‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 109 sur 299 · Cornelia Galénè. N” 663; ins., pl. l, 8 lig., marbre · texte numérisé non relu

Cornelia Galénè. N” 663; ins., pl. l, 8 lig., marbre

Inscription d’un monument funèbre que cornelia gAlene, affranchie, avait élevé pour elle, pour son maître l. cornelivs solon, fils de Lvcivs,

INSCRIPTIONS

de la tribu cornelia rvstica , et pour ceux qu’elle choisira ou en faveur de qui elle en disposera, ce qu’elle exprime par ces mots : et qvibvs ego ca- VERO ; dans ce dernier mot I’a et le v sont conjugues. La tribu Cornelia était une de ces tribus rustiques ou de la campagne établies par Servius Tullius, et dont on ne saurait toujours assigner les situations autour de Rome, dans un rayon de cinq ou six milles, espace qui formait alors tout le territoire de la future maîtresse du monde. Composées en general des familles les plus anciennes et les plus riches, ces tribus rustiques, quoiqu’elles ne fissent pas partie des 300 gentes ou maisons patriciennes de Rome, étaient beaucoup plus considérées que les tribus urbaines ou de l’interieur de Rome, dans lesquelles, à diverses époques, on avait fait entrer tout le bas peuple et ceux qui ne possédaient rien et n’avaient pas meme de métiers. Ce fut Quintus Fabius qui, en 450 de Rome, 304 avant notre ère, e'pura le plus les tribus rustiques et en fit sortir les affranchis et la populace, qu’on y avait places pendant quelques années ; et à cette occasion il reçut le surnom de Maximus. On les mit ensuite tous dans la tribu de Rome VEsquiline, et c’était un affront d’y être rejeté par les censeurs. Aussi dans les actes, ainsi qu’on le voit par les inscriptions, tenait-on à indiquer de quelle tribu on était, pour monü'er qu’on n’appartenait pas à une tribu urbaine ou d’affranchis, ou de nouveaux citoyens romains et des peuples auxquels on accordait le droit de suffrage. Et notre L. cornelivs solon, d’une des plus anciennes familles romaines, était toujours resté dans sa tribu rustique, à laquelle ses illustres ancêtres avaient donné leur nom. — Osann a publié cette inscription, Syll. , p. 378, n° 66. [Haut. 0"’,975 = 3 pi. — Larg. 0“,866 = 2 pi. 8 po.]

Cornelia Tyché (342). N" 507, pl, 158; ins., pl. xix, 8 I., mar. 547. Cornélius Hilarus. N” 674, pl. lu, 7 iig., marbre.

Parmi nos inscriptions du Musée royfil, nous n’avons que celle-ci qui désigne, ainsi qu’on le voit sur une foule de pierres tumulaires, l’espace de terrain destiné à la sépulture. Ce qu’on lit à la fin , IN. FR. P. xv — IN AGR. P. XX, in fronte pedes quindecim — in agro pedes viginti , donne 15 pieds sur le devant ou le long de la voie publique, et 20 pieds vers le champ, au terrain employé au tombeau que cornelivs hilarvs le jeune (minor), affranchi de Sisenna, se consacre, ainsi qu’à thavgenis et au licteur c. papirivs hermo. Le nom de celui-ci étant au nominatif comme celui d’Hilarus, il paraîtrait qu’il s’était associé avec lui pour les frais, auxquels ne contribuait probablement pas Tbaugénis. Cette inscription offre plusieurs particularités : d’abord ce nom, qui n’est autre que Théognis ou Théogène, est écrit ©AVGENI; le © ou thêta grec y est pour le the latin; dans THEAVGENi, I’av est pour o, theogeni ou theogni. Le prénom de Cornélius Hilarus, indiqué par vl, n’est pas connu; Gruter, dans sa table des abréviations, ne l’explique pas; et il est assez singulier qu’on retrouve, p. 994, 6, cette même sigle pour le prénom d’un Sergius Hilarus, comme si ce prénom, que nous ne connaissons pas, tenait au nom ou au surnom

LATINES

à'Hilarus pris par ces affranchis, dont l’un l’était de la famille Cornelia, l’autre de la Sergia. Le surnom de Sisenna appartient à la famille Cornelia; mais on ne le trouve, du moins dans Gruter, donne sur les inscriptions à aucun des nombreux personnages de cette illustre maison. L’excellent dictionnaire de l’histoire ancienne [Real lexicon) de Funke, n’offre de Sisenna que P. Cornélius Sisenna, grand écrivain, habile historien, ami de Varron, de Cicéron et d’Atticus, et dont il ne nous reste que quelques fragmens. Il serait fort intéressant que son nom nous eut ete conserve par un monument contemporain, et qui serait unique. Rien, ce me semble, ne s’y oppose; les caractères de l’inscription sont beaux et d’une bonne epoque, et de plus, un CAivs papirivs carbo, qui vivait à la même epoque que sisenna, du temps de Marius et de Sylla, pourrait bien être le CAivs papirivs dont était affranchi le caivs papirivs hermo de notre inscription ; et qui sait si mes conjectures ne pourraient pas être changées en certitude. — Publié par Osann, Syll. , p. 375, n° 48. [Haut. 0™,975 = 3 pi. — Larg. 0“,866 = 2 pi. 8 po.]

548. C. CORUNCANIUS Oricula. N“ 35, pl. I, 9 lig., cippe cnmar.

Ce monument funèbre, dont l’inscription est en grands et beaux caractères, et sur les côtés duquel sont sculptés un préféricule et une patère, était autrefois dans les jardins du couvent de Saint-Paul près de Rome, sur le chemin d’Ostie. Il a été publié en entier par Boissard (1). L’inscription en a aussi été donnée par Manilli (2), et très-inexactement par Pinarolo (3). Elle est consacrée à la mémoire de c. corvncanivs oricvla, d’après une clause de son testament, par sa femme ivlia pia; il était de la tribu POLLiA et tribun de la vingt et unième légion , surnommée la rapace. Oricula avait la direction d’ouvriers attachés à ce corps : le titre de PRAEFECTVS FABRVM OU FABRORVM que l’on donne à ce tribun devait répondre à celui de commandant du génie. Notre Caius Coruncanius, fils d’un Caius, l’était peut-être d’un Caius Coruncanius Hilarus dont il est question dans Gruter, p. 398, n°9, et dans les marbres de Turin (4). Celuici était, il est vrai, de la tribu Palatina, et le nôtre, de la Pollia, tribu rustique, tandis que la Palatine était urbaine. S’il en était ainsi, le fils aurait passé dans une autre tribu que celle de son père, qui était un affranchi, et il eut cherché par là à faire perdre la trace de son origine trop connue dans la tribu de son père. Ce serait d’autant plus à présumer, que la tribu Pollia jouissait de plus de considération que la Palatina, et que Coruncanius ayant peut-être fait fortune, et s’étant établi à la campagne, aurait pu trouver le moyen de s’y faire admettre dans une tribu plus estimee que celle de

(1) En 1598, P. IV, pi. 96. coite da Giacomo Pinarolo ; Rome, 1725;

(2^ En 1650, p. 41 ; il met à la 4® ligne t. III, in-8°, p. 65.

PREF. pour PRAEF. (4) Marmara taurinensia, P. 2, p. 92,

(3) Trattato dette cose pm memorabili n“ xcvi. di Roma, tanto anticke che moderne , rac-

INSCRIPTIONS

son père, qui probablement e'tait un ouvrier, tandis que le fils était à la tête du corps des ouvriers militaires. Au reste, M. Hase, dans des notes dont j’ai déjà parlé, pense que l’inscription de Turin donnée par Gruter, Pingoni (l), Guichenon et MafFei, a peut-être été mal lue, et qu’au lieu de pal il y a POL comme dans la nôtre. Mais elle est dans les marbres de Turin, que M. Hase n’avait pas sous la main , et l’on connaît l’exactitude de leurs auteurs Rivauteüa et Ricoivi, et il y a pal. Gruter, qui donne, p. 398, n“ 10, celle-ci, d’après Knibb et Fulvio Orsini, a certainement fait un double emploi; car à la page 385, n° 5, on la trouve d’après Smet, et tirée du même endroit; et c’est absolument la même, si ce n’est qu’il y a CARVNCANio au lieu de corvncanio, et ce sera, sans nul doute, une faute de la copie de Smet. Le nom de la femme de ce Coruncanius pourrait porter à penser qu’elle était affranchie de l’impératrice Jülia Pia ou Domna, femme de Septime-Sévère. [Haut. 1"*,017 = 3 pi. 1 po. 7 li. — Larg. 0“,749 = 2 pi. 3 po. 8 li. ]

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