‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 68 sur 299 · Hiérophantide. N° 565, pl. xxvii, 12 iig., marbre · texte numérisé non relu

Hiérophantide. N° 565, pl. xxvii, 12 iig., marbre

Cette inscription en très-beaux caractères contient douze vers hexamètres et pentamètres, dont voici la traduction :

«Je suis la mère de Marcien et la fille de Démétrius. Je tais mon nom, en étant pri- « vée depuis que les belliqueux fils de Cécrops ( les Athéniens) m’ont créée hiérophan- «tide, et que je vis cachée dans une inaccessible retraite. Je n’ai pas initié les enfans «de la Lacédémonienne Léda, ni celui qui trouva des remèdes pour calmer les mala- «dies, ni le courageux Hercule qui, par l’ordre d’Eurysthée, accomplit ses douze «travaux; mais j’ai admis aux mystères le maître de la vaste terre et de la mer, ce «prince d’un nombre infini de mortels, Adrien, qui répand d’intarissables richesses sur « toutes les villes , et par-dessus toutes sur la célèbre Cécropie. »

On voit par cette belle inscription, ainsi que le fait remarquer Visconti , que les femmes pouvaient exercer la charge d’hiérophante à Eleusis, probablement lorsque dans la race des Eumolpides, consacrée au sacerdoce de Cérès , il n’y avait pas d’hommes en état de la remplir. Ce monument épigraphique montre aussi qu’en étant initié on changeait de nom , et qu’il n’était pas permis à l’hiérophantide de prononcer celui qu’elle avait jadis porté ; et dans Bœckh , vol. I , p. 457, n“ 432 , il est question d’une hiérophantide dont on tait le nom. L’hiérophantide pouvait avoir été mariée et avoir eu des enfans avant d’étre revêtue de sa charge. Le nom de Cécropie , que l’inscription donne à Athènes, la désigne bien, puisqu’elle fut fondée par Cécrops; et Visconti dit qu’on l’appelle nouvelle , parce qu’ Adrien avait tellement embelli une partie d’Athènes, qu’il en avait fait une nouvelle ville. L’on peut voir l’éloge qu’à ce sujet Pausanias, Att., c. v, fait de cet empereur.- Une inscription de cette époque fait bien la distinction de l’Athènes de Thésée d’avec celle d’Adrien. Cependant ce n’est pas ici le cas de l’appliquer, car à la dernière ligne il n’y a pas KAINH2, nouvelle, mais KAEINH2, célèbre. Cette inscription fut trouvée en 1785 àLepsine, cmplaceiaent Je l’ancienne Eleusis, dans une fouille que fit faire le chevalier Richard Worsley, fondateur de la collection d’Apuldercombc, dans l’île de Wight,

INSCRIPTIONS

appai teirant aujourd’lmi à lord Yarboroiigh. Elle a e'te' publie'e par ViHoison, Mém. de l’Acad. des inscr., etc., v. XLVII, p. 230; par Visconti, 3Ius. Pio-Clem. , v. IV, p. 14V ; par M. Bœckh , v. I , p. 457, n° 434; et a fait partie de la coRection Choiseul, Cat., n° 198. [Haut. 0'",704 = 2 pi. 2 po. — Larg. 0“,690 = 2 pi. 1 po. 6 ii.]

Nous pensons, à i’occasion de i’hierophantide de cette inscription, pouvoir indiquer i’ordrc où l’on trouve dans une inscription publiée par .^pon , Voyages, v. III, p. 2, pl. 116; Corsini, F. A, v. II, p. 109, et par M. Bœckh, v. I , p. 315, n° 184, les différentes dignités principales qui avaient rapport au culte d’Eleusis.

U hiérophante , Y hiérodadouqiic , le porte -torche sacré, Vhiérocéryx , le héraut sacré, Bœckh, no 197; le dadouquc, le porte-torche, n® 187; Vépibômc, celui qui avait soin de l’autel; le céryx , ou héraut du sénat et du peuple; le grammate, ou secrétaire du sénat et du peuple; le TCipi ro (hn/xa, péri to berna; l’a.vriypaifivç, \ antigrapheus , vice-secrétaire; Yhiéraule, musicien et joueur de flirte sacré, Yiipivç Çùnrçopuy kui i'ni trx/ac/ijf, Yhiereus phàsphorôn kai epi skiados ; YoTroypa/x/xotriiiç , Y hypogrammateus , sous-grammatc.

Ces noms de dignités ne sont pas toujours dans le même ordre, et il y en a qui devinrent comme des noms propres des familles, où ces dignités étaient héréditaires.

Ordinairement Y éponyme est le premier; M. Bœckh croit et prouve même, n®* 189, 190, que ce n’est pas Y archonte éponyme dont il est question dans ces inscriptions, celui qui était de la première prytanie de l’année, et qui donnait son nom à l’année; mais que cet éponyme remplaçait le héros éponyme de la tribu qui, pour la tribu Adrianide, était Adrien, ou ses successeurs. Les personnes revêtues de cette dignité n’étaient pas des prytanes, mais les parasites, aeisitoies , ou les commensaux

des prytanes, voy. n® 544, au sujet de l’éponyme. — Outre ces aésites , parasites perpétuels, Yi^rt (TX/a/ûf, épi skiados , le Mnovpyoç, litourgos, le Ttvpocpopoç , pyrophoros, YàvriK^pv^, anticéryx , le kpivç çaxrçôpcov x.cli iTt! cKiai'oç, étaient aussi des parasites des prytanes , ou bien ils étaient nourris et entretenus aux frais de la prytanie. C’étaient des places du deuxième ordre, des prêtres des mystères d’Eleusis, des scribes , des hérauts , des musiciens , des gardiens ou custodes. Il paraît qu’ils ne changeaient pas avec les prytanies, qu’ils étaient en place et entretenus toute l’année, et même quelquefois plusieurs années de suite ; les premiers de ces aésites étaient Yhiérophante, le dadouque, Yépibôme, Yhiérocéryx , auxquels, dans un décret de Septime- Sévère, est ajouté le pyropho7'e , porte-feu. La manière de les désigner dans les inscriptions est différente de celle affectée aux autres ministres de ce genre. Leur nom de famille précède celui de leur charge , Claudius, hiérophante; Fabius, dadouque, tandis que, pour les ministres d’un rang inférieur, le nom de la charge précède celui de famille ; le céryx Claudius Alticus ; \e grammate {qpeüier) Aristobule; ceux que l’on distingue sont : le nrlpuP ^ovKnç kcli S'^fxov, le cLVTiKnpv^, le ypafxpeocrtijç, le Tripi' TO (bviixa., Yctvl/ypa(piiiç, YikpavAyiç, Ykpîvç (paxrçôpùiv , Yv’noypoLfx/xa.rivç.

Les titres d’hiérocéryx , de pyrophore , d’épibôme , de dadouque , devinrent des noms de famille, ou des moyens de reconnaître les brandies de familles qui avaient souvent été en possession de ces charges. C’étaient comme des familles sacrées, pontificales, d’où étaient tirés les prêtres d’un ordre relevé; ils échangeaient leur surnom contre le nom de leur charge, et ne conservaient que le nom de famille, Flavius, hiérophante; et il paraît qu’il n’était pas permis, surtout pour l’hiérophante, à ceux qu’il avait initiés aux mystères d’Eleusis, de le nommer par son prénom ou son nom propre. On ne le leur donnait qu’ après leur mort, ou lorsqu’ils abdiquaient leur magistrature sacrée. Cet usage n’était pas aussi sévèrement observé pour des prêtres de la même classe , et l’on voit le dadouque nommé de son vivant par son nom propre.

Dans la deuxième classe, Yhiéraulc est nommé aussi aulète; ce musicien, ou joueur de flûte, attaché au culte sacré, était annuel, ou du moins il ne faisait pas partie des

GRECQUES

parasites perpe'tueis des pfÿtanes; cependant ses enfans avaient le droit de sücce'der à son emploi , et le peuple choisissait parmi ceux qui avaient les mêmes droits , et que leurs talens en rendaient dignes.

L’eV/ (TKia.<fhç, le Milovpyoç tTri ImV crKiaJhi., Vkpivç (pcùff(popm, qui e'taient charges de difFe'rentes fonctions qui avaient rapport aux fêtes, e'taient aussi annuefs.

Le >CŸtpv^ /SouAÎTf Kai <f^ipiov, le héraut du sénat et du peuple, et ïarchicéryx , arehi-héraut nomme dans le de'cret de Septime-Se'vère , n’ e'taient pas toujours, ainsi que les pre'ce'dens, de la prytanie pre'sidant. Ces places de he'raut e'taient eonside're'es de même que celles de scribes ou secre'taires.

Le •ypetjxfxaTivç, grammate, greffier, scribe ; il y en avait plusieurs. Le ypctfJifJtoL- Tivç (iûvhnç X.CLI J)iptov, grammate du sénat et du peuple; il e'tait se'nateur et choisi par le peuple pour chaque prytanie, quelquefois parmi ïes prytanes d’autrefois ou paimi le reste du se'nat. Le itipi ro (Hii/xoL paraît le même que le ypoLfjtpcCTivç xoclci irpu- Taviiav, le grammate de la prytanie; il n’ e'tait pas parasite annuel, mais seulement pendant le temps que la prytanie dont il e'tait grammate e'tait en exercice. UcLV'riypa<J)tvç, ou VTroypaptpiotTivç' il n’e'tait pas se'nateur, c’e'tait un sous-grammate ou sous-secre'taire et parasite annuel.

Uépistate, du moins à l’e'poque de ces inscriptions, e'tait en charge tout le temps que l’e'tait la tribu qui pre'sidait à la prytanie dont H e'tait tire'. II en e'tait de même pour l'éponyme, qui repre'sentait le he'ros qui avait donné son nom à la tribu. Dans toutes les inscriptions, il est distingué de l’archonte éponyme (Bœckh, p. 323), ce qui se voit facilement en rapprochant les noms des éponymes donnés par plusieurs inscriptions des mêmes époques, avec la suite des archontes éponymes qn’élles renferment. — Uépistate, chef des prytanes, etc. (Bœckh, v. I, p. 320, n® 189). Dans cette inscription H y a quarante prytanes, dont l’un est Minerve Poliade, et lé Secrétaifé des prytanes , l’éponyme de la prytanie nommé après Minerve. Des inscriptions offrent quarante-deux prytanes en comptant le grammate, quoique, selon M. Bœckh, le nombre des prytanes ne dût être que de trente-huit ou trente-neuf. Mais il pense que dans ces inscriptions, qui sont presque toutes postérieures àTrajan, il y a trentehuit ou trente-neuf prytanes auxquels on ajoutait l'épistate, V éponyme et le grammate, et qu’alors, dans chaque prytanie, il y avait quarante-un ou quarante-deux prytanes , et que le sénat était de cinq cent trente-neuf.

Le ypcLiÀ.fÀ,cmùç thV fiov\î\ç, grammate du sénat, était aussi nommé ypa.fÀ.p.a.Ttoç fiouMvTUV, grammate des sénateurs; il était non-seulement de la tribu présidant, mais aussi prytane et un des sénateurs; aussi les appelle-t-il, dans les inscriptions qu’il rédige, ses coprytanes, ou plutôt (Tvvap^ôvloLç, synarchontes , codignitaires, eomagistrats; quelquefois il est plslcé avant \ éponyme; mais ordinairement il termine la liste des prytanes. II paraît que c’était une place importante, et que pour chaque prytanie le sénat la conférait à l’un de ses grammates ou secrétaires qui était de la tribu qui présidait à la prytanie.

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