Aménophis in, n” 369, pi
Légendes du Pharaon Aménophis III, ainsi conçues : Le Jîls du Soleil qu’il aime, AmÉnothph , chéri de la déesse Pascht la grande; vivijicateur comme le Soleil à toujours. La seconde partie fruste contenait le prénom du roi accompagné des memes titres.
Cette inscription, grave'e sur une bande de basalte noir, a e'te' encastre'e dans le piédestal d’une statue d’Isis avec iaquelle elle n’a aucun rapport. C’est par inadvertance que sur la planche on a gravé Aménophis II au heu de III. Ce Pharaon, fils de Thouthmosis IV et de Tmaut-Hemva éthiopienne, régnait vers 1687 av. J. C. : c’est celui que les Grecs et les Romains ont nommé Memnon. Dans les hiéroglyphes de l’Aménophium il est question des différentes espèces de pierres, grès, granit rose, pierre noire, de l’ivoire et des métaux précieux employés dans cet édifice, i’un des plus .magnifiques monumens de Thèbes (16*^ lettre de Champollion). II paraît que la statue vocale de Memnon , ou plutôt d’Aménophis III , dont la moitié supérieure avait été renversée par un tremblement de terre fan 27 av. J. C. , avant le voyage de Straboo en Egypte, de I 8 à 7 av. J. C., ne fut restaurée que sous Septime-Sévère. On n’y employa pas la partie qui en avait été détachée , et qui probablement depuis cette chute avait été brisée et dispersée. On forma cette nouvelle partie de cinq assisesi parallèles, composées de treize blocs du même grès que les temples et les palais de Thèbes. Dans son intégrité, cette statue était monolithe et faite de brèche, ainsi qu’on le voit à la partie antique depuis les pieds jusqu’au-dessus des genoux. Il est à croire que vers le milieu du corps, et dans un plan oblique s’abaissant de la moitié du dos et de l’appui vers les mains , il y avait une fissure ou un fil dans le bloc de brèche de cette statue , et qu’ayant été violemment ébranlée par les secousses du tremblement de terre, la partie supérieure se détacha, et glissant sur le plan incliné de l’inférieure se fracassa. Après la restauration de ce colosse par Septime-Sévère, il ne rendit plus de sons lorsqu’au matin il était frappé par les rayons du soleil, phénomène attesté par une foule de témoins qui l’ont consigné dans soixante-quatorze inscriptions gravées jusqu’à trois mètres de haut sur les deux jambes de la statue, et dont les premières remontent au règne de Néron et les dernières vers celui de Septime-Sévère. Dans l’idée où étaient les Grecs et les Romains que cette statue représentait Memnon, on croyait que e’était pour saluer le lever de l’Aurore , sa mère , que le demi-dieu faisait résonner sa statue de sons mélodieux. Au reste , elle ne jouissait pas seule de ce privilège , d’antres statues ont offert des exemples de ce phénomène. Les Égyptiens ne partagèrent pas les idées des Grecs : il regardèrent toujours ce colosse comme le portrait d’un de leurs anciens rois, auxquels ils devaient beaucoup d’autres grands monumens. L’ensemble de cette statue, qui occupa l’histoire et fut regardée comme une merveille pendant plusieurs
INSCRIPTIONS
siècles, est de 48 pi. de haut; le socle en a 12; en tout 60. La tête e'tant due à une restauration ne peut pas servir d’autorite' irre'fragable. Elle a sans doute e'te' copie'e d’après une tête e'gyptienne; mais comme à l’e'poque de la restauration de la statue on lui donnait depuis longtemps le nom de Memnon, il est fort k croire que l’on n’aura pas pensé à la copier d’après quelque tête d’Aménophis III, ou à ajuster ace colosse rétabli, et avec une tête de cet ancien Pharaon, une autre espèce de pierre. Voy. le beau travail de M. Letronne sur la Statue vocale de Memnon, etc., in-4'>, avec trois planches; Imjrrimerie royale, Paris, 1833. Tirant tout le parti possible de ce sujet, ce savant académicien a rendu k peu près inutile ce qu’en ont écrit bien des auteurs, entre autres Pockoke, Jablonsky, la commission d’Egypte , etc.