‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 4)Chapitre 427 sur 436 · Mnémosyne, marbre, pl. 497- Musée de Dresde · texte numérisé non relu

Mnémosyne, marbre, pl. 497- Musée de Dresde

Le musée de Dresde possède trois statues de femmes, considérées comme ayant fait partie des premières statues trouvées à Herculanum.

DE L’EUROPE

Au commencement du xvm' siècle, le prince d’Elbeuf, propriétaire d’une villa aux environs de Portici (1) , fit creuser un puits, qui, par le hasard le plus heureux, pénétra jusqu’à un amas de marbres et de statues. Ce fut la première manifestation de la ville souterraine d’Herculanum. Des fouilles furent faites secrètement, et, lorsque l’heureuse découverte fut divulguée, le prince d’Elbeuf avait envoyé les plus belles statues à son oncle le prince Eugène de Savoie.

Nos trois statues ont orné d’abord la résidence du célèbre capitaine, et à sa mort elles furent achetées par l’électeur de Saxe, Auguste III (voy. notre introduction, p. CCXCIII.)

La fouille dont nous venons de parler avait rencontré un temple, qu’une statue d’Hercule fit considérer comme un temple de ce dieu. Là étaient les trois statues de femmes avec quelques autres, qu’on ne connaît pas spécialement.

Nous donnons la principale de ces statues, sous le nom de Pudicité, au n° 1889. La troisième n’est qu’une copie de celle-ci, et Becker ne la donne pas.

On remarque à ces trois statues une coiffure semblable à celle qu’on voit à Plautille sur un buste du musée du Louvre (2) et à la Mnémosyne suivante, qui provient aussi d’Herculanum. Leur pose est d’ailleurs à peu près la même.

La tête de celle-ci a été séparée du tronc , mais on a tout lieu de croire que c’est la sienne. Le pied droit manque, bien qu’il se trouve à notre gravure comme sur celle de Becker. La draperie est bien conservée, sauf un morceau qui manque au côté gauche. — Becker, pl. 24- [Haut. 5 pi. U po.]

973 A. — Mnémosyne, marbre pentélique, pl. 4p8 C. Naples, musée Borbonico, n° 2 63.

Belle statue grecque, trouvée à Herculanum.

Celte femme, enveloppée entièrement de son ample manteau, ne laisse voir que la main droite, qu’elle élève au-dessus du sein.

Les cheveux sont à petites spirales symétriques.

La tête est celle de la statue, et n’a été que replacée. Ce marbre nous offre donc un portrait en pied.

La draperie, d’une grande beauté, ne cache rien de l’élégance des formes. [Haut. 8 pal.]

973 B. — Mnémosyne, ou mieux Polymnie, marbre de Carrare, pl. 498 F. Rome, collection Giustiniani, pl. 73.

Celle des Muses qui, par son costume et sa pose, approche le plus de leur mère, est sans aucun doute Polymnie, à tel point qu’il est parfois difficile de les distinguer. La seule différence remarquable, c’est que Mnémosyne laisse

(1) Ce palais existe encore, mais en mauvais état; ce qui en reste annonce de la magnificence.

(2) Voyez la gravure de ce buste, t. VI, pl. 1098.

STATUES ANTIQUES

2/lO

seulement à peine entrevoir ses mains, voilées qu’elles sont par le péplus, et que son maintien est beaucoup plus calme. Sa fille a une physionomie plus animée; elle laisse paraître une main et découvre complètement l’autre. C’est ce qu’on peut observer dans la statue de Mnémosyne , ayant son nom écrit en grec sur sa base (970), et dans la statue de Polymnie provenant de la villa de Cassius, toutes les deux à présent au Vatican.

Ces considérations nous conduisent à croire que cette statue représente plutôt une Polymnie, qui, debout, tournée un peu à gauche, étroitement vêtue de haut en bas dans son péplus , laisse pourtant entrevoir le mouvement des bras, et montre nu le poignet droit et le bout des doigts de la main gauche. Tout le côté droit est en action; la chevelure riche et bien peignée, le diadème latin est censé enrichi au centre d’une grosse pierre fine, la tunique est talaire et les pieds ont des sandales.

Cette statue est parfaitement conservée. La tête, de bon travail, est la sienne, et n’a été que cassée; les épaules sont restaurées derrière, comme l’indique la gravure, et la main droite n’a de moderne que l’index et le medium.

C’est la pose et le vêtement de la figure suivante, sauf une différence provenant du mouvement de la tête. r

Je ne la proposerais jamais aux artistes comme modèle à suivre pour la distribution, l’harmonie et la vérité des draperies, qualités auxquelles l’auteur a fait défaut. L’œil y est fatigué , les lignes se croisent presque dans tous les sens; des plis s’arrêtent brusquement sans raison , trop hâtés de faire place au relief du nu, mais la beauté de la tête rachète tous ces défauts. [Haut. 7 pal. 9 on. 1/2.]

973 C. — Mnémosyne, marbre de Luni, pl. 498 F. Rome, collection Giustiniani, pl. 74.

Ce que nous avons dit à l’article précédent est en tout applicable à cette statue : ces deux simulacres paraissant être des copies faites, pour ainsi dire, de mémoire et sans trop de servilité du même original.

Ici une tête antique est rapportée en place de celle de la statue ; c’est une têteportrait de l’époque d’Alexandre Sévère. Elle a de moderne le nez et la chevelure. Le masque seul serait antique ; et serait , d’après notre correspondant , celui de Julia Pia. Sont, en outre, modernes: les doigts de la main droite, les deux premiers de la main gauche, le pan du manteau sous cette main, et çà et là des pièces considérables de plis.

Pose et vêtement fort semblables à ceux de la précédente.

C’est avec une parfaite intelligence du sujet que l’antiquité ne laissait voir dans la Muse de la pantomime que la figure et les mains, pour faire sentir que les moyens de cet art se bornaient presque à cela, et pourtant l’effet devait en être puissant et d’une grande variété, afin que l’éloquence du geste ne restât pas au-dessous de l’éclat delà parole. [Haut. 7 pal. 10 on. 1/2.]

O 974. — Mnémosyne, terre cuite, pl. 498. Paris, collection

Durand, inédite.

Statue vêtue d’une tunique talaire et presque entièrement recouverte d’un

DE L’EUROPE

2 lx 1

amplepéplus : elle relève ce vêtement à la hauteur de l’aine ; l’avant-bras gauche est caché derrière le dos. La tête est ornée d’un diadème. [Haut. 7 pouces.]

0975. — Mnémosyne, terre cuite, pl. 498. Paris, collection

Durand, inédite.

Cette jolie figurine est, comme la précédente, enveloppée de son péplus.

Le bras droit, à peine sensible sous le vêtement, paraît allongé, et le bras gauche passe par derrière.

Ses cheveux sont redressés de manière à encadrer la tête.

Grosses boucles aux oreilles. [Haut. 7 pouces.]

0 976. — Mnémosyne, terre cuite, pl. 498. Paris, collection

Durand, inédite.

Autre figurine entièrement enveloppée du péplus. Les bras en sont tout à fait couverts , mais non dissimulés; la main gauche s’appuie sur la hanche, et le bras droit pend le long du corps.

Les cheveux retombent sur les épaules. [Haut. 7 pouces.]

976 A. — Mnémosyne, marbre, pl. 498. Rome, Musée Pie- Clémentin, t. III, pl. 2 5.

Statue trouvée à Otricoli.

La tête est la sienne , et on y reconnaît du premier coup d’œil une tête portrait. L’arrangement des cheveux se rapporte aux temps des empereurs de la famille Flavia, ou à ceux qui suivirent immédiatement.

• Aussi, dans le Musée Pie-Clémenlin , Visconti l’a nommée Statua féminité in. sembianza di Musa. Il a vu dans sa pose et l’arrangement de la draperie ceux de la Muse Polymnie. Nous l’avons classée dans les Mnémosynes, à raison de ce que sa main gauche, pendante, n’est pas recouverte de ladraperie. ( Voy. 973 B, 973 C(i).

976 B. — Mnémosyne, marbre grec, pl. 498 F. Rome, collection Giustiniani, pl. g 5.

Nous avons aussi placé parmi les Mnémosynes cette statue, que les catalogues romains donnent pour une Pudicité.

Notre statue a le genou droit légèrement plié , ce qui peut indiquer une marche lente et à petits pas. L’ample tunique est presque entièrement recouverte d’un péplus plus ample encore, dans lequel les bras et les mains ont tant soit peu roulé; ses cheveux, fort en ordre, sont parés du diadème.

(1) Voyez au n° 2261, une statue de même arrangement laissée parmi les femmes inconnues.

STATUES ANTIQUES

La tête semble n’avoir pas été séparée du corps. Sont modernes : le nez, les lèvres et le menton, la main droite avec une légère partie des plis qui la couvrent, la main gauche et son poignet, l’orteil et le doigt suivant du pied gauche. [Haut. 8 pal. 3 on.]

* 977 et 97^ — Mnémosyne ou Polymnie, marbre, pl. 329. Château des Tuileries.

Nous réunissons ici deux statues que nous dirions tout à fait semblables sans une légère différence dans la pose de la jambe droite.

Elles nous présentent une femme assise et entièrement enveloppée de son péplus, qui lui monte jusqu’au menton; sa jambe droite est croisée sur la gauche; son bras gauche est placé sur ses cuisses, et sert de support au bras droit accoudé ; elle porte la main au menton. C’est la pose de la méditation : mais est-ce Polymnie ou Mnémosyne?

On sait que les statues de celle Muse et de sa mère présentent également l’attitude de la réflexion. Polymnie se reconnaît à un plus grand abandon, à plus d’animation dans la pose : elle est d’ordinaire accoudée sur un cippe ou sur un rocher, et ce n’est qu’à ces figures que l’on voit les bras croisés; d’autre part, elle doit avoir les traits plus jeunes que sa mère.

11 est donc plus naturel de voir Polymnie dans les deux statues. [Haut, de la première, im 35o; haut, de la seconde, im 320.]

a 978 A. — Mnémosyne, marbre grec, pl. 498 B. Rome, collection Giustiniani, inédite.

Petite statue d’une conservation parfaite. Rien n’y manque; seulement la tète et une partie du siège ont été replacés, après avoir été détachés.

Notre déesse ressemble en tout point à la Mnémosyne du Vatican (n° 970) , sauf qu’elle est assise et n’a pas de tunique.

Mnémosyne porte ici ses cheveux arrangés sans coquetterie; elle incline la tête à droite ; elle est chaussée et assise sur un siège fort simple. Un ample paL lium cache les mains, circonstance qui empêche de faire de cette Muse une Polymnie ; l’absence de la tunique est évidente, car le milieu des seins, laissé à découvert par le pallium , est à nu.

Mnémosyne représente la méditation, l’étude, la philosophie, soit dans les arts , soit dans les sciences.

L’étude des arts exigeant du mouvement, et s’accommodant de la pauvreté moins que les savans, fut représentée par Mnémosyne debout et parée. Plus simple et assise, elle rappelle alors la Philosophie. Les philosophes ont été représentés en général sans tunique, uno contenti pallio, et assis sur des monumens. Notre Mnémosyne doit donc être celle des savans. [Haut. 1 pal. 9 on.]

978 B. Mnémosyne, marbre grec, pl. 498 B. Rome ,

collection Torlonia.

Statue trouvée à Rome hors la porte Saint-Sébastien.

DE L’EUROPE

La tête , non-seulement est la sienne , mais n’a pas été détachée.

Sont modernes : la main droite en partie, la main gauche, un fragment de draperie sur le ventre à gauche, un autre fragment au bas de la draperie à droite, enfin le pied gauche et partie de la plinthe. [Haut. 7 pal. 2 on.]

* 979- — Mnémosyne, marbre de Carrare, pl. 298. Musée du

Louvre , n° 5 1 1 .

La tête de cette statue est moderne: c’est une tête de Junon , qui ne convient nullement au reste de la figure. Mais la tête. antique était voilée, puisque les épaules portent le bas du voile.

Nous avons placé cette statue avec les Mnémosynes, à raison de la ressemblance qu elle a par la pose des bras et l’arrangement du manteau avec les autres statues de la mère des Muses. [Haut. im,g35 — 5 pi. 1 1 po. 6 li. ]

* 980. — Mnémosyne, marbre de Paros, pl. 298. Musée du

Louvre, n° 5i 8.

La tête de cette statue est restaurée comme la précédente. Sont modernes, en outre : l’épaule gauche avec la main droite, que la figure porte à cette épaule; le bandeau de la draperie qui enveloppe le bras gauche, les deux pieds.

La pose et l’arrangement du péplus sont à peu près ceux des figures classées comme Mnémosynes. [Haut. im,goo =: 5 pi. 10 po. 6 li.]

a 980 A. — Mnémosyne, marbre blanc, pl. 498 B. Munich, Glyptothèque , n° 2 35.

La tête de cette statue est moderne. La manière dont elle est vêtue et dont elle cache sa main sous la draperie paraît être une allusion à ce mouvement qui tâche de rentrer en soi-même, pour rappeler une chose à la mémoire. C’est cette disposition particulière qui fait reconnaître que l’on a sous les yeux Mnémosyne. [Haut. 2 pi. 3 po. aîlem.]

MUSES. — Observations générales.

Désireux de réunir dans notre ouvrage l’ensemble le plus complet des différentes représentations de Muses, nous avons été amené à ajouter à celles que nous fournissent les statues qu’offrent les collections de l’Europe, d’autres qui se trouvent sur quelques bas-reliefs célèbres , et même les Muses peintes trouvées à Herculanum.

Nous donnerons en conséquence, i° les neuf Muses et l’Apollon Musagète qui se trouvent sur le bas-relief de l’Apothéose d’Homère, aujourd’hui au Musée britannique^0 celles du sarcophage d’Atiu s, qui fait l’un des ornemens de notre musée ; 3° celles d’un autre sarcophage de la villa Montalto , devenu , vers 1802 , la propriété de M. Townley, et qui se trouve aussi en Angleterre.

STATUES ANTIQUES

Les Muses du bas-relief de l’Apothéose d’Homère sont placées sous les n0’ 983, 1012, io4i , io5i, 1059, 1081, 1087, 1107, 1118; l’Apollon Musagète se trouve avec les Apollons, n° 968, pl. 4g6. (Voir la description de ce bas-relief, n° g83.)

Les Muses du sarcophage de notre musée sont au nombre de onze , parce que Calliope et Eralo sont reproduites sur les côtés, où l’une fait face à Homère, l’autre à Socrate. Les neuf Muses de la face du sarcophage sont sous les nos 982, 1011, 1026, 1049, 106°i 1079, 1086, no3, 1117. Les deux Muses latérales sont sous les nos 1080 et 1116. La gravure du bas-relief entier est au tome II, pl. 2o5 ; le texte est aussi au tome II, p. 243.

Les neuf Muses du sarcophage de la villa Montalto se trouvent sous les nos 995, ioi4, 1042, io53, 1061, 1078, 1090, il 19. Nous donnons la description de ce sarcophage à l’article Euterpe, n° 101 4.

Ce bas-relief a été gravé, vers l’année 1802 , par les soins de M. Townley. Nos dessins, toutefois, n’ont pas été pris sur cette gravure, mais sur une vignette qui orne l’ouvrage par lequel M. le comte Alexandre de la Borde a fait connaître au public la mosaïque d’Italica. Cet emprunt à l’ouvrage de M. de la Borde est la cause pour laquelle, dans la gravure des planches, nous avons mis l’indication mosaïque d’Italica , et le mot Espagne s’y est aussi glissé.

Ce bas-relief se trouve aujourd’hui dans X' volume de l’ouvrage de Combes, à la planche 44-

Les Muses peintes d’Herculanum, au nombre de huit, sont sous les n°‘ 981, 1024, io43 A, io55, io64, 1082, 1097, 1112.

Ces Muses furent données par le roi de Naples Joachim Murat à l’impératrice Joséphine. C’était un présent vraiment royal. Trouvées à la Malmaison après le décès de l’impératrice, elles devinrent, par un traité particulier, la propriété de M. E. Durand. En 1825, cet amateur éclairé les a cédées à la liste civile avec les autres antiquités qui ont fait le fonds du musée Charles X (1).

A ces huit peintures a toujours été jointe une neuvième de même grandeur, représentant Apollon Musagète assis. Nous ne l’avons pas publié. On le verra dans les ouvrages sur Herculanum.

On a trouvé à Herculanum le nombre des Muses au complet; mais la peinture représentant Euterpe était si endommagée, qu’on ne l’a pas publiée avec les autres, et c’est probablement pour la même raison qu elle ne fut pas envoyée à Joséphine.

Les musées de Rome renferment d’autres sarcophages qui représentent le chœur des Muses; l’un fait partie de la collection Mattéi, et l’inscription antique nous apprend qu’il appartenait à Anteros, affranchi d’AulusPinarius, et à Myrsine, affranchie de Caia Oppia. (Voir la description de ce sarcophage, n° ioi4, à la note.)

La galerie Giustiniani renferme deux de ces sarcophages , publiés avec cet ouvrage, tome II, pl. n4 et i4o.

Sur le premier, un homme jeune est assis au milieu des Muses. Vêtu d’une

(1) Elles figuraient pour 10,000 francs sur le catalogue des objets à céder.

DE L’EUROPE

ilxh

tunique et d’un pallium, il tient à la main gauche un volume ouvert, et fait de la main droite un geste de déclamation. Sa tête n’a pas de couronne. Le sculpteur paraît avoir représenté plutôt un poète qu’Apollon.

Sur le second sarcophage, Minerve est au milieu des Muses; mais à l’une des extrémités est un jeune homme nu , avec la chlamyde sur les épaules. Il porte un carquois, et ses cheveux offrent un arrangement qu’on voit à beaucoup de statues d’Apollon. Un griffon ailé est à ses pieds.

Au prieuré de Notre-Dame, sur le mont Aventin, il y a eu aussi un sarcophage représentant le chœur des Muses, dent la gravure se trouve en vignette dans le Muséum Capiiolinum, tome IV, p. 127.

Au milieu des Muses est un homme debout, vêtu à la grecque, tenant de la main gauche un volume qui se déroule de haut en bas. A sa gauche, est Minerve debout.

Toutes les Muses de ce sarcophage ont la tête ornée de deux plumes , et Thalie a un vêtement de peau qui colle sur le corps. Sur l’un des côtés , on voit Pythagore assis, regardant un globe; sur le côté opposé est Homère, également assis, tenant un volume à la main.

Cette sculpture paraît être du temps de l’empereur Décius Trajan (1).

+ *981. — Clio assise, peinture d’Herculanum (2), pl. 499. Musée du Louvre, autrefois à Naples.

Appuyée de la main droite sur son siège, Clio tient à la main gauche un volume ouvert , qu’elle élève pour le lire. Sa tête est couronnée de laurier , ses cheveux retombent sur les épaules; elle a des boucles d’oreilles en or. Sa tunique, à demi-manches, est de couleur violette, et les franges sont en or: on n’en voit qu’à la partie qui couvre le ventre , attendu que le bas du corps est enveloppé du péplus. Ce dernier vêtement, de couleur rouge, est attaché au derrière du cou, et, après avoir servi à encadrer le buste, enveloppe, comme nous l’avons dit, les cuisses et les jambes.

(1) On trouve un sarcophage des Muses dans le Musée Pie-Clémenlin, t. IV, pl. i4- Apollon est au milieu du chœur, ayant le pied gauche sur un griffon, et tenant sa lyre sur sa cuisse. A sa droite Erato, Melpomène, Thalie, Euterpe, Polymnie; à gauche, Clio, Terpsichore, Uranie, Calliope; Minerve, paraît entre la première et la deuxième Muse à gauche. C’est, selon Visconti, une sculpture du temps de Commode.

On en voit un dans l’ouvrage de Cavaceppi, t. II, n° 58.

11 y en a eu un au palais Barherini , trèssemblable à celui du prieuré de Sainte- Marie in Aventuri.

Enfin , dans l'ouvrage sur la villa Mattéi , t. III, p. 32, au sujet du sarcophage de cette collection, on parle de deux autres sarcophages à Muses. L’un était à l’église Saint-Grégoire, in cliva scauri , où il avait servi de marchepied.

L’autre avait existé dans un monastère au pied du mont Soracte, in Castro S. Edisti , moine du Mont-Cassin, trouvé à Mantoue, en 1 532. On avait recommandé à l’abhé de Saint-Paul de veiller à la conservation de cette sculpture. Galetti en parle , Capena municipio dei Romani , p. 2 4-

(2) Nous expliquons pourquoi nous donnons ces peintures à l’article général, p. 2 43.

2 46 STATUES ANTIQUES

La Muse a les pieds nus et des bracelets en or au poignet.

A côté du siège est un scrinium renfermant six volumes. On remarque à tous ces volumes et à celui que Clio tient à la main une bande de parchemin , ou autre peau , qui servait à les étiqueter.

Sur le volume ouvert se lisent les mois : KAEICl) ICTOPIAN.

+ * 982. — Clio, bas-relief du sarcophage des Muses, pl. 499-

Musée du Louvre, n° 307.

Sur le sarcophage de notre musée (1), Clio, placée à l’une des extrémités derrière Thalie, paraît s’occuper de composition.

Appuyée du côté gauche sur un cippe, et croisant la jambe gauche devant la droite, elle tient au-dessus du cippe un rouleau déployé; elle lève la main droite comme si elle tenait un stylet.

Son péplus, qui l’enveloppe entièrement, ne laisse paraître que la main droite.

+ 983, — Clio, bas-relief de l’Apothéose d’Homère, pl. 499- Londres, Musée britannique.

Clio est debout avec Apollon devant un antre , et fait groupe avec lui. Légèrement tournée vers la droite , elle regarde Apollon , qui va jouer de la lyre. Son péplus la couvre jusqu’aux genoux; le bras gauche en est caché jusqu’au poignet; le bras droit, qui en est entièrement couvert, l’écarte vers Apollon. C’est le geste de l’attention (2).

Nous plaçons ici une courte description du bas-relief de l’Apothéose d’Homère.

Ce bas-relief représente le mont Hélicon. Jupiter est au sommet, assis ; Mnémosyneest auprès de lui. Les neuf Muses et Apollon se trouvent au-dessous, placés sur deux terrasses qui, en langage technique, font deux plans. Sur le premier plan on voit Calliope, Thalie, Melpomène, Euterpe et Erato ; sur le second, Terpsichore, Uranie, Polymnie, Apollon et Clio.

C’est dans un plan inférieur que se trouve l’Apothéose d’Homère. Ce poète, assis, y reçoit les honneurs divins. Deux petites ligures agenouillées à ses côtés représentent l’Iliade et l’Odyssée. Cybèle et Saturne sont placés derrière lui : la première le couronne; devant lui sont un autel et une série de ligures re-

(1) Voyez ta gravure du bas-relief entier, sous du genou. Son péplus, roulé en t. II, pl. ao5; le texte, même vol. p. 243. écharpe, traverse le ventre de droite à gau-

(2) La figure de l’Histoire, qu’on voit cbe, s’enroule au poignet, comme à la sur la zone inférieure du bas-relief, et qui Clio du bas-relief Montalto (voy. 995). La jette des parfums sur l’autel , a une double partie jetée sur l’épaule gauche descend tunique dont la première descend au-des- jusqu’à terre, enveloppant le bras.

DE L’EUROPE

présentant l’Histoire, la Poésie, la Tragédie, la Nature, la Vertu, la Bonne Foi, la Mémoire et la Sagesse. Un Camille etun bœuf sont auprès de l’autel. Toutes ces figures, moins Homère, ontleur-nom inscrit sous leurs pieds.

Page 1