‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 265 sur 299 · EMPEREURS ROMAINS · texte numérisé non relu

EMPEREURS ROMAINS

N® 24. Trajan empereur, inscr., 9 lignes.pl. LXXIV.

Inscription eu très-beaux caractères, en deux morceaux, en honneur de l’empereur Nerva Trajan, fils (adoptif) de Nerva, et Auguste Germanique, Dacique, grand pontife, père de la patrie; elle est datée du ii' tribunat de Trajan et de son 6' consulat, ou de l’an 865 de Rome , 112 de noire ère. Les décurions de quelque ville d’Afrique, dont on ne dit pas le nom, ont érigé ce petit monument DD PP, Decuriones Vosuere. Mais cette inscription ayant été trouvée à Djimilah, l’ancienne Cuiculum, il est probable qu’elle appartenait à cette ville. [Haut. i”’,700-, larg. o'",56o.]

N° 25. — Trajan Emper.; marh, hi, inscr., 6 lig., pl. LXXIV.

(Cette inscription porte dans la planche le numéro 26.)

Cette inscription incomplète, en très-belles lettres onciales, est aussi du règne de Trajan, auquel on donne les mêmes titres que dans la précédente, et elle est de la même date, du 1 1' tribunat et du 6' consulat de ce prince; on y a seulement ajouté imperator pour la sixième fois. D’après l’inscription précédente, à la cinquième ligne, CO doit être COS VI. Elle se termine par MO. AC. MA- le trait recourbé vers la gauche qui précède O, était le jambage droit de M, et l’on voit qu’on doit lire OptiMO. AC. MAa:imo. Le dernier de ces titres ne se trouve pas sur les médailles de cet excellent et très-grand empereur, qui les méritait si bien l’un et l’autre; le premier y est très-fréquent. Au reste, pas plus que l’autre, cette inscription ne nous apprend rien, elle a été trouvée à Philippeville , l’ancienne Rusicada. [Haut. o“,6oo, long. o”,6oo.]

N® 26. — Adrien EMP. 117, i38;m. 6., i/tscr., 81ig. pl. LXXIV.

(Celte inscription porte dans la planche le numéro 2 5.)

Cette inscription mutilée, trouvée à Philippeville, date de l’an 872 de Rome, 119 de J.-C., du 3' consulat d’Adrien, fils (adoptif) de Trajan, petitfils

INSCRIPTIONS DE LA PROVINCE DE CONSTANTINE. linb

(adoptif) de Nerva, souverain pontife et père de la patrie. Ce troisième consulat est indiqué par le chilFre III, qui, à la quatrième ligne, précède P. P. Vater Vatriæ, et l’on voit que, dans toutes les inscriptions latines, le consulat des empereurs est toujours placé entre PONTIF-MAX et P. P. et il est aisé de retrouver ici l’empereur Adrien , quoiqu’il ne soit pas nommé, puisque l’on a son père et son grand-père adoptifs, Trajan et Nerva. Ce marbre, qui n’offre que des parties de mots qui se prêteraient à bien des interprétations, est en trop mauvais état pour que je me hasarde à en tenter la restitution, et je laisse à d’autres le plaisir d’en tirer parti. [Haut. o’”,75o larg.; o’“,55o.]

N" 27. s. Cornélius dexter, inscr., 17 lig., pl. LXXIV.

Cette belle inscription, consacrée à SEXTVS CORNELIVS DEXTER, l’a été par son parent et son ami P. BLÆSIVS FELIX, centurion de la seconde légion, surnommée la Forte.

Ce Cornélius, qui servait avec la plus grande distinction sous l’empereur Adrien (117-138), était de la tribu romaine Arnensis. Il avait été proconsul de l’Asie , juge d’Alexandrie; procurator, intendant de Neapolis, Naples, et chargé de la conservation du mausolée des Augustes, orné d’obélisques, dans la neuvième région de Rome, au champ de Mars, entre la voieFlaminienne et les bords du Tibre.. — C’était une place à laquelle on attachait une grande importance. Dexter avait en outre été præfectus de la flotte supérieure stationnée à Misène. Pour ses exploits dans la guerre de Judée (i 34), il avait reçu d’Adrien, comme récompense militaire, une hasia para, on pique sans fer, et un étendard , vexillum. On trouve ces dons honorifiques dans une foule d’inscriptions , avec les couronnes d’or, les colliers, torques; les bracelets, armïllæ, et les phalera, ornemens des chevaux. Dans Orelli (n° 3488) , Adrien décerne une haste pure et une couronne d’or, et aux n" 3525, 773, on trouve les mêmes honneurs accordés parVespasien et Septime Sévère. — Cornélius Dexter avait été præfectus, ou avait eu le commandement de l’a/a, ou corps de cavalerie de la première légion Auguste des colonies; c'était une de celles nommées gemina, parce qu’elle avait été dédoublée. La force des légions romaines était dans leur infanterie, aussi leur cavalerie n’ était- elle pas considérable, et Yala n’était ordinairement que la vingtième partie du nombre de fantassins d’une légion , et celle de 6,ooo n’avait que 3oo cavaliers. Parmi ses emplois, Cornélius comptait encore celui de tribun de la huitième légion Auguste , et il devait commander une des six cohortes de looo hommes, si la légion en comptait 6ooo; selon Polybe, elle n’en avait que 4200. Il était aussi præfectus prætorum, ou commandant supérieur des cohortes prétoriennes , gardes impériales , le plus haut grade de l’armée après celui du consul ou du général en chef. Le dernier titre militaire que notre inscription donne à Cornélius Dexter est celui de præfectus fabrum, pour la troisième fois, place que l’on peut assimiler à celle de commandant en chef du génie militaire. On rangeait en général sous le nom defabri tous les ouvriers employés à l’attirail de la guerre, et Tite-Live en fait la première des six classes des citoyens romains. Pour compléter les hautes fonctions dont avait été revêtu Cornélius Dexter, on l’honore du titre de patronus de la colonie, qui lui avait confié tous ses intérêts, qu’il était chargé de maintenir et de défendre, et dans la province et auprès de Rome , métropole de toutes les colonies. — Cette belle inscription a été trouvée à Constantine, dans le fort d’Abd-el-Kader. [Haut. o'",9io; larg. o'",55o.]

APPENDICE

N” 28. — Antoninpie, marh. blanc, inscr., 3 lig., pl. LXXIV.

On voit bien qu’il était ici question de l’empereur Adrien, mais ce h’était pas à lui qu’elle était consacrée , puisque le mot DIVVS indique qu’ Adrien était déjà mort. Ainsi elle pouvait regarder son successeur immédiat, Antonin Pie, qui lui succéda (i38, 10 juillet), le jour même de la mort d’Adrien. On en restaurerait une partie ainsi : Imperatori CaESari DIVI HADRzani Pa<m Valriæ Filio, Divi Traiani Parthici nepoli, T)ivi, Neruae pronepoti T. AELIO HADRIANO ANTONINO AVG-, etc. C’est tout ce que peuvent nous apprendre ces quelques caractères de cette inscription, dont les lettres sont très-belles, et on ne gagne rien à en rétablir quelques lignes. Au reste, ce ne sont là que des conjectures sur lesquelles nous ne nous sommes que trop arrêté, pour une inscription de quelques lettres et sans valeur. [Haut. o”,32o; larg. o“,420.]

N® 29. ViBiA Aurélia Sabina, m., inscr., 10 lig., pl. LXXIV.

Parmi les enfans que l’empereur Marc-Aurèle eut de sa femme Faustine la jeune , on sait que l’une de ses fdles était VIRIA AVRELIA SARINA, qui épousa Claude Sévère et fut mère de la belle et vertueuse Annia Faustine, l’une des femmes de l’infâme Elagabale. Le nom de cette Vïbia nous est parvenu par les auteurs, par les médailles et par les Inscriptions. Outre celle-ci, nous en avons une dans Gruter (862, 8); Orelli (869), trouvée à Rome, dans la maison Porcari. — Tillemont, d’après le pèrePagi, la cite dans son histoire, II, p. 34o. Si la lecture de cette inscription, dont aucune lettre n’est douteuse, ne présente aucune difficulté, il n’en est pas de même de la manière dont on peut l’interpréter. Elle est consacrée par ; C. Annias Saturninus, jils de Gains , de la tribu Papiria, à sapatrone Vibia Aurélia Sabina, sœur de Sévère, notre empereur auguste, et fille de Marcus (Marc-Aurèle).

A la première vue , rien de plus clair , et cependant c’est très-loin de l’être. — Fille de Marc-Aurèle, Vibia était sœur de l’empereur Commode. Comment ici lui donnetion le nom de Severus, qu’on ne trouve dans aucune inscription de monumens relatifs à ce prince, et il n’en est question ni dans son biographe Ælius Lampride, ni dans celui de Marc-Aurèle , Jules Capitolin? On trouve cependant dans Lampride (trad. franç., t. I, p. 207) que le frère jumeau de Commode, mort à quatre ans, se nommait Severus; en d’autres endroits, il est appelé Antoninus et Annius Feras. Peut-êtrey ajoutait-on Severus; mais allons plus loin. L’aïeul maternel de Marc-Aurèle se nommait Gatilius Severus, et ce fut à cause de lui que, dans sa jeunesse, ce prince porta le nom de Severus, puis celui de Feras, de son aïeul paternel Annius Verus. Lorsqu’il fut reconnu par Antonin Pie , de la famille Aurélia, on ajouta à ses noms celui d’AureZios Antoninus. Ainsi, les noms que porta Marc-Aurèle furent : MARCVS (SEVERVS), VERVS, AVRELTVS, ANTONINVS, et il me semble que par tendresse pour Adrien, de la famille Ælia, il joignit encore à ces noms celui d’ÆLlVS, qui appartenait d’ailleurs aussi à Antonin Pie, qui y était entré par adoption : Marcus [Severus) Ælius Aurelius Feras Antoninus. Ne se pourrait-il pas, bien que l’histoire ne le dise pas, que Commode, au commencement de son règne, à l’exemple de son père et après la mort de son frère, eût pris et porté pendant quelque temps le nom de Severus, et qu’il lui eût été conservé de même pendant quelque temps par des

INSCRIPTIONS DE LA PROVINCE DE CONSTANTINE. ISyy

personnes de sa famille. Il est en effet fort à croire, ce me semble, que ce C. Annius Saturninus, dont on retrouve le nom, Annius, dans la ligne paternelle de Marc-Aurèle et de Commode, était de la famille consulaire Annia, et parent, peut-être même trèsproche, de la famille impériale. Il est très-simple qu’il donne le titre de palrona, protectrice, à la propre fille de Marc-Aurèle, sœur de f empereur Commode, à la princesse Vibiti Aurclia Sabina. — Il paraît quelle avait épousé Claudius Sévère, peut-être le philosophe péripatéticien, qui donna, selon Jules Capitolin, des leçonsà Marc-Aurèle, et qui pouvait aussi, du côté maternel, être parent de Vihia et, comme elle, descendre de Catilius Severus. Ne se pourrait-il pas de même que Vihia eût ajouté à son nom celui de Sabina, en mémoire de 1 impératrice Sabine, femme d'Adrien, qui, comblant toujours de bontés la famille de Marc-Aurèle, l’eût adopté, si sa jeunesse ne s’y était opposée?- — Je ne trouve pas, dans les inscriptions, une Vibia Aurélia Sabina mariée à un Claudius Severus , mais cependant Gruler(85, 8), répété parOrelii (869), m’en fournit une qui fera, je crois, notre affaire, et nous dispensera de pousser plus loin nos recherches. — On trouve donc un Claudius Severus, mari d’une Vibia Vera. Cette concordance du nom du mari avec celui de la femme, nommée en partie comme la fille de Marc-Aurèle, notre Vibia Aurélia Sabina, me semble mettre hors de doute que ce soit. la même personne sous deux noms qui n’offrent qu’une légère modification qu’il est peut-être facile d’expliquer. Nous savons que notre Vibia avait un frère qui mourut jeune, Annius Férus, connu par des médailles et des bustes. Serait-il bien étonnant quelle eût pris le surnom de son frère Annius Verus, qui lui appartenait bien aussi, puisque, comme lui, elle avait pour grand-père Annius Verus, et qu elle se fût ainsi nommée Vibia Vera Aurclia Sabina. 11 est assez singulier que le frère et la sœur ne portent pas le même nom de famille. On aurait donné à l’un celui de la ligne paternelle, Annia, et la sœur aurait eu un nom de la ligne maternelle, alliée peut-être à la famille Vibia, et ils auraient réuni deux familles consulaires, r Annia et la Vibia. Mais ce ne sont que des hypothèses de peu d’importance et auxquelles je tiens peu, et il me semble que ee qui se rapporte au nom de Severus, de notre inscription, et que peut avoir porté Commode, offre plus d’intérêt et peut-être assez de probabilité. — Les habiles jugeront. [Haut, i'”; long. o^iSoo.]

N° 30. Imp., etc., inscr., 5 Jig., pl. LXXIV.

Celte inscriplion est en très-mauvais caractères, et aux lignes 3, 4, les N ont la forme d’H, et à la cinquième ligne, le D de Dies à la forme de A ce qui ne nous apprend absolument rien; il y était question d’un enfant mort le lo des calendes de juin, X KLIVNIAS, à l’âge de cinq ans, neuf mois, vingt-sept jours. [Haut. o'°,5oo; larg. o’’",5o0. ]

N° 31. Septime Sévère; marb., inscr,, 20 lig., pl. LXXV.

Ce cippe funéraire en marbre, qui porte une inscription de vingt lignes en beaux caractères de o”',020 et o“’,o3o de hauteur, est consacré à la mémoire de PVBLIVS PORCIVS OPTATVS FLAMMA, fils de CAIVS PORCIVS, par son ami C. VOL'VMNIVS MARCELLVS CALIANVS, auquel avait été accordé l’honneur d’avoir un cheval entretenu aux frais de l’Etat. Plusieurs inscriptions relatent cette distinction militaire décernée à des personnages importans, consulaires, proconsulaires, qui avaient été revêtus de hauts emplois. L’inscription n° 3457 de M. Orelli s’exprime comme la nôtre, et date de même de l’empereur Septime Sévère, et on y lit : equo pubïico exornatas; on trouve

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plus souvent encore honoratus. Gel excellent recueil, qui ne laisserait rien à désirer s’il était plus étendu, et qu’il y eût un index complet des noms propres, donne d’assez nombreux exemples de cette honorable récompense. (Voyez n°‘ 3i3, 8o4, 1229, sous l’empereur Antonin Pie; 2676, 3o52 , 3o53, 3o54, 3o55, 3457, sous Septime Sévère et Caracalla.) Cette inscription-ci est aussi en honneur de Caius Porcius, père de Publius Porcius Optatus Flamma; G. V. Clari Vin, homme illustre. Il avait été préteur, trihun, questeur de la province de Bétique, prêtre flaviale et titiale, institués en honneur de Flavius Vespasien et de son fils Titus , élevés au rang des dieux. D’après le choix de Septime Sévère (LVC. SEPTIMIVSSEVERVS PERTINAX AVGVSTVS) trèsfort, très-saint, il lui avait été envoyé par le sénat comme legatus, son lieutenant à l’armée de Germanie, et à Caracalla César, destiné au commandement de celle de Pannonie. Cette belle inscription, que je ne fais pour ainsi dire qu’indiquer ici , pourra donner lieu à des explications plus étendues ; on y peut remarquer des lettres conjuguées assez fréquentes dans les inscriptions de cette époque , à la quatrième ligne N et T , à la fin NIT ; à la septième TI , LI, à la huitième et à la quinzième TI ; à la dix-huitième NI ; quelques lettres faciles à rétablir manquent au commencement et à la fin des lignes. Ce monument épigraphique provient de Constantine. [Haut. o",90o, larg. o"’,370. ]

N” 32. Septime Sévère, marb. bl., inscr., 10 lig., pl. LXXV.

Cette inscription en honneur de l’empereur Septime Sévère, auquel elle donne les titres d' Arabique très-grand, de propagateur de l'empire et de prince très-heureux, date de l’an 5' de son règne, 202 de J.-C. , qSS de Rome. Il était alors consul pour la 3‘ fois, exerçait son 10” tribunat, et avait reçu de l’armée, pour la 11' fois, le titre à'imperator. Celui de propagateur de l’empire, PRO- PAGATOR IMPERII, ne se trouve pas sur les nombreuses médailles de Sévère. On lui joint ici son fils CARACALLA (L. Anloninus), intitulé pieux, heureux, PIVS, FELIX, tribun pour la 5° fois, consul avec Sévère, proconsul, on ne dit pas de quelle province, et prince très-heureux, très-indulgent, très-fort. César, prince de la jeunesse. Mais il faut faire observer qu’il paraît que l’avant-dernière ligne, où se trouvent les mots INDVLGENTISSIMI AC FORTISSIMI, n’est pas telle qu’elle était d’abord; elle a été effacée, et toute celte partie légèrement creusée est plus basse que le reste de l’inscription. Il est fort à croire qu’elle avait été faite du vivant de Septime Sévère et lorsque Caracalla et son frère Géta étaient encore, du moins en apparence, en bonne intelligence, comme le feraient croire les médailles où leurs têtes, unies à celle de leur mère Julia Domna, proclament leur concorde et la félicité du siècle. Mais après la mort de Septime Sévère, à York , dans les îles Britanniques ( 4 févr. 211), la haine des deux frères ne tarda pas à éclater sur le trône, qu’ils partagèrent jusqu’au 17 février 212. Caracalla, dans un accès de fureur, ayant tué Géta dans les hras de Julia Domna, porta sa rage contre sa victime jusqu’à faire effacer son nom de tous les monumens où il était presque toujours uni au sien. Notre inscription nous offre un nouvel exemple de celte mulilation odieuse des inscriptions. Les lettres

de la ligne martelée et repolie sont beaucoup plus étroites et plus serrées que les autres, et il est plus que probable que ce fut pour y faire entrer les éloges de Caracalla, après avoir effacé le nom et les titres de GETA CÉSAR, PONTIFE ET PRINCE DE LA JEUNESSE. On peut faire remarquer les feuilles de lierre qui servent de points entre les mots de cette belle inscription et que plusieurs lettres sont conjuguées ; à la deuxième ligne IT avec le B, à la quatrième I pour II, à la cinquième P et I de même qu’à la huitième, deux fois T et I à la neuvième, et de plus S avec I. Il est presque inutile d’avertir qu’il manque au commencement et à la fin des lignes quelques lettres faciles à restituer. Cette inscription provient de Stora, ancien port de Rusicada, aujourd’hui touchant Philippeville. [Haut. o“,74o; larg. o'",900.]

N" 33. JüLiA Domna, marb. gris., imcr., i5 lig.,pl. LXXV.

Cette inscription, en beaux caractères, est en honneur de l’impératrice JVLIA DOMN A (Auguste) , femme de l’empereur Septime Sévère, et mère de Caracalla et de Géta. On donne à Septime Sèvère tous ses titres : Vieux, Arabique, Adiahénique, Varthique très-grand. C’était sans doute pour ses nouveaux triomphes sur les Parthes , signalés sur des médailles qui donnent à Sévère IMPERATOR XI°, pour la 11" fois, le titre de Parthique très-grand, PART. MAX. Caracalla (M. Aurèle-Anlonin ) est aussi décoré de ses titres , qui ne lui en assurent aucun à la gloire -.Vieux, Heureux, Varthique très-grand, Britannique très-grand , Germanique très-grand , Grand pontife , Vèrede la patrie. Quelques lettres de la 11' ligne et les lignes 12, i3, i4 avaient été martelées et effacées, et celles qui existent ont été gravées par-dessus et laissent entrevoir quelques traces de celles qu’elles ont remplacées. Il est plus que probable que ces lignes contenaient le nom de Géla, que son frère, après l’avoir assassiné dans les bras de leur mère, Julia Domna , fit effacer de tous les monumens et de tous les actes publics, ce que prouveraient abondamment, si les auteurs avaient gardé le silence sur ce fait aussi stupide qu’atroce, une foule d’inscriptions mutilées à dessein, en Italie et en Egypte. Cette inscription a été consacrée par des décurions : DD. PP. Hecuriones Vosuere, probablement de la ville de Cuiculum, aujourd’hui, à ce qu’il paraît, Djimilah. [Haut. i“,o5o; larg. o"',700. ]

N®34.Trébonien Galle, emp.,2 5i,2 53, m., ins,, i oL,pl.LXXV,

Cette inscription , gravée sur une colonne milliaire en marbre blanc , date du second consulat (262 de J.-C.) de l’empereur C. VIBIVS TREBONIANVS GALLVS, qui porte les titres d’INVICTVS, PIVS, FELIX, AVGVSTVS, PON. TIFEX MAXIMVS, TRIBVNICIA POTESTATE, PP. (PATER PATRIÆ) et de PROCONSVLE. Son nom est suivi de celui de C. VIBIVS VOLVSSIANVS, son fils et son collègue dans le consulat , et même empereur, son père se l’étant associé en 25i. Dans d’autres inscriptions, une d’Urbin et une de Rome, le nom de ce prince est écrit VOLUSIANVS, et l’on voit qu’icila huitième ligne doit être lue AFINIVS ou AFFINIVS, VELDVMNIANVS VOLVSIAN VS. (Voy.

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Muralori, 253, 4; Barthélemy, Ac. des inscr., t. XXVIII, p. 999, 1000.) Une autre inscription (Orel., 5071) donne YELDVMIiVVS au lieu de VEL- ' DVMMANVS, et la nôtre semblerait avoir offert VOLIMMIANVS. D’après une inscription de Peruggia, rapportée par Gruler(93o, 9); Mural. (670, 4, 1292, 8) ; Barthélemy ( Voyaçje en liai., p. 378) ; Vermiglioli [Inscr. perug. II, p. 375), la femme d’AIinius Volusianus se serait nommée AFINIA GEMINA BEBIANA , et aurait été probablement de sa famille. Malgré leurs beaux titres de pieux et d’heureux, Trébonien et Volusien furent tués au bout de deux ans de règne. (Orel., 997.) — Ce monument épigraphique a été trouvé à Oued Hammam,, où les troupes françaises avaient établi un camp, entre El-Arouch et Philippeville. [Haut. o”',8oo; larg. o”,3oo.]

N° 35. Carinus, emp., 283-2 85, m., inscr., 1 1 lig., p). LXXV.

L’inscription de cette colonne milliaire, en marbre blanc, rappelle que Marc-Aurèle Carinus, auquel on donne tous les litres impériaux que nous avons vus à Trébonien Galle, a rétabli une voie détruite par les pluies et la vétusté, et dont on n’indique pas l’emplacement. Cette inscription provient de El-Aroucli, où nous avions placé un camp, entre Constanline et Philippeville. [Haut. o'”,85o; larg. o'”,35û. ]

N° 36. Gratien et Théodose, emp., pier., inscr., 7 lig. pl. LXXVI.

Le nom qui manque à la fin de la première ligne de cette belle inscription doit être celui de l’empereur Flavius Gratien qui, nommé Auguste, à Amiens, le 24 août 367, par son père Valentinien 1“, resta seul sur le trône d’Occident, le 17 novembre 376, et le 19 janvier 379 s’associa Théodose comme empereur d’Orient.

Le commencement de cette inscription célèbre le bonheur dont on jouissait sous ces empereurs, toujours et partout victorieux. On voit ensuite que, sous l’administration du proconsul POMPILIVS V. C. Vir Clarus, homme illustre, et amplissimus (titres que présentent souvent les inscriptions), et sousTHERSIVSCRISPlNVS MEGE'l’HlVS, bonc-ré aussi du litre de VIR CLARVS, VALENTINVS, homme très-honorable, honestissimus,^.{a\t chargé de l'entretien des rives, probablement du Tilire, CVRATOR R IP amm Tiècn’s. On trouve, dans plusieurs in.scriptions données par Orelli (n^* 1172, 2284, 2288, 3o42, 4910), que cette place était importante, qu'elle était donnée à des personnages consulaires et proconsulaires et qui avalent exercé, de grands emplois. Dans ses attributions, étaient compris les soins à donner au lit du Tibre, aux cloaques de Rome, à de grands monumens, au trésor, aux temples : c’était une sorte d’édilité. Valenlinus avait rétabli et orné à ses frais un lieu qui paraît avoir été un hospice, un xenoàochium. , destiné à offrir l’hospitalité aux étrangers et aux voyageurs. Avant qu’il y donnât ses soins, ce lieu était en partie détruit, encombré de ruines et souillé d’immondices, et il l’avait mis en bon état et rendu à sa première et pieuse destination. Nous voyons, par une inscription d’Orelli (3210), qu’il y avait des curatores riparum ailleurs qu’à Rome, et pour de petites rivières telles que le Naro, dont parle celte inscription. Mais le savant philologue fait observer que cet exemple est peut-être le seul que l’on pourrait trouver. Notre inscrip-

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