‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 51 sur 299 · Charition. 716 et 771 bis, (1830), pi. LUI, 3 mots · texte numérisé non relu

Charition. 716 et 771 bis, (1830), pi. LUI, 3 mots

Autel cylindrique en marbre de Paros, orné de guirlandes et de bucranes, placé probablement sur le tombeau de la Bonne Charition. — Col. Cbois., Cat. 72. [Haut. 0*",595 = 1 pi. 10 po. — Larg. 0™,514=; 1 pi. 7 po.]

GRECQUES

447. Choiseul (Marbre de). N° 597^ trois inscriptions , la f®,

pl. XXXVI, XXXVII, 40 lig.; la 2®, pi. XXXVII, XXXVIII, 22 lig.;

la 3®, pl. XXXVIII, XXXIX, 24 lig., bas-relief, 265, pl. 152.

Ce beau monument, bien conserve, est du plus grand prix et pour la paléographie grecque et par ses details sur les finances des Athéniens. 11 fut decouvert à Athènes en 1788. M. le comte de Choiseul en fit l’acquisition, et on lui a donne son nom comme on avait désigné par celui du comte d’Arundel la chronique de Paros, actuellement en si pitoyable état à Oxford, et par le nom du marquis de Nointel, les inscriptions athéniennes du Muse'e royal sous les n®® 222 et 222 bis. Le marbre Choiseul a ete le sujet de plusieurs recherches savantes, et ce sont celles de l’abbe Barthelemi dont j’offrirai l’extrait; elles se trouvent dans les Mémoires de l’Acad. des inscript., t. XLVIII, p. 337-408. J’ai eu aussi recours à l’intéressant et savant ouvrage de M. Bœckh sur l’Economie politiq. des Athéniens, éd. ail., v. II, p. 160 et suiv., et aux observations de son recueil d’inscriptions grecques. Corp. inscr., v. I, n®® 147-149-148. II est fâcheux qu’en s’occupant de cette inscription, l’abbé Barthélemy ne se soit pas aperçu qu’il y en avait deux autres assez considérables sur le côté du marbre opposé à celui qui l’occupait. La partie supérieure d’une des faces de notre monument, qui devait être placé dans quelque lieu public, de manière à être lu des deux côtés, offre un bas-relief en mauvais état, mais d’un beau style, et d’autant plus précieux, qu’il est d’une époque certaine et des temps brillans de l’art. Il représente une femme vêtue d’une longue tunique et armée d’une lance, et un homme qui s’appuie sur un bâton auprès d’un arbre dont les branches sont en partie coupées. Rien ne caractérise assez ce sujet pour qu’on puisse le déterminer d’une manière positive. Voy. 265, pl. 152.

La partie de ce monument où est le bas-relief a de hauteur 1 pi. 9 po. j de larg.

1 pi. 1 1 po. ; et celle qu’occupe l’inscription principale 1 pi. 7 po. 2 ii. , et de larg.

2 pi. 4 po. 6 ii. L’e'paisseur de la partie infe'rieure est de 6 po. 7 ii. 1/2 ; celle de la partie supe'rieure 6 po. 3 ii. Les iettres ont en ge'ne'ral 3 if. 1/2 de haut.

La première inscription , qui a quarante lignes en beaux caractères , contient un compte rendu des sommes provenant des revenus annuels et tirées du trésor de l’extraordinaire conservé dans l’opisthodome ou partie postérieure du temple de Minerve, à la citadelle d’Athènes, et qui, par les mains des trésoriers de la déesse, furent distribuées aux helUnotames ou trésoriers particuliers, et employées à Athènes sous l’archontat de Glaucippe, pendant les prytanies de l’année athénienne commune ou de douze mois, comprise entre le 14 juillet, 410 av. J. C., et le 2 juillet 409. C’était la troisième année de la quatre-vingt-douzième olympiade, la vingt-deuxième de la guerre du Péloponnèse, vingt ans après la mort de Périclès. Il n’y avait à cette époque que dix tribus à Athènes, et par conséquent dix prytanies. On peut voir sur les tribus d’Athènes, dans la seconde partie du premier volume de mon Manuel de l’Histoire de l’art chez les anciens, etc., la Nouvelle description du Musée royal, 1838, p. 364-396; on y trou-

INSCRIPTIONS

vera cites les savans ouvrages qui m’ont servi de sources, entre autres celui de M. Bœckh, dont il a etc question tout à l’heure. Dans les années communes, six des prytanies présidaient le sénat pendant trente-cinq jours chacune, et quatre pendant trente-six. Dans l’anne'e embolimique, où l’on ajoutait un treizième mois, chaque prytanie gouvernait pendant trente-huit ou trente-neuf jours.

Dans cette inscription, ainsi que dans celle des marbres de Nointel, il n’y a pas de voyelles longues H, Q., ni de lettres doubles. Le H n’y est que comme aspiration et comme lettre nurae'rique, pour exprimer 100, hécaton.yoy. 434, n®222. Ces lettres ne furent en usage sur les monumens publics que sous i’archontat d’Euciide, 403-402 av. J. C. II paraît cependant qu’on s’en servait de'jà, et dès le temps d’Euripide, vers 440 av. J. C., dans l’e'criture courante et pour les inscriptions des particuliers. Le marbre de Nointel e'tant de quarante-sept ans plus ancien que celui de Choiseul, la forme du P (R) à petite queue P , du 2 (S) et du ^ (PH) , est aussi plus ancienne que celle des mêmes lettres dans cette inscription-ci, dont les autres lettres, telles que le A pour le r, L pour A, sont comme dans le premier des marbres de Nointel.

Notre inscription e'tant très-importante pour les finances des Athe'niens, et contenant plusieurs charges qui y ont rapport, je crois pouvoir, sans que ce soit un hors d’œuvre, donner pour son inte'rêt, et celui de plusieurs de nos inscriptions , quelques de'tails sur les finances, l’administration et diffe'rens magistrats d’Athènes, que je tire comme de sources pures et abondantes de l’Archéologie de Potter, de i’abbe' Barthe'Iemy, et surtout de l’ouvrage de M. Bœckh, sur l’administration des Athe'niens. M’ e'tant servi de l’e'dition allemande, c’est à la pagination de son premier volume que renvoient mes citations indiquées B,p

Dans les anciens temps d’Athènes, les Archontes avaient peu d’influence, et ils n’étaient pas à la tétc des finances. Leur gestion dépendait du sénat, et c’était le peuple qui provoquait et approuvait les lois. C’était par une administration et des dépenses bien entendues que l’on méritait sa reconnaissance et sa faveur, surtout lorsqu'on lui procurait des fêtes et des plaisirs dont il était très-avide. Mais les frais extraordinaires, auxquels se laissaient facilement entraîner les Athéniens par de belles entreprises et par des établissemens qui flattaient leur vanité et leur goût pour les arts, nui sirent souvent à leurs finances, et ils s’en ressentirent lorsqu’ils furent attaqués par leurs voisins. B, p. 161-162.

Avant Périclès, on h’ avait pas perfectionné à Athènes le système des finances, l’amour de la patrie et de la gloire en tenaient presque lieu; et les circonstances pressantes, les grands dangers, inspiraient les plus forts sacrifices pécuniaires à tous les Athéniens, qui espéraient d’ailleurs toujours s’en dédommager par leurs victoires sur les barbares. Mais les choses changèrent. On fit moins de ces sacrifices, et l’état ayant plus besoin qu’auparavant de se procurer l’argent nécessaire, devint plus habile en finances, et à mesure que sa force morale diminuait, l’argent lui fut plus nécessaire pour maintenir son influence. De là les impôts, les tributs extraordinaires, les exactions qui augmentèrent d’abord les revenus de l’état, dont les besoins s’accroissant chaque jour furent bientôt hors de proportion avec ses revenus; il s’affaiblit jusqu’à ce qu’il ne pût plus se soutenir. Avec beaucoup plus de richesses apparentes, il était bien moins riche que lorsqu’il avait plus d’économie et de vertus civiles. Aussi donna-t-on un grand soin aux finances : l’état pour accroître et conserver ses revenus, et le peuple pour en attirer à lui le plus qu’il pouvait.

Le SÉNAT DES CINQ-CENTS rendait compte au peuple, mais il avait la haute-main, la surveillance des finances. H faisait rentrer les fonds de l'état, les impôts, les tributs, les fermes, les allocations, les revenus sacrés; il poursuivait les deliiteurs de l’état, les

GRECQUES

faisait payer ou mettre en prison. Le se'nat distribuait aux tre'soriers de la Déesse, la de'esse par excellence pour les Athéniens, de Minerve, les sommes pour le culte, les amendés; il re'glait l’emploi des fonds, même pom- les plus petites choses; il payait les poètes qui paraissaient dans les jeux publics. B, p. 105, les frais de la cavalerie qui y prenait part, et la partie pauvre du peuple {à.S'vvctrot, faibles, inermes). Il paraît que lorsque l’are'opage jouissait de toute sa puissance , il partageait avec le se'nat des cinq-cents la haute direction des finances.

Les TtA&jyou, telones, étaient les fermiers des revenus publics. Une administration veillait à la manière dont le traité avec eux avait lieu. Les fermes leur étaient vendues par dix polètes tirés des dix tribus, un de chaque tribu; le lieu de leur assemblée s’appelait polétérion, et parmi eux un prytane était chargé de la responsabilité, B, p. 1&1. Dans ces revenus affermés étaient compris : les terres, les immeubles, les biens confisqués, la fortune des débiteurs de l’état, les personnes de ceux qui, admis parmi les citoyens d’Athènes, ne payaient pas la redevance à laquelle ils étaient tenus pour cette faveur; celles des étrangers coupables du crime d’apostasie et ceux qui avaient usurpé les droits de citoyen. Les biens sacrés étaient affermés par ceux qui en avaient soin, ou plutôt par le sénat et par les régisseurs de ces biens. Les magistrats en chef des tribus affermaient les propriétés de ces tribus.

Ces telones étaient présidés par un prytane sous l’inspection des trésoriers du théoricon. On donnait ce nom à l’ensemble des fêtes et des spectacles; une administration particulière en était chargée , et elle avait pour ce service un trésor spécial qui, selon M. Bœckh, ne fut établi qu’après l’époque de notre inscription. Quoique les dépenses n’y soient pas énoncées avec toute la précision que l’on y mettrait aujourd’hui, cependant on y trouve des oboles et des demi-oboles. Le trésorier en chef de Minerve, de cette année, était Callistrate de Marathon. Voy. Bœckh, v. I , p. 247, et sur le théoricon, p. 96 et suiv. C’était le trésorier du théoricon qui distribuait l’argent pour les fêtes au peuple qui , avide de spectacles , n’aimait pas que les circonstances forçassent à employer ces fonds aux besoins de la guerre.

Practores. Ils recevaient l’argent des amendes ou la partie qui en revenait à l’Etat, et qui était déterminée par les juges du tribimal saisi de l’affaire ; ce qui , sur les amendes, appartenait au culte, était remis aux trésoriers des différentes caisses que cela regardait; ils recevaient l’amende ou quelquefois en dispensaient en annulant le jugement, B, p. 168.

Les ÉCLOGES, poursuivaient la rentrée des tributs qui n’étaient pas payés ;

c’étaient des percepteurs, des collecteurs. Des gens riches exerçaient les emplois d’épigraphes et d’écloges; ils n’étaient pas stables, et ne sont pas mis au rang des charges des finances.

Les iwiffKo-TTOi y (pvKeattÇy épiscopes, phyeaces, de même que les harmostes des Spartiates, étaient des inspecteurs chargés de veiller à la levée des tributs imposés aux alliés ou aux étrangers ; ils administraient les îles tributaires. On payait les tributs à Athènes, au printemps, à l’époque des Dionysiaques de la ville.

E Tr/ytttAHTûti TCi>v (püAù)!', épimélÈtes OU Contrôleurs des tribus; ils veillaient à leurs caisses particulières et à la répartition des fonds , ainsi qu’aux dépenses.

Les DÉMARQUES se nommèrent d’abord naucrares, ou naucrates : c’étaient les administrateurs des tribus ou des dèmes ( bourgs) qui en faisaient partie ; dans certaines circonstances, ces dèmes étaient tenus à fournir, outre deux cavaliers, un navire équipé, ce qui leur avait fait donner le nom de naucraties (de rauç, navire), et à leurs démarques celui de naucrates. Ceux-ci surveillaient l’armement de la galère auquel étaient obligés les citoyens les plus riches. On en chargea ensuite les inspecteurs des symmories , î'v/yttÉAHTa; 'vm avfÀ.fÂ,ofiu)i . Les symmories étaient les différentes classes des tribus; cette espèce d’impôt se nommait triérarchie. On nommait <TViiÀ,fA.opi7ai, symmo-

rites, ceux qui, dans les tribus, e'taient taxes à la même cote. Leur chef s’appelait (tvfA,/xopla.Çi I’hÉgÉmon , le guide de la symmorie. Les diiFe'rentes classes qui formaient les divisions des tribus e'taient taxe'es selon leurs faculte's et les besoins de i’e'tat. L’he'ge'mon de la symmorie e'tait chargé de la juste répartition. Voy. Potier, Archéol. grecq., t. I, p. 85; t. II, p. 142; in-S**, seeonde édit. Londres, 1706.

Les Épigraphes dressaient les rôles d’imposition des basses classes.

II y avait aussi des Épigraphes et des diagraphes, i'Wlypa<p^7ç ou S'iciypa(ft7ç, qui fixaient la répartition des contributions extraordinaires, volontaires ou forcées; il paraît qu’il y en avait dix : ils poursuivaient aussi les débiteurs en retard.

E’TTiTiiu, épÉtÉiA : on donnait ce nom k l’ensemble des revenus annuels de l’état et des temples.

Uita/popoL, l’iSPHORA, était une taxe extraordinaire.

Les ffvvS'iKOt, SYNDICS, étaient chargés de faire rentrer les impositions arriérées et du soin des biens confisqués au profit de l’état.

Les (rnKMyuç, sylloges, étaient aussi des collecteurs.

Les ^«THTa/, zétÈtes, faisaient les enquêtes pour ce que les particuliers devaient k l’état; ils recherchaient les fraudes, les malversations et même d’autres crimes; c’était une charge, ctp^vi, que remplissaient même des citoyens importans. Cependant Pollux range les zétètes et les practores parmi les places très-secondaires, les serviteurs, v7ript]Tou, hypérètes : c’était peut-être comme serviteurs de l’état. A Pellène, les zè~ tètes étaient nommés pLciarpoi, piacT^piç, ptoLiTTtipiç , réviseurs, nom qui rappelle le titre de nos'maüres des comptes.

Les HELLÉNOTAMES , OU trésoriers des hellènes , étaient chargés du trésor extraordinaire que les Athéniens prélevaient sur plusieurs parties de la Grèce , et qui se déposait à la caisse de Délos , dans l’opisthodome du temple d’ Apollon , où avaient lieu les assemblées des alliés. La répartition en était faite par le décret du peuple. Dans les premiers temps , il n’y avait que des Athéniens qui pussent remplir cette charge. Lorsque, sous le prétexte d’une plus grande sûreté, le trésor de Délos fut transporté à Athènes , les hellénotames l’y suivirent, et conservèrent leur emploi. Mais après l’anarchie et la tyrannie des trente , cette place fut supprimée. La suprématie d’Athènes sur les alliés, ou ce qu’on appelait \ hégémonie , n’existant plus , ceux-ci ne payèrent plus de tributs. Les grammairiens ne sont pas d’accord sur les hellénotames, qui à leurs époques n’existaient plus depuis longtemps. Notre belle inscription est peut-être, parmi les doeumens de l’antiquité, celui qui offre le plus de renseignemens sur ces magistrats. II est a croire. B, p. 191, qu’ils étaient pris au sort parmi les citoyens les plus riches. L’abbé Barthélemy croit qu’il y en avait dix, un par tribu; M. Bœckh admet ce nombre, mais il ne pense pas qu’il fût nécessaire qu’il y en eût un de chaque tribu , puisque ce n’était pas des affaires particulières des tribus qu’ils étaient chargés, lis n’entraient pas en exercice au commencement de l'année, mais après les Panathénées et la première pi’ytanie. B, p. 192.

Les LAMES dont il est question dans notre inscription, trésoriers de la Déesse, étaient au nombre de dix; ils percevaient les dîmes consacrées à Minerve, et conservées dans l’opisthodome , édifice derrière le Parthénon, temple de la déesse à la citadelle. Ils départissaient une partie des revenus annuels aux hellénotames et à d’autres magistrats, chargés des dépenses pour les armemens militaires et les fêtes. II y avait beaucoup d’autres lames ou trésoriers attachés à différons services, et qui avaient des caisses particulières qu’alimentait le trésor de l’état. — On trouve nommés dans les auteurs ou dans les inscriptions les trésoriers des architectes chargés de l’entretien des murailles de la ville, téi^o'^'oioi , teichopoies; celui des ingénieurs des routes, OfTo'^oio/, odopoïes; il y en avait un, ïiûpioç, pour les digues, l’arsenal et les calles de la marine, viapiov] celui des prêtres chargés des sacrifices, kpo’Tioiot, hiéropoïes ;

GRECQUES. 861

celui des constracteurs des galères, rpivtpomol , triéropoïes. C’e'tait l’e'tat qui payait la solde des galères sacre'es ; la Paralos, îa Sai-AMine, I’Ammon. Elles avaient leur tre'sorier particulier; celui de la Paralos e'tait choisi par le peuple; sa place e'tait importante. L’e'tat e'tait triérarque ou commandant des galères sacrées; mais elles avaient des triérarques qui le représentaient, et sous ceux-ci étaient les trésoriers.

’K’ïïoJ^ix'ra.i. Les apodectes étaient des trésoriers auxquels étaient confiés les fonds de l’état, ou qui étaient chargés de les distribuer; iis rendaient au sénat compte des recettes et de ce qui restait en caisse. Potter, p. 81, les nomme des receveurs généraux. II y en avait di.x : iis faisaient rentrer les fonds , jugeaient les affaires qui y avaient rapport, ou les poursuivaient devant les tribunaux; iis inscrivaient les débiteurs de l’état , et , lorsqu’ils s’étaient acquittés , iis les rayaient en présence de tout ie sénat. Iis avaient remplacé les anciens Kcohcacpircci. Bœckh, p. IT"!. Potter, d’après Poliux, dit que ces colacrÈtes avaient reçu ce nom des kcùKoli, peaux des victimes et des 'restes des sacrifices qui ieur revenaient. Dans les premiers temps , iis étaient chargés des dépenses pour les repas publics ou d’apparat qui avaient alors lieu à la suite des sacrifices, et auxquels servait une partie des victimes. Ces colacrètes touchaient les amendes dues aux dieux , et recevaient aussi les présents honorifiques que l’on faisait aux rois, et ensuite aux archontes, aux prytanes, comme juges et à titre d’honoraires. Clisthènes ies remplaça par les apodectes , et de tous leurs emplois iis ne conservèrent que celui des repas du prytanée; et, depuis Périciès, sur la partie des revenus de i’état destinée aux emplois civils, les colacrètes payaient les rpiûCoXcLj le trioboîe, trois oboles, ou honoraires des juges, qu’on nommait S'iKoLcrrixjoç juicr^oç, le salaire judiciaire. B, p. 188-189. Les apodectes étaient }tAr\pCi}Tol , clèrotes , ou nommés au sort. Ce que rapporte ici M. Bœckh se trouve aussi presque entièrement dans Potter. Les revenus des temples et des petites communes ne dépendaient pas d’eux. Iis n’avaient pas de caisses, mais iis inscrivaient les sommes qui étaient versées dans les caisses. B, p. 172. Selon Poliux, iis recevaient, les tributs des alliés, quoique cela dépendît plus particulièrement des hellénotames ; il paraît que, lorsque ceux-ci avaient rapporté de Délos ies sommes qui devaient être reconnues devant ie sénat par les apodectes, et déposées au trésor, ceux-ci leur délivraient celles qui leur revenaient pour ies dépenses dont iis étaient chargés.

La première classe des Athéniens, qui exerçait toutes ies charges importantes, ctp^oii, archœ , se nommait les 'mvraxofftopiiSi'ipi.voi , pentacosiomedimnoïes, parce qu’ils retiraient de leurs biens au moins cinq cents médimnes de denrées liquides ou solides.

La deuxième classe n’était fixée qu’à trois cents médimnes ; c’étaient ies i’TT'ts'ciS'a- TêAsmf, hippadatelontes , qui pouvaient fournir un cheval équipé ou se monter à leurs frais , comme les chevaliers romains.

La troisième classe n’avait pas part aux places, mais elle donnait ses voix dans les assemblées publiques, ainsi que chez les Romains, ce qui était très-important, établissait i’équilibre entre ies classes , et empêchait que ies plus riches ne pussent opprimer les plus pauvres. Cette classe, nommée ou OnTtç, zeugites ou thètes ,

mercenaires, devait avoir deux cents médimnes de revenu.

Les athlothÈteS présidaient aux jeux des Panathénées et à d’autres fêtes. Ifs étaient en exercice pendant quatre ans, intervalle des grandes Panathénées.

Les HiÉROPOÏES , dix officiers qui veillaient aux sacrifices. II y en avait d’annuels et d’autres dont les fonctions ne duraient qu’un mois. II paraît que ces espèces de sacrificateurs ou de prêtres étaient principalement chargés de ce qui concernait i’hécatombe des Panathénées.

Les parÈdres, six autres magistrats chargés, sous ies hellénotames, de la répartition des dépenses, entre autres de la diohélic ou de fa distribution de deux oboles (30 centimes 2/3 ) à chaque citoyen qui la réclamait, pour pouvoir assister aux spectacles; la

INSCRIPTIONS

diobëlie était prise sur l’argent théorique ou destiné aux cérémonies et aux fêtes. Quelquefois la diobélie était double, triple et même quadruple, selon la durée des fêtes. D’après les sommes dépensées pour les diobélies , on voit qu’il y avait , du moins à cette époque, environ 18,000 ou 18,200 citoyens athéniens qui recevaient cette subvention. II y eut des circonstances où on leur donna plus de deux oboles. Voy. Bœckh, t. I, p. 193, 238, 240.

Synarchontes : on nomme ainsi les collègues dans les différentes magistratures.

Le premier grammateds ou greffier du sénat inscrivait les décrets et y mettait son nom. C’était le grammateus de la prytanie qui par le sort entrait la première en exercice. Ici il est de la tribu Æantide, et se nomme ClÉogÈne, écrit par erreur ClÉgÈne dans l’inscription. Le grammateus est ordinairement après l’archonte le premier qui soit cité sur les monumens.

Le GRAMMATEUS OU GREFFIER de la ville, petite place peu importante.

Nous allons donner quelques détails sur les prytanies et sur leurs dépenses. Elles sont exprimées par des lettres numériques, en talens, drachmes, oboles et fractions d’oboles. Le talent attiquc a cette époque est estimé, par M. l’abbé Barthélemi, à 5,400 liv. ; la drachme, 6,000® partie du talent, à 18 sous, et l’oboIe, 6® partie de la drachme, à 3 sous. Mais je suis l’évaluation de M. Letronne, qui diffère peu de celle de l’auteur d’Anacharsis (1). Les sommes ont été réduites en francs. J’indiquerai les principales fêtes qui avaient lieu dans chaque mois, et qui ont dû occasionner le plus ou moins de dépenses des prytanies. Au reste , il ne faut pas perdre de vue

(1) Les recherches de M. Letronne , qui, après avoir pesé un grand nombre de monnaies athéniennes en or et en argent, a pris une moyenne proportionnelle , établissent que le talent attique pesait 26,175 kil. , ou 53 liv. 7 onces 4 gros 52,65135 grains; la mine, 60® partie du talent, 436,25 gramm., ou 14 onces 2 gros 5,34419 grains; la drachme, 100® partie de la mine, 4,3625 gramm., ou 1 gros 10,13345 grains; l’oboIe, 6® partie de la drachme, 0,72708 gramm., ou 13,6889 grains. — L’argent pur ou à 1000 vaut 222 fr. 22 c. ; celui à 0,900 , tel que nos monnaies, est à 200 fr. le kil. — Si l’argent attique eût été au premier de ces titres, le talent aurait valu 5,816 fr. 66 c. ; au second, 5,235 fr. — M. Letronne ne l’évaluant que 5,500 fr. , on trouve que l’argent devait être à 945,63 de fin. — Le kifogr. d’or pur ou à 1000 vaut 3,444 fr. 44 c.; à 0,900, comme celui de nos monnaies, il vaut 3,100 fr. — Ainsi, en s’en rapportant au poids que M. Letronne fixe au talent et k ses parties, le talent d’or attique, en supposant le métal à 1000, serait de 90,158 fr. 32 c. ; la mine, de 1,402 fr, 62 c.; fa drachme, de 15 fr. 26 c. ; l’oboIe , de 2 fr. 50 c. — Si l’or n’était

qu’à 0,900, il n’y aurait qu’à retrancher un dixième de ces valeurs. — Selon l’abbé Barthélemy, la proportion de l’or à l’argent , du temps de Philippe , au milieu du iv® siècle avant notre ère, était : : 10 : 1 ; vers le milieu du v® siècle :: 13 : 1; vers la fin 12 ; 1; aujourd’hui elle

est : : 15,5 : 1. — L’as ou la livre romaine de 12 onces pesait 327,187 gramm., et, l’argent supposé à 0,945.63, elle valait 68 fr. 75 c. ; l’once, 27,265 gramm., et, Fargent supposé à 0,945,63, elle valait 5 fr. 73 c. ; le denier, lorsqu’on en taillait 84 k la livre, l’argent, à 0,945,63, pesait 3,8958 gramm., et valait 81,83 c.; le sesterce, quart du denier, était alors de 0,97,375 gramm., et valait 20,447 c. — Mais le poids et la valeur du denier ont souvent varié; il s’est cependant toujours soutenu entre 82 et 70 de nos centimes, et on peut prendre 76 centimes pour sa valeur moyenne. — La sextule romaine , sixième partie de Fonce , pesait 4,544 gram. , un peu plus que la drachme attique. — La mine attique était à la livre romaine : : 436,25 ; 327,187; et 80 livres romaines pesaient exactement un talent attique.

Voy. dans ce volume les p. 227-229 dont ceci n’est qu’un résumé.

que ces de'penses ne concernent pas seulement des fêtes, mais aussi ce qui avait rapport à i’arme'e , et si , dans plusieurs endroits , H est dit que les chevaux ont été' nourris, cela peut indiquer et les courses du stade pendant les fêtes, et les vivres de la cavalerie. H n’y a de citées dans l’inscription que les grandes Panathénées et une Hécatombe. Voy. , pour les détails de ces fêtes, Mongèz, Dict. d’Antiq. de l’EncycI. , les dictionn. de Mythologie de Millin et de Noël, qui, pour la mythologie grecque, romaine, etc., s’attachant à l’ouvrage de Mongèz comme à un guide sûr et commode, l’a suivi pas à pas et, sans le citer nulle part, ni dans la préface ni dans le texte, l’a copié presque partout mot à mot.

TRIBU ÆANTIDE. Elle eut îa première prytanie, et présida du 1®'' Hécatombéon au 6 Métageitnion , ou du 14 Juillet, 410 av. J. C. , au 17 Août inclusivement. — Somme dépensée : 3 tal. 3,235 dr. 1 ob. tirés du trésor de Minerve Poüade, et 91 dr. 3 ob. 1/2 de celui de Minerve Nicé ou Victorieuse ; total en francs : 16,780 fr. 12 c.j la cavalerie nourrie. Entre autres fêtes, les Hécatombées, les fêtes de Thésée, les Métageitnies, se célébraient dans les mois cités.

Tribu Ægéide, 2^ prytanie, du 7 Métageitnion au 11 Boédromion , du 18 Août au 17 Septembre. — Fêtes d’Apoflon pour les victoires de Marathon et de Platée; grandes Panathénées : Hécatombe pour ces fêtes. M. Bœckh fait observer que les grandes Panathénées se célébrant la 3® année de i’oiympiade, à la fin du mois Hécatombéon, et les sommes qu’eiles avaient coûté n’ayant été versées entre les mains des athlothètes annuels que dans fa seconde prytanie , et même trente jours après qu’effe était sortie d’exercice, les athlothètes avaient fait à leurs frais, ainsi que souvent cela avait fieu, les dépenses pour les fêtes qui ne leur furent remboursées que près de trois mois après leur célébration. — Somme dépensée : 5 taf. 1,000 dr. d’une part, et de i’autre 5,114 dr. , ou 33,102 fr. 09 c., en deux payemens délivrés aux athlothètes et aux hiéropoïes annuels. Total 33,102 fr. 09 c.

Tribu Œnéide, 3® prytanie, du 12 Boédromion au 17 Pyanepsion , du 22 Septembre au 26 Octobre. — Fêtes d’Efeusîs, Boédromies, Oschophories , Thesmophories. Dépense pour la cavalerie; Diobélie, ou les deux oboles données au peuple îe jour de certaines fêtes; secours à Pylos, commandé par Hermon. — Somme dépensée : 13 taf. 4,820 dr., ou 75,912 fr. 81 c. , en quatre payemens, dont 42,138 fr. pour les fêtes.

Tribu AcAmantide, 4® prytanie , du Pyanepsion au 22 Mœmactérion, du 25 Octobre au 30 Novembre. — Fêtes, Apaturies. — Somme dépensée en deux payemens : 3 taf. pour fa cavaferie et 8 taf. 1,355 dr. pour fa Diobéfie qui, sous i’autre prytanie, n’avait coûté que 2 taf. , ordinairement même eife n’était que d’un tafcnt ou 36,000 obofes, à raison de deux par tête distribuées à 18,000 citoyens. Mais if paraît qu’if y avait des circonstances où on ajoutait à cette somme , qui d’aiiieurs devenait pius considérabic iorsque ies fêtes duraient pfusieurs jours, comme fes Apaturies qu’on céfébrait pendant trois jours. Somme totaie 61,737 fr. 59 c.

Tribu Cécropide, 5® prytanie, du 23 Mœmactérion au 28 Posidéon, du 1®® Décembre au 4 Janvier 409. — Fêtes de Bacchus ou petites Dionysies des champs et du Piréc; Neptunafes ou Posidonies; Hafoées. — Somme dépensée : 4 taf. 2,200 dr. ou 24,014 fr. 92 c.

Tribu LÉontide, 6® prytanie, les deux derniers jours de Posidéon, tout Gamélion, trois jours éî Anthestérion ; du 5 Janvier au 8 Février. — Fêtes d’Apollon; Hydrophories qui rappelaient un déluge. — Somme dépensée : 64 tal. 2,ll4dr. 2ob. 1/2 , ou 353,912 fr. 47 c. , en six payemens, dont 35,367 fr. 58 c. pour les fêtes.

Tribu Antiochide, 7® prytanie, du 4 Anthestérion au 10 Élaphébolion , du 9 Février au 15 Mars, — Fêtes, Anthestéries; if y avait dans ces fêtes des pompes éques-

INSCRIPTIONS

très; aussi les vivres de la eavalerie absorbèrent-ils 4 talens dans cette prytanie, — Fêtes, Le'ne'es, petits mystères d’Eleusis, Diasies en honneur de Jupiter Meilichius; dépensés pour la cavalerie. — Somme de'pense'e : 8 tal. 4,281 dr. 1 ob., ou 47,920 fr. 76 c. , en cinq payemens.

Tribu Hippothoontide, 8e prytanie, du 11 Élaphébolion au 16 Munyckion, du 16 Mars au 20 Avril. — Fêtes, Dionysies de la vHIe, Pandies, Munychies. — Somme de'pense'e : 8 tal. 2,282 dr. 2 ob. 1/2 , ou 46,088 fr. 86 c. , en trois payemens.

Tribu ÉrechthÉide, 9® prytanie, du 17 Munychion au 23 Thargélion, du 21 Avril au 26 Mai. — Fêtes, Diasies e'questres, Adonies, Tharge'iies, Bendidics en honneur de Diane Bendidia. — Somme de'pense'e : 34 tal. 2,728 dr. 0 ob. 1/2, ou 189,486 fr. 95 c., en huit payemens, dont en fêtes ordinaires 38,451 fr. 87 c., le reste probablement pour l’armement de trente galères, et pour les fêtes au sujet de la victoire navale remporte'e près de Cyzique sur les Lace'de'moniens, par The'ramène, Thrasybuie et Alcibiade.

Tribu Pandionide , 10® prytanie, du 24 Thargélion au 29 Scirophorion , du 27 Mai au 1er Juillet. — Fêtes, Plynte'ries, Euphonies, petites Panathe'ne'es, Arrhéphories (Voy. Bœckh, C. Inscr., v. I, n<>431 ), Diipoües. — Somme de'pense'e : 13 tal. 4,190 dr. , ou 75,335 fr. 35 c. , en quatre payemens.

Total des de'penses connues : 924,291 fr. 92 c. , que i’on peut porter à 1,000,000 à cause de sommes efface'es et de quelques lacunes. On ne doit regarder ces de'penses que comme une partie de celles des Athe'niens dans cette anne'e, et ce n’est qu’un compte particulier qui a rapport aux sommes tire'es du trésor de Minerve , et distribuées aux Hellénotames ou trésoriers particuliers par les trésoriers généraux. On peut voir, dans les notes de M. Bœckh, des observations sur les modes de payement dans la 6® et la 9® prytanie, par des traites sur Samos, fidèle alliée alors d’Athènes, et où les Athéniens avaient sans doute en consignation ou en dépôt des sommes considérables. Celles qu’on leur voit ici tirer sur Samos montent à 9 talens 2,896 drachmes.

Magistratures citées dans l’Inscription,

Archonte, ligne 1, 10, ici comme officier commandant une expédition. — AthlotÈtes, 1. 5. — Grammateus, 1. 2. — Hellénotames, plusieurs fois dans chaque prytanie; vingt-cinq fois en tout. — HiÉropoïeS, 1. 6. — ParÈdre, 1. 20, 21. — Stratège, 1. 17, 35. — Tamias, ou trésorier de Minerve, 1. 2. — Triérarque, 1. 36.

Noms propres: Anaitius, 1. 20. — Aristocrate, 1. 35. — Aristophane, 1. 36.

— Callias, 1. 26. — Callimaque; 1. 4. — Callistrate, 1. 2. — Cléogène, 1. 1.

— Dexicrate, 1. 35. — Dionysius, 1. 15, 22, 29 et 32. — Diyllos, ou plutôt Gryllos, 1.7. — Euclide, 1. 17. — Eupolis, 1. 25. — Glaucippe, 1.1. — Her- MON, 1. 10. — Niceratus, 1. 36. — Pasiphon, 1. 35. — Périclès, fils naturel du grand Périclès, 1. 8, 1 1 , 13 et 18. — Phalanthus, 1. 23. — Philon, 1. 6. — Polyaratus, 1. 21. — Praxitèle, 1. 4. — Proxène, 1. 17-24. — SpoudidÈs, 1. 19.

— Thrason, 1. 16-23.

Fêtes. — Grandes Panathénées, 1. 6. — Une hécatombe 1. 7.

Bourgs et autres lieux. — Ægilia, 1. 35. — Agnous, 1. 4. — Alopecé, 1. 24. —

Ana , ou Anagyrus, ou Anacæa, ou plutôt Anaphlystus, 1. 36. — Aphydna,

1. 17, 24, 25 , 28 et 31. — Boutadæ, 1. 16, 23, 30 et 33. — Cholargos, 1. 8, 11 , 18 et 21. — Cydantidæ, 1. 36. — Cydathénée, 1. 6 , 15 , 22 , 29 et 32. — Erétrie, 1. 17. — Eüônymos, 1. 26, 36. — Halæ, 1. 1. — Hercheia, 1. 7. — Icaria, 1. 4. — Marathon, 1. 2. — Phlya, 1. 19-35. — Phrearii, 1. 35. — Samos, 1. 20-35. — Sphette, 1. 20.

Année athénienne commune ou sans mois intercalaire , troisième de la 92^ olympiade , comprenant depuis le j4 juillet, 4i0 av. J. C., jusqu’au 2 juillet 409, vingt-deuxième année de la guerre du Péloponnèse.

Page 1