‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 424 sur 436 · Apollon, bronze , pl. 49^. Naples, musée Borbonico · texte numérisé non relu

Apollon, bronze , pl. 49^. Naples, musée Borbonico

Nous ne donnons pas ici une véritable statue, mais une faible ronde-bosse, qui servait, avec d’autres, à orner la caisse d’un char antique.

Au mois de mai 1789 , les fouilles faites à Résina firent découvrir, à peu de distance du théâtre, les restes d’un très-beau quadrige de bronze.

On trouva l’un des chevaux, qu’on a pu rétablir en entier, divers fragmens des trois autres chevaux, quelques parties de la caisse, d’une roue et des rayons, le tout en bronze. Le diamètre de la roue est de trois palm. 1/2.

Les fragmens de la caisse du char portaient trois figures en manière de basreliefs, a modo di bassirilievi , dit l’auteur des Bronzes d’Herculanum. L’une a été donnée sous le n° 741 , comme une Junon reine; l’autre est une figure de guerrier romain, à qui l’auteur italien donne le nom de Mars.

La troisième figure, dont nous nous occupons ici, a reçu du même auteur le nom d’Apollon, quoiqu’elle ne soit que demi-nue et qu’un pallium, au lieu d’une cldamyde, en couvre la partie inférieure. Mais, dit l’auteur cité, on voit ainsi Apollon dans Montfaucon, t. I, pl. 4g et suivantes, et dans le Muséum elruscum, pl. 32, 33, 34-

Apollon se trouve de même vêtu aux n05 92 6 Bel g5gC.[Haut. 2 pal. 6 on. 1/2]-

STATUES ANTIQUES

965 A. — Apollon, marbre de Luni, pl. 49 5. Rome, collection Mattéi, pl. 3.

Sont modernes dans cette statue : la tête, tout le bras droit, la main et le poignet gauches, les jambes et la lyre. Deux petits tasseaux sur le corps et sur la cuisse gauche.

Apollon, nu, debout, en repos sur le pied gauche, lève le bras droit, et appuie l’avant-bras gauche sur le tétracorde posé verticalement sur un tronc d’arbre.

Les formes ne sont pas correctes, les hanches trop fortes, les cuisses grêles. [Haut. 7 pal.]

965 B. — Apollon, marbre de Luni, pl. 476 C. Rome, collection Mattéi, pl. 7.

Cette statue n’a d’antique que le torse et une partie des cuisses. Ainsi la restauration en Apollon est arbitraire. La tête, sans être la sienne, est antique; elle a été restaurée au nez; une pièce est rapportée à l’aine gauche.

Apollon nu, debout, en repos sur le pied droit, porte la main droite sur sa tête, et abaisse la main gauche un peu en avant; il tient la poignée de l’arc.

Dans ce qui reste d’antique , le contour est soigné , mais sans beaucoup de noblesse; la tête, qui n’est pas la sienne, ainsi que nous venons de le dire, a une légère expression de douleur (1). [Haut. 9 pal. 3 on.]

g65 C. — Apollon Sagittaire, marbre grec, pl. 476 C. Rome, coll. Mattéi, pl. 6.

Cette statue représente Apollon décochant une flèche.

La tête est antique, mais rapportée, et elle n’appartenait certainement pas à une statue de ce dieu.

On a indiqué sur la planche les parties modernes, à savoir : un fragment du cou, le bras droit à partir du milieu du biceps, l’avant-bras et la main gauches, la jambe droite à partir du milieu de la cuisse et le pied et le cou-depied gauches. La main qui appartenait à cette restauration a été brisé. [Haut. 8 pal. 10 on.]

(1) Venuti, dans l’explication de ce monument, cite une monnaie de Pescennius, dont le revers offre Apollon 0 crtos. Saint , tenant une petite branche, et, égaré par le double emploi de ce symbole, il confond l’Apollon Saint avec l’Apollon Pacifique. Ces deux personnifications n’ont pourtant rien de commun, chacune des appellations qui les désignent ayant un sens tout à fait différent; et quant au symbole commun, à la branche, elle joue ici, dans l’Apollon Saint, le rôle de lustralis , februa , c’est-à-dire servant aux aspersions, aux purifications ; au contraire, dans l’Apollon Pacifique, èneipr\vaios , elle fait souvenir d’une réconciliation politique, et du mythe de la paix entre Pallas et Neptune. [Haut. pal. g. on. 3.]

DE L’EUROPE

A966. — Apollon Musagète, marbre grec, pl. 4g 6. Angleterre, collection Egremont.

Le dieu de l’harmonie est représenté tenant sa lyre à la main gauche.il 11’est vêtu que d’un manteau et n’a point l’orthostade, qui caractérise ordinairement l’Apollon Musagète. La draperie est fort belle et d’une grande légèreté; le travail en est fin et des mieux soignés. La tête est pleine d’expression, et le mouvement général du corps très-heureux. La moitié de la jambe gauche, du mollet et la cheville ont été restaurés; le bras droit, ainsi que l’épaule, le bras gauche au-dessus du poignet sont modernes, de même que le haut de la lyre. [Haut, environ 5 pi. 6 po. — Petworth, salle Rouge. ]

966 A. — Apollon et Hyacinthe, marbre de Paros pl. 494 B. Londres, collection Hope, inédit.

Apollon se penche à droite sur un de ses jeunes favoris, Hyacinthe ou autre.

Son bras droit est restauré à l'épaule. Il y a sur la tête d’Hyacinthe un arrachement qui autorise à croire que le bras d’Apollon passait dessus. La pose alors était plus naturelle et meilleure qu’à présent.

La tête est celle de la statue, le nez est restauré, les cheveux sont traités d’une manière particulière , ils sont divisés en petites mèches relevées , partagées sur le front et tombant en longues tresses sur les côtés. Le torse, bien exécuté , a cependant un peu de roideur dans son attitude. Le bras gauche est antique et bien rendu; il est restauré au poignet, et la main est moderne; le tenon est antique. Les cuisses ont été fracturées.

La tête d’Hyacinthe est probablement la sienne, mais dans ce cas elle aurait été retravaillée, et ce travail lui donnerait l’aspect d’un autre marbre; les boucles de cheveux tiennent à la tête et aux épaules, et ce n’est que le devant du cou qui a été restauré.

Hyacinthe a dû tenir à Apollon , dont le haut de la cuisse droite touchait le haut de l’épaule gauche d’Hyacinthe; il en a été détaché. Le bras gauche d’Hyacinthe est moderne, les jambes sont fracturées, mais elles paraissent antiques ; elles ont été retravaillées et refrottées comme tout le reste de ce groupe intéressant.

Le torse d’Hyacinthe est fort joli, d’un dessin élégant et de formes jeunes. Il est beaucoup plus petit qu’ Apollon , tel que le pratiquaient les anciens pour mettre une grande différence entre un dieu et un mortel. [Haut. 6 pi. 6 po.]

967. — Apollon Citharède, marbre de Luni, pl. 496. Rome, Musée Pie-Glémentin , pl. i5.

Statue célèbre trouvée parmi les ruines de la villa Tiburtine de Cassius , avec huit Muses, plusieurs autres statues et un certain nombre de portraits

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à gaîne de philosophes (1); ces derniers sont incontestablement dus au ciseau grec.

Le pape Pie VI fit acheter, pour le Vatican, tout le produit de ces fouilles, dans lequel se trouvait notre Apollon.

La tête de cette statue tient au torse; elle est restaurée au bout du nez et au menton. La main droite et un peu plus que son avant-bras, la main gauche et un peu plus que le poignet, la moitié des pieds et l’extrémité des cornes de la cithare sont modernes.

Le dieu de Délos est chaussé; il est représenté en train de marcher, et se portant sur le pied gauche. Sa tunique talaire à courtes manches est serrée, par une large ceinture, contre le haut de la taille; le sirma est agrafé sur les épaules et rejeté derrière ; le mouvement du corps fait que les plis de la tunique sont inclinés et rapprochés, et le manteau est un peu sinué et enflé, en sorte que les plis produisent l’effet d’un faisceau de rayons dardés. Les mains pincent la cithare, qui est suspendue à un baudrier; la corne gauche de l’instrument, la plus en vue, est ornée en dedans d’un petit bas-relief, dont le sujet estMarsyas nu, suspendu, de face. La riche chevelure d’Apollon, arrangée vers le derrière de la tête et retombant sur le cou, est ornée d’une couronne de laurier. L’artiste a sans doute voulu montrer que cette couronne est supposée d’or, car elle est enrichie au milieu d’une pierre fine montée.

La tète tournée légèrement à droite, regarde un peu en haut. Il est évident que le dieu chante et s’accompagne. Les Grecs nommaient prosodion ce qu’on chantait dans la traversée vers un temple, mais avec accompagnement de flûtes; et ils nommaient proprement hymne, ce qu’on chantait en repos, et en s’accompagnant de la cithare. (Proclus, cod. 23g Bibl. Photii.) Donc notre Apollon chante plutôt un paian, chant antique et solennel, sur lequel on peut consulter Aulu-Gelle, Noct. Att. et Macrohe, Sutura.

A mon avis, on a fourni une direction erronée au restaurateur, car il aurait mieux fait de donner le plectrum à la main droite, ainsi qu'on le voit constamment sur les vases peints. Visconti, dans l’explication de ce monument, n’a présenté aucune vue nouvelle, et c’est à tort qu’il nomme la tunique palla, car elle en diffère complètement, Apollon ne semble pas assez svelte; mais si ce défaut existe, il est racheté par de bien grandes beautés. [Haut. 8 pal. 6 on.]

+ 968. — Apollon Musagète, bas-relief de ï Apothéose d’Homère, pl. 496. Londres, Musée britannique.

Sur le bas-relief de l’Apothéose d’Homère, Apollon et Clio sont à l’entrée d’un antre et font groupe. (Voyez page 247.) Tous les deux sont debout.

Apollon , à droite de Clio , est vêtu d’une ample tunique , et le péplus jeté par derrière encadre la figure des deux côtés ; la tunique est à manches et serrée par une large ceinture. Ses cheveux sont arrangés à la manière des femmes , et deux longues tresses tombent sur les seins.

Il est au moment de jouer de la lyre, qui est suspendue à son côté gauche ; le bras droit est allongé et la main tient le plectrum.

(1) Le portrait de Phidias faisait partie trouvé, et on ignore encore les traits de de la collection, ainsi que le prouve la l’illustre sculpteur. (Voir ce que nous digaîne qui porte son nom ; il n’a pas été re- sons sur cette fouille , page J 1 8, à la note.)

DE L’EUROPE. 2 d»’]

968 A. — Apollon Müsagète, marbre, pl. 498 E. De l’île

de Santorin.

Le dessin de celte statue a été pris dans l’île de Santorin. C’est évidemment le corps d’un Apollon Müsagète, et nous n’avons qu’à renvoyer aux n°* 926 C, 968 et au suivant.

968 B. — Narcisse, marbre de Luni, pl. 482 D. Rome, villa

Pamphili.

La tête de cette statue est la sienne, mais rattachée ; elle a un tasseau sur le devant du cou. Sont modernes tous les doigts de la main droite, la moitié du biceps gauche , et la draperie, qui est en stuc ; un tasseau sur le torse et sur la rotule du genou droit. H y a deux cassures au bras droit (sous l’aisselle et à la moitié du biceps) ; il y en a aussi au bras gauche sous le deltoïde, à la jambe gauche sous le genou , et aux doigts du pied.

L’examen que nous avons fait faire du marbre même, a donné à l’observateur l’opinion que la statue représentait un Niobide plutôt que Narcisse. [Haut. 6 pal. 6 on.]

968 C. — Prométhèe, marbre, pl. 482 D. Florence, Gori,

pl. 8 et 9.

Nous donnons cette statue sous deux aspects , de face et de profil. Mais , par erreur, le dessin qui la représente de face a été placé sous un autre numéro et sur une autre planche, et même a reçu le nom d’Apollon, que lui donne Gori. C’est le n° g53, pl. 491.

Gori donne cette statue comme un Apollon Cœlispice, et refuse d’y voir un Prométhée, à raison de ce qu’elle porte l’arrangement des cheveux particulier à Apollon. Quant au flambeau, cet accessoire lui a paru non déplacé dans la main d’Apollon, qu’une pierre gravée du cabinet de Florence présente avec une lampe à la main.

Malgré cette autorité, nous avons donné la statue comme un Prométhée. Les traits de la figure, son attitude, et surtout le flambeau, nous ont paru décisifs dans ce sens.

Gori qualifie cette statue de presque colossale, et même la croit l’Apollon Cœlispice que Publius Victor nous apprend s’être trouvée à Rome, dans la neuvième région.

Quant aux restaurations, il est probable qu’elle en porte; mais Gori n’en dit 'rien, et les éloges qu’il lui donne supposent, à notre avis, une statue bien conservée.

969. — Apollon Müsagète, marbre, pl. 496. Rome, Cavaceppi, t. II, n° 2 4.

En l’absence d’une couronne de lauriers, on se demande si cette figure

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offre Apollon plutôt qu’une Muse. On sait que beaucoup de nos Muses ont le péplus disposé de cette manière. Notre figure est élancée, au point qu’elle paraît marcher en jouant de la lyre. [Haut. 8 pal. 8 on.]

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