notre Citharède est déchaussé, nu, debout, s’appuyant sur le pied droit; il tient à la main gauche un heptacorde incliné en avant et qui repose sur la cuisse ; la main droite porte le plectrum, et l’avant-bras droits’appuie sur la tête haute et chargée d’une épaisse chevelure.

La restitution du bras droit sur la tête était indiquée par le mouvement de l’épaule, qui est antique, ainsi il n’y a rien à dire à cet égard ; mais que tous les fragmens de ces statues nues, dans cette pose, et manquant de symboles, soient attribués à Apollon et restitués comme tels, et pourvus de trépieds sacrés, des griffons, des serpens, voilà ce qui paraît singulier. Ces fragmens ne pouvaient-ils donc pas avoir appartenu à des statues à portrait de vainqueurs dans les jeux. Le bras, comme il est placé, n’indique rien autre chose à notre avis que le repos après une lutte heureuse; ou du moins, pour être moins absolu, disons que ces statues pouvaient bien ne représenter que desCitharèdes vainqueurs. Nous devons appliquer ces observations à notre statue, qui n’offrait probablement que l’image de quelque favori d’Apollon. [Haut. 9 pal. 9 on.]

94t. — Apollon, marbre de Lani, pl. 486. Rome, collection Giustiniani, pl. 58.

La tète de cet Apollon n’est pas la sienne mais est antique.

Sont modernes : le bras droit depuis le deltoïde, avec la main et le flambeau ; le bras gauche depuis le milieu du biceps, avec la main et les pommes; la moitié de la cuisse gauche, la jambe et le pied, enfin la moitié du pied droit. La jambe droite a une cassure sur le genou.

Les notes de notre observateur de Rome donnent à cette statue le nom de Paris, de manière à nous faire soupçonner que tel est aujourd’hui son nom dans la galerie. Le restaurateur a peut-être eu la pensée d’en faire un Pâris : mais la partie antique n’offre aucune indication dans ce sens. [Haut. 6 pal. 6 on. 1/2.]

942. — Apollon, marbre de Carrare, pi. 486. Rome, coil. Giustiniani, pl. 56.

Dans l’explication du n° 940 nous avons présenté quelques observations sur cette nombreuse série de statues nues, le bras droit sur la tête et restaurées en Apollon.

Notre statue, par ce qui en reste d’antique, se rapproche bien de la pose en question ; nous pouvons donc lui appliquer ces observations.

Dans ce monument surchargé d’accessoires, il n’y a d’antique que le torse, la cuisse droite et les pieds. La restitution en a fait un Citharède debout, nu et sans chaussure, la draperie jetée sur un tronc d’arbre à droite, la main gauche abaissée tenant un penlacorde posé sur une colonnette à gauche, le plectrum dans la main droite et l’avant-carpe placé sur la tête, dont les cheveux sont noués devant et derrière.

Le style de ce monument est tant soit peu maniéré , et la restitution en est pourtant soignée. Le dessin de la cithare n’a rien de l’antique. [Haut. 9 pal.

9 on-]

A943. — Apollon tenant salyre, marbre grec, pl. 487. Musée Chiaramonti, inédite.

Le dieu de la musique, debout, nu, tient de la main gauche sa lyre appuyée sur un tronc d’arbre; ses longs cheveux retombent en ondulant sur ses épaules; il est couronné de laurier et semble prêt à se livrer à ses inspirations. Ce qui relève le mérite de cettestatue, c’est la conservation de la lyre, suspendue par une courroie ou une large bande qui passe par dessus l’épaule droite. Sont modernes, outre le haut de la lyre : les deux jambes au-dessous des genoux , et le bras droit, à partir du bas du deltoïde. Du cabinet du sculpteur romain Pierantoni, cette statue, réparée par lui , a passé au musée Chiaramonti, au Vatican. [Haut. 6 pal. 4 on. ]

944- — Apollon, marbre de Luni, pl. 487. Rome, villa Massimi, autrefois Giustiniani, pl. 54.

Nos aïeux ne pouvaient se faire à l’idée de conserver un beau fragment de statue antique, sans le restituer entièrement; en cela, ils nuisaient doublement à ces marbres , car ils les mutilaient davantage et les accolaient à des parties fort médiocres. Ainsi , ce fragment qui n’était qu’un tronc de statue , et qui est certainement si peu digne d’intérêt dans la grande collection Giustiniani, eut néanmoins à son tour les honneurs de la restauration. Quoi qu’il en soit, voici la statue telle qu’elle s’offre aujourd’hui : c’est un Apollon tout nu, debout, regardant à gauche , et les cheveux flottant sur les épaules ; l’extrémité gauche pliée et en repos , la main droite près du corps tient le plectrum, et dans la main gauche est la lyre, qui repose sur un tronc d’arbre. [Haut. 8 pal. 5 on.]

STATUES ANTIQUES

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