‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des Tuileries (volume 5)Chapitre 29 sur 92 · DIVINITES D’APRES LES MEDAILLES GRECQUES · texte numérisé non relu

DIVINITES D’APRES LES MEDAILLES GRECQUES

2701. — Jupiter, médailles , pl. 1001.

Cette tête est empruntée aux monnaies de Béotie (Mionnet, t. III, Suppl. p. 5o6), qui offrent d’ordinaire , au revers, la Victoire debout; c’est le Jupiter Eleuthérios adoré en Béotie, ce qu’indique la couronne de laurier que porle le dieu.

2702. — Jupiter Ammon , médailles, pl. 1001.

Cette tête se voit sur les médailles grecques de la Cyrénaïque , qui portent, au revers, la figure du silphium. (Mionnet, t. VI, p. 554 et suiv.) Elle représente le dieu égyptien Amoiin,- identifié au Jupiter grec sous le nom de Jupiter Ammon. Ce dieu égypto-grec a les cornes de bélier qui caractérisaient Amoun. Son type rappelle un peu le type égyptien.

2703. — Jupiter Dodonéen, médailles , pl. 1001.

Cette tête de Jupiter, qui se voit sur les médailles d’Epire (Mionnet, t. II, p. 4y) , est couronnée de chêne. Cette couronne rappelle les chênes qui se trouvaient près du temple de Dodone et qui rendaient des oracles. Le type de ce dieu pélasgique est tout grec. C’est le dieu du ciel par excellence , le maître de la foudre , l’époux de Dioné.

270/1. — Jupiter, médailles, pl. 1001.

Cette tête diffère de la précédente , en ce qu elle est laurée ; c’est ainsi qu elle apparaît sur certaines médailles d’Epire, qui ont cependant, au revers, le foudre dans une couronne de chêne. (Mionnet, t. II, p. 48, nos 17 et suiv.) Cette tête est celle'de Jupiter Nixrj(p6pos .

2706. — Jupiter, médailles, pl. 1001.

Cette tête laurée est celle de Jupiter de Crète, Crétagénès, que la tradition disait né sur le mont Ida; elle se voit sur des médailles d’Auguste frappées en Crète. (Mionnet, Suppl, t. IV, p. 336.) On remarquera que le type grec n’est pas aussi pur dans cette figure que dans celle du Jupiter d’Epire.

2706. — Jupiter, médailles, pl. 1001.

Cette tête est une autre variété du Jupiter d’Epire donné n° 2704.

2707. — - Jupiter, médailles, pl. 1001.

Cette tête, qui se voit sur les monnaies d’Elide (Mionnet, Supp L t. IV, p. 176), est celle du dieu de l’Olympe, du maître de la foudre, ainsi que l’indiquent les sujets du revers des médailles sur lesquelles elle est représentée. Ce Jupiter est, sansdoute, le véritable Jupiter Olympien. Toutefois, il est à remarquer qu’ici le dieu est couronné de laurier, tandis que l’olivier était l’essence propre à la couronne du dieu d’Olympie. Il est vrai qu’on peut croire que les graveurs en médailles n’ont pas distingué ces deux genres de couronne.

DIVINITÉS

2708. — Jupiter Dodonéen, médailles, pl. 1001.

Autre variété du type de Jupiter Dodonéen, à tête couronnée de cliêne.

2709. — Jupiter Olympien, médailles, pl. 1001.

Cette tête se voit sur les médailles autonomes de Locres (Brutiumj, qui portent, au revers, un aigle dévorant un lièvre. (Mionnet, t. I, p. ig4 et suivantes.)

2710. — Jupiter, médailles, pl. 1001.

Jupiter à tête laurée; type tout grec, mais n’ayant pas la noblesse de la tête

nrécédente.

2711. — Jupiter, médailles, pl. 1001.

Jupiter représenté sous les traits d’Antiochus IV Epiphane, sur les monnaies de ce roi deSyrie. (Mionnet, t.V, p. 01.) La forme delà barbe et le profd fin et allongéde ce monarque rappellent le type qui se remarque encore chez les Syriens; mais il y a dans ses traits quelque chose de l’air insensé de Caligula, de Commode et d’Eliogabale, ce qui est bien d’accord avec le caractère plus qu’extravagant de ce monarque , auquel on avait donné le sobriquet à'Epimunes, par une altération satirique de son surnom d’Epiphane, et qui mourut fou. C’est sans doute à raison de sa dévotion particulière pour Jupiter, qu’Antiochus s’est fait représenter sous les traits de ce dieu. On n’ignore pas que c’est lui qui avait fait placer la statue de Jupiter Olympien dans le temple de Jérusalem , et qui voulut forcer les Juifs à abandonner leur culte et leur dieu national.

C’est par erreur que la planche porte le nom d’Antiochus IL

2712. — Jupiter, médailles , pl. 1001.

Cette tête laurée se voit sur le droit des monnaies d’Arcadie (Mionnet, t. II, p. 244), qui portent ordinairement, au revers, Pan assis sur un rocher. Ce type de figure est moins fin que celui du Jupiter d’Epire ou de Béotie ; il annonce plus de rudesse , ce qui convient davantage au dieu d’un peuple rustique. Ce Jupiter doit être le Jupiter Lycæus, dont le culte était précisément associé à celui de Pan. (Pausan. Arcad. c. xxx.)

2713. — Jupiter Ammon Cyrénaïque, médailles , pl. 1001.

Cette tête d’Ammon offre une autre variété du type que présentent les monnaies de Cyrénaïque ; elle ne rappelle pas, comme le numéro suivant, le type libyque. La barbe et les cheveux sont bouclés à la grecque.

2714* — Jupiter Ammon Cyrénaïque, médailles, pi. 1001.

Celte tête se voit sur le droit des médailles autonomes de Barce (Cyrénaïque) (voy.Mionnet,t. VI, p. 578), qui portent, au revers, la figure du silpliium, Amoun, dont le temple et l'oracle le plus célèbre se trouvaient à l’oasis de Syouah. C’était la divinité spéciale de la Cyrénaïque-, c’est sans doute dans celte colonie grecque que fut opérée l’assimilation du dieu grec et du dieu égyptien. Il est à remarquer que la forme des cornes de bélier données ici à Jupiter Ammon est celle qu’affectent plus généralement les cornes des béliers de Barbarie ; tandis que les cornes du Jupiter Ammon du numéro précédent sont celles du bélier européen, en sorte que tout, dans la figure n° 2713, nous reporte au type grec.

2715. — Jupiter Bodonéen, médailles, argent , pl. 1001.

Cette figure, empruntée à une monnaie d’argent d’Épire du Cabinet national , offre un type fortanalogue au n° 2yo3. La tête est également couronnée de chêne.

2716. — Jupiter Dodonéen, médailles, pl. 1002.

Ce type est également tout hellénique, comme le précédent. Ï1 rappelle encore plus le n° 2706 , mais la tête est ici couronnée de chêne.

2716 A. — Jupiter., buste, marbre, pl. 1089.

Ce buste appartient au musée naSional du Louvre. On retrouve ici la hauteur du front, la noblesse des traits, l’ampleur de la barbe et la disposition de la chevelure qui caractérisent le type créé par Phidias. [Haut. ov36om.]

2717. — Jupiter Dodonéen et Junon, médailles, pl. 1002.

Ces deux têtes , qui se voient sur les monnaies d’Epire (Mionnet, t. II, p. 47) , représenlent, l’une Jupiter couronné de chêne, et l’autre, Junon ceinte du diadème. Ces têtes ont cela de remarquable , qu’elles offrent un type de figure qui est encore celui des Épirotes actuels. Il faut reconnaître ici le Zeus et la Dioné pélasgiques.

2718. — Jupiter et Junon, médailles, pl. 1002.

Ces têtes doubles , représentées sur les médailles de Ténédos (Mionnet, t. II, p. 672 , n03 266, 267), ont été regardées par M. de Clarac comme représentant Jupiter et Junon. Ce double type paraît, en effet, convenir à ces deux divinités.

2719. — Junon, médailles, pl. 1002.

Celte figure de Junon se voit sur les médailles de Chaîcis en Eubée. (Mionnet, Suppl, t. IV, p. 36o. )

DIVINITÉS

2720. — Junon Lacinia , médailles, pi. 1002.

Cette figure est celle de Junon Lacinia, qui avait un temple célèbre près Crotone (Tit. Liv. XXIV, 3; XL, 3; Cicer. De divinit. 24), temple dont on trouve encore les ruines à Capo delle Colonne.

On voit cette tête sur les médailles de Crotone. (Mionnet, t. 1, p. 191.)

2721. — Junon (Vénus-Uranie), médailles , pi. 1002.

Cette tête, qui se voit sur les monnaies d’Aptéra en Crète (Mionnet, Suppl. t. IV,' pl. 3o4, n° 52 ), quoique prise pour celle de Junon, doit plutôt être regardée comme celle cl’Astarlé, qui, sous le nom de Vénus-Uranie, avait un temple à Aptéra. ( Slrabon, t. X, p. 1 ; Ptolem. III, p. 17. )

La finesse et la beauté de ses traits se rapportent, en effet, plus à Vénus qu’à Junon. La stépliané convient à Astarté, la grande divinité, la reine du ciel des Phéniciens , auxquels les Crétois avaient emprunté beaucoup d’idées religieuses pour les associer aux idées grecques.

2722. — Junon, médailles , pl. 1002.

Cette figure est une autre variété de la Junon Lacinia. On la voit sur les monnaies de Brultium. ( Mionnet, t. I, p. 180, n° 767. )

2722 A. — Jupiter Sérapis, buste, marb. de Paros, pl. 1088.

Ce buste appartient au musée du Louvre.

L’air de tête de ce buste, dit M. de Clarac dans la Notice du Musée, est celui de Jupiter, avec quelque chose de plus sombre dans l’expression, et moins de calme ei de majesté. Le modius ou boisseau qui surmonte la tête, symbole de richesse et de bienfaisance, est un attribut de Sérapis, qui n’eut de culte à Rome que sous le règne d’Adrien, époque la plus reculée des monumens romains de ce genre.

Sont modernes : le modius, tout le liant de la tête, les cheveux, sauf des mèches le long de la joue droite, et le corps. L’iris et les prunelles sont indiqués. [Haut. om,9o6. — 2 pi. 9 po 6 li. ]

Visconti (Mus. Pie-Clém. t. V, p. 2/4.) pense que le modius pouvait aussi rappeler les colonnes, sous la forme desquelles les divinités avaient été d’abord adorées.

Le vêtement de Sérapis le distingue de Pîuton, toujours représenté nu, ou drapé d’une autre manière.

Ordinairement les images de ce dieu, particulièrement adoré à Alexandrie, étaient de marbre ou de pierre noire, ou d’une couleur foncée; ce qui rappelait que la Souveraineté de l’empire des vents lui était attribuée. On réunissait son culte, chez les Romains, avec celui du Soleil et de Jupiter; et, du temps d’Adrien , des prêtres étaient consacrés à Jupiter Soleil Sérapis, Jovi Soli Serapidi. Il était regardé alors comme le Soleil dans l’hcmisphère inférieur. Ses prêtresse nommaient Péanistes, des péans qu’ils chantaient en son honneur, et dont il est question dans des inscriptions, où il est aussi

ICON OGRAPHI E.

mention de l’union des trois divinités en une seule. La tête de ses images était entourée de sept rayons d’or.

2722 B, C. — Jupiter Sérapis, bustes , mur. noir , pi. 1089.

Ces bustes sont du musée du Louvre ; comme presque tous ceux de Sérapis, ils sont en marbre noir. Le choix de cette couleur tient, comme il a été dit, à ce que les Grecs identifiaient ce dieu d’Alexandrie avec Pluton, dont les images étaient également exécutées en matières de couleurs brunes.

[Haut du premier buste , om,55o; haut, du second, im,o4o. ]

2722 D. — Jupiter, buste, marbre , pl. 1089.

Ce buste de Jupiter, dont la tête est couronnée de rayons en bronze, dus en partie à la restauration, semble appartenir à Jupiter Ætherias ou Serenator .

[Haut. om,'700.]

2722 E. — Jupiter Trophonius, buste, marbre, pl. 1086.

Ce magnifique buste du musée du Louvre a été acheté à M. de Talleyrand. Il représente le Jupiter Trophonius ou Basileus. Le type de cette figure est d’une grande finesse; il rappelle les figures de rois qu’on voit sur les vases grecs peints de la plus belle époque (1). Tout tend donc à faire regarder ce monument comme antérieur à Alexandre. [Haut. om,3io.]

2728. — Neptune , médailles , pl. 1002.

Celte tête se voit sur les médailles d’Antigonus, roi d’Asie, qui portent, au revers , Apollon assis sur une proue de vaisseau et tenant de la main droite un arc. Neptune est barbu; la tête est ceinte d’une couronne faite d’une plante que Mionnet n’a pu déterminer (t. I, p. 677 ), et qui paraît être un jonc marin. Le type de figure, très-beau et très-fm, rappelle encore le type syrien actuel. Peut-être y faut-il voir les traits d’Antigone ?

2724. — Cybèle, médailles, pl. 1002.

Cette tête tourrelée de femme, qui se voit sur les médailles autonomes de Smyrne ( Mionnet, t. III, p. 198 ), est très-vraisemblablement celle de Cybèle. Il y avait, sans doute, à Smyrne ou aux environs, quelque temple de la mère des dieux. Un petit bourg situé au nord de la presqu’île qui ferme l’entrée de la baie au fond de laquelle Smyrne est bâtie portait le nom de Cybella ou Cybeleia. Ce nom tend à nous faire supposer qu’il existait en ce lieu un temple de celte déesse.

(1) Cette remarque m’a été fournie par mon ami M. A. de Longpérier, successeur de M. de Clarac.

DIVINITÉS

2725. — Cérès ou Déméter, médailles , pi. 1002.

Getle tête de Cérès se voit sur les médailles autonomes de Métaponte. (Mionnet, 1. 1, p. 1 56 et suiv. )

2726. — Cérès, médailles , pl. 1002.

Cette tête, d’un beau galbe et d’un beau type grec, rappelle beaucoup celui qui est adopté pour cette déesse dans les statues de ronde bosse.

2727. — Gères, médailles , jA. 1002.

Tête de Cérès des médailles de Syracuse. (Mionnet, 1. 1, p. 290.)

Cérès était l’une des principales divinités de Syracuse; son temple se voyait dans la ville neuve ou Neapolis.

2728. — Gérés, médailles , pi. 1002.

Cette tête se voit sur les médailles d’Agathocle, roi de Sicile. (Mionnet, 1. 1, pl. 332 ; Suppl, t. I, p. 456. )

2729. — Cérès, médailles , pl. 1002.

Tête de Cérès qui se voit sur les monnaies des Locri Opuntii. (Mionnet, t. II, p. 9 1 5. )

2730. — Cérès, médailles, pl. 1002, ioo3.

Tête de Cérès, que portent certaines médailles d’Arpi (Apulie), autrement dit Argyrippe. ( Mionnet, t. I, p. i3o, n°3oo.)

2781, 2782. — Cérès, médailles , pl. 1008.

Ces deux têtes de Cérès se voient sur les médailles de Métaponte. Le type de ligure de la première rappelle l’Aréthuse figurée n° 2761 , et offre celui des femmes syracusaines.

2733. — Cérès, médailles, pl. 100 3.

Cette tête se voit sur des médailles de Syracuse.

2733 A. — Isis Neith, buste, grès antiguè,]A . 1087.

Ce buste est du musée du Louvre et provient de la villa Borghèse; il offre la déesse Isis, confondue, dans les derniers temps de la religion égyptienne, avec la grande déesse de Sais, Neith. C’est ce rapport que le sculpteur grec a voulu faire sentir en plaçant une chouette , symbole de Minerve , sur le pié-

douche d’un buste que la coiffure et la draperie, la calasiris égyptienne, devaient faire reconnaître pour Isis. Le voile est détaché de la robe, comme cela se voit ailleurs.

La figure de l’idole, détruite autrefois, probablement par haine pour les superstitions des païens, a été restaurée. [Haut. om,6go.l

2733 B. — Isis (Prêtre cT) , buste, basalte, pl. ! 084.

Ce buste est du musée du Louvre.

C’est à tort que M. de Clarac a désigné ce buste, coiffé avec l’uræus royal, comme celui d’un prêtre d’Isis , c’est évidemment celui d’un des Ptolémées. On peut le considérer comme un produit de l’art grec en Egypte. Les yeux étaient incrustés en onyx ou en émail. [ Haut. ]

2733 C. — Isis grecque, buste, marbre de Paras, pl. 1087.

Ce buste est du musée du Louvre. Il était dans le cabinet du marquis de Drée, et on l’a acheté par ordre de Louis XV III.

Plusieurs attributs font reconnaître, dit M. de Clarac, Isis dans cette tête, très-bien conservée, qui serait très-belle si l’on ne l’avait pas frottée de manière à en altérer les formes, ce qui se voit surtout dans la partie des yeux.

Les petites cornes qui sortent de son front sont celles d’Io , qui , suivant les Grecs, après sa métamorphose , était devenue Isis. Les pavots de Cérès caractérisent également cette déesse, que les Grecs et les Romains confondaient avec elle. L’uræus, nom qu’on donne au petit serpent aplati qui orne le diadème, était un emblème des divinités égyptiennes, et le croissant désigne la lune, que cette antique contrée révérait dans sa déesse. La grâce de sa physionomie, ainsi que l’exécution et l’arrangement de la chevelure, qui ressemble à celle d’autres têtes d’Isis , se réunissent pour augmenter l’intérêt de ce monument.

[Haut. om,4i9].

2733 D (1). — Isis, buste, basalte, pl. 1086.

Ce buste est encore du musée du Louvre.

On reconnaît la déesse de l’Egypte à sa coiffure en boucles parallèles. Le style de ce buste, dit M. de Clarac, ne tient pas à l’art égyptien primitif, et il se ressent de l’école grecque. [Haut. om,7q8.]

2734. — Proserpine, médailles, pl. ioo3.

Cette tête, que la planche indique comme étant celle de Proserpine, est bien plutôt celle de la nymphe Aréthuse, couronnée de joncs, et qui se voit, non pas sur des médailles de Catane, mais sur celles de Syracuse. ( Voy. Torre-

(1) Ce buste a reçu sur la planche 1086 le n° 2 585, parce qu’il est tout à fait semblable à la statue donnée, t. III, sous le u° 2 585.

DIVINITÉS. 9

muzza, Siciliæjjopalorum et urbiuni , regum quoque, veteres nummi, Panormi, 1781, tab. lxx, n° 1 5. )

Il va, au revers des médailles ayant cette tête, un épi. (Tab. lxx et suiv. n° 10.)

2735. — Proserpine ou Aréthuse, médailles, pi. ioo3.

Torremuzza. ( Sicil . mim. veter, etc. tab. lxxii, n° 5.)

2736. — Proserpine, médailles, pl. ioo3.

Celte tête, donnée par M. de Clarac comme une Proserpine, doit être plutôt regardée comme étant celle de la nymphe Arétliuse , adorée à Syracuse. Les dauphins qui remplissent le champ delà médaille indiquent, en effet, une divinité des eaux.

2737 à 2745. — Proserpine, médailles, pi. ioo3.

La tête n° 2738 a été donnée par Torremuzza, Sicil. num. veter, etc. tab. lxxii,

La tête n° 2739 donnée aussi par Torremuzza (tab. lxxii, n° 2), est remarquable par sa coiffure, retenue par une sorte de réseau.

2746, 2747. — Proserpine, médailles, pl. ioo4.

Ces deux têtes sont données par Torremuzza, tab. lxxvi, n° i4- Le n° 2747 (tab. lxxiii, n° 7) est entouré de dauphins.

2748. — Flore, médailles, pl. ioo4.

Cette tête se voit sur les médailles antonomes de Massilia (Marseille) (Mionnet, Suppl, t. I, p. 1 33, n° 6), portant au revers un lion. Quoique M. de Clarac Fait désignée comme une Flore, il faut plutôt y reconnaître une Diane, la grande déesse adorée à Marseille, dont le buste se voit si fréquemment sur ses monnaies. ( Voy. La Saussaye, Numismatique de la Gaule narbonnaise , p. 9 et 18.)

2749. — Pomone, médailles, pi. ioo4.

Cette tète se voit sur les monnaies de Vélia en Lucanie. (Mionnet, Suppl. t. I, p. 325.)

2750. — Pomone, médailles, pl. ioo4.

Cette tête se voit sur les monnaies de la ville à'Histiœ , aujourd’hui Oréo (Mionnet, Suppl, t. IV, p. 365, n° 98), lesquelles portent au revers un bœuf marchant.

2761, 2 y 53. — Prêteuse, médailles , pi. ioo4-

Ces deux têtes d’Aréthuse, d’une grande douceur et d’une expression assez voluptueuse, qui rappelle celle des femmes siciliennes, se voient sur des monnaies de Syracuse.

2752. — Panormus, médailles, pi. ioo4.

Cette tête, d’un beau galbe et coiffée d’un bonnet phrygien qui rappelle encore celui que portent les pêcheurs de la côte d’Italie , représente le Génie de Panormus (Palerme). Thucydide nous apprend que Panormus avait été fondée par les Phéniciens. Il est probable que cette coiffure venait de ce peuple; elle était d’ailleurs propre aux populations maritimes de l’Asie Mineure et de la Syrie, avant l’introduction du turban et du fez.

2754. — Proserpine, médailles, pl. ioo4-

Cette tête semble être bien plutôt celle de Gérés que celle de Proserpine. C’est en effet celle de la première déesse qui se voit sur les monnaies de Panormus. (Mionnet, Suppl, t. I, p. 4io, 4n)

2755, 2 766. — Bagghus, médailles, pl. ioo4.

Ces deux têtes de Bacchus jeune, l’une couronnée de pampre et l’autre de lierre, se voient sur les médailles autonomes de Naxos. (Mionnet, t. II, p. 32 1, n° 65; Suppl, t. IV, p. 3g6. )

On sait que le culte de Bacchus était fort répandu dans les îles de l’Archipel, où la vigne était cultivée avec succès, et notamment à Naxos et à Thasos.

2767. — Bacchus indien, médailles , pl. ioo4-

Tête de ce Dieu qu’on voit sur les monnaies de Thasos. (Mionnet, t. I, p. 434, n° 17.)

2768. — Bacchus indien, médailles, pl. ioo4.

Cette figure du Bacchus indien se voit sur les monnaies de Naxos de Sicile, aujourd’hui Schiso. (Mionnet, t. I, p. 262; Suppl, t. I, p. 407-408.)

Le type en est quelque peu différent de celui du Bacchus des îles de Naxos et de Thasos. La disposition de la barbe et des cheveux est notamment tout autre.

2759, 2760. — Bacchus indien , médailles, pl. ioo4.

Ces figures sont encore celles des monnaies de Naxos et de Thasos. Les types offrent entre eux une certaine analogie.

DIVINITES. 1 1

2760 A. — Bacchus indien, buste , rouge ant. pi. 1070.

Cet herniés du musée du Louvre a été déterré à Home en 1791, à la Merulana, entre le mont Cœlius et l’Esquilin; la gaine est en griotte.

Le vainqueur de l’Orient y est représenté avec une longue barbe frisée et de longs cheveux entrelacés d’un crédemnon ou bandeau bachique; les yeux étaient d’argent. [Haut. om,5oo.]

2760 B. — Bacchus indien, buste , marbre peut. pl. 1074.

Le dieu de Nysa, Dionysos, a une longue barbe et une chevelure artistement arrangée : il était ainsi représenté par les monumens de l’art primitif qu’on se plaisait à imiter dans les hermès qui servaient d’ornement aux jardins.

Sont modernes : le bout du nez et une partie des lèvres. [Haut. om,54i.]

2 760 C. — Bacchus Fogon ou à longue barbe, buste , m. grec,

pl. 1086.

La tête de ce buste est rapportée sur un buste d’un autre marbre et qui paraît moderne. Le nez est refait et la barbe retravaillée. [Haut. om,9i8.]

2760 D. — Bacchus indien, buste, m.deParos, pl. 1086.

Ce buste du musée du Louvre provient de Versailles.

Cette tête majestueuse, d’une belle conservation, a probablement appartenu cà une statue; elle est remarquable par le crédemnon ou large bandeau qui enveloppe sa longue chevelure, comme dans quelques bronzes d’Herculanum , et qui, développé, pouvait servir de voile; Homère le donne à la Néréide Leucothée, parente et nourrice de Bacchus.

Cette belle tête est empreinte d’un caractère de douceur. La bouche et les yeux, bien enchâssés, ont entre eux beaucoup d’accord; la barbe et les cheveux, agencés avec goût, n’ont jamais été très-terminés : ils sont largement traités et il n’y a guère de travail de trépan, peu employé par les Grecs.

[Haut. o“,46o.]

2761, 2762. — -Bacchus, médailles, pl. 100 5.

Cette jolie tête de Bacchus, dont le type est assez féminin, se voit sur les médailles autonomes de Maronée de Thrace, qui portent d’ordinaire au revers Bacchus debout, tenant la grappe de raisin. (Mionnet, 1. 1, p. 190; Suppl, t. II, p. 336.)

La Thrace était une contrée où le culte de Bacchus était fort en honneur.

2762 A. — Demi-Dieu bachique, buste , bronze, pL 1078.

Ce buste semble offrir un personnage mythologique du genre des Silènes;

sa barbe est crépue, et une espèce de diadème, orné de pierres précieuses, serre sa chevelure,,

M. Cb. Lenormant, dans un mémoire qu’il a lu à l’Institut, a cherché à établir que c’était la figure d’Apollonius deTyane. ( Mémoires de V académie des inscriptions et belles-lettres , t. XIX, part, i, p. 356 etsuiv.) [Haut. on\854.]

2763. ~~~ Faune ou Satyre, médailles , pl. 1082.

Mionnet (t. I, p. 434) désigne ces deux têtes accolées comme étant celles de Silène. M. de Clarac les qualifie de Faunes. Il eût été plus exact de leur donner le nom de Satyres. En effet, le nez camus, le front chauve, la barbe et la chevelure en désordre, les cornes qu’on observe dans ces deux figures, conviennent parfaitement aux Satyres.

2763 A. — Faune, buste, marbre grec, pl. 1082.

Ce buste est du musée du Louvre.

Il est difficile, dit M. de Clarac, de voir une expression plus vive et plus gaie que celle de cette tête de Faune, dont l’exécution est pleine de franchise et de vie; et ce buste, dont plusieurs parties sont restaurées, fait regretter la belle statue dont il n’offre qu’un fragment.

Les cheveux avaient été teints en rouge, singularité qui était du goût des anciens, surtout pour quelques personnages tels que Bacchus et sa suite, et dont offrent des exemples plusieurs statues de Pompéi et d’Herculanum , une des filles de Balbus , etc.

Ce fragment a été trouvé à Vienne, en Dauphiné. Celte ville, autrefois trèspuissante et métropole de la Gaule viennoise, son territoire, et en général toute celte partie de la France, sont très-riches en monumens antiques. On y trouve de très-beaux bronzes, et il est probable que des fouilles bien dirigées en feraient découvrir un grand nombre. L’admirable héros grec combattant, de bronze, appartenant à M. le chic de Bîacas, la belle Minerve costumée dans l’ancien style, et plusieurs bronzes du cabinet de M. le comte de Pourtalès- Gorgier, ont été découverts en Dauphiné, et donnent la plus favorable idée des antiquités que la terre doit y recéler, [Haut. om,467.]

2764 à 2775. — Minerve, médailles, pl. 100 5.

Ces diverses têtes de Minerve offrent dans leur type un certain air de parenté. Un nez long et droit, un front élevé, un air froid et sevère, caractérisent dans toutes la déesse de la sagesse. Ce qui les distingue, c’est la forme du casque et les symboles que porte le timbre. Tandis que les uns, comme ceux delà Minerve des monnaies d’Héraclée, de Lucanie, de Vélia et de Cydonie de Crète, présentent sur leur timbre la figure de Pégase, ou un griffon, d’autres, comme celles deThurium et de certaines monnaies d’Héraclée, offrent le monstre Scylla, que la labié plaçait non loin de ces deux villes; enfin, dans quelquesunes, la casque est ceint simplement d’une couronne de laurier.

DIVINITÉS

2775 A, B, C. — Minerve, bustes, m. de Par. pl. 1093, 1094.

Le casque de la déesse, dans les deux premières figures, est orné de têtes de bélier, et rappelle qu’elle inventa les machines de guerre de ce nom. Ces têtes, assez bien conservées, sont d’un bon travail, et, par leur expression remplie de douceur, conviendraient à une Minerve Pacifère.

La troisième figure, d’un Iravail bien inférieur, est en porphyre. [Haut. A om,482; B om, 1 55 ; C om,847- ]

2776 à 2782. — Apollon, médailles, pl. 1006.

Ces diverses têtes d’Apollon sont fort intéressantes par la variété des types quelles offrent. Toutes, excepté l’Apollon delpliien de Marseille , sont couronnées de laurier. Cette dernière figure offre, dans l’expression des traits, la rondeur de la joue et la forme du nez, un type qui rappelle encore le type provençal moderne.

L’Apollon qui se voit sur les médailles du père d’Alexandre (Mionnet, t. I , p. 5io; Suppl, t. III, p. 583-584) a, comme l’Apollon delphien , la chevelure courte. Les traits indiquent un personnage ramassé et trapu, caractère qui paraît avoir été celui des habitants de la Macédoine.

2783. — Soleil, médailles, pl. 1006.

Cette figure du Soleil, qui se voit sur les monnaies de Rhodes, portant au revers le balaustium (Mionnet, Supp. t. 6, p. 586 ), et dont la tête est couronnée de rayons, est sans doute celle du célèbre colosse.

2784, 2785. — Apollon, médailles, pl. 1006.

Ces deux figures d’Apollon, qui se voient sur les médailles de Milet et de Mitylène (Mionnet, t. III, p. 43, i64), offrent un type analogue aux têtes données plus haut.

2785 A. — Apollon, buste, marbre peut. pl. 1078.

Cette tête colossale d’Apollon, dit M. de Clarac, nous présente le fils de Latone avec une figure que nous trouvons aux images les plus anciennes de ce dieu. C’est probablement une imitation antique d’un ouvrage d’une époque reculée.

La tête est rapportée et le cou est moderne, ainsi que le bout du nez, la joue, le sourcil, la paupière supérieure gauche, le menton, une partie de la joue droite et des oreilles, la touffe de cheveux sur le front et sur la joue à gauche. [Haut. om,74o.]

2785 B. — Apollon , buste , marbre de Luni , pl. 1078.

Nous rapporterons encore ici la description que M. de Clarac donne de ce buste.

La physionomie de convention que les anciens statuaires ont donnée aux têtes d’Apollon fait reconnaître le fils de Latone dans ce bel ouvrage, qui paraît être un fragment de statue.

La tête, rapportée, a éprouvé plusieurs restaurations et a été retravaillée dans quelques parties, au menton, à la lèvre inférieure; le nez est moderne, les cheveux sont peu terminés. [Haut. om,75i.]

2786 C. — Apollon, buste , marbre, pl. 1073.

Ce beau buste d’Apollon, dont la chevelure artistement nouée, rappelle celle de l’Apollon Lycîen, paraît être d’un excellent travail.

2786 D. — Esculape, buste, marbre pentêlique, pl. 1081.

Voici en quels termes M. de Clarac décrit ce buste :

«Le dieu de la médecine, dans ce superbe buste, qui probablement a fait partie d’une statue colossale , est coiffé d’une espèce de turban formé d’une bande d’étoffe roulée autour de sa tête ; coiffure singulière qu’on voit à des images antiques de ce dieu et à des portraits d’anciens médecins , et qui ressemble à celle qu’on appelait infala, que portaient les prêtres et les poètes. Les traits, ainsi que la barbe et la chevelure d’Esculape, quoique rappelant ceux de Jupiter, sont cependant loin de cette majesté imposante qui distingue le plus puissant des dieux. Le corps a été fort maltraité par le temps et par d’anciennes restaurations très-maladroites. La draperie de gauche est presque toute moderne. »

[ Haut. om,8i2.]

2785 E. — Muse, buste , marbre de Paras, pl. 1094.

Les plumes arrachées aux Sirènes ornent la tête de cette Muse , dont la bouche semble s’ouvrir pour chanter sa victoire. Le corps et les plumes sont modernes.

L’Aldroandri, cite trois Muses (1) avec des plumes sur la tète, qu’on voyait de son temps à Rome, chez Pietro de Radicibus in Borgo. On trouvera ce détail aux trois statues que nous donnons sous les nos 1028, 1072, 1098; voy. aussi les bas-reliefs mentionnés, t. II, p. 2 45 et t. III, p. 245.

[Haut. on\65o.]

(1) Voyez notre tome LIT , p, cxcv.

DIVINITÉS. l5

2786 à 2793. — Diane, médailles, pl. 1006, 1007.

Le type de ces figures de Diane rappelle celui des femmes qu’on rencontre encore aujourd’hui dans l’Italie méridionale, et a beaucoup de ressemblance avec les têtes de Proserpine et d’Aréthuse. Il n’y a d’exception que pour le n° 2792, qui présente la figure des monnaies de Magnésie d’Ionie, et dont le type est tout grec. (Voy. Mionnet, t. VI, p. 211.)

2793 A. — Diane, buste, marbre de Paros, pl. 1079.

Ce buste du musée du Louvre provient de la villa Borghèse.

M. de Clarac s’exprime ainsi au sujet de ce buste :

« L’arrangement de la chevelure, réunie en un nœud au sommet de la tête, et que Winckelmann croit être le corymbe , à cause d’une espèce de ressemblance avec les corymbes du lierre , a été souvent donné aux images de Diane , et sert à nous la faire reconnaître dans ce buste, dont les parties antiques sont d’un très-beau style, mais où le corps, le nez et la partie inférieure de la figure sont dus à une médiocre restauration.

[Haut. ora,83o.]

2793 B. — Nymphe, buste, marbre, pl. 1096.

Ce joli buste paraît être celui d’une nymphe. La coiffure rappelle celle des femmes grecques. [Haut. om,35o.]

2793 C, D. - — Niobé, bustes, marbre grec, pl. 1096.

Ces têtes idéales de femmes, dites Vénus, d’un beau style et qu’aucun attribut ne caractérise, ont quelque rapport avec celle de Niobé.

[Haut. om,366 ; om,6oo. ]

2794. — Vénus du Bruttium, médailles, pl. 1007.

Cette jolie tête, un peu dédaigneuse, se voit sur les monnaies du Bruttium. C’est vraisemblablement celle de Vénus, déesse dont le culte était très-célèbre en Sicile, d’où il avait passé sans doute dans le Bruttium.

2794 A. — Vénus de Cnide , buste, marbre de Luni, pl. 1 io5.

Ce buste du musée du Louvre provient de la villa Borghèse.

La tête antique de la déesse est d’une beauté divine, et elle appartenait, selon Visconli, à une répétition de la Vénus de Cnide, chef-d’œuvre de Praxitèle. Le buste, drapé, est un ouvrage du xvne siècle. [Haut. ora,74o.]

2794 B. — Vénus, buste , marbre qrec , pi. 1 10 5.

L’agencement de la chevelure, l’air de la tête, et les paupières inférieures, légèrement relevées, caractérisent, dans1 la partie antique de cette tête, la déesse de la beauté.

Le nez est moderne ; le cou et la poitrine sont restaurés en plâtre.

[Haut. om,446.]

2794 C. — - Vénus Eustéphanos, buste, marb , de Par. pi. 1 io5.

Cette épithète homérique, tirée de la belle couronne en forme de diadème que Vénus porte sur sa tête , convient parfaitement à la déesse de la beauté, telle que ce charmant buste la représente.

La tête est rapportée, le nez moderne; une partie des lèvres et du diadème ont souffert. Ce buste provient de la villa Borghèse.

[Haut. om,45i.]

2794 D. — Vénus, buste, marbre deParos, pl. iio5.

Cette tête, d’une grande beauté, appartenait à une répétition antique de la Vénus du Capitole.

A l’exception des cheveux, qui ont souffert, la tête est d’une bonne conservation. La moitié du cou et de la poitrine est moderne , et çà et là il y a quelques légères lésions au bout du nez, au sourcil gauche et à l’oreille droite, et des parties ont été frottées. La bandelette qui tient les cheveux peut avoir été disposée pour en recevoir une en or ou peut-être dorée. Ce buste provient aussi delà villa Borghèse. [Haut. om,44o.j

2794 E. — Vénus, buste , marbre, pl, 1 io5.

Ce buste de femme en Vénus , d’un assez bon travail, et qui décore aujourd’hui la salle des Caryatides au Louvre, rappelle la Vénus drapée ou Vénus de Paros. [Haut. om,54-]

2796, 2796, — Mars, médailles, pl. 1007.

Ces têtes barbues et casquées se voient sur les médailles de Métaponle. (Mionnet, t. I, p. 161, n° 5q4; Suppl, t. I, p. 3oi.) M. de Clarac les considère comme représentant le dieu Mars.

2797.- — Mercure, médailles , pl. 1007.

Cette tête , qui est représentée sur les monnaies d’Ænos , se reconnaît pour celle de Mercure. Le dieu porte inscrit sur son pétase le nom de cette ville

DIVINITÉS. I y

de Thrace. Le caractère de figure paraît convenir a. Hernies Enagônios, qui présidait à la lutte; car ce type est celui d’un lutteur. (Voy. Mionnet, Suppl, t. II, p. 211 et suiv.)

2797 A. — Mercure, buste , marbre peut., pl. 1093.

Voici l’article que M. de Clarac consacre à ce buste clans la description du Musée :

«La physionomie de cette tête, qui n’est qu’ébauchée, offre le caractère des images de Mercure. Les oreilles, serrées contre la tête et sillonnées par des cicatrices horizontales, ainsi que Winckelmann l’a observé le premier avec une grande sagacité , conviennent à l’inventeur du pugilat et de la gymnastique, qu’indique le surnom d 'Enagônios , sous lequel ce dieu avait un autel à l’entrée du stade d’Olympie, et que lui donne Orphée ( Hymn . xxvm, p. 288, de l’éd. d’Herm.) Le nez, le cou et le buste sont modernes. [Haut. on\52 0.]

Ces oreilles avaient fait donner l’épithète d'otothlacli , otocataxi , ou oreilles écrasées, aux athlètes cestiaires, soit à cause des coups qui les aplatissaient, soit à cause des handes, antotides, cimpholides , dont ils les serraient pour les garantir. Ceci est un hermès dans la plus exacte acception , puisque c’est une gaine surmontée d’une tête de Mercure ou Hermès, tandis que les hermès avec d’autres têtes 11’ont de rapport avec Mercure que par la gaine, qui leur fait donner le nom d 'hernies, joint à celui de la divinité, tel que Hermathéné j qui proprement signifie Minerve avec la gaine de Mercure; cependant, des hermès ont la tête de la divinité adossée à celle de Mercure. Les noms Hermathénês , Hermérole, Hermès et l’Amour, employés par les Romains, ne se trouvent pas dans les auteurs Grecs. (Voy. Mus. Pie-Clém. t. VI, pl. 12.)

2798. — Hercule jeune, médailles, pl. 1007.

Cette tête d’Hercule jeune, cente d’une bandelette et les épaules couvertes de la dépouille du lion de Némée, se voit sur les médailles autonomes de Teanum en Campanie. (Mionnet, t. I, p. 12 5.) Le fils d’Alcmène a bien, dans cette figure, les traits d’un athlète ; le cou est court, le front bas et la figure pleine.

2799. - — Hercule jeune, médailles, pl. 1007.

Cette tête laurée, que M. de Clarac donne pour celle d’Hercuîe, paraît beaucoup plutôt être celle d’Apollon , laquelle se voit sur un grand nombre de monnaies de Syracuse. (Voy. Mionnet, t. I, p. 3o3 et suiv.)

2800-2801. — Hercule, médailles, pl. 1007.

Ces deux têtes d’Hercuîe, coiffées de la peau du lion, et dont le type énergique est bien inférieur comme beauté au précédent, se voit sur les monnaies de Syracuse. (Mionnet, t. I, p. 289.)

2802. — Hercule, médailles , pi. 1007.

Celte tête est figurée sur les monnaies de Philippi en Macédoine. ( Mionnet, t. I, p. 485 et suiv.; Suppl, t. III, p. 100. ) Ces médailles portent d ordinaire au revers le trépied avec des bandelettes.

2803-280/1. — Hercule jeune, médailles, pl. 1007.

Cette tête d’Hercule jeune , couverte de la peau du lion , se voit sur certaines médailles de Panormus en Sicile. (Mionnet, Suppl. 1. 1, p. 4i2.)

2806. — Hercule jeune, médailles , pl. 1007.

Cette tête, d’un joli type grec, est reproduite par les monnaies de file de Cos. ( Mionnet, Suppl, t. VI, p. 566. )

2806. — Hercule, médailles , pl. 1008.

Cette tête d’Hercule, d’un type tout macédonien, pourrait bien offrir les traits du roi de Macédoine Amyntas II, sur les médailles duquel on la voit figurer. ( Mionnet, t. 1 , p. 5o8. )

2807. — Hercule, médailles, pl. 1008,

Cette tête se voit sur les médailles d’Héraclée de Bithynie. ( Mionnet, Suppl. t. V, p. 52. )

2808. — Hercule, médailles, pl. 1008.

C’est l’Hercule des monnaies de file de Cos. (Mionnet, Suppl, t. VI, p. 1 56.)

2809. — Hercule, médailles, pl. 1008.

La peau de lion nouée au cou de cette tête fait reconnaître Hercule. Cette tête se voit au revers de certaines monnaies de Soli en Cilicie ( Mionnet, Suppl. t. VII , p. 246 ) , qui portent au droit une tête coiffée d’une mitre phrygienne.

2810. — Hercule, médailles, pl. 1008.

Cette tête, d’un type fort rustique, est représentée sur les monnaies de Camarine en Sicile. (Mionnet, Suppl t. I , p. âyb.)

DIVINITÉS

2810 A. — Hercule jeune, buste , mar. de Paros, pi. 1084.

Ce buste clu musée du Louvre provient du château de Richelieu.

Le fds d’Alcmène est représenté sans barbe. Le bandeau qui lui est attribué convient, sous un double litre, ci ce héros ; car les Grecs donnaient cet attribut aux images des héros déifiés et aux athlètes vainqueurs. [Haut. om,47i ]

2810 B. — Hercule, buste , marbre pentélicjue, pl. io84*

Ce buste provient de la villa Borghèse.

Le lierre qui ceint cette tête fait penser à l’Hercule Philopotis, ou qui aime à boire. Mais il y a de fortes raisons de douter que ce buste soit celui du fils d’Alcmène, et peut-être faut-il y voir, avec M. de Saint-Victor, un suivant de Bacchus. On doit à la restauration le bout du nez, une partie de la couronne et le buste.

2810 B bis (1). — Omphale, buste , marbre peut, pl. 1096.

Ce buste provient de la villa Albani.

Plusieurs monumens de l’antiquité nous autorisent à reconnaître dans cette jeune héroïne, coiffée d’une peau de lion, la reine de Lydie, Omphale, que les faiblesses d’Hercule ont rendue célèbre. Les cheveux, le cou et quelques parties de celte tête, dont le devant, ainsi que tout ce qui est antique, est bien conservé, ont été restaurés et ne l’ont malheureusement pas été dans le style que demandaient la beauté de son caractère etla largeur de son travail.

[Haut. om,4io.]

2810C. — Hercule dit Xénophon, buste, m. peut. pl. 1084.

Ce buste provient aussi de la villa Albani.

Cette tête , d’excellente sculpture et d’un travail facile, mais un peu fatiguée par le temps, dit M. de Clarac, offre le fds d’Alcmène couronné d’olivier comme vainqueur aux jeux olympiques. M. Winckelmann a voulu y voir une image de Xénophon. Le bout du nez est restauré. [Haut. om,548.]

28 1 o D. — Guerrier inconnu, buste, m. spaonazzetto , pl. 1 o84.

Rien ne caractérise cette tête; elle est exécutée dans un marbre dont l’effet n’est pas agréable, et que les anciens ont peu employé en sculpture; mais elle est antique, bien conservée en général, et le travail n’en est pas mauvais.

[Haut. om,4io.]

(1) C’est par erreur que le buste d’Omphale ne porte sur nos planches que le n° 2810 B.

2810E. — Héros grec, buste , marbre de Paros, pl. io85.

Ce buste provient cle la villa Borghèse.

Ce guerrier, dit M. de Ciarac, la tête couverte d’un casque, tournant vers le ciel ses tristes regards, a été pris pour Diomède blessé implorant Minerve, ou pour Enée invoquant Vénus, sa mère; mais rien 11’appuie cette opinion, car le buste appartenait a une autre figure, et, le casque étant moderne, sa forme ne peut servir à faire reconnaître ce héros, dont le nez est restauré.

[Haut. om,73o.]

2810 F. — Héroïne, buste, marbre de Paros, pl. io85.

Cette tête, d’un grand style, rapportée sur un buste moderne, semble représenter, dans l’opinion de M. de Ciarac, une héroïne affligée qui lève tristement ses regards vers le ciel.

L’absence de tout symbole nous laisse dans l’incertitude si c’est Niobé, Danaé, Andromaque, Déjanire, ou quelque autre héroïne de la mythologie, dont Hésiode avait décrit les aventures et les malheurs, et Simonide composé les complaintes.

Quelques restaurations et des retouches ont nui à la beauté primitive de la tête. Le nez est moderne, il y a des lésions à la lèvre inférieure et au menton , et en réparant cette tête on a nui à l’accord entre les yeux et la bouche.

[ Haut. om,63i .]

2811. — Achéloüs, médailles, pl. 1008.

Aux deux cornes qui couvrent cette tête , on reconnaît la figure du fleuve Achéloüs, vaincu par Hercule, selon la fable. Cette tête se voit sur les monnaies d’Acarnanie. (Mionnet, t. II, p. 78; Suppl, t. III, p. 453.) Sur d’autres médailles, le dieu est représenté barbu. Quelquefois la peau du lion est privée d’oreilles.

2812. — Stymphale, médailles, pl. 1008.

Cette tête de femme, représentée sur les monnaies de Stymphalus en Arcadie (Mionnet, t. II, p. 2 54), paraît être celle de Diane Stymphalia , qui recevait un culte dans cette ville. M. de Ciarac fa considérée comme étant la figure du génie de la ville de Stymphale.

2818. — Atalante, médailles , pl. 1008.

Lepiléus, qui est encore en usage chez les femmes de certains cantons du Péloponnèse, fait reconnaître la chasseresse Atalante sur les monnaies d’Étolie, où se voit cette tête (Mionnet, Suppl, t. III. p. 4 7 5 ) s ce que confirme d’ailleurs la présence du sanglier de Calydon au revers de ces médailles.

DIVINITÉS

281 4- — Héraclée, médailles , pi. 1008.

La couronne tourrelée que porte cette tête, représentée au revers des médailles d’IIéraclée de Bithvnie (Mionnet, t. II, p. 43g), fait reconnaître la Fortune ou Tyché de cette ville. Cette divinité est figurée sur le revers des mêmes médailles, debout, vêtue de la stola, armée d’une lance ou haste et tenant de l’autre main son bouclier ou une patère. (Mionnet, Suppl, t. V,

281 5, 2816. — Cymé , médailles, pl. 1008.

Cette tête, les cheveux retenus par un lien, qui se voit sur les médailles de Cymé en Eolide (Mionnet, t. III, p. 7; Suppl, t. VI, p. 5), a été regardée par M. de Cïarac comme celle du Génie de Cymé, Amazone qui, suivant la tradition, avait donné son nom à cette ville ;les traits de cette figure, quoique étant ceux d’une femme, ont en effet quelque chose de mâle, qui convient tout à fait à une Amazone.

2817, — Génie de Soles, médailles, pl. 1008.

Cette tête virile , barbue, que Mionnet [Suppl, t. VII, p. 247) donne comme portant une mitre phrygienne , semble être celle du Génie de celte ville de Soles ou Soloe.

2818. — Héros de Calymne, médailles, pl. 1008.

Cette tête, représentée sur les médailles de Calymne (Mionnet, Suppl, t. VI, p. 564) portant au revers une lyre, paraît être celle du héros de cette ville.

2819. — Archélaüs, médailles, pl. 1008.

Cette tête, qui se voit sur les médailles d’Àrchélaüs, roi de Macédoine (Mionnet, t. I, p. 507), paraît être celle de ce monarque. M. de Clarac a pensé qu’elle pouvait aussi représenter un héros macédonien : voilà pourquoi il l’a fait placer parmi celles des héros.

2820. — - Héros de Panorme, médailles, pl. 1008.

Cette tête du Génie de Panorme , coiffée d’un bonnet qui est encore celui des pêcheurs siciliens , se voit sur les monnaies de cette ville.

2820 A. — Héros grec (1).

(1) Le buste auquel nous destinions ce numéro a été plus convenablement placé sous le n° 2810 E.

2820 B. — Le Nil, buste , granit noir , pl. 1096.

Des épis de blé entrelacés avec des fleurs de lotus et d’autres plantes marécageuses couronnent le fleuve, et des dauphins, à demi cachés dans sa barbe ondoyante, font reconnaître le Nil, que ces poissons remontent, et que les anciens représentaient en marbres et en pierres de couleurs foncées. La tête, seule antique selon Visconti, est en effet d’un granit noir d’Egypte, mais le style est grec. Au reste, elle ne paraît pas antique : elle rappelle le caractère de l’école de Michel-Ange et a quelque chose du Moïse. [Haut. (>“,893.]

2820 D. — Rome, buste , marbre, pl. 1099.

La forme du casque, en partie moderne, ferait croire que l’on a voulu représenter Rome dans cette tête, qui pourrait avoir été un portrait et avoir fait partie d’une statue. [Haut. on\4o6.]

2820 E. — Rome, buste, marbre de Paros, pl. i 100.

La capitale du monde ancien, personnifiée en Amazone, montre à découvert le sein droit, à l’imitation de ces femmes guerrières.

Son casque, d’où sortent par derrière des cheveux noués comme ceux des têtes de Minerve, est orné d’une double représentation de la louve de Mars allaitant Romulus et Rémus.

Ce buste provient delà villa Borghèse. Le nez est moderne, et il y a quelques restaurations à l’épaule, au côté et à l’oreille gauches, et au casque.

[Haut. om,6o8. ]

2820 F. — Rome, buste, marbre de Paros, pl. 1 100.

Ce buste provient de la villa Borghèse.

La louve allaitant les fondateurs de Rome, sculptée sur les deux côtés du casque, dénote, à la première vue, le sujet de ce buste, qu’à la noblesse et à la pureté des formes on pourrait prendre pour l’image de Minerve. Il est à remarquer cependant que , pour distinguer les images de cette déesse d’avec celles de Rome, on représentait aussi la maîtresse du monde comme les Amazones, avec un des seins découvert, ce qui ne se voit jamais pour la chaste et pudique fille de Jupiter.

La tête est en marbre pentélique et le buste en marbre de Carare. Le nez et quelques parties du casque sont restaurés. [Haut. om,893.]

2820 G. — Province vaincue, buste, marbre grec, pl. 1099.

Ce buste provient de la villa Borghèse.

L air triste et le désordre de la chevelure font retrouver dans ce beau buste

ROIS ÉGYPTIENS. 23

le caractère que les Romains donnaient aux images des provinces conquises. La tête, qui paraît être celle du buste, en a été séparée et y a été rapportée.

A ce propos, M. de Clarac fait remarquer qu’on travaillait souvent les statues de manière à pouvoir en changer les têtes. Les statuaires avaient de ces statues toutes faites ; on adaptait ainsi des têtes de bronze à des marbres ou de marbre à des bronzes. Pour donner de la valeur à des statues trouvées acephalées ou sans tête, on leur en a souvent ajusté de personnages célèbres. Celles qui ont conservé leur tête ne sont pas communes. [Haut. om,85o.]

2820 H. — Inopus , fragm. de stat. marbre de Par. pi. 1086.

Ce fragment, cl’un travail excellent, et appartenant à une statue à demi cou chée, dont il ne reste plus que la tête et une partie du torse, a déjà été donné au tome VI, n° 1820, parmi les divinités des eaux; il a été recueilli dans les ruines de Délos. La pose de ce torse permet de conjecturer qu’on avait représenté le fleuve Inopus, qui arrose file sacrée de Délos. Souvent les dieux des petites rivières ont été figurés sans barbe. [Haut. on\95o. ]

ROIS ÉGYPTIENS

(D’après Rosellini.)

2821. — Aménophis, bas-relief peint , pl. 1009.

Ce monarque, dont le nom se lit Amenotph, et dont le règne fut de vingt ou vingt et un ans, succéda au roi Ahmès , qui ouvre la xviii6 dynastie.

Les traits de ce prince sont d’un beau galbe, qui caractérise en général les figures dessinées sous la xvme dynastie; toutefois la perfection dans l’art ne se montre guère que pour les successeurs d’ Aménophis , car les stèles de ce règne sont d’une exécution défectueuse.

Le surnom de Dieu bienfaisant "| | donné à ce pharaon, montre qu’il avait été divinisé. Plusieurs monumens indiquent qu’il a reçu un culte pendant de longues années. (Cf. Lesueur, Chronologie des rois d’Egypte3 p, i45.)

2822. — Nofréari, bas-relief peint , pl. 1009.

Cette princesse , épouse d’ Aménophis Ier, et dont la figure se voit dans un tombeau de Gourna ou Gournah ( cf. Champollion ,Monum, pl. CLXX) , est qualifiée de Divine épouse "| ^ > grande épouse royale et de Fille du soleil La couleur de sa peau et le type de sa figure annoncent une

Ethiopienne. Dans un autre tableau , la même princesse porte le titre de Mère divine.

Cette reine est coiffée de l’épervier à tête d’uræus , surmonté lui-même d’un grand nombre d’uræus portant le disque solaire.

2828. — Thoutmès Ier, bas-relief peint, pi. 1009.

Le nom de ce monarque, un des successeurs de l’Aménopbis époux de Nofréari, présente des difficultés. On n’est point fixé auquel des noms contenus dans les listes il doit être identifié, car l’Africain et Josèphe présentent un roi du nom de Chébron qu’on ne retrouve pas sur les monumens, à moins que, comme l’a pensé Rosellini, ce Chébron 11e doive être identifié à notre Thoutmès. Les cartouches prénom et nom propre de ce pharaon offrent fréquemment des variantes importantes. Le nom propre gravé sur notre planche peut se lire Thoutmès. Le véritable nom de ce monarque est écrit comme ci-contre :

lequel ne diffère guère du nom donné dans la planche que

par l’addition du mot ^ /vwwv > Amen, dissyllabe initial du mot Aménophis.

C’est à tort que Thoutmès a été désigné comme fils d’Aménophis 1er; rien, sur les monumens, n’établit cette filiation.

2824* — - Ahmès ouÂmesses, bas-relief peint , pi. 1009.

Cette princesse, dont la figure accompagne, à El-Assasif, celle du pharaon précédent, est ainsi qualifiée dans la légende : la Royale sœur , grande épouse royale qui l’aime, Ahmès la véridique , lectrice de la haute et basse Egypte. Elle paraît avoir été sœur d’ Aménophis Ier, ët il semble que ce soit cl’elle que Thoutmès tenait ses droits à la couronne. Le titre de régente, qu’elle porte, donne à penser qu’elle exerça le pouvoir après la mort de Thoutmès, le fils aîné d’ Aménophis étant mort sans régner.

2825. — Thoutmès II, bas-relief peint , pl. 1009.

Ce monarque était fils de Thoutmès Ier et frère de Thoutmès III, qui lui succéda. Dans son cartouche prénom il est qualifié de Soleil stabiliieur du monde. Le prénom est écrit d’une façon plus simple sur l’obélisque de Saint-Jean de Latran.

2826. — Hat-Asou (FAmenenthé de Champollion, improprement Aménenhé dans Rosellini), bas-reL peint , pl. 1009.

Cette princesse dont le nom a été lu correctement, pour la première fois, par M. E. de Rougé, était sœur des deux rois Thoutmès II, et Thoutmès III»

ROIS ÉGYPTIENS

et par conséquent fille de Thoutmès Ier. Elle s’attribue une enseigne de souverain et un prénom royal. (Voy. de Rougé, Notice des monumens égyptiens du Louvre , p. 53.)

Il paraît que ce fut de sa part une usurpation d’autorité, car son second frère, Thoutmès III , fit partout marteler ses cartouches et même quelquefois sa légende entière. Cette légende a été incorrectement donnée dans notre planche, cfaprès Rosellini. La Justice du cartouche prénom doit avoir la croix ansée

sur les genoux et la figure assise sur un trône, au bas du cartouche nom propre, doit tenir le lléau. Le nom propre, lorsqu’il est, comme ici, au grand complet, se lit Hat-Asou, V aîmée d’ Ammon Chnouphis.Q uant au prénom, il peut se lire Maképhra, et c’est sans doute, ainsi que l’observe M. Bunsen, la réunion de ce prénom au nom de Thoutmès, qui a donné lieu au Mépliramouthosis de Josèphe (Maképhra et Thoutmosis).

2827. — Thoutmès III (Thouthmès IV cle Rosellini),

bas-relief peint , pi. 1010.

Le cartouche nom de la légende de ce pharaon a été omis dans notre planche. Il doit être écrit comme ci-dessous (voy. Rosellini, Monum. storici, t. I, tav. vu, n° io4; voy. aussi diverses variantes de ce nom données par M. Prisse, dans la Revue archéologique, t. II, p. 4) :

Ce pharaon est qualifié dans les inscriptions de Soleil stabiliteurdu monde; c’est lui qui bâtit le temple de Phré à Amada. On conserve sa statue au musée de Turin. M. Gazzera en a publié la description.

La coiffure de ce monarque n’a pas été parfaitement rendue. Le bonnet est semé de gemmes.

2828. — Rénofrè ou Ranofré, bas-relief peint, pl. 1010.

Cette princesse, dont le nom se lit sur les légendes Rénofré ou Ranofré, était fille de Thoutmès III (appelé, sur les planches, improprement Thoutmès IV, d’après Rosellini). Son image se voit à El-Assassif, où cette princesse est figurée présentant , derrière son père , une offrande de vin à la bari d’ Ammon. Elle est qualifiée de Fille du roi qui l’aime , épouse divine. Le dernier titre indique qu’elle était une des vierges consacrées à Ammon. (Rosellini, Monum. storici, t. I , p. 2 34- )

2829. — - Aménophis II, fils de Thoutmosis III, bas-relief peint, pl. 1010.

Ce prince, dont la ligure se voit au temple de Phré, à Amada, succède, dans toutes les listes royales gravées sur les monumens , à Thoutmosis III. Quoiqu’il ne soit pas mentionné dans les listes de Josèphe et de l’Africain, son nom se lit à la grotte d’Ibrim et sur le second pylône de Karnak.

283o. — Thoutmès IV (Thouthmès V de Rosellini),

bas-relief peint , pL i o 1 o.

Le nom de ce pharaon se lit au temple- d’Amada, en Nubie, et sur l’obélisque de Saint-Jean-de-Latran. Ce prince est qualifié de Soleil stabiliteur des mondes. Son prénom est quelquefois rendu par trois scarabées au lieu du scarabée avec les trois lignes.

2 83 i . — Moutemoua ou Thmauhemoua, bas-rel. peint , pl. 1 o i o.

Cette princesse éthiopienne, dont l’accouchement est représenté sur un des bas-reliefs du palais de Louqsor, était épouse du roi Tboutmosis III et mère d’Aménophis III Memnon.

La gravure qui a été donnée par Rosellini rend les noms d’une manière inexacte; car le cartouche placé à droite et surmonté de l’épervier, symbole d’Horus, est une qualification ordinaire des princes et appartient au prénom de son fds Aménophis III.

2832. — Aménophis III Memnon, peinture , pl. 1010.

Ce pharaon est celui auquel les Grecs avaient donné le nom de Memnon , Mégcvcov, corruption évidente du surnom royal de Meïamoun. C’est celui dont la statue colossale était si célèbre par les sons qu’elle rendait au lever du soleil. On conserve au musée égyptien du Louvre les pieds en granit rose d’une autre statue colossale de ce monarque; dans la légende qui se lit devant ces pieds, le prince est qualifié de Fils du Soleil , uni avec les dieux, aimé d'Ammonra , roi des dieux , roi de Tammè , c’est-à-dire, vraisemblablement, le pays de la paix et de la vérité.

Ce qui ajoute un grand intérêt à ce morceau, c’est que le nom de vingttrois peuples vaincus , renfermés dans des cartouches crénelés, entourent la base du colosse. Ces nations sont toutes représentées et ont le profil nègre. (Voy. de Rougé, Notice des monumens du Louvre , n° 18, p. 4-)

Ailleurs la légende de ce Pharaon porte : YHarphré puissant , le dominant en justice.

Les monumens font mention de la 36e année du règne de ce monarque. Une grande partie du palais de Louqsor avait été sculptée par ses ordres; les bas-reliefs qui le décorent représentent sa naissance , son enfance , son éducation et son élévation au trône. (Champollion, XIIe Lettre d’Egypte , p 210.)

2833. — Taia ou Taitai , épouse d’Aménophis III, peinture,

pl. 1011.

Celle princesse est celle dont la statue colossale se voit à Thèbes , à la gauche

ROIS ÉGYPTIENS

de son époux. On lit aussi son nom écrit à côté de celui d’ Aménophis sur plusieurs scarabées. Elle était fille de loua et de Taia. (Cf. Lesueur, Chronologie des rois d’Egypte , p. i57; voy. S. Birch. On a remarkable ohject of the reign of Amenophis III, ap. Arcaiolog. journal n° 32.)

2 834- — Horus ou Haremhebi, bas-relief en granit, pl. 101 i.

Ce monarque succède dans les listes de Josèphe et de l’Africain, comme sur celles des monumens, à Aménophis III. Il est qualifié de Soleil directeur des mondes , approuvé de B.a.

Il existe des monumens du règne de ce monarque, d’un assez bon style, à Silsilis et à la belle porte de granit de Karnak.

2 835. — Siphtah , époux de Tasésor, pl. 1011.

La figure de ce prince est donnée dans une des tombes royales de Biban el- Molouk comme étant celle de l’époux de la reine Tasésor [Taoser] (voy. Champollion, Lettres d’Egypte, p. 254) ;il est qualifié d’ A mi de Phtah. Sur un naos en bronze du Musée britannique, décrit par M. Prisse ( Revue archéologique, t. III, p. 7 1 5 ) , il porte le titre de Seigneur des Panégyries , comme Phtah Toutounen . Rosellini (t. I , p. 243, Monum. storici) nous apprend qu’on voit une image de ce prince dans une grotte près de Silsilis [Ghebel-Silseleh]. (Voy. Champollion, Lettres écrites d’Egypte , p. 255.)

Le règne de ce pharaon paraît avoir été regardé comme une usurpation.

2836. — Taosra, Taoser, ou mieux Tasésor, pl. 1011.

Celte princesse, qui appartient à la xixe dynastie, et qui régna après Maienplitah [Amenepbtes] (voy. n° 2 845), a été placée à tort, d’après Rosellini, dans la xviii2 * * * 6. Son tombeau se trouve à Biban-el-Molouk.

La légende de cette reine a été mal rendue par le graveur ; il faut remplacer le signe initial par l’aigle et le segment de sphère.

Cette princesse, par la place qu’elle occupe dans les sculptures des tombeaux , paraît avoir été l’héritière du trône , auquel Siphtah avait été simplement associé par son mariage (1).

2 8 3 7 . — Ramsès Ier, peinture , pl. 1011.

Il règne beaucoup d’incertitude sur ce monarque , qui semble être le Ra-

(1) M. de Ciarac n’a pu faire graver les phie. On ne possède pas les figures d’d mou-

derniers rois de la xvme dynastie, qui sont touonkh , de Raonhh terou, de Rasmen ma, très-imparfaitement connus. Le plus célèbre (Ainenmès), dont l’ordre relatif n’a pu en-

d’entre eux, Aménophis IV, qui établit le core être assigné. Mais M. de Ciarac a donné culte d’Atenra et déclara une guerre achar- le pharaon Aï, dont la légende royale est née à celui d’Ammon , était à peine connu, connue et dont Champoîlion a décrit le lorsque notre ami fit graver son iconogra- tombeau. (Voy. plus loin.)

messès des listes de Josèphe et de l’Africain, et dont le règne aurait été par conséquent assez court, puisque ces auteurs ne lui assignent que la durée d’un an. Ce prince paraît avoir été d’une autre famille que les Touthmès; car, dans les tables de Karnak et d’Abydos , il n’existe aucune liaison entre ces deux familles : aussi serait-on tenté de faire commencer à ce pharaon la xixe dynastie. Ce qui vient encore à l’appui de cette conjecture, c’est que, par leur style, les monumens de Séti Ier et de ce Ramsès sont profondément séparés de ceux d’Horus et de ceux d’Aménopliis ; ce qui indique un intervalle assez considérable.

Le tombeau de ce prince n’offre point , à Biban-el-Molouk , la profusion de sculptures qu’on admire dans les autres tombes. Il consiste en un long et vaste corridor creusé dans la montagne, et en une grande chambre sépulcrale où est placé le sarcophage en granit. Les parois de ce tombeau ne sont point sculptées ; celles de la chambre seulement sont ornées de peintures faites à la hâte.

2888. — Séti Ier Maienphtah, bas-relief peint, pl. 1011.

Le cartouche de ce monarque a été incorrectement donné sur la gravure. Il doit être écrit :

On avait longtemps très- mal lu ce nom, dont la vraie lecture appartient à M. Charles Lenormant. Il doit être lu Séti Maienphtah; c’est le Séthos de l’Africain, qui ouvre la xixe dynastie. Il est qualifié de Soleil stabiliteur de justice. La figure du dieu Set, qui entre dans son nom, est souvent martelée. La raison en est le culte de ce dieu, qui devint plus tard en horreur aux Égyptiens, et Set fut regardé comme le dieu du mal, le Typhon.

Le profil de ce monarque, qui se voit aussi sur un bas-relief en pierre calcaire du musée du Louvre (de Rougé, Notice, etc. n° 7, p. 3o), est d’une grande beauté et exprime la jeunesse.

Le tombeau de ce pharaon, qui étendit ses conquêtes jusqu’au centre de l’Asie et dont le règne ouvre glorieusement la xixe dynastie, était le plus beau de toutes les syringes de Biban-el-Molouk. La magnifique salle hypostyle de Karnak a été élevée en son honneur.

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2839. — Tsiré, pl. 1012.

Dans l’inscription funéraire de cette princesse, épouse de Séti Ier Maienphtah, inscription qui se trouve à Thèbes, elle est qualifiée N Epouse divine, mère royale, rectrice de la haute et basse Égypte .

2840. — Séti Ier Maienphtah, jeune, bas-rel. peint , pl. 1012.

Ce pharaon, qui est qualifié, à Médinet-Abou , de Soleil stabiliteur d’Ammon Chnouphis, est ici représenté à un âge moins avancé qu’au numéro précédent.

ROIS ÉGYPTIENS

Sa légende a été mal rendue sur la planche. Elle doit être écrite :

avec la figure du dieu Set à tête de griffon, laquelle a été presque toujours grattée sur les cartouches, par les motifs rappelés plus haut.

Le prénom de ce monarque est Ra mert ma, c’est-à-dire Soleil stabiliteur de justice.

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