CCLXXVII
très-grave inconvénient pour une figure qui tire de l’arc; eh bien! la description est de même! elle transporte à gauche tout ce qui est à droite, et à droite tout ce qui dans le chef-d’œuvre original est à gauche ; il en est ainsi de beaucoup d’autres statues que certainement Montfaucon avait vues ou devait avoir vues, et il n’est pas toujours possible de rectifier ces erreurs. Son savant ouvrage offre en outre l’inconvénient de ne donner presque jamais ni la matière , ni les mesures des statues; il ne s’occupe que du sujet, et l’on peut aisément prendre pour une statue ce qui souvent n’est qu’une figurine en bronze ou une petite maquette en terre cuite, ou, tout au moins, l’on reste dans le doute, et, quelque soin que j’aie pris, je suis loin de répondre qu’il ne se soit pas glissé quelques figurines parmi ce que j’ai cru reconnaître pour des statues. N’en parlant que sous le rapport mythologique ou historique, le savant bénédictin n’apprend rien, si l’on peut s’exprimer ainsi, sur le personnel de la figure, et sur ce qu’elle offre sous le rapport de l’art; et l’on n’en sait guère plus sur sa provenance. Je ne dirai rien des pierres gravées et des médailles : celles qui sont au trait, genre de gravure qu’on pratiquait peu et mal autrefois , sont en général lourdes et mal rendues, et celles dont la gravure est terminée manquent de caractère et de style antiques. Il faut cependant bien se garder d’accuser trop légèrement un homme d’un si haut mérite et d’un si profond savoir que Dom de Montfaucon, qui, par tant de beaux, d’immenses et de doctes ouvrages, a mérité toute la reconnaissance des lettres anciennes et des arts. C’est lui qui, pour ainsi dire, a le premier ouvert et tracé une route sure à travers le dédale et les ténèbres de l’antiquité retracée par les monumens. Avant lui les interprétations semblaient souvent plutôt le fruit de l’imagination que les combinaisons de l’érudition. 11 sut les réduire à une marche plus réglée; et ce n’est pas une petite gloire pour cet illustre savant, si versé dans toutes les branches de la littérature ancienne, de la paléographie, de l’histoire, de la chronologie, d’avoir, dans l’archéologie et dans les arts du dessin chez les anciens , préparé et aplani la voie aux Winckelman, aux Bottari, aux Zoéga, aux Visconti et aux autres archéologues qui, s’ils ont poussé plus avant que lui la carrière si épineuse de l’antiquité figurée, l’ont fait en marchant sur ses traces et en entretenant le flambeau qu’il avait allumé. De nouvelles découvertes, fécondes en nouveaux rapprochemens , leur ont fait porter cette lumière d’une manière plus certaine et plus vive sur une foule d’objets; mais ils n’en doivent pas moins une partie de leurs succès et de leur bonheur aux investigations de Dom de Montfaucon. Ne serait-ce pas un hommage à rendre à cet homme célèbre, dont s’honore la France, et en même temps aux arts et à l’archéologie, qui le regardent comme leur patriarche, que de reproduire deux de ses savans ouvrages : l' Antiquité expliquée par les Monumens j et les Monumens de la Monarchie française? Ils deviendraient beaucoup plus utiles et surtout plus commodes à consulter si l’on supprimait le texte latin et qu’on les réduisît à l’in-quarto, bien imprimé et à deux colonnes; ce serait une réduction de plus des deux tiers du nombre des volumes. II serait d’abord indispensable d’élaguer ce qui serait reconnu
CCLXXVIII
INTRODUCTION
pour n’être pas antique, et que n’eût probablement pas manque d’écarter Montfaucon, s’il eût pu voir les originaux dont on lui faisait passer les dessins : ce serait un travail délicat et assez difficile, parce qu’il s’agirait de les retrouver, car on peut croire qu’il en est un grand nombre de perdus ou dont on ne connaît plus l’emplacement; on serait réduit alors à ne les donner que dans une partie consacrée aux monumens douteux; je dis douteux , les faux étant entièrement rejetés.
Cet ouvrage ne devrait être grave' qu’au trait, mais un trait soigne' et fait en conscience, avec une légère indication d’effet. Il est inutile de dire que, le format étant plus petit, tous les dessins seraient à refaire, et, autant que possible , d’après les monumens originaux ; les figures de statués ne perdraient rien à être moins grandes , d’autres objets y gagneraient , et le nombre des planches ne serait pas aussi considérable : je suis persuadé qu’il y en aurait moins que ce qu’en présentera mon Musée de Sculpture, etc.
Quant au texte, en donnant religieusement celui de Montfaucon, il serait nécessaire, lorsqu’il y aurait lieu, de faire connaître les opinions que depuis lui les antiquaires ont émises sur les monumens qu’il produit, lorsqu’il se trouve des divergences ou des modifications. Cet ouvrage, si recom mandable d’ailleurs , se trouverait par ces additions, que ferait aujourd’hui Montfaucon s’il donnait une nouvelle édition , au niveau des connaissances archéologiques actuelles.
NOMS DES SUJETS
Abondance; raisins à la main droite, élevée;
épis dans la gauche , abaissée
ou Fortune; tunique longue, à manches courtes et larges, d’étoffe gaufrée; grand pépius à ceinture froncée ; longues tresses; main droite, abaissée, relevant le pépius; corne d’abondance au bras gauche. . Agrippine, mère de Néron, en Cérès ou Isis?? ? en longue tunique et en manteau, qu’elle relève de la main droite; coiffure en tresses
Allius Severus (Lucius), dans le costume d’Apollon ; manteau à mi-corps et sur l’épaule droite (gravé à rebours); le bras gauche manque; main droite abaissée; grande statue en marbre; longue inscription.
Amazone du Capitole, gravée à rebours
; tunique courte au-dessus du genou,
h double ceinture; sein droit découvert; jambes nues; main droite élevée; bouclier,
celra, au bras gauche, abaissé
Amours (Deux) dont un couché, dormant. . . . Apollon, jeune, et Fan qui lui apprend à jouer de la llùtc; gravé à rebours
PROVENANCES
VOLUMES
et
parties.
PLANCHES
et
FIGURES
Rec. Maffei
I, part. II..
205, üg. 14.
Boissard
III, part. I..
23, Cg. 1.
Maffei
Idem ......
16, Cg. 2.
Rome
Suppi. in...
10, Cg. 2.
Trouvé à Apt
Idem
Ap.pl. 4, f. 1
Maffei
Suppl. III. .
14, Cg, 2.
14, Cg. 4.
Pas d’indication
I, part. I . . .
Maffei
INTRODUCTION
NOMS DES SUJETS
Apollon du Belvédère; mal gravé; k rebours ; texte de même
lycien, nu; cheveux longs; gravé à
rebours
nu; cheveux longs; lyre k ia main
gauche; main droite abaissée
nu ; jambes croisées ; la lyre aux
deux mains; cygne; gravé k rebours
Tortor, nu; cheveux longs; couteau k la main droite ; peau et tête de Mar-
syas dans la gauche
étrusque. Voy. Gladiateur.
; carquois sur i’épauie ; main gauche
élevée ; serpent et un tronc d’arbre
; main droite sur ia tête; appuyé k
gauche sur sa lyre
; cheveux longs ; iyre k la main
gauche ; plectrum k ia droite
Archigalle ; marbre; 6 pi
Atalante; tunique très-courte; pardalidc à ceinture ; tenant ies pans de sa robe de ia main droite abaissée et de ia gauche relevée;
pas mal gravé , mais sans style
Athlète étrusque, plutôt Apollon; nu, couronné de iauricr; main droite sur ia hanche; grande partie du bras gauche manque ; bracelet dans ie haut; collier formé de bulles; chaussure élevée laissant ies doigts nus; inscription en deux lignes sur ia
cuisse et la jambe gauches
Atlas nu , portant ie monde
Auguste, en costume guerrier; vêtu du paludamentum, manteau militaire, de ia cuirasse prenant ia forme du corps; jambes nues; chaussé du campagus , doigts découverts; main gauche élevée , ie parazonium dans ia droite
Bacchant; coupe k ia main gauche; grappe
k la droite
Bacchante; nébridc; guirlande croisée
; ies mains élevées; grappe dans
ia gauche, appuyée sur un cep de vigne. Bacchus enfant portant des fruits dans sa
nébride
• • porté par un Faune (Faune
k i’enfant du Musée du Louvre, n° 709).. .
■ " ■ ■— sur les épaules d’un Faune. .
— — couronné de pampres; thyrse à ia main gauche; nébride; k droite panthère
mangeant des raisins
tenant une coupe à ia main gauche;
s’appuyant k droite sur un vase posé sur un
cippe
s’appuyant sur un Faune
s’appuyant k droite sur un cep
PROVENANCES
VOLUMES
et
PARTIES
PLANCHES
et
FIGURES
Vatican
I , part. I . . .
49, Cg. 2.
54, Cg. 3.
Idem
Suppl. I.. . .