Apollon, marbre, pl. 48 1 et 4g4- Florence, Gori
pl. 11.
Gori a donné celte figure de trois quarts, et l’auteur de la Galerie de Florence l’a donnée de face. Nous l’avons, nous, donnée sous les deux aspects, mais, par erreur, les deux figures n’ont pas été réunies sur la même planche.
La gravure de la Galerie de Florence fait connaître que, depuis Gori, la statue a subi une nouvelle restauration aux mains. Gori se plaignait de ce qu’elle tenait à chaque main un fragment de baguette, et il demandait que l’on remplaçât cet attribut par deux flûtes, qui auraient donné un Apollon invenlor musicœ. La gravure de la Galerie présente les mains disposées d’une façon nouvelle, mais sans flûte.
L’article de Gori, fort élogieux sur cette statue, signale le carquois comme antique , et la tortue comme étant d’un excellent travail. L’auteur y rappelle , en outre, que Pausanias a vu dans un temple de Patras un Apollon tout à fait semblable au nôtre, dont le pied gauche était appuyé sur le crâne d’un bœuf. ( Achaïc . cap. xx.)
959 A. — Apollon, marbre, pl. 48 1. Rome, collection Mattéi, pl. 2.
Nous sommes réduit sur celte statue au dessin que nous en donnons.
Ce marbre n’a guère pu échapper aux dégradations. Les bras, les jambes et la lyre étaient fort exposés. Mais en supposant des cassures considérables , on n’a pu guère se tromper dans la restauration.
On se rend peu compte de l’intention de l’artiste ancien. A-t-il voulu représenter un Apollon dans un moment de tristesse ou d’abandon, ou un simple Citbarède ?
a 959 B. — Apollon, marbre de Paros, pl. 48 1. Rome, villa Albani, inédit.
Le catalogue Albani et l’artiste romain auquel nous devons le dessin que nous publions s’accordent à donner le nom d’Apollon à cette statue; cependant, aux formes et au costume qui lui est attribué, il nous paraît probable quelle représentait une femme.
Ce personnage pose le pied gauche sur une petite élévation ; il est vêtu de la
STATUES ANTIQUES
tunique et d’une palla ; il avance les bras , comme pour rapprocher ses mains , geste qui a suggéré à l’artiste moderne l’idée de le restaurer pinçant d’une lyre appuyée sur la cuisse gauche.
Le masque de la tête est antique et appartient à la statue, sauf le nez , qui a été restauré. Sont modernes : les bras en entier, à partir du bord des manches; la moitié inférieure de la jambe droite, le pied droit, les orteils du pied gauche, le petit tertre et la lyre.
En général, il est, il faut le reconnaître, malaisé de déterminer le sexe du personnage d’une statue dont on n’a, comme celle-ci, que la figure, et encore mutilée.
Cette difficulté est plus grande, parce que les traits délicats, brillants de jeunesse et de beauté de ce visage, peuvent convenir aux deux sexes. Cependant, nous croyons que des indices suffisans permettent de résoudre ce petit problème archéologique. En effet, les seins sont plus proéminens et les hanches plus fortes qu’il ne convient à un homme. La tunique à manches et dégagée du manteau jusqu’à mi-corps serait un vêtement singulier pour un Apollon. Il est au contraire fort habituel aux Muses. Le pied haut placé ne se rencontre jamais aux figures de ce dieu , tandis qu’il caractérise presque toujours Melpomène, et de plus, précisément dans l’épigramme de l’Anthologie, où sont énumérés les attributs des Muses, on donne lebarbiton à Melpomène.
Ces raisons nous font croire que cette statue est une Muse et non un Apollon. C’est sans doute Melpomène, ce qui reste des bras paraissant indiquer qu’elle tenait un masque tragique et un poignard, et la pose du pied convenant en outre parfaitement à la muse tragique. [Haut. 7 pal.]
959 G. — Apollon, marbre, pl. 494 A. Angleterre, coll. Blundell, pl. 44-
Cette statue provient de la villa Mattéi.
Elle est d’un fort mauvais style ; il est vrai que les parties restaurées sont si nombreuses, qu’il est difficile déjuger du caractère qu’avait originairement la statuer [Haut. 2 pi. 6 po.]