‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 33 sur 299 · Alexandria Troas. N” 575, pL xxx, 32 îig., marbre · texte numérisé non relu

Alexandria Troas. N” 575, pL xxx, 32 îig., marbre

Cette inscription, en trente-deux lignes et en très-mauvais état, paraît avoir rapport à la ville d’ Alexandria Troas, où elle a été üouvée. Cette ville,

INSCRIPTIONS

fondée par Alexandre le Grand sur l’emplacement de l’ancienne Troie, reçut ensuite du roi Antigone le nom d’Antigonia; mais elle reprit celui de son fondateur. Sous Auguste, eile devint colonie romaine. Pline, 1. V, c. xxxiii. Cet auteur, I. XXXVI, c. xxv, cite la pierre d’aimant que l’on trouvait dans les environs d’Alexandria. Cette ville, parmi les dix-huit et meme, selon Ortelius, les vingt-six qui ont porte ce nom, est la seconde dont parle Etienne de Byzance. Il dit qu’Hegemon, poëte epique, était d’Alexandria Troas, et qu’on avait de lui un poème sur la guerre entre les Thëbains et les Lacédémoniens, dans laquelle eut lieu la bataille de Leucti’es; et Démosthènes , dans son quatrième livre des Bithyniaques, parlait d’Alexandria Troas. Plusieurs beaux restes de l’antiquité ont été trouves dans l’emplacement de cette ville, sur laquelle on lit des détails intéressans dans le second volume du Voyage en Grèce, de M. le comte de Clioiseul-Gouffier. — Col. Chois., Cat,, n‘’214. [Haut. 0"’,893 = 2 pi. 9 po. — Larg. 0“,920 2 pi. 10 po.]

Cette mscription, incomplète et très-fruste, est fort difficile à de'chiffrer. Voici la traduction libre de ce qu’elle paraît avoir contenu, d’après ce qui s’en est conserve'.

Dans les premières lignes, e'ioge de fa pie'te' et de fa dignité' de'pfoyc'es, probabfejnentpar Hermias, fifs d’HERMiAs et prêtre de tous fes dieux, dans fa ce'fe'bration des fêtes; de sa ge'ne'rosite' et de sa bonté' envers fe peupfe, et de sa magnificence envers les dieux et fe peupfe. — If est question de fortes de'penses qui ont prouve' au peupfe fa bienveiffance et fe zèfe de ce magistrat, et sa philanthropie envers tout le monde; ses largesses tc'moignent de sa constante sollicitude pour les intérêts et le bien-être de fa commune. — Il a semblé convenable au sénat et au peuple de consacrer à Minerve fes richesses données par Hermias, et de les consigner entre fes mains des trapézites (payeurs) qui fes inscriront et les prendront en compte. — If me semble aussi que lig. 14-15, il est question d’adjoindre les prytanes à ees trésoriers pour l’emploi du dixième de la somme, et qu’on fait mention de plusieurs milliers de drachmes d’Alexandrie (cette ville-ci est celle d’Egypte), qui doivent être plaeées, et que, du produit ou de la rente de ces sommes, on fera tous les ans, dans le Panathénéon , célébrer la pompe ou la procession des iliaques et le sacrifice panathénaïque , aux fi'ais desquels sont cliargés de pourvoir les trapézites. Il paraît qu’il est fait mention d’une somme de drachmes que les phijlarques doivent distribuer à chaque tribu; de trois oboles qui

seront données et de la moitié d’une somme qui sera employée au sacrifice

d’une vache et d’un mouton; on fera l’offrande de gâteaux; et tout dans cette pompe solennelle se passera selon les usages du pays, ou selon ceux qu’on a reçus de ses pères. Chacun des phylarques accompagnera la partie de la pompe qu’il dirige; on commencera par sacrifier ou par faire l’offrande des gâteaux à Jupiter Polieus , ou protecteur de la ville. — On établira le compte de la dépense; il est parlé des épimélètes , directeurs de la fête, maîtres des cérémonies, qui doivent tout surveiller; d’un agonothète, ce qui montre qu’on y célébrait des jeux gymniques, et des éclogistes , contrôleurs des comptes, qui veilleront à ce que la fête soit belle et que tout s’y passe d’une manière digne de la cérémonie. Ceux qui sont chargés de régler et de maintenir l’ordre frapperont de leur baguette ceux qui le troubleraient et profaneraient la

fête; ifs conduiront la pompe depuis les royaux Ici l’inscription

manque et n’offre plus que des fragmens de mots et des lettres sans suite ; mais on voit qu’il s’agissait encore de dispositions. Le dernier mot royaux indiquait peut-être des portiques ou des édifices surnommés royaux , d’où la pompe devait commencer sa marche solennelle. Des ruines, qu’on trouve encore sur l’emplacement d’Afexandria Troas, parlent en faveur des monumens de cette ville, qui avait un gymnase, un théâtre et

GRECQUES

même un amphithéâtre, ce qui indique la domination romaine; et on' peut croire, d’après ces riches et nombreux débris de sa splendeur, qu’elle déployait beaucoup de magnificence dans ses cérémonies publiques et dans ses jeux.

Page 1