‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 106 sur 299 · Claudia Hédonê. N” 77; ins., pl. iii, 14 lig., marbre · texte numérisé non relu

Claudia Hédonê. N” 77; ins., pl. iii, 14 lig., marbre

Dans cette inscription , grave'e sur un autel qui a e'te' trouve' près de la colonne Trajane, clavdia hedone, la plus infortunée des mères, déplore le malheur qu’elle a eu de perdre, en quatre ans de suite, son fds, le plus tendre des fds, CLAvnivs hedonicvs, âge' de vingt-trois ans, et titia pe- REGRiNA, enfant de sept ans, fdle de sa fdle (filiae.s.fil., Jiliae suae Jiliam) titia felicvla, morte à vingt-neuf ans. Dans son affliction, elle poursuit à jamais de ses malédictions, et auprès des dieux célestes et infernaux, quiconque lirait les expressions de sa douleur sans y prendre part; pour peu qu’il soit sensible, il doit s’affliger avec elle. L’inscription se termine par une consécration particulière aux dieux Mânes de Titia Felicula. D’après les noms des enfans d’Hédonê, il paraîtrait qu’ils étaient de deux lits; qu’elle avait d’abord épousé un Claudius, et en secondes noces un Titius, affranchis probablement l’un et l’autre de deux familles consulaires, l’un de la Claudia, et le second de la Titia. Il y a plus d’une faute dans cette épitaphe : on a omis le verbe qui exprimait les malheurs qui accablèrent Hédonê pendant quatre ans, et qui régit l’accusatif Claudium Hedonicum, et il est à croire, avec M. Hase, que ce mot omis était amisit, elle a perdu. Les noms qui suivent et qui sont régis par le même verbe sont au nominatif au lieu d’être à l’accusatif; à moins que par abréviation et faute de place on n’ait supprimé le M final de Titiam, de Peregrinam et de Titiam Feliculam. Cependant il y avait de la place, et l’on peut rejeter ces fautes et ces oublis, de même qu’à la 9® ligne, apvt pour apvd, sur la négligence de l’ouvrier qui a gravé l’inscription. Le nom de Titia est très-commun dans les inscriptions, et l’on y rencontre plusieurs fois les surnoms Felicula, Hedone, et son diminutif Hedonicus , ainsi que Peregrina. A la 12® ligne, on trouve dole.\tvr pour doleat, ce qui n’est pas surprenant dans des inscriptions de ce genre, pleines de barbarismes et de solécismes ; on n’est pas même étonné d’y voir dolitus est pour doluit, ce que présentent deux inscriptions que m’a indiquées M. Hase, et que donne Gruter, p. 793, 4; 794, 2 ; de qua nihil aliud dolitus est nisi mortem : il n’a jamais reçu d’elle d’autre chagrin que celui de sa mort. — Gruter, p. 676, n® 11; — Smetius, Inscr. ant., 112, n° 15; — Fleetwood, Syll., 1691, 232; — Maffei, Ars crit , col. 359. [Haut. 0'“,470 z= 1 pi. 5 po. 5 li. — Larg. 0™,400 = 1 pi. 2 po. 9 li.]

Claudia Italia (33o). N" 826, pl. 147; ins., pï. lvii.

534. Claudius Argyrus. N" 497, pï. 250; ins., pl. xvm, 3 lig.

Ce petit monument cinéraire est agréablement couronné d’un fronton triangulaire et de demi-palmettes aux angles, et dans le tympan, un panier rempli de fruits et renversé peut être un emblème de la vie et de la mort. Des têtes de bouc à barbe, d’une forme particulière, soutiennent suspendue à leurs cornes une grande guirlande de feuilles de laurier avec leurs

LATINES

baies, que becquettent deux oiseaux, et qui encadre le cartel. On y voit aussi deux cigognes mangeant chacune un serpent, et ces images de destruction font sans doute allusion à la mort et à la purification des âmes (1). Ces palmettes, ornemens si frequens des monumens funèbres, avaient quelques rapports avec les rites funéraires. Quoique l’on en trouve beaucoup dans la décoration des autres monumens, peut-être à l’origine de leur emploi n’étaient- elles destinées qu’aux tombeaux. M. Petit-Radel, l’ingénieux auteur de savantes recherches sur les monumens cyclopéens, croit que ces palmettes représentent la silique du caroubier, et que les fèves qu’elle renferme étaient consacrées aux moi’ts (2). Le cartel de cette urne cinéraire porte pour toute inscription sa consécration à ti. clavdivs argy- RVS, probablement affranchi de l’illustre maison consulaire Claudia, et peut-être d’un des empereurs de cette famille, tels que Tibère, Claude, Néron, qui portaient le prénom de Tiberius. — Bouillon, t. III, dp. et insc. sép. rom., pl. 2, n° 4. [Haut, de l’urne 0™,420 = 1 pi. 3 po. 7 li. — Larg. 0“,370 =: 1 pi. 1 po. 8 li.]

535. Claudius Chrysantius. N° 809; ins,, pl. lv, 5 et 4 l., marh.

Cette inscription sépulcrale est divisée en deux parties, dont chacune est sous la protection des dieux Mânes, D. M. Celle de droite porte : helvia SALVIA à son mari, et celle de gauche , Tl. clavdivs chrysantivs , qui a vécu vingt et un ans. Le fecit, a érigé, de cette partie-ci est répété, mais en abréviation, F ; à la fin de l’autre, B. M. F., Bcnc M^erenti ¥ecit. D’après ses deux noms , cette femme paraîtrait avoir eu pour père et pour mère des affranchis de la maison consulaire Salvia, et de VHelvia, que quelques numismates admettent aussi parmi les familles consulaires. On trouve cette même inscription dans Gruter, p. 770, 3, qui l’a tirée de Mazochi. Mais en comparant notre marbre et ce que donne Gruter, on pourrait croire que ce sont deux monumens différens. Notre inscription est en large et en deux parties ; celle de Mazochi n’en a qu’une qui réunit les deux, et elle est en hauteur; et de plus, les deux D. M. n’y existent pas. II se peut très-bien que Mazochi l’ait écrite de mémoire et inexactement, après l’avoir vue à Rome chez un certain Louis Belli. Au reste, il a mis XI au lieu de xxi ; c’est bien une faute , car l’on ne peut pas admettre que Chrysantius, qui était marié, n’eût que onze ans à sa mort. — Coll. Durand. [Haut. 0“,311 =11 po. 6 li. — Larg. 0“,575 = 1 pi. 9 po. 3 li.]

536. Claudius Diüs. N° 495, pl. 25 1; ins., pl. xviii, 5 L, marh.

Cette urne cinéraire a été consacrée à tiberivs clavdivs divs par sa femme clavdia helena, affranchie sans doute comme lui de l’illustre famille Claudia. Dans le tympan du fronton triangulaire de ce joli monument, accompagné de palmettes, une espèce de chimère cornue, accroupie,

(1) Vqj. 515, n» 296.

(2) Voy. Mon. ant. du Mus, Napoléon, t. IV, pl. 42.

INSCRIPTIONS

tient entre ses pattes de devant une tête de bélier. Aux angles, deux têtes de Bacchus-Ammon soutiennent une guirlande de feuilles, de fleurs et de fruits, sur laquelle se jouent deux oiseaux. Au-dessous sont deux aigles posés et la tête relevée. Les têtes de Bacchus-Ammon se distinguent de celles de Jupiter-Ammon en ce qu’outre les cornes de bélier elles ont les oreilles de cet animal, ce que n’oflrent pas les têtes de Jupiter. Ce monument aurait été mis sous la protection du maître des dieux et de son fds Bacchus, comme plusieurs autres qui portent les mêmes insignes, l’oiseau de Jupiter et la tête de Bacchus-Ammon. Voy. SCO, n° 580; 563, n° 226; 507, n“ 303. Ne pourrait-on pas admettre qu’ici le choix des ornemens sacrés a pu être un peu influencé par le nom de Diiis qui était comme sous la protection de deux divinités : de Jupiter, Zeus , gén. Dios en grec, et même Dius en latin, et de Bacchus, Dionysos en grec; ce nom de Diiis est trèsrare. — Publié dans les Mon. ant. du Musée Napoléon, t. IV, p. 43; — Bouillon, t. III, dp. et insc. sép. rom., pl. 2, n” 24. [Haut. 0'",363 = 1 pi. 1 po. 5 li. — Larg. 0“’,334 = 1 pi. 0 po. 4 li. ]

537. Claudius Eros. N“ 667, pl. 253; ins., pl. L, 4 lig., marbre.

Cette jolie urne cinéraire a l’aspect d’une édicule ou d’un petit temple couronné par un fronton ti'iangulaire ayant pour acrotères des masques tragiques, et dont le tympan a pour ornement un panier renversé rempli de fruits qu’un oiseau va becquetter. Aux angles sont des colonnes à cannelures en spirales, portant des chapiteaux à trois rangs de feuillages. Sur le devant, au-dessus du cartel de l’inscription qui sert de base ou de stylobate, en avant d’une niche qui s’enfonce dans la muraille dont les refends sont indiqués, est assise Vesta, vêtue d’un ample manteau ou d’une palla qui lui sert de voile ; de la main droite elle tient le brasier où se conservait le feu sacré, et de la gaucbe, une torche allumée, symbole de sa puissance et de la pureté qu’elle exigeait de ses adorateurs. Peut-être salua daphne, à qui son père tiberivs clavdivs eros a consacré ce monument, étaitelle vouée au culte de cette déesse. Les points qui séparent et suivent en tête de l’inscription les lettres D.M sont en forme de feuilles de lierre, ce que présentent plusieurs autres monumens épigraphiques. Les noms de Sallia et de Daphné sont très-rares dans les inscriptions. — Osann, Syll. , p. 374, n° 47 ; — Bouillon, t. III, dp. et insc. sép. rom., pl. 4, n° 60. [Haut, de l’urne 0"‘,595 = 1 pi. 10 po. — Larg. 0™,359 = 1 pi. 1 po. 3 li.]

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