Siège consacré à Bacchus, n” 241, pl. 258, marbre pent
En employant de beaux et grands fragmens antiques, qui, comme ceux que nous venons de voir, ont pu faire autrefois partie des supports de grandes tables ou de consoles, on a été dirigé parles mêmes idées que pour le siège qui précède. Ces espèces de chimères ailées, ayant avec un corps et une tête de lionne le cou et les cornes de la chèvre, formaient un animal fantastique que l’on avait consacré à Bacchus, et qui convenait à la pétulance lascive et à la joie, au délire sauvage et souvent féroce qui animaient ses orgies et ses n)ystères nocturnes. Ces riches supports ne pouvaient pas être mieux appropriés qu’à la composition d’un siège qui, par sa beauté, eût été très-bien placé dans un temple de Bacchus. Les ornemens sont tous bachiques : de tous côtés le lierre y serpente; cette peau est celle d’un bouc, ennemi de la vigne, immolé au dieu du vin. Sous la foulée, deux panthères, formant les anses d’un grand vase, semblent vouloir en renverser le couvercle et y boire la liqueur du dieu de Naxos. Une ciste rappelle les mystères dionysiaques, et les masques reportent à la tragédie
CANDÉLABRES, SIÈGES, ETC
et à la comedie qui prirent naissance au milieu des joies bruyantes et des festins champêtres des fêtes de Bacchus. — Ce beau siège vient du Vatican. — Mtis. Pio-Clem., t. VII, pl. 44; — Mon. ant. du mus. Napoléon, t. IV, pL 20; — Bouillon, t. III, sièges, pl. 20. [Haut. I™,5t6 = 4 pi. 8 po. — Larg. 1“,065 = 3 pi. 3 po. 4li. ]