AS.TI.KA. N” 553, pl. XXIII, 7 lig., marbre
Ce fragment d’inscription ne pouvait offrir aucun sens raisonnable avant que M. Bœckh eut trouve' qu’il devait être réuni, non-seulement à un autre fragment de notre musée , mais à un morceau beaucoup plus considérable qui est à Saint-Pétersbourg et qui complète une belle inscription. Voy. 457, n“ 577.
434 et 434 bis. Athéniennes (Inscriplions); ou marbres de Nointel.
N'’"222 et 222 bis, pl. X, XI, XII, XIII; 434, 70l.; 434 bis, 72l.
Ces deux grandes tables de marbre pentélique sont de précieux monuments historiques, célèbres dans la paléographie grecque. Trouvées comme pavé dans l’église du Crucifix, à Constantinople, par Galland et Giraud, elles furent acquises, en 1674, par le marquis de Nointel, ambassadeur de France si Constantinople, ce qui leur a fait donner son nom. Elles appartinrent ensuite à Melchisédeck Thévenot, garde de la Bibliothèque royale (1684), et qui les plaça dans sa maison de campagne à Issy; et, après sa mort, Baudelot les acheta de ses héritiers; elles passèrent de là à l’Académie des inscriptions, qui s’en est dessaisie en faveur du Musée royal.
Montfaucon, dans sa Paléographie et dans le suppl. de son Antiq. expliq., t. V ; les bénédictins, dans leur Nouv. Diplomat., n’en donnèrent, comme spccAmen de l’écriture, que quelques lignes. Maffei les publia en entier dans ses Gall. antiq. select., ep. xix, p. 91, et dans son Mus. ver., p. 407 et seq. Pendant longtemps ce fut la copie la plus exacte. Elles sont aussi dans Muratori, Nov. Thés, ins., t. Il, p. 878. Corsini n’en donna qu’une partie, Fasti att., p. 154, ainsi que Lanzi, Sag. di etrus. ling., t. I, pl. 1, p. 106. On les trouve dans le Mus. critic. cantahr., t. II, n® 7, p. 394, de Rosi. C’est sa copie que M. Bœckh a suivie. H y a bien quelques inexactitudes ; je ne parlerai pas de la forme des lettres , souvent en si mauvais état et si défigurées, qu’on ne peut guère la déterminer d’une manière certaine. Mais à la deuxième colonne de la 23® ligne du n° 222 his, M. Bœckh, ou M. Rosi, met AT2ANIAS, et il y a positivement ITATSA- NIA2. A la 26® et à la 27® ligne de cette même colonne, ils ont omis KTE- 2IA2 et KAIPIA2, qui sont très-visibles.
Une inscription dont parle Spon, Miscell. érudit, antiq., p. 337, et qui, selon lui, était diftérente de la nôtre, paraît être la même que le n® 165 de Bœckh, n® 212 du Musée royal, que Spon n’avait pas bien vue. Il tira de
GRECQUES
l’une et de l’autre inscription les noms qu’il cite. M. Bœckh pense que nos deux marbres ne proviennent pas du même monument, et que si le fragment que cite Spon a existe, il était aussi d’un autre qui aurait pu appartenir au n® 171 de M. Bœckh, chez qui Je puise ces renseignemens. — C. inscr., etc., V. I, n°= 165-169.
Ces inscriptions contiennent les noms des officiers et des soldats athéniens morts à la guerre, en Egypte, en Chypre, en Phénicie, à Halæ de l’Argolide, à Egine et à Mégare, tous dans la même année, 457 ans avant l’ère chrétienne. [Haut. 1“,47 1 = 4 pi. 6 po. 4 li. — Larg. 0"',785 = 2 pi. 5 po.]
Dans la première inscription, n° 222, pl. x, tous les guerriers appartenaient à la tribu ÉrechthÉide ; mais on ne trouve nomme' aucun de leurs dèmes. L’une et l’autre pre'sentent les noms distribue's en trois colonnes. La seconde les oiFre range's suivant les tribus qui formaient la division de la population de i’Attique. On y lit les noms des tribus Léontide, Acamantide, Œnéide, CÉcropide, Hippothoontide, et ceux d’un .stratège ou ge'ne'ral, Svca phrourarque , commandant de garnison, Sun philarque , i’un des chefs de ia cavalerie sous l'hipparque, et d’un devin.
Ces monumens sont très-curieux par rapport à l’alphabet, à l’orthographe et à ia forme des lettres grecques de cette e'poque, qui ont beaucoup de rapport, ainsi que ie font remarquer Tacite et Pline des plus anciens caractères grecs, avec ceux des Romains qui avaient adopte' i’alphabet des Pe'iasges ou les plus anciennes lettres argiennes, avec des changemens qui ne vinrent que dans ia suite. A i’ e'poque de ces inscriptions-ci, ies Grecs, du moins les Athéniens, avaient déjà renoncé à i’écriture de droite à gauche et à celle en boustrophédon , qui, allant alternativement de droite à gauche et de gauche à droite, comme ies bœufs qui, en traçant ies sillons, reviennent sur leurs pas , réunissait les deux manières d’écrire. On y voit A pour F , \, pour A ; l’R (P) et l’S (S) ont presque la forme des nôtres, excepté que les contours en sont anguleux. OI y est mis pour l’ii souscrit. II n’y a pas d’H; et l’H n’y est que comme aspiration et non comme lettre. El remplace l’I long , et l’O est pour OT ; XS pour S, et pour 'î'. Dans la seconde inscription, le 2 et le P ont leur forme ordinaire, ainsi que le $, qui, dans la première, a la barre très courte comme celle du 0 ordinaire ; mais elle est placée verticalement. Quant aux copies que je donne dans mes planches, elles étaient gravées depuis longtemps lorsque l’ouvrage de M. Bœckh parut; il m’a servi à les revoir avec le plus grand soin, non-seulement sur les' marbres, mais même sur une empreinte en plâtre, que j’en ai fait tirer comme de beaucoup d’autres de nos inscriptions. On y voit peut-être plus nettement que sur le marbre lise' en bien des parties, et où les lettres ont été corrodées. J’ai copié les lettres telles qu’elles existent; et, pour donner plus d’exactitude à mes planches, je les ai fait entièrement regraver. Aussi croirais-je que , dans quelques parties, ma copie est plus exacte que celle de M. Rosi. Mais ce ne sont que des choses bien peu importantes, et il n’y a qu’un ou deux noms qui m’aient paru différens de ceux qu’il donne , et dont s’est servi M. Bœckh. Ce savant critique pense que la première de ces inscriptions était au Céramique, hors d’Athènes, et il croit qu’il y avait plusieurs tables pareilles chargées de noms, et que la tribu Érechthéide, nommée toujours la première dans toutes les inscriptions, et qui commence cette liste nombreuse, n’était pas la seule qui eût perdu tant de ses guerriers, et qui en eût conservé le souvenir. La première inscription a été gravée sous l’archontat de Bion, 3® année de la 80® ol. ( 458 av. J. C. ); les combats qui y sont relatés eurent lieu peu d’années avant, et il en est question dans Thucydide, Diodore. — L’expédition de Chypre est de la 3® année de la 77® ol. (470 av. J. C.); celle d’Egypte , de la 3® année de la 79® ol. (461 av. J.C.); le combat d’Halæ
INSCRIPTIONS
se donna la 2e année de la 80® ol. ( 459 av. J. C. ) ; ceux de Cécryphale et d’Égine , la même année ; celui de Mégare , la 3® année de la 80® oI. ( 458 av. J. C. ). Le retour d’Egypte, selon Thucydide , s’effectua après les batailles de Tanagre et d’Œnophyte, la 1®® année de la 81® olympiade, six ans après la guerre de Mégare; et on voit par la 4® ligne de notre inscription que dans une même année, la 3® de i’ol. 80 (458 av. J. C. ) , sous l’archontat de Bion, pendant que les troupes athéniennes étaient en Égypte, on combattit en Chypre, en Phénicie, à Haiæ, à Égine, un an avant sa prise par les Athéniens , et à Mégare.
La seconde inscription est d’un autre monument et d’une autre époque postérieure à celle de la première , ainsi que , selon M. Bœckh , l’établit M. Osann d’une manière très-probable, contre l’opinion de Maffei et de Corsini, qui croient que ces inscriptions et le fragment perdu, cité par Spon, appartenaient au même monument, et que notre n® 222 était ia première partie , le fragment de Spon la seconde , et notre n® 222 bis la troisième. Le premier rang qu’occupe I’Érechthéide porte Spon à croire qu’aiiant ia première au combat elle devait avoir le plus perdu, ce qui fait que son catalogue funèbre est plus nombreux que ceux des autres tribus. Mais, comme ie fait remarquer M. Bœckh, l’ordre de bataille variait chez les Athéniens, selon celui des Prytanies, et il se réglait, en partant de la droite, d’après ia tribu qui avait alors la Prytanie; et d’ailleurs, si le fragment de Spon, qui, selon lui, contenait les tribus Pandionide et Léontide, était la seconde de ces inscriptions, elles ne devraient plus se trouver dans le troisième catalogue; tandis que celui de la 3® colonne, ligne 24 de l’inscription n® 222 bis commence par la tribu Léontide, et que ce qui précède, d’après l’ordre constant que l’on suit dans l’ordre des tribus athéniennes, doit appartenir à la Pandionide, à I’ÉgÉide et à I’Érechthéide qui précèdent la Léontide. II y a encore des raisons paléographiques prises de la forme et du style des lettres qui militent en faveur de l’opinion de M. Bœckh et de M. Osann, et qui placent cette inscription quelques années plus tard que la première.
AthÉNODORE (286). N° 557, pl. XXIV, 2 ïig. Voy. pi. 159.