‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 120 sur 299 · Furia Secunda. N° 580, pl. 251; ins., pl. xxxii, 8 üg · texte numérisé non relu

Furia Secunda. N° 580, pl. 251; ins., pl. xxxii, 8 üg

Cette urne cinéraire, quoique moins grande et moins riche de décoration que celle que nous venons de voir, peut lui être comparée pour l’élegance de son ensemble. Des quatre têtes qui ornent les angles de l’autel et soutiennent des guirlandes de feuilles de chêne et de laurier, deux ne sont que des têtes de bélier, les deux autres, à la face antérieure, d’après les oreilles de l’animal qui en accompagnent les cornes, seraient, suivant l’opinion de Visconti, des têtes de Bacchus-Animon, et l’on peut voir ce qui a été dit à ce sujet, p. 486. Cependant notre grand antiquaire donne comme caractère distinctif des têtes à cornes de cette divinité la large bandelette

(t) Sai- 10, V. 42.

INSCRIPTIONS

ou le crèdemnon sur le front, qui empêche de la confondre avec Jupiter- Ammon. Ici nous ne voyons pas ce crcdemnom. Les cheveux, sur le devant de la tête, sont relevés et ajustés comme aux têtes de Jupiter, et ils ne sont pas ceints de feuilles de lierre qui conviendraient à la figure de Bacchus. Les guirlandes de chêne et celles de laurier rappellent aussi Jupiter plutôt que Bacchus , de même que l’aigle du maître des dieux et le cygne dont il revêtit la forme pour séduire Léda. II se pourrait donc que les oreilles de bélier, lorsqu’il n’y a pas d’autres accessoires, ne fussent pas un caractère positif des têtes de Bacchus-Ammon , et qu’ici on les eut données à Jupiter- Ammon qui avait aussi paru sous la forme d’un bélier. L’enfant ou le genie entouré d’un voile, et qui semble planer dans les airs, les dauphins et la coquille qu’ils tiennent, ont rapport au voyage des âmes aux îles Fortunées. Les oiseaux qui becquettent des fleurs ou qui poursuivent des papillons offrent des emblèmes de l’âme et de la mort, fréquens sur les monumens funèbres et dont nous avons parlé, p. 487. Le haut de ce cippe est élégamment terminé par un fronton cintré et à enroulemens ornés de rosaces. Cet enfant sortant, et entouré de feuillages à la manière des arabesques, n’offre rien de particulier et qui ne soit assez fréquent sur les monumens de cette époque, que l’on peut croire ne remonter guère au delà du II® siècle de notre ère. [Haut. 0“,807 = 2 pi. 5 po. 10 li. — Larg. 0“,469 = I pi. 5 po. 4 li. ]

L’inscription renfermée dans le cartel nous apprend que cet autel funéraire avait été destiné, par fvria secvnda, à réunir ses cendres à celles de son mari hyginvs et de sa fille hygia, morte à vingt-cinq ans. Il paraît que ce monument, qui a fait partie de la collection Jenkins, a été trouve, selon Visconti (1) qui l’a publié le premier, près de Rome, avec d’autres cippes funéraires, à la Villa Moroni, près de la porte Saint-Sébastien, visà-vis du monument des Scipion. Ce savant pense qu’il y avait là un tombeau de la famille Furia. La gens Furia ou Fusia était patricienne, trèsillustre, et dès les premières années de la république elle remplit à Rome les charges les plus considérables dans la magistrature et à l’armée. Ses différentes branches fournirent un assez grand nombre de consuls, de tribuns militaires avec pouvoir consulaire, de censeurs et de préteurs. De cette famille était M. Furius Camille, sept fois tribun militaire avec pouvoir consulaire, cinq fois dictateur, et qui, souvent vainqueur des Volsques, s’il ne sauva pas Rome, l’arracha du moins à la vengeance et au pillage auxquels la livraient les Gaulois, Les indications abondantes que donne Funke sur les diverses branches de la gens Furia n’offrent pas de personnages distingués de cette famille après le vi® siècle de Romè. II paraît cependant que cette maison fut encore longtemps considérable, et la femme du sage Misithée, père de la belle et vertueuse Furia Tranquilline , femme de l’empereur Gordien Pie, devait en être. L’élégance du cippe de Furia indiquerait des personnes qui vivaient dans l’aisance et d’une manière distinguée. Les

(1) Op. Var., t. I, p. 105.

inscriptions latines présentent un grand nombre de Furius et de Furia; mais il y en a beaucoup qui ne sont que des affranchis de cette famille. Les noms SHygia et A^Hyginus sont assez rares. D’après son surnom Secunda, notre Furia était probablement la seconde fille de quelque Furius.

560 A. Furius. N” 829, pl. lviii, terre cuite.

L’empi'einte du médaillon de cette brique indique qu’elle sortait des ateliers de Jîgline ou de vases, ou d’autres ouvrages de terre cuite d’un praeciLivs établi dans les terrains, fundi , d’un Furius, de l’illustre maison dont nous venons de parler. — Coll, Durand. [Diam. 0'",094 = 3 po. 6 li.]

Helvia Salvia (535). N° 809, pl. lv, marhre.

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