‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 4 sur 299 · Nymphe, par Jean Goujon, n° 91, pl. \ , pierre · texte numérisé non relu

Nymphe, par Jean Goujon, n° 91, pl. \ , pierre

Cette nymphe, d’un dessin élégant, nonchalamment couchée dans une large coquille, et auprès de laquelle joue un amour monté sur un monstre marin, ornait le soubassement de la fontaine des Innocens, de même que

le bas-relief que nous venons de voir. [Haut. 0"’,740 = 2 pi. 3 po. 4 li. — Larg. = 6 pi.]

368. Triton et Néréide, par J. Goujon, n® 94, pl. 231 , -pierre.

Cette gracieuse composition, qui rappelle quelques parties du Triomphe de Galathee, par Raphaël, offre un joli contraste entre le dessin vigoureux du triton et les contours simples et ondoyans de la nërëide ; et l’on retrouve dans l’amour qui est sur la droite la grâce enfantine de ceux du Corrëge. [Haut. 0“,y40 = 2 pi. 3 po. 4 li. — Larg. 1™,975 = 6 pi. ]

368 A. Nymphe de Paris, par Jean Goujon, n° 97, pl. 231 his.

Cette nymphe et celles qui suivent, et avec lesquelles elle est rëunie sur notre planche, paraissent être de notre Jean Goujon ; elles ont cette grâee un peu maniërëe qu’il s’ëtait faite , soit qu’il la sentit ainsi , soit qu’elle lui eut ëtë inspirée par le style de plusieurs maîtres de l’école Florentine, avec lesquels cependant il n’offre que des rapports éloignés. Car Jean Goujon ne s’en rapprochait pas servilement ; il est toujours lui ; il ne se répétait même pas lui-même. Si on le retrouve ici , c’est avec variété dans l’expression générale et dans le caractère des formes. Ces jolies nymphes sont d’un autre style que celles que nous venons de voir et que les figures des œilsde-bœuf de la cour du Louvre. Elles ont quelque chose de plus souple, plus d’abandon ; leurs contours plus arrondis n’offrent pas un aussi grand style que les Néréides où il paraîtrait avoir voulu se rapprocher de fantique. Ces tritons, ces nymphes marines, déités antiques, devaient rappeler le style et le faire des anciens. Aussi les retrouve-t-on, en partie, dans lés coiffures et dans tout le reste de l’ajustement. Ici, bien que Jean Goujon ait conservé la nudité à la nymphe de la Seine et aux deux autres, on y reconnaît plus de laisser aller, moins de fermeté de formes et d’élévation que dans la nymphe 367 et la Néréide 368; il règne dans tout l’ensemble quelque chose de plus coquet; on voit que ce sont des déités modernes ou de jolies femmes déguisées en nymphes.

N’ayant pour tout vêtement qu’une ceinture ornée de légers dessins, ou ce ceste qu’Homère donne à Vénus, et qui devient ici l’emblème de la beauté de Paris , la nymphe qui représente cette capitale , capricieusement coiffée de tresses et de rubans, s’appuie à demi-assise sur le vaisseau qui lui sert d’attribut. Il rappelle la confreVie célèbre, aux anciens temps, des Nautœ Parisiaci, les navigateurs ou les riches mariniers de Paris qui faisaient le commerce par eau, lorsque, n’étant encore que Lutèce, malgré sa petitesse, elle était la capitale des Parisii , et faisait les délices de fempereur Julien. Il serait bien étonné de ce qu’elle est devenue, et d’y retrouver, révérés au milieu de ses pompes, les restes des thermes impériales, dont la grandeur au reste, d’après les traces qu’on peut en suivre, paraît avoir été hoi’s de pi’oportion avec celle de la cité dont ils devaient faire le plus bel ornement. D’une main, notre nymphe tient un gouvernail, symbole de sa puissance. Ses pieds plongent dans les ondes qui la baignent, et

GALERIE d’ANGOULÊME.

les dauphins qui les sillonnent indiquent sans doute que c’est un fleuve qui porte ses tributs à l’Ocean. Ils convenaient de meme à la nymphe représentée avec les charmes de Venus. Deux de ces poissons ornent aussi le gouvernail, et on voit en bas-relief sur le flanc du navire une joute d’amours montes sur des chevaux marins au front surmonte' de cornes, et qui se heurtent. De la main droite, la nymphe soulève l’extre'mite' d’un fdet qui fait allusion à la fécondité' de la Seine. La voile enflée, et qui a pour mât un obélisque terminé par une flamme, fait voguer le léger navire sur les ondes. Ce vaisseau, que depuis longtemps Paris a pris pour ses armes, pouvait bien, dans les idées iconologiques de Jean Goujon, rappeler celui d’Isis, l’une des divinités de la navigation, et dont, selon une tradition que n’appuie l’autorité d’aucun auteur ancien, le culte était très-répandu chez les Parisii et dans leur capitale Lutèce. L’obélisque eût convenu à la déesse égyptienne et à ceux qui auraient transporté son culte sur les bords de la Seine. Mais le sculpteur, à cette époque où l’iconologie ne s’exprimait pas d’une manière assez claire pour se bien faire comprendre, pouvait voir dans l’obélisque la longue durée des monumens antiques et en prédire une pareille à la ville de Paris. L’on peut voir, t. I, p. 435 et suiv. la manière dont Jean Goujon entendait et employait l’iconologie. — En magasin, [Haut. 0"*,450 = 1 pi. 4 po. 8 li. — Larg. 0“,261 = 9 po. 8 li.]

268 B. Nymphe de la Seine, par Jean Goujon, n” 98, pï. 231 bis.

La nympbe de la Seine, couronnée d’une touffe de feuillages, et tenant d’une main une branche de lys, s’appuie de l’autre sur une colonne surmontée d’un pavillon agité par le vent. Elle est assise sur la poupe d’un navirè d’une forme fantastique. Les pieds de la déité, qui paraît se livrer à ses l’éflexions et se laisser aller au courant de ses ondes, plongent dans les flots où se jouent des dauphins. On en voit aussi parmi les ornemens du navire, armé de pièces de canon. C’était probablement pour le sculpteur un moyen d’indiquer l’union de la Seine avec l’Océan , les forces guerrières qui protègent ses bords, et les navires de guerre quelle lance sur les mers. On ne voit pas trop pourquoi Jean Goujon a admis des nuages dans son bas-relief; quelque légèreté qu’on cherche à leur donner, ils sont toujours d’un mauvais effet en sculpture , et jamais les anciens ne se sont permis de pareils écarts. On pourrait croire que notre sculpteur y avait attaché quelque signification allégorique, si on ne les retrouvait pas dans ces quatre bas-reliefs. C’est ce qui me porterait à penser qu’il s’est servi de la légère saillie qu’il a donnée à ses nuages pour rabaisser tant soit peu son fond et obtenir par là un peu plus de relief pour ses figures, qu’il voulait tenir d’une saillie extrêmement douce , et que cependant il avait à modeler et à faire tourner. Ce genre de bas-relief, qu’entendaient si bien les anciens , est très-difficile ; on a bien de la peine à ne pas faire plat et à conserver les formes, ou du moins à en donner l’idée et à les faire sentir en maintenant une exacte dégradation, de convention, il est vrai, entre les plans, sans leur faire perdre leur valeur et leurs rapports respectifs. Ces

combinaisons demandent beaucoup de justesse et de goût, et exigent plus de précision et de talent que le haut-relief. Rien n’est plus difficile que de parvenir à rendre les raccourcis comme se présente celui de la cuisse et du pied droits de notre nymphe, et il est toujours plus prudent de les eViter. Ce bas-relief, exécute avec le plus grand soin sur une dalle de pierre calcaire le plus fin , et qui ressemble à la très-belle pierre lithographique d’un ton doré, a dû, de même que ceux qui suivent, faire partie d’une suite d’ornemens de quelque grand appartement. Nous n’en connaissons pas la provenance. — En magasin. [Haut. =: 1 pi. 4 po.

8 li. — Larg. 0“,261 = 9 po. 8 li.]

368 C. Nymphe de fleuve, par Jean Goujon, n® 99, pl. 231 his.

Quelle déité des eaux peut désigner, d’après les idées de Jean Goujon, cette nymphe qu’aucun attribut ne caractérise d’une manière particulière; mais que le gouvernail sur lequel retombe sa main droite fait reconnaître pour une des divinités qui réglaient le cours des fleuves et des rivières. Les filets, les roseaux qu’elle tient, et dont elle a orné sa chevelure, sont des emblèmes trop connus pour nous y arrêter. L’enfant uni à cette belle nymphe pourrait nous aider à interpréter la pensée du sculpteur. Peutêtre, après avoir offert la nymphe de Paris et celle de la Seine, aurait-il voulu représenter celle de la Marne, voisine de Paris et tributaire de la Seine. Le jeune enfant groupé avec la Marne pourrait être le génie de la petite rivière d’Ourcq, qui vient lui apporter la modeste offrande de ses eaux. Cette conjecture me paraît assez plausible, ou, du moins, rien, ce me semble, ne s’oppose à ce qu’on l’admette. Je ne puis m’empêcher de faire remarquer en passant combien M. Fremy et M. Normand père ont su , dans le dessin et la gravure de ces quatre jolies nymphes , se pénétrer de l’esprit de Jean Goujon, et avec quel sentiment ils ont rendu la grâce qui lui est propre, et qui brille et répand un grand charme sur toutes ses œuvres. On est heureux de pouvoir s’associer des artistes de ce talent et qui, saisissant avec autant de justesse que de facilité les caractères divers des monumens qu’ils ont à reproduire , ne confondent pas les styles et rendent avec la même fidélité l’antique et le moderne. — En magasin. [Haut. 0“,450= 1 pi. 4 po. 8 li. — Larg. 0'“,261 =9 po. 8li.]

368 D. VÉNUS Anadyomène, par Jean Goujon, n° 99.

La jeune déesse, la déesse de la beauté, sans autre parure que ses attraits, vient de naître au sein des ondes pour faire l’admiration du monde, le bonheur et le malheur des dieux et des hommes. Elle est seule encore, et légèrement portée sur une coquille qui se balance sur la cime des flots, elle relève ses beaux cheveux, et ses timides et modestes regards se baissent avec innocence sur les charmes dont bientôt l’univers va sentir tout le pouvoir. Des dauphins fendent les ondes et semblent prêts à transporter au bout du monde la reine des cieux, de la terre et des mers. — En magasin. [Haut. 0"’,450 = 1 pi. 4 po. 8 li. — Larg. 0''*,2C1 = 9 po. 8 li.]

GALERIE d’aNGOüLÊME.

Page 1