Apollon étrusque, bronze, pl. 494- Londres, Musée
britannique.
Ce bronze est beau ; mais il est rongé par le temps , et a plus souffert qu’un Hercule qui lui sert de pendant. La patine noire qui le recouvre est loin d’être belle, et lui fait tort; elle ressemble à un vernis éraillé. Je ne serais pas même étonné que cette patine ait été mise jadis à dessein; car, depuis que j’ai vu au Musée britannique un très-beau torse de Vénus en marbre recouvert d’une couche de peinture à l’huile, et, chez un célèbre et savant amateur de Londres, des plâtres moulés sur l’antique dorés, je suis un peu en garde contre les restaurations et les additions que l’on a pu faire subir aux statues et aux monumens antiques.
DE L’EUROPE
Apollon, dans toute la fleur de la jeunesse, vient de quitter sa chlamyde, qui va tomber de l’épaule, et que retient le bras gauche; on y voit la fibule en forme de croissant. Le dieu est sans chaussure : ses cheveux, s’élèvent avec grâce sur le haut de la tête, et sont retenus par une bandelette; ils retombent sur le dos en quatre mèches en spirales, détail qui appartient à un style plus ancien que ne paraît l’indiquer le caractère de la sculpture. Le dieu , s’appuyant sur la jambe droite et portant le bras du même côté, en avant, semble donner quelque ordre. Il y a de la mélancolie dans son regard et dans l’expression de ces traits , de la grâce dans son attitude.
Le dessin de cet Apollon est un peu mou , et beaucoup moins bien que celui de l’Hercule. Le bras droit est gêné , on dirait qu’il a été cassé à la saignée et mal replacé. — Combe, III, pl. 7; Ellis, I, p. 277. [Haut. 2 pi. 3 po. 1/8.]