Hercule Iao ou Ao. N° 633, pl. xlv, 7 lig., marhre
Cette inscription est le reste d’un autel que lvcivs valerivs telesphorvs avait consacré à Hercule, surnommé lAÔ. Ce surnom appartient aux bas temps de l’antiquité; l’on n’en connaît pas le véritable sens; mais l’on sait que les abraxas et d’autres monumens des gnostiques, visionnaires mystiques du III® et du IV® siècle, le donnaient à Jupiter; et l’éci'iture trèsmauvaise de l’inscription fait descendre ce monument aux bas temps de l’antiquité, à l’époque où le paganisme était sur sa fin, et où les gnostiques en mêlaient les traditions avec leurs rêveries. L’on voit aussi par Macrobe (l) que l’on désignait ainsi le Soleil et Bacchus; et Hercule, surtout à ces temps qui défiguraient toute l’antique mythologie, ayant été souvent considéré comme le Soleil, avait de grands rapports avec ces deux divinités, et il est tout simple qu’on lui ait attribué la même épithète. L’écriture est assez remarquable pour la paléographie : les R des lignes 3,5, 7, sont en forme de triangle, à peu près comme le A grec; Le M n’est fait que de deux traits en et le A de IAO ressemble beaucoup à l’H, actuel de la typographie; c’est le seul 81 de cette inscription qui ait cette forme : et ce n’est peut-être pas sans raison qu’on l’a ainsi distingué des autres. Le dernier mot posit est pour posvit. Visconti (2), en donnant cette inscription, qui faisait partie de la collection Jenkins, a oublié les mots hercvli et Aram, et il n’a pas suivi la disposition qu’ont les lettres sur le marbre; il finit par lOAi. posit au lieu de hercvli-ao-aram posit. Il est bien à croire qu’il avait transcrit de mémoire cette inscription. Dans hercvliao, il semble que l’i appartient plutôt au datif d’HERCULES qu’au mot qui suit; à moins qu’il ne fut commun aux deux mots, et que ce ne fût une faute de l’ouvrier, ce qui est facile à admettre. Dans la première supposition , ce serait her- CVLES IAO, que nous ne connaissons pas, et qui peut-être, sous cette épithète qui a un certain air mystique , nous cache l’Hercule Tyrien ou Oriental. Un petit trait précédant Ï’a de ao, et un auti’e à la suite de l’o, sembleraient être, en y regardant de ti’ès-près, faits à l’outil, quoique ce
(1) Sat. 1, 18.
(2) Op. Var., 1. 1, p. 78.
INSCRIPTIONS
puisse être des êraillures du marbré, et ils pourraient induire à supposer que ces traits unis à I’ao formaient avec ces lettres une espèce de sigle, et que ce que nous Usons n’êtait que Fabrêviation d’un autre nom qui était familier alors, et que nous ne devinons plus. Serait-il hors de toute vraisemblance que cet ao fut à peu près le même groupe de lettres symboliques que Y AD. ou YACù, employées dans les premiers siècles du christianisme, et par les gnostiques eux-mêmes, comme emblème de la divinité commencement et fin de toutes choses, représentée allégoriquement par l’alpha, la première, et l’oméga, la dernière lettre de l’alphabet grec? Serait-il impossible que l’ouvrier ignorant eut écrit, à une époque de décadence, AO pour AD, ou qu’il eût donné à l’O latin la même valeur qu’à l’O ou à Y CO grec? et ne se pourrait-il pas que dans un temps où l’on faisait jouer un si grand rôle à Hercule, et où on le regardait souvent comme le Soleil, on l’eût décoré du titre mystique d’AH ou d’AO, comme régnant sur toute la nature et emblème materiel de la toute-puissance divine, commencement et fin de toutes choses? Je ne donne tout ceci que comme des conjectures; mais peut-être méritent-elles que de plus habiles les soumettent au creuset de leur critique. — Voy. Raoul-Rochette, Journ. des Sav., nov. 1830; — Clarac, Bull. Féruss., t. XVII, p. 360. [Haut. 0“,487' =r 1 pi. 6 po. — Larg. O^jSSl “10 po. 5 li.]
562, Hostilia Atthis, N” 266, pl. 251; ins., pï. xvi, 1 lig., m.
Les ornemens de ce cippe sépulcral sont très-simples; d’un côté un préféricule, de l’autre une patère; mais cependant, sur le devant, cette couronne qui entoure un aigle aux ailes éployées et tenant le foudre entre ses serres, rappelle l’aigle des enseignes romaines, et pourrait autoriser à penser que la personne dont il semble protéger le monument n’était pas d’une classe commune, et qu’elle appartenait à la famille patricienne et consulaire Hostilia, qui avait donné plus d’un général et d’un homme distingué à la république romaine. Cet aigle se fait remarquer par son style. Cet autel était autrefois de la collection Borghèse. — Manilli, p. 65; — Montelatici , p. 247; — Reines., Synt. inscr.. Cl. 18, n® 154. [Haut. 0“,886 = 2 pi. 8 po. 9 li. — Larg. 0'“,498 = 1 pi. 6 po. 5 li. ]
Isis ROMAINE (4). N” 3, pl. 199; ins., pl. i, autel, marbre.
563. JuLiA Ero. N” 226, pï. 251; ins., pl. XIV, 7 ïig., autel, marh.
Cette petite urne cinéraire , d’un travail assez grossier, nous offre à peu près le même ajustement de décoration que celle de Furia Secunda : des têtes de Bacchus-Ammon soutenant une forte guirlande de fleurs et de fruits, et des aigles accroupis aux angles de l’autel. Deux Amours portent comme en triomphe dans une coquille un buste de femme, probablement celui de IVLIA ero, que d’après sa coiffure on peut placer au ii® siècle de notre ère. C’est une espèce d’apothéose, et l’on semblait rendre à cette beauté le même culte qu’à Vénus; son nom A' Ero d’ailleurs rappelait celui
LATINES
de l’Amour, Eros en grec, et pouvait inspirer cette allusion flatteuse. Sur les côtes de l’urne sont de grandes païmettes fune'raires. La conformité' de composition et de travail entre ce petit monument et celui de Furia Secunda permettrait de supposer qu’ils sont sortis du même atelier. L’inscription nous apprend que ivlia ero, de la conduite la plus pure, avait ve'cu trente et un ans avec son mari tiberivs clavdivs lalisvs, sans lui avoir jamais donne' sujet de se plaindre. Il avait consacre' à ses mânes ce monument, pour lui et pour les siens. Elle mourut à quarante-cinq ans. A la troisième ligne il y a conivgi santissime pour conivgis sanctissimae. Dans cette même ligne, clav. l. alisvs semble devoir être lu clavdii ubertus Ausus; Alisus, affranchi de Claudius. Ce serait alors Tiberius Alisus, affranchi de Claüdiüs. Cependant on ne voit pas clairement que ce soit un l ou un I, et que cette lettre soit séparée d’ALisvs par un point qui n’est peut-être qu’une éraillure du marbre. On pourrait donc lire ou lAUSVs, nom qui rappelle le ialysvs, célèbre tableau d’un chasseur par Protogène, et dans une inscription de Gruter, pl. 1142, 5, on trouve un ialyssvs, ou bien ce serait lalisvs, et ce nom serait comme le diminutif de lalvs, affranchi qu’on trouve dans Gruter, 606, 3. Au reste, je trouve dans Gruter, p. 1042, 8, cette inscription, qu’il donne d’après Boissard (1), et qui était autrefois à Rome dans les jardins du pape Jules II. Boissard et Gruter la transcrivent d’un manière un peu différente de ce que porte le marbre; la voici : d.m || IVLIAE . EROIS . CONIVGI . SANCTISSIMAE . TI | ) CLAVDIVS . LALISVS . CVM . QVA . VIX . ANN . XXXI . SINE \ j ovERELA . V . A . XLViii . 1 1 siBi . ET . svis . Le dessin des ornemens est aussi très-inexact dans Boissard , et on les dirait presque faits en partie de souvenir ou d’après un croquis très-lâché. [Haut. 0“,301 = 11 po. 2 li. — Larg. 0“,442 = 1 pi. 4 po. 4 li.]