VÉNUS. PI
Torse d’homme nu. pl. 41.
bustes.
Tête de déesse. PI. 21.
Jeune fille inconnue, peut-être Plutia Vera. pi. 33.
Tibère. PI. 35.
INSCRIPTIONS
que Ton peut concevoir de ces deux affranchis, qui probablement avaient reçu de Domitia Longina des bienfaits en proportion des desordres pour lesquels ils l’avaient servie. Ce monument, qui paraît avoir e'te' très-somptueux, annonçait assez la coupable prodigalité' de Domitia envers ses complaisans serviteurs. Il n’e'tait pas seulement destine' à l’impe'ratrice , mais encore à toute sa famille. La manière dont est e'nonce'e la de'dicace, in honorem memoriœ, montre que, n’avant pas e'te' élevée au rang de diva, déesse, elle n’avait pas reçu les honneurs de l’apothéose. Car il paraît, selon le savant Eckhel, que ce ne fut qu’après Claude II le Gothique (268) qu’on employa la formule in honorcm memoriœ, même pour des princes qui avaient été mis au rang des dieux. La dénomination A'Ædes, par laquelle on désigne ce temple, indique que ce devait être un assez grand édifice, composé peut-être de plusieurs bâtimens. Le terrain en avait été accordé à Domitius Polycarpe par un décret des décui'ions de Gabies. Il faut, au reste, que Domitia eût rendu de véritables et même d’importans services à Gabies pour qu’on lui ait consacré, malgré la mauvaise réputation qu’elle avait laissée, un terrain et un temple tant d’années après sa mort, lorsqu’on n’avait plus rien à espérer ni à craindre d’elle; car il paraît qu’elle mourut très-âgée, sous le règne de Trajan , sans qu’on sache l’époque de sa mort. Mais Trajan régna de 98 à 117, et, d’après l’âge que l’on peut supposera Domitia, à sa mort, il est à croire qu’elle eut lieu plutôt vers le commencement du règne d’Adrien ou la fin de celui de Trajan que plus tard; et ce ne fut que sous le troisième consulat d’Antonin Pie, l’an 140 de notre ère, que fut passé l’acte de Gabies pour la concession du terrain et la dédicace du temple. On peut aussi faire remarquer que la reconnaissance de Polycarpe et d’Europe fut très-constante et de longue durée, car ce ne fut que longtemps après la mort de leur maîtresse, et lorsqu’ils n’étaient certainement plus jeunes, qu’ils lui en consacrèrent ces éclatans témoignages (l).
(1) Nous n’avons pas de donne'es qui puissent nous servir à e'tablir d’une manière positive l’anne'e de la naissance de Domitia Longina et celle de sa mort, et l’on ne peut avoir recours qu’à des conjectures. On sait seulement quelle fut marie'e au sénateur Elius Lamia; mais on ignore si ce fut avant ou après la mort de son père Corbulon , qui, après tant de hauts faits en Orient contre les Parthes, les Arméniens, fut force' par l’ingrat Ne'ron à se tuer à Corinthe l’an 66 de notre ère. Rien n’empêche de supposer qu’il eût marie' sa fille Domitia en 65, et qu’elle eût alors dix-sept ou dix-huit ans, ce qui porterait sa naissance vers 47, au 11 fe'vrier. Le temps qu’elle ve'cut avec son mari n’est pas connu; mais il est bien à croire qu’il ne fut pas long, puisqu’elle fut enleve'e par
Domitien peu après qu’il eut e'té nomme' César par Vespasien, l’an 69. 11 ne l’e'pousa que quelques anne'es après qu’il eut fait d’elle sa maîtresse, et il n’en eut un fils qu’en 73, lors de son second consulat. 11 est probable que lorsqu’elle fut enleve'e par Domitien, âge' de dix-huit ans, elle e'tait dans toute la fraîcheur et l’e'clat de sa jeunesse et de sa beaute', et n’avait pas, comme je le pre'sume, au delà de vingt-deux ans. Elle en aurait eu quaranteneuf en 96, à la mort de Domitien. Si elle e'tait morte vers le milieu du règne de Trajan, vers 107 ou 108, elle aurait prolonge' sa vie jusqu'à près de soixante ans, et c’eût e'te' trente-deux ans après elle que, l’an 1 40 de J. C. , sous le troisième consulat d’Antonin Pie et sous le premier de Marc-Aurèle Ce'sar, ses affranchis Poly-
LATINES
Ce temple fut orne, aux frais des deux affranchis, de statues et de tout ce qui était necessaire au culte, et ils les placèrent sous la surveillance de la république de Gabies, comme il appert par fa partie de l’inscription qui suit fa dédicace à Domitia, et dont fa date répond âu 21 avrif de f’an 140 de notre ère. L’acte fut rédigé et gravé en présence de tout f’ordre des décurions ( qui formait fe sénat , qu’on ne réunissait ainsi que pour des actes sofennels ) , dans fa curie Ælia; fes rapporteurs étaient fes quatuorvirs quinquennaux (l) Lvcivs VIPSTANVS POPLicoLA MESSALA, de fa tribu romaine Claudia, et fds de Lucius Vipstanus , et lvcivs setrivs priscvs, de fa tribu Palatina, et fds de Lucius Setrius.
Les rapporteurs décfarent qu’après avoir érigé et décoré un tempfe en honneur de fa mémoire de f’impératrice domitia, fdfe de Corbufon, et comme témoignage de son dévouement pour effe, Domitius s’empresse, sur ses revenus, d’étre utife à tout f’ordre des décurions, et en pai’ticufier à chacun d’eux, domitivs polvcarpvs (2), en son nom et en cefui de sa femme domitia evrope , offre à cet ordre , ainsi qu’aux sévirs augustaux , fa somme de 10,000 sesterces. S’adressant à notre répubfique éternefle, if demande qu’on fasse de cette somme f’empfoi suivant, d’après fa stipufation insérée, selon son désir, dans l’acte passé par-devant clavdivs VITALIS (3).
Tous fes ans, fe 3 des ides de février (fe 11), anniversaire de la naissance de Domitia, les décurions et les sévirs réunis feront un repas en public, et les parts y seront également distribuées. De plus, fes intérêts de 5,000 autres sesterces sont destinés à la conservation et à la décoration du temple. — On demande si toutes ces conditions sont agreees. — Elles le sont à l’unanimité ; les sommes sont acceptées d’après les clauses précé-
carpe et Europe, d’accord avec la ville de Gabies, auraient e'Ieve' ce monument à la me'moire de cette impe'ratrice. Et quelque âge que Ton suppose aux deux afifranchis à la mort de leur maîtresse , on voit qu’ils ne devaient plus être jeunes, lorsque, longtemps après qu’ils l’eurent perdue , leur reconnaissance fui e'rigea ce temple.
(1) Maigre' le titre des quatuorvirs qui annonce quatre de ces magistrats, il n’y en avait, à ce qu’il paraît, que deux. D’après Visconti , c’e'taient les premiers magistrats de ces municipes, où ils remplaçaient, pour ainsi dire, les consuls de Rome. Ces places e'taient soumises à bien des charges et des de'penses, et c’e'tait par e'conomie que , dans ces petits municipes , tout en conservant le titre de quatuorvirs, on les avait re'duits à deux, ce que prouvent d’autres inscriptions. Ne se pourraitil pas aussi qu’iî y exit quatre quatuorvirs.
et qu’il n’y en eût eu que deux en exercice pendant cinq ans, après lesquels ils auraient e'te' remplace's par les deux autres? La famille romaine Vipstana ou Vipsana, pie'be'ienne et consulaire, selon les fastes, e'tait très-illustre; les Agrippa, les Lænas, les Messalla en e'taient des branches ce'lèbres. La famille Sétria est très -peu connue.
(2) D’après les lignes 1 et 8 , on voit que Polycarpe était aussi de'curion, et qu’il appelle notre ordre celui des de'curions, ce qui ne peut surprendre pour des affranchis de la maison impe'riale, qui souvent furent revêtus à Rome de places trèsimportantes.
(3) II paraît que ce Claudius Vitalis remplissait alors à Gabies les mêmes fonctions que chez nous les notaires; qu’il rédigeait les actes et en conservait les minutes, codicilli.
INSCRIPTIONS
dentes. II est décrété qu’à l’avenir il y aura à jamais en public un repas paye par les interets de la somme de 10,000 sesterses, et où l’on celebrera l’anniversaire (1) et la mémoire de l’impératrice Domitia, fille de Corbulon. Si en aucun temps ce décret n’était pas exécuté, si l’ordre des décurions l’abrogeait , ou si l’on changeait ce qui a été stipulé, alors toute la somme acceptée sous les conditions énoncées ci-dessus passerait aussitôt, avec les memes clauses, au municipe de Tusculum. — Après trois publications, ce décret a été gravé sur une table d’airain et exposé en public pour qu’on put le lire facilement.
On voit par cette fin que notre belle inscription était double, et que pour mieux conserver ce décret, en cas d’incendie du temple, on l’avait répété sur une plaque de bronze déposée probablement dans les archives de Gabies, après l’avoir, pendant quelque temps, exposée aux yeux du public.
L’intérêt de la somme léguée n’en faisait pas une considérable ; cependant elle pouvait suffire à un assez bon repas pour une quinzaine de personnes; si l’on compte le sesterce du temps d’Antonin Pie sur le pied de 20 centimes 427, les 10,000 donneraient 2,042 francs. Visconti croit qu’à cette époque l’intérêt de l’argent à Rome pouvait aller à 12 pour cent : alors les 10,000 sesterces en auraient produit 1,200 d’intérêt ou 245 francs; et de tout temps, en tout pays, quinze ou même vingt personnes ont pu faire, pour cette somme, un très-bon repas. II est même à croire qu’elle n’était pas employée en entier à celui des magistrats de Gabies , et qu’il y en avait une partie qui servait à faire une distribution de comestibles au peuple qui y assistait.
Les fautes d’orthographe, les transpositions de lettres, les divisions de mots qu’on trouve en assez hon nombre dans cette inscription sont si communes sur les monumens e'pigraphiques romains, qu’il est presque inutile de les faire remarquer, et ce sont de ces be'vues qu’on ne peut, en ge'ne'ral, attribuer qu’à l’ignorance ou à la ne'gîigence des ouvriers en lettres, et dont on ne saurait ici, non plus que dans d’autres inscriptions, accuser les magistrats qui avaient re'dige' l’acte. Ainsi fre'quemment ces ouvriers, qu’on pourrait appeler épigraphes ou épiglyptes , confondaient le d avec le T, qui devaient avoir entre eux, dans la prononciation, beaucoup de ressemblance. II en est encore de même chez les Allemands, où le n est le T doux, et le t le d dur. — Ligne 5 , gabis est pour gAbiis, le nom de cette ville se terminant en ii, gAbii, comme pompeii, TARQUiNii; à la même ligne, incvbia pour IN.CVRIA, et AT est pour AD, dans Atfvit. — Lig. 6, PVBLICO.I.A pour pvblicola, ce qui ne doit guère étonner lorsqu’on trouve
(1) Ces anniversaires de la naissance ou de la mort ont été de tout temps fréquens chez les Grecs et chez les Romains. On le voit par les inscriptions et par les auteurs, non-seulement pour les grands personnages, les empereurs, mais même pour les particuliers. C’étaient ou des fêtes publiques, ou des fêtes de famille. On assignait un fond pour les établir. Le sénat de Rome avait ses repas publics de ce
genre, qu’on appelait epula. Une autre belle inscription de Gabies, que nous verrons (608), nous offrira une autre repas anniversaire institué pour la naissance de Plutia Vera; et la somme qui y est affectée est exprimée de même , et se trouve pareille à celle qui est ici destinée au repas en mémoire de Domitia. On y voit aussi que la somme est léguée aux mêmes conditions que celle-ci.
LATINES
dans des inscriptions p.v.b.l.i.c.v.s pour pvblicvs. — Lig. 1, qviampribem pour
QVI lAM PRIDEM, Lig. 8, AT avOS, AT AETERNAM , pour AD QVOS, AD AETERNAM ;
VNI . VERSVS pour VNIVERSVS; AD .EECTV pour ADFECTV; ET.IAM pour ETIAM.
— Lig. 9, EX.EMPLVM pour exemplvm. — Lig. 10, s.vir pour sevirj — febrar pour febrvar. — ' Lig. 9, 11 et 14, condicio pour conditio; cependant Visconti pense que ce devrait être la vraie manière d’e'crire ce dernier mot. — A la 13®, it pour ID , et QVOT pour qvod. — D’après tous ces de'tails, on voit de quel inte'rét est notre belle inscription de Gabies. [Haut. 0™,'780 = 2 pi. 4 po. 10 ii. — Larg. 3™, 540 = 10 pi. 10 po. 9 Ii.]
553 A, Domitius Amandus. N° 836, pL lviii, 2 iig. circul.
Cette petite inscription, imprimée en relief et en assez bons caractères, servit de cachet ou d’adresse à une brique. A la seconde ligne, l’ouvrier souhaite une bonne santé à celui qui l’a faite, et par conséquent à lui-même. Cette brique sortait des ateliers de cn. domitivs amandvs. Nous en avons au musée un assez bon nombre de ce genre et de diverses fabriques. Ces noms prouvent le prix que l’on attachait à la bonne fabrication des briques, et ce soin se portait sur toutes les parties des édifices. Nous trouvons de même plus d’un nom sur des conduits en plomb. — Cette brique provient de la collection Durand. [Diam. 0‘",097 = 3 po. 1 lig.]
553 B. Domitius Major et D. Minor. N° 823 his, pL lix.
Un dauphin dressé, et dont la queue entoure un trident, orne le médaillon de cette brique, qui ne porte que les noms de deux fabricans en une seule ligne circulaire, dommaio do minori, Domitius l’aÎné et Domitius LE JEUNE, sans indication du lieu de leurs ateliers. Les noms ne sont qu’en abréviations, dom et do, et ce pourrait être domitianvs aussi bien que do- MiTivs. Mais dans l’inscription 553 D, on trouve l’aîné des deux frères, portant le nom de domitivs : — primigen. domitiorvm, et dans l’inscription suivante, les mots ex FiGlinis domitianis minori [sic) doivent indiquer les Jîglines de Domitius le jeune; car si c’était domitianvs, il devrait y avoir ex violinis domitianianis, ce qui, du reste, est fort peu important.
— Coll. Durand.
553 C. Domitius Minor. N" 823, pl. lviii, 2 lig. circulaires.
Au milieu du médaillon qu’entoure l’inscription de cette brique est un scorpion en relief. Elle vient des fabriques d’un Domitivs le Jeune, établies dans les domaines, ddnn, dominorum nostrorum , de nos maîtres. Rien n’indique qui pouvaient être ces maîtres-, il est à croire que c’étaient des empereurs ou des Césars ; mais les noms des deux Domitius, sans doute affranchis de la famille consulaire Domitia, n’autoriseraient pas à chercher leurs maîtres parmi les princes issus de cette illustre famille. [Diam. du médaillon 0‘”,108 = 4 po. ]
INSCRIPTIONS
653 D. Domitius l’aîné. N” 825 A, pl. lx, 2 lig., terre cuite.
Fragment carre' de brique de la fabrique de l’aîné' des Domitius, PRIMIGEN... domitior; dans le premier mot, le second i est conjugue' avec I’m ; ce sont de ces litterœ nexiles très-communes dans les inscriptions des bas temps.
553 E. Doryphorus. N° 90, pl. 257; inscr., pï. LXI, marbre.
On lit ce nom sur la partie inferieure de la base d’urt candélabre : DORYPHORVS PATER ; cc doit être le nom de celui qui l’a consacre' ou du sculpteur qui l’a exécuté. Le mot pater ferait croire que l’on a voulu distinguer Doryphorus le père d’avec son fds, qui portait le même nom. On pourrait, sans inconvénient, admettre que l’un et l’autre étaient sculpteurs.