‹ Musée de sculpture antique et moderne ou description historique et graphique du Louvre ... et de plus de 2500 statues ... accompagnée d'une iconographie égyptienne, grecque et romaine et terminée par l'iconographie française du Louvre et des TuileriesChapitre 78 sur 299 · MÉlanippe. N° 578, pl. xxxi, 13 lig., marbre · texte numérisé non relu

MÉlanippe. N° 578, pl. xxxi, 13 lig., marbre

J’avais d’abord cru, ainsi que l’auteur du Catalogue de la collection Choiseul, n“ 210, que cette curieuse inscription, en six vers hexanoètres, consacrée par . . . ,LLUS et ZoÉ à leur père MÉlanippe, regardait un joueur de flûte qui, après avoir remporté douze fois le prix, mourut dans le treizième concoms; mais il est question du stade et de bravoure, des travaux d’Hercule, ce qui ne conviendrait pas à l’éloge d’un musicien. Les observations que je dus à l’obligeance et à la sagacité de M. Welcker, lorsque nous examinâmes ensemble cette inscription, et plusieurs autres du Musée royal, les savans commentaires que l’on trouve sur ce monument dans son Sylloge, p. 58 et suiv., me démontrent que je m’étais trompé. Cependant, par une inadvertence peu excusable, j’ai laissé dans ma seconde édition de la description des antiques du Musée royal cette inscription telle qu’elle était dans la première, et Mélanippe y est encore un joueur de flûte ; il ne le sera plus dans la troisième. Il me paraît démontré que c’était un athlète qui, souvent vainqueur dans plusieurs stades, succomba dans son treizième combat.

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En restituant quelques parties de mots mutiie's de cette inscription, M.WeIcker a pensé que dans ceux de la 2*^ et de la 3® ligne, où l’on croit voir T AI . . . APHIIAPIN, ce qui paraît un O doit être TI; il a rétabli ainsi le texte : TAIi'/APHTIAPIN, et il se trouve que Mélanippe était un rétiaire, gladiateur vêtu d’une simple tunique, n’ayant pour armes qu’un trident et un filet dont il cherchait à envelopper son antagoniste , le sequutor ou le mirmülon armé de toutes pièces à la gauloise , et qui portait sur son casque la figure d’un poisson. Aussi, en combattant, le rétiaire criait-il au mirmillon : Ce n’est pas à toi que j’en veux , mais à ton poisson.

Suivant Strabon, I. XIII, ce genre de combat remonterait à Pittacus, qui, usant de stratagème contre Phrynon, et se présentant sous le costume d’un pêcheur, l’embarrassa dans un filet et le tua. Voy. Festus, v, Retiario et les notes. Winckelmann, Mon. inéd., no 166, a cru voir ce sujet sur une pâte antique représentant un guerrier nu, qui cherche à sortir, à l’aide de son épée, du filet qui l’enveloppe : ce qui ne s’accorde pas avec l’histoire de Pittacus, qui tua Phrynon. Ne serait- ce pas plutôt Mars qui s’efforce de couper avec son épée le filet Sadamas, sous lequel l’a enlacé Vulcain. Ce sujet doit être héroïque, et l’on ne pourrait y voir un mirmülon qui s’efforce de se dégager du filet du rétiaire; l’on n’aurait probablement pas omis de terminer son casque par une figure de poisson. II faut cependant reconnaître qu’on ne voit pas cet insigne sur les casques des mosaïques de la collection Albani , publiée par Winckelmann , Mon. inéd., n°197. Il semblerait ici, si l’on s’en rapporte à Festus et au schol. de Juvénal, vi , 81, et VIII, 200, que le grand archéologue s’est trompé en prenant pour des rétiaires les gladiateurs enveloppés dans des filets, tandis que ce doivent être àes mirmillons que les rétiaires ont embarrassés dans leurs filets; et celui du bas de la planche a déjà abandonné le sien après en avoir enveloppé son antagoniste, qu’il va frapper de son trident. On doit faire remarquer l’espèce d’armure ou d’épaulière carrée qui protège l'épaule gauche de ce rétiaire. M. Welcker doute, avec raison, que l’on puisse faire dater de l’époque et d’une aventure du législateur de Lesbos, mort 570 ans av. J. C., une espèce de combat inconnu dans les anciens jeux des Grecs, et qui probablement n’eut lieu qu’à une époque moins reculée chez les Romains, de qui durent le recevoir les Grecs lorsque les spectacles sanglans des gladiateurs devinrent une partie de leurs fêtes, qu’ils finirent par aimer avec autant de fureur que les Romains. M. Welcker donne sur ce point, p. 62-63, des détails curieux, Dans notre inscription, Mélanippe prend la qualification de ihrjTipoç ’ïïoLKoç, second en lice. C’était ou le gladiateur destiné à combattre le vainqueur de la première joute , ou plutôt un gladiateur qui faisait partie de la troupe , qui ne commençait ses exercices qu après que la première avait fini les siens. D’autres inscriptions offrent la désignation de Trpuroç ttcL'koç, premier en lice. Ces places, ou cet ordre de combat, étaient assignées par le sort. Les inscriptions grecques où il est fait mention des rétiaires sont d’une grande rareté, et M. Welcker n’en cite qu’une qui, trouvée à Halicarnasse , est rapportée dans Walpole. Travels, p. 655. Gruter, p. 333, n»® 4, 8, 9, ne donne que trois inscriptions latines où l’on trouve des rétiaires; maisM. I.abus, dans son ouvrage sur les antiquités de Brescia, p. 81, 84, affirme qu il existe au moins douze noms de rétiaires sur des marbres antiques.

On en a trouvé, ainsi que des figures de rétiaires , ie mirmillons et d’autres gladiateurs, sur des bas-reliefs en stuc très-curieux qui ornaient le plus beau et le plus considérable des moniimens de la voie des tombeaux de Pompéi, à la découverte ou à l’excavation de laquelle j’ai pris quelque part. Millin publia ces tombeaux ; Description des tombeaux qui ont été découverts à Pompéi; Naples iSiS, Je traitai aussi ce sujet intéressant dans plusieurs articles du journal français de Naples, 4, 6 , 6, 7 avril 1813, et, autant que je me le rappelle, ces articles parurent avant l’ouvrage de Millin, à qui mon ami Mazois et moi nous fournîmes tous les renseignemens qu’il pouvait dé- ■sirer sur ces tombeaux, sur les fouilles, et en général sur Pompéi, où nous l’accom-

INSCRIPTIONS

pagnâmes, qu’il connaissait peu, et auquel, ainsi que bien d’autres e'rudits, il ne fit que de très-rares et très-courtes visites; et il en faut beaucoup et y passer bien du temps pour connaître un peu Pompe'i. Mazois et moi nous y passions notre vie , et chaque nouveiie exploration nous faisait de'couvrir, sous ie rapport de la peinture, de l’architecture et de la construction, des choses qui nous avaient e'chappe'. Il se trouvera difficilement un architecte qui, aux connaissances si varie'es de son art, joigne autant de sagacité', d’instruction classique et d’ardeur que ce bon Mazois, et qui puisse continuer avec autant de goût et de pratique des lieux, le bel ouvrage que sa mort pre'mature'e l’a empêche' de terminer. C’e'tait une vaste tâche; son plan e'tait très-e'tendu , sa me'moire richement meuble'e; il n’avait fait que peu de notes, et elfes ne pouvaient servir qu’à lui. Elles ne seront que de peu d’utilite' à eeini qui poursuivra son grand travail, et qui ne pourra pas en saisir la liaison. On pourra ajouter quelques pierres au somptueux monument que Mazois avait entrepris d’e'lever, mais, même avec autant de talent, ce ne sera plus avec la même se'rie d’ide'es dans l’ordonnanee et pour les de'tails : et l’on regrettera toujours qu’après tant d’anne'es de soins, de recherches et de fatigues, le sort lui en ait ravi la récompense, lui ait refusé, ainsi qu’à nous et à Pompe'i, de pouvoir, au terme de sa carrière, inserire sur le faîte de son bel ouvrage : EXEGi MONUMENTUM. Je n’ai pu m’empêcher, en faisant ici une excursion dans les domaines de Pompe'i, et j’ai presque dit de Mazois, d’adresser ce léger hommage à la mémoire de mon ami, de eelui à qui j’ai eu l’obligation d’apprendre à bien voir Pompe'i. — Outre les artieles de journaux que j’ai cités, j’ai publié dans un petit ouvrage intulé Pompéi, et qui, tiré à peu d’exemplaires, n’a pas été mis dans le commerce, beaucoup de détails qui ont rapport aux fouilles de la voie des tombeaux. Lorsque nous découvrîmes le grand tombeau , les bas-reliefs des gladiateurs étaient en bon état ; mais e’était à peine si l’on pouvait apercevoir les filets des rétiaires ; les tridents se voyaient bien. Depuis, les inscriptions tracées en noir, dont j’ai donné quelques /ac simüe dans les planches de mon opuscule, et les bas-reliefs, ont beaucoup souffert et ont même, je crois, en grande partie disparu. M. Bœttiger, v. III, p. 340 de YAmalthœa, dit quelques mots sur ces bas-reliefs et sur leurs inscriptions. En lisant les ouvrages si pleins d’érudition de cet ingénieux savant, il est fâcheux de voir, au premier coup d’œil, qu’il ne connaissait les peintures antiques et les monumens que par des dessins ou des gravures qui n’étaient pas toujours exactes, et qui souvent, l’induisant en erreur, lui ont fait faire de pompeux éloges de ce qui n’en méritait guère.

M. Letronne, Journ. des Sw., août 1830, p. 502, indique une inscription grecque trouvée à Sagalassus en Pisidie par M. Arundel, et qui est du même genre que celles des rétiaires. — Voici la traduction libre de notre inscription, où l’on remarque des points qui séparent l'un de l’autre plusieurs des vers ;

“Passant, tu me vois ici mort, moi, ce Mélanippe hardi dans les combats du stade, “la tête ornée de la bandelette de rétiaire, et qui entrais en lice dans la seconde “troupe; je n’entends plus retentir la trompette d’airain, je n’excite plus en combattant “le son éclatant des flûtes inégales. On dit qu’Hercule a mis à fin douze exploits; et « moi , après en avoir accompli tout autant , le treizième a terminé ma carrière.

llus et Zoé, enfans de Ménalippe, ont érigé à leurs frais à sa mémoire »

L’inscription ne dit pas quel était le monument qu’ils consacrèrent à leur père. On ne connaît pas davantage ni l’époque de cette inscription ni le lieu où était placé le monument. — Col. Chois., Cat., n° 210; — Welcker, Syll., p. 58; — Osann, Syl., p. 366, n“ 30. [ Haut. 0'“,473 =: 1 pi. 5 po. 6 li. — Larg. 0“’,446 = 1 pi. 4 po. 6 li.]

Ménestrate (283). N“ 535, pl. 161; pl. xix.

GRECQUES

Ménophile (239). N°605,pl. 155;pl. XL.

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