Vase dit de Cana, n° 80l,.pl. 261, albâtre oriental
Ce grand vase, plus remarquable par la beauté de sa matière et par sa conservation parfaite, que par sa forme, et dont les anses sont prises dans la masse, était autrefois à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et l’on ignore d’où il y était venu. Deux lettres hébraïques sont gravées au-dessous des anses, et, si l’on en croyait dom Calmet, il aurait servi aux noces de Cana; mais il ne dit pas sur quoi se fonde cette tradition. Et si les lettres sont véritablement antiques, et quelles prouvassent, ainsi que la forme du vase inusitée chez les Grecs et les Romains, l’origine hébraïque de ce monument, il serait extrêmement curieux d’y retrouver un témoignage, si ce n’est de la sculpture , du moins de la manière dont travaillait le marbre ce peuple dont les monumens sont d’une si excessive rareté. La forme, assez lourde, en est singulière : au lieu d’être ronde, elle est un peu éliptique; il est à croire que l’on aura été gêné par le manque de matière, et que, désirant faire ce vase aussi grand que possible, on aura préféré la forme éliptique à la circulaire qui , en le rapetissant , aurait fait perdre de ce bel albâtre oriental. [Haut. O^jGSl 2 pi. 1 po. 2 li.]