Titianus. N° 545, pl. XXII, 9 lig., marbre
Inscription en neuf lignes incomplètes, où il est question du Céryx ou héraut de quelque divinité. Il y avait peut-être à la 2® ligne THS OMI-
INSCRIPTIONS
AIH2 TOT AI02 TOT EAET0EPIOT, prêtre du college de Jupiter Éleutherius, et à l’avant-dernière ligne 01 KATA THN OMIAIHN TOT AIOS TOT EAETGEPIOT EK AIKHS ANTES , les membres, les juges du college, etc. Mais M. Bœckh croit que, ligne il s’agit de \hiérocéryx , héraut sacre; lig. 2, ^oix'nyiy\ Am^m/thp; on donnait à Athènes, à Demêter ou Cèrès, le titre ÿompnla, venerable, ou dispensatrice de la fertilité, que l’on retrouve applique comme à une deesse, à Domitia Calvilla, mère de Marc-Aurèle, lig. 56 de la 2'^ inscription triopeenne. Ce titre répond à celui S Alma, nourricière, que les Romains donnaient à Cérès. Lig. 4,5: on parle ici des peines et des amendes; lig. 6, du college sacre’ ou sjnédrion d’Éleusis. — Col. Chois., Cat., n° 224; — Bœckh, C. ins., t. I, n'’524. — Voy., sur ompnia, Visconti, Iscrizioni triopee, etc. [Haut. 0"*,256 = 9 po. 6 li. — Larg. 0'",202 = 1 po. 6 li.]
500 A. Titius Gemellus. N” 857 G, buste, pl. lxii, Paras à
gros grains.
Ce personnage, d’un âge avance’ et d’un air se’vère, et dont la tête bien modelée a du caractère, est vêtu de la tunique recouverte en partie d’un manteau. Ses yeux sont creusés comme pour y en insertir de métal ou bien d’un autre marbre, pratique très-usitée chez les anciens, qui sur ce point avaient un goût entièrement opposé au nôtre, de même que sur la sculpture polychrome ou de matières de diverses couleurs et même de natures différentes. Les cheveux et la barbe, sans masses ni relief, ne sont qu’à peine indiqués par quelques hachures dans le marbre, ainsi qu’on le voit à des têtes du temps des deux Philippe, vers le milieu du iil® siècle de notre ère. Le nez a été refait de même qu’une grande partie des oreilles. Le piédouche sur lequel est l’inscription tient au buste. Cette inscription ne nous apprend pas ce qu’était ce Titius Gemellus dont le buste nous offre le portrait [protomê) : on voit seulement qu’il l’avait consacré pour perpétuer son souvenir, et qu’il l’avait placé, pour que l’on en prit soin, dans un endroit, qu’il ne nomme pas. Le mot GlTOIHCeN, à la 6® ligne, autorise tout à fait à penser que non-seulement il l’avait consacré, mais qu’il l’avait fait lui-même, et c’est alors un nouveau sculpteur à joindre à la liste de ceux dont les noms nous ont été conservés; ce qui ajoute une grande valeur à ce monument, que son inscription rend déjà remarquable; car il est très-rare que les bustes et les statues portent des inscriptions, et surtout qu’elles y soient placées de cette manière, et il l’est encore plus qu’elles nous apprennent les noms de leurs auteurs. Je sais que Visconti faisait grand cas de ce buste, encore en magasin. [Haut. 0“,785 2 pi. 5 po. ]
500 B. Trajan. N® 864, pi. lxi, 25 \ï^. y pierre calcaire.
Stèle égyptienne portant une inscription grecque gravée la première année du règne «/'Adrien, et qui rappelle que sous celui de Trajan, et en honneur de la nouvelle deesse (probablement Plotine, à laquelle on donnait le titre de nouvelle Vénus , comme dans les inscriptions triopéennes on dé-
GRECQUES
core Faustine la jeune de celui de nouvelle Cérès), IsioonA., Jille de MÉgistÈs de Tentyra, a hâti, à ses frais, le temple et son enceinte, pour elle , pour son mari Artbote et ses enfans, et comme un hommage de son frère Apollonius. IsiDORA a fait de grandes dépenses pour le temple de la nouvelle déesse, et avec l’aide de Horüs LabytÈs, curateur du temple de la nouvelle Vénus, elle a réglé la construction du temple , du puits et des autres travaux , comme un témoignage de sa piété. Cette inscription, très-mal gravee, et où l’on a oublie' des lettres, est remplie de fautes de langue : à la ligne Y, \ article est au ge'nitif, et le substantif à l’accusatif; à la lig. 9, le nom d’^r^bôte est au génitif, et sa de'signation éé époux au nominatif; il en est de même aux lig. Il et 12 pour le nom é! Apollonius au génitif, et père au nominatif; à la lig. 17, le participe qui a rappoit à Isidora est un masculin : le nom ééisidora est e'crit, lig. 4, IICIAooPA, et lig. 18, HIICIAcoPA, k. t. a. Cette inscription offre comme particularité' des raies qui séparent l’une de l’autre toutes ses lignes. Ce qui suit le grec est en égyptien démotique. Je dois, en grande partie, la rectification de plusieurs endroits à M. Letronne et à M. Champollion Figeac. — Bull. Feruss., part, philolog. , v. V, p. 388. [Haut. 0“,7l7 = 2 pi. 2 po. 6 li. — Larg. 0'“,365 =: 1 pi. 1 po. 6 lig.]
500 C. Triadelphus. N° 861, pî. lxi, 2 Xig,.., pierre nalcaire.
Stèle égyptienne qui porte sculptées trois figures, et où on lit l’inscription grecque de Triadelphus, fils de SÉrapus, qui a vécu cinquante ans et cinq mois. [Haut. 0“,460 1 pi. 5 po. — Larg. 0™,329 = 1 po. 2 li.]
501 et 501 A. Triopéennes (Inscriptions). N”® 211 et 2 il his,
pL VII , VIII , IX.
Ces deux belles inscriptions, en vers et sur des tables de marbre pentélique, monumens épigraphiques des plus célèbres, furent trouvées, l’une (211 bis')., la plus courte, en 1607, l’autre, la plus intéressante, en 1617. Le même endroit nous les avait conservées; c’était le Triopium, maison de campagne délicieuse d’Hérode Atticus, connue déjà par deux autres inscriptions gravées sur des colonnes de marbre cipolin de Caryste en Eubée, et qui, de la collection Farnèse à Rome, ont passé au musée de Naples. Nos inscriptions étaient autrefois, à la Villa Borghèse ou Pinciana, placées dans un bois charmant, en avant et de chaque coté de la façade d’un joli temple. Ce Triopium, dont il ne reste plus l’ien , n’était qu’à trois milles de Rome, sur la voie Appienne, et Hérode l’habitait avec sa femme la belle Regilla, qui, comme lui, comptait parmi ses ancêtres les personnages les plus illustres et qui remontaient aux premiers temps historiques, ceux d’Hérode aux héros d’Athènes, et ceux de Regilla aux premiers rois de Troie. Ce célèbre rhéteur athénien , du temps d’Adrien , d’Antonin Pie et de Marc-Aurèle, étonna la Grèce et Rome par son esprit, son éloquence et surtout par ses richesses et sa magnificence. Le bonheur dont jouissait Hérode, entouré de sa nombreuse famille, disparut avec Regilla, qu’il perdit et qu’il ne remplaça pas pendant le reste de sa vie qui fut encore assez
INSCRIPTIONS
longue (l). Ce fut alors que, pour perpétuer le souvenir et les témoignages de sa douleur et la mémoire de sa tendresse pour celle qu’il regrettait si vivement, il fit elever un monument à Regilla, dont il consacra la statue dans le temple qu’il avait érigé à Cerès Triopeenne, protectrice du Triopium, à laquelle il avait dedie une enceinte considérable et sacree , et un bois qui l’était aussi; et ces riches domaines de Regilla devinrent, pour ainsi dire , ceux de la deesse de l’agriculture : elle devait defendre contre toute profanation et son temple et les terres devouees à son culte. Le nom de 'Triopium , que l’on avait donné à ces beaux lieux, si riches en vignes, en bois, en champs, en vergers, en prairies, était fait pour intéresser en leur faveur Cérès par le double souvenir d’un de ses plus cruels ennemis et de l’un de ses favoris les plus chers. L’on sait que dans la haute antiquité, aux temps où l’histoire se revêt de toute l’apparence de la fable, il y eut deux Triopas très-différens l’un de l’autre : l’un. Eolien, habitait la Thessalie, aux environs de Dotium. Insultant à Cérès, à ses honneurs et à son culte, il osa, dans son impiété, faire couper un bois qui lui était consacré. La
(1) Parmi les e'crivains anciens, Philostrate, dans sesViesdes sophistes, estcelui qui nous a laisse' le plus de de'tails sur la vie d'He'rode Atticus, dont il nous donne une biographie assez e'tendue. On y trouve de curieux documens sur ce ce'ièbre rhe'teur et sur plusieurs personnages de son temps. C’est la principale source où l’on ait à puiser, pour connaître son esprit, son goiit , ses richesses et l’influence qu’ils lui donnèrent sur presque toute la Grèce, sous les règnes d’Adrien , d’Antonin Pie , de Marc-Aurèle , de Lucius Verus , et peut-être jusqu’au commencement de celui de Commode. Philostrate discute le genre du talent oratoire d’Hérode, ses qualite's et ses de'fauts : il paraît qu’il avait beaucoup de verve et d’abondance ; sa repartie e'tait spirituelle , mordante et prompte. Il maniait le sarcasme et la plaisanterie avec adresse. Mais il semble aussi qu’il ne manquait pas d’un peu de cette affe'terie et de cette pre'tention que l’on reprochait à d’autres rhe'teurs et à des sophistes de cette e'poque. He'rode avait laisse' des discours , une histoire et des me'moires estime's. — Aulu-Gelle, lie' avec He'rode, qu’il met souvent en scène dans ses Nuits .attiques, dont plusieurs se passèrent dans la belle campagne que cet opulent rhe'teur avait à Ce'phisia, parle de lui et de l'à-propos de ses re'parties et de ses conseils, I. I, c. ii.
— H est aussi question d’He'rode Atticus dans Jules Capitolin, qui cependant ne dit qu’un mot sur lui dans la Vie de Marc- Aurèle et dans celle de Lucius Verus. — Pausanias, en plusieurs endroits, parle des beaux e'difices et des statues qu’avait fait faire He'rode Atticus; mais il n’en dit que quelques mots; et tous ces chefsd’œuvre eussent bien mérité que ce voyageur fût moins laconique et qu’il entrât dans plus de détails. — Suidas a écrit quelques lignes sur He'rode ; il lui donne pour prénom Julius au lieu de Tiherius, et il appelle Plutarque son grand-père, que Philostrate nomme Hipparque. H dit que le père d’Hérode fut gouverneur de l’Asie, et deux fois consul. Le reste de son article, qui est très- court, est tiré de Philostrate. — C’est à l’aide de ces documens, de quelques autres que fournissent çà et là les auteurs , et surtout de Philostrate, que Burigny, de l’Académie des inscriptions, a donné un essai sur la vie d’Hérode Atticus dans les Mémoires de l’Académie des inscriptions , t. XXX , p. 1 - 25. 11 est agréable à consulter.
— Quant à nos inscriptions, elles ont été publiées à plusieurs époques, et dès leur découverte, par plusieurs sa vans , le père SiRMOND , CASAUBON , JOS. ScALIGER , Saumaise , Montfaucon , qui en ont donné des traductions et de savans com-
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deesse ne laissa pas impuni ce sacrilege; elle tourmenta Erjsichthon , fils de Triopas, d’une faim si vorace et si insatiable, qu’après avoir tout dévoré' autour de lui , vendu ses biens pour l’apaiser, il finit par vendre sa fille et, se déchirant à belles dents, par se repaître de sa propre chair, ce que raconte fort au long Ovide avec d’effrayans de'tails (1). L’autre Triopas , fils de Phorbas, d’Argos (2), plus ancien, était, au contraire, tout entier à Cerès qui le chérissait, et à laquelle il consacra, à Argos, le culte le plus dévoué. C’était à ce Triopas-ci qu’avait voulu se comparer Herode lorsqu’il donna le nom de Triopium au beau lieu qu’il consacrait à Cerès, que le souvenir de son favori engagerait à le prendre sous sa protection. Plusieurs passages des inscriptions font allusion à ce héros, tandis que dans ses imprécations contre ceux qui toucheraient aux monumens ou aux terres sacrées, et sur lesquels Hérode invoque la vengeance du génie qui poursuit le crime et de l’Erinnys Triopéenne, la furie qui a poursuivi Triopas, c’est de celui de Thessalie que l’on rappelle, pour inspirer l’effroi, et le crime et le châti-
mentaires. Enfin l’on compte quatorze e'ditions de ces inscriptions. Mais il est presque inutile d’y avoir recours depuis que l’illustre Visconti les a fait paraître accompagne'es de notes et de traductions latines et italiennes en vers. Cette savante dissertation offre tout ce que l’e'rudition et la sagacité' peuvent fournir sur ce curieux sujet, sous le rapport de la langue, de l’histoire et de la mythologie j il dit aussi quelques mots sur les quatorze éditions. Cet ouvrage a paru, in-4o, en 1795, et le docteur Labus l’a publié dans le l®r vol. des Œuvres diverses {Opéré varie, etc., in-8o, 1827-1831) de Visconti. Le savant Fiorillo avait fait paraître, en 1801, un nouveau travail sur Hérode Atticus et sur ce qui nous reste de lui, ainsi que sur les inscriptions. Il a ajouté de nouvelles observations à celles de Visconti; mais ce n’est, en général, que sur la langue, ce qui lui fournit l’occasion de citer des fragmens de beaucoup de poètes anciens. H donne aussi ce qui existe d’un discours d’Hérode , qui cependant paraît , selon M. Petersen , n’étre pas de notre rhéteur; et il complète tout ce qu’il pouvait y avoir à dire et sur les inscriptions et sur Hérode Atticus. M. Labus ne parle pas de cette édition de Fiorillo.
(1) Il paraît qu’après la mort d’Erysichthon on éleva un Triopium à Cnide en Carie, mais qu’il n’était pas consacré à Cé-
rès. Voy. Hérodote , I, c, cxLiv; — Schol. Theocr. id. , 17, 69; — Callim. , Hym.
Cer., V. 23 et sqq., et les notes de Spanheim. — Lactance , viii , ii. — Ces auteurs ne sont pas d’accord, les uns mettant sur le compte de Triopas ce que d’autres attribuent à Erysichthon; — Ovide, VIII,
720 et suiv. ; — Hygin , P. Asti'., ii, 14.
(2) Ce Triopas eut deux fils, Pirasns et Pélasgus; celui-ci fut, dit-on, le premier qui établit le culte de Cérès et lui éleva un temple sous le nom de Cérès Pélasgide , où il fut enterré, et qui existait encore du temps de Pausanias {Cor., c. XXII ). Ce temple, quoique érigé par Pélasgus , pouvait bien , en mémoire de son père, chéri de Cérès, s’étre appelé Triopium. Ce fut d’après cette antique dénomination qu’Hérode Atticus , passionné pour l’archaïsme, aura donné le nom de Triopium au bourg où il avait élevé un temple à Cérès, et au lieu de sépulture pour lui et pour sa famille. Ce goût d’Hérode se montre bien dans les inscriptions du musée de Naples, qui contiennent en quelques lignes des imprécations contre ceux qui violeraient les propriétés du Triopium. Elles sont écrites en caractères qui, depuis plusieurs siècles, n’étaient plus en usage en Grèce et avaient de grands rapports avec ceux de l’alphabet des anciens Pélasges.
INSCRIPTIONS
ment. Herode ou son poëte n’adresse pas ses prières et ses louanges seulement à l’ancienne Cerès, l’une des premières et des plus grandes divinités de l’Olympe, il implore aussi l’auguste protection de la nouvelle Ce'rès, l’impératrice Faustine, femme d’Antonin Pie, admise depuis peu, maigre' ses désordres, aux banquets des dieux, et à laquelle on avait érigé des temples et des autels. On voit, par la fin de la seconde inscription, que Regilla n’a pas reçu les honneurs de l’apothéose , que ce n’est encore qu’une héroïne, telle qu’Alcmène et Sémélé, et l’on espère que l’ancienne Cérès, Minerve, et la nouvelle Cérès l’accueilleront avec bienveillance et comme une de leurs protégées parmi les chœurs des antiques héroïnes ou des demidéesses, auxquelles on rendait des hommages bien moins solennels que ceux que l’on offrait aux grandes divinités de l’Olympe.
Traduction libre de la première inscription (501), pl. ix, en 39 lig.
Saumaise, et après lui Brunck, avaient attribue' cette inscription à He'rode Atticus lui-même. Mais Visconti pense qu’elle est du même poëte que la seconde , et d’autant plus qu’aucun des auteurs qui parlent d’He'rode Atticus, de ses talens et de ses ouvrages, ne dit qu’il se fût occupe' de poe'sie. Fiorillo est de cet avis; il donne des fragmens de pièces de vers d’un He'rode nomme' aussi Hérondas , qu’on avait cru notre Hérode Atticus, et qui est un poëte iambique cité par quelques anciens écrivains, et dont on ne connaît pas l’époque. [Haut, de l’inscr., 0‘“,670 = 2 pi. 0 po. 9 li. — Larg. 0‘o,360 = 1 pi. 1 po. 2 li.)
•■Auguste protectrice d’Athènes, toi qu’a vue naître le lac Triton, Minerve, et toi «dont les regards scrutent les actions des mortels, Némésis [Upis, Opis) qu’adore «Rhamnus; déesses dont les temples sont voisins de Rome aux cent portes, honorez ces «champs fertiles, ce bourg hospitalier de Triopas dévoué à Cérès, afin que parmi les « immortels vous ayez le titre de déesses triopéennes. Lorsqu’ abandonnant le palais de « votre père , le dieu formidable de la foudre , vous venez visiter ou Rhamnus ou la «vaste Athènes, venez aussi protéger ces moissons d’épis, ces arbres touffus et ces ver- « doyantes prairies ; car Hérode vous a dévoué cette terre sacrée , qu’environne une en- « ceinte circulaire , et que la postérité doit conserver intacte et respectée. Minerve «alors, agitant sur sa tête immortelle le terrible cimier de son casque, a d’un signe bien- « veillant accueilli cette prière, et ce ne serait pas impunément que l’on toucherait «une parcelle de terre ou une pierre de cette enceinte sacrée; car les décrets des « Parques ne sont pas vains contre ceux qui profanent les temples des dieux. Écoutez « donc , agriculteurs et champêtres habitans du voisinage : cette terre est sacrée ; l’on « ne doit pas porter la main sur les statues des déesses ; respectez-Ies, et elles sont prêtes «à écouter favorablement vos prières. Qu’aucun de vous n’attaque avec le hoyau, «ministre du noir Pluton (1), ni les vignes, ni les arbres du bois sacré, ni les ver- « doyantes prairies ; qu’il n’élève pas un nouveau monument et qu’il ne viole pas l’an- «cien. Il n’est pas permis de jeter la terre sacrée sur un mort, à moins qu’il ne soit de «la famille ou du sang d’Hérode qui l’a dédiée : ceux-là seuls en ont le droit, et la di- «vinité les protège. C’est ainsi que Minerve plaça dans son temple, pour partager ses «sacrifices, le roi Érichthonius. Que celui qui n’écoutera pas ces paroles ou qui ne s’y «conformera pas et manquera de respect ne reste pas impuni; que l’active Némésis et «le génie vengeur et infatigable le punissent, et qu’il soit agité par de terribles ca-
(1) Le poëte donne au hoyau le titre trument, Yascia de Romains, servait aux de ministre de Pluton , parce que cet ins- sépultures.
GRECQUES
U îamités. Et l’on sait que la force redoutable de l’e'oiien Triopas ne le sauva pas lors- <1 qu'il eut profane' le champ de Ce'rès. Respectez donc dans ce Triopium et le lieu et «celui dont il porte ie nom, et le châtiment qu’encourut Triopas, ou craignez d’être «poursuivis par i’Érynnis triope'enne. «
Traduction libre de la seconde inscription (501 A), par Marcellus, en 65 lig., pl. VII, VIII. [Haut, de l’inscr., = 3 pi. 7 po. 3 li. — Larg.
0“ 520 = 1 pi. 7 po. 3 li.]
On avait mis en doute que le nom que porte en tête cette inscription fût celui de son auteur; mais certes il ne désigne pas le personnage auquel aurait été consacré le monument; et ce nom est au génitif comme ceux de plusieurs poètes de l’anthologie grecque à la tête de leurs pièces de vers. Aussi Visconti , et après lui Fiorillo, regardent-ils ce Marcellus comme l’auteur de notre inscription ; il est même bien probable que c’est à lui que nous les devons toutes les deux. Il se peut très-bien quelles fussent placées, dans deux endroits différons, à peu de distance l’une de l’autre, et que celle que nous donnons la dernière, parce qu’elle a été découverte après l’autre, eût été celle que l’on eût d’abord rencontrée autrefois. D’après le contenu de ces inscriptions , il me semblerait que celle-ci, qui invite le voisinage à venir dans le temple offrir ses hommages aux déesses, devait être placée près et en avant du temple; et que l’autre avait dû être exposée dans les prairies ou les bois qui , dépendant du temple , étaient entourés de l’enceinte sacrée. Ne la trouvant qu’après avoir dépassé le temple et lu la première, l’on crut inutile d’y répéter le nom du poëte. Il paraîtrait que ce Marcellus est celui qui, sous les premiers Antonins, se distingua par son talent pour la poésie, et qui était de Sidé en Pamphylie. Il ne reste de ses œuvres que quelques vers sur les remèdes que fournissent les poissons, et ces fragmens sont très-insuflSsans pour faire apprécier son génie poétique. On a même trouvé qu’il y avait beaucoup de différence entre ces vers et ceux de l’inscription qui porte le nom de Marcellus ; mais ce n’est pas une raison pour que les uns et les autres ne fussent pas de la même plume. Fiorillo fait observer, avec raison, que le même poëte pouvait et devait monter sa lyre sur des tons très-différens lorsqu’il décrivait en vers les poissons, ou lorsqu’élevant et anoblissant ses chants, il s’adressait aux dieux et invoquait leur pouvoir et leur protection. Il en est ainsi de Nicandre , qui module tout autrement ses vers pour parler des animaux ou pour décrire, avec tout le charme de la poésie, les nymphes, leur séjour et leurs plaisirs,
«Accourez vers ce temple, femmes du Tibre, faites fumer les parfums sacrés aux «pieds de la statue de Regilla : elle était de l’opulente race d’Enée, illustre rejeton de «Vénus idéenne et d’Anchise ; elle se maria à Marathon. Les déesses célestes, l’ancienne «et la nouvelle Gérés l’honorent, et c’est à elles qu’est consacrée la statue de cette B beauté à la taille élégante , compagne a présent des héroïnes dans les îles des bieur «heureux, où règne Saturne. Tel est le prix qu’elle a reçu pour son âme vertueuse, «lorsque Jupiter eut compassion de l’aflSiction de son époux, réduit, dans sa triste « vieillesse , à sa couche solitaire ; quand les Parques avides eurent enlevé de son su- «perbe palais la moitié de ses enfans. Deux seuls lui restaient, tout jeunes encore, «ignorant tous leurs malheurs, et ne sachant pas de quelle mère les avait privés la mort «impitoyable, avant qu’eussent été filés pour elle les jours de la vieillesse. Jupiter, « ainsi que ce prince qui lui ressemble par sa figure et par sa sagesse , eut pitié de l’in- « consolable Hérode, Jupiter chargea le Zéphyr de transporter sur son souflSe aux «Champs Élyséens, à travers l’Océan, cette femme divine. L’empereur accorda au fils «d’Hérode l’honneur d’orner ses pieds de brilhantes chaussures, telles que celles de «Mercure, lorsque dans l’obscurité de la nuit il enleva Enée à l’armée des Grecs. Aux «pieds du dieu protecteur de ce héros brillait te croissant éclatant de ta lumière de la
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K lune ; et depuis , les descendans d’Éne'e l’attachèrent à leur chaussure , pre'sent qu’ils « firent aux nobles fils des Ausoniens. Et bien que le fils d’He'rode soit issu du sang des «Ce'cropides, on ne reprochera pas de porter l’ancien ornement des Tyrrhe'niens à celui <1 qui se glorifie de descendre de Mercure et d’Hersé , s’il est ■vrai que Ce'ryx soit l’an- « cétre d’He'rode de la race de The'se'e. C’est à ces titres que, comble' d’honneurs et con- «sul e'ponyme, il a e'té reçu dans ce sénat dont les sièges sont les premiers des trônes. «L’HelIade n’a pas de race plus royale et plus illustre que celle d’Hérode, ni de voix «plus célèbre, et on l’appelle la langue d’Athènes. Quant à Regilla, cette beauté qui «descend d’Enée et de Ganymède, elle était du sang de Dardanus et de Tros, fils « d’Érichthonius, — Présente-Iui des offrandes, honore-Ia par tes sacrifices, si tu le «veux, nul n’y est forcé; mais la piété peut se plaire à adresser ses hommages aux « héros. Car Regilla n’est plus mortelle , et cependant elle n’est pas encore déesse. «Aussi n’a-t-elle encore ni temple ni tombeau, et n’a reçu ni les hommages que l’on «rend aux mortels, ni ceux que l’on doit aux dieux. Son monument, dans un dème «d’Athènes, est semblable à un temple, et son âme voltige autour du sceptre de Rha- «damanthe. Sa statue a été bien accueillie de Faustine. Jadis elle possédait dans le «territoire de Triopas de vastes campagnes, des vignes et des champs d’oliviers; et «l'impératrice déesse ne dédaignerait pas devoir cette jeune épouse devenir le ministre «et la compagne de ses honneurs. Car Diane au trône d’or n’a pas dédaigné Iphigénie, «et Minerve aux yeux sévères ne repoussa pas Hersé. L’auguste mère du puissant «César (I), reine des anciennes héro'ines, ne verra pas non plus avec peine Regilla ad- « mise parmi les antiques demi-déesses, où elle-même, avec Alcmène etSémélé, règne B sur les chœurs des Champs Élyséens. »
TibÉrius Claüdius HÉrode Atticus, si célébré en Grèce et à Rome sous les premiers Antonins, descendait de l’illustre famille des Eacides, qui reconnaissait pour chef Ajax, fds de Télamon, et il était ne à Marathon. Ses ancêtres avaient occupé les places les plus considérables en Grèce, Hipparque, son grand-père, accusé ou soupçonné d’aspirer à la tyrannie, fut obligé de s’éloigner d’Athènes, et ses biens furent confisqués. Atticus, son fils, en recouvra cependant quelque partie; mais il vivait dans une honnête médiocrité, lorsqu’un heureux hasard, la fortune qui ne fut pas aveugle pour lui, le combla à profusion de ses faveurs en lui faisant trouver dans sa maison , près du théâtre à Athènes, un immense trésor. Il faut même qu’il fût hors de proportion avec les fortunes les plus considérables, et qu’Atticus en fut embarrassé et effrayé; car il s’adressa à l’empereur Nerva pour qu’il lui donnât ses ordres à ce sujet: le bon empereur lui répondit d’en user à son gré ; Atticus n’étant pas encore rassuré, renouvela sa démarche près du prince, en attestant que ce trésor était énorme. «Eh bien! puisque la fortune vous l’a donné, lui ré-
(1) La mère de Marc-Aurèle était Domitia Calvilla ou Carvüla, nommée aussi Domitia Lucilla , de famille consulaire, fille de Calvisius Tullius, deux fois consul selon Jules Capitolin ( Hist. Aug., t. I , p. 288). Elle avait épousé Annius Verus. Morte avant que son fils Marc-Aurèle fût empereur, elle ne reçut pas les honneurs de l’apothéose ; aussi n’est-elle pas ici regardée comme déesse. Mais c’était déjà
pour elle et pour son fils un grand honneur de se voir associée aux antiques héroïnes Alcmène et Sémélé, que Jupiter avait rendues mères d’Hercule et de Bacchus. — L’ornement dont il est parlé plus haut est le croissant en ivoire que les sénateurs romains portaient à leur chaussure, selon les uns sur le cou-de-pied , selon d’autres au talon , et que Rome tenait des Étrusques, ainsi que la plupart de ses institutions.
GRECQUES
«pliqua Nerva, H est bien à vous; usez-en et abusez-en à votre volonté. « Atticus suivit ce conseil, et rien n’egala sa magnificence et sa libéralité' : il ne ressemblait guère à ces avares que tance son biographe Philostrate, et qui , entassant et gardant à vue leurs richesses dans les prisons de leur trésor, en sont les impitoyables geôliers. Les biens considérables de la femme qu’epousa l’opulent Atticus ajoutèrent encore à ses richesses dont il fit le plus noble usage. Les habitans d’Alexandria Troas obtinrent de l’empereur Adrien qu’il rétablît leurs bains : la somme de 3,000,000 de drach. (2,700,000 fr. ) qu’il avait accorde'e étant épuisée, les travaux allaient être suspendus; Atticus offrit et donna 4,000,000 de dr. (3,600,000 fr. ) pour les terminer. Souvent il sacrifiait dans un jour cent bœufs à Minerve, et tous les Athéniens prenaient part au festin sacré. Par son testament il laissa à chacun d’eux une miine (91 fr. ) par an. Mais il paraît que son fils Hérode Atticus n’exécuta pas très scrupuleusement cette clause du testament de son généreux père. Cet opulent Athénien était la ressource de tous ses concitoyens, et il y en avait peu qui, pour leurs affaires ou dans leurs besoins, n’eussent eu recours à lui , et auxquels il n’eût prêté de l’argent. Héritier des billets qu’ils avaient faits à son père, Hérode Atticus convoqua tous les Athéniens. Il fit d’abord un arrangement de cinq mines une fois payées, au lieu de la mine de rente qui leur avait été léguée. Produisant ensuite les obligations des sommes dues à son père et à son grand-père, et donnant à la plupart des citoyens leurs billets en échange de la mine de rente qu’ils comptaient recevoir, il s’acquitta de cette manière du legs auquel il était tenu. Beaucoup d’ Athéniens restèrent encore ses débiteurs; l’on fut en général mécontent de la conduite trop adroite d’Hérode Atticus, et ses libéralités ne la lui firent pas pardonner. Aussi, lorsqu’il fit construire en marbre pentélique un magnifique stade, qu’il nomma Panathénaïque, comme destiné à tous les Athéniens, ne manqua-t-on pas de dire qu’il méritait bien ce nom, puisqu’il avait été fait avec l’argent dont il avait frustré tous les Athéniens. Les côtés de ce stade très-grand venaient jusqu’au bord de l’Ilyssus , et l’autre extrémité s’appuyait à une colline où il s’élevait en amphithéâtre. Ce superbe ouvrage fut fait en quatre ans; Philostrate dit qu’aucun autre ne peut lui être comparé, et on y employa une grande partie des marbres du mont Pentelé. Pausanias (1) se contente de dire que l’on n’ajouterait pas foi à ce qu’il en rapporterait, et qu’on ne le voyait qu’avec admiration. Sur un des côtés de ce stade, Hérode avait érigé un temple à la Fortune, et il le lui devait bien. La statue de la déesse était en ivoire, mais malheureusement on n’en nomme pas le statuaire. On parle aussi d’un navire du stade Panathénaïque qui glissait sur terre au moyen de mécaniques cachées. Il est probable que c’était dans ce stade que se célébrait une partie des fêtes des Panathénées. Il faut qu’Hérode Atticus eût beaucoup de crédit sur la jeunesse d’Athènes ; avant lui , dans ces pompes solennelles, les jeunes gens étaient vêtus de noir en mémoire de la mort d’Egée; il leur fit changer de costume, et ils assistèrent en blanc aux Pa-
(1) Au., c. XIX.
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nathënées, qui, très-lugubres jusqu’à He'rode Atticus, lui durent de prendre un caractère plus gai.
Hërode fit ëlever à Athènes un très-beau thëàtre en mëmoire de sa femme Regilla ; les plafonds et les sculptures étaient en bois de cèdre ; il paraît qu’il était couvert comme un temple : Philostrate assure que dans tout le monde romain il n’y avait rien de plus beau que le stade Panatliénaïque et ce théâtre, Celui que lui dut la ville de Corinthe le cédait au théâtre d’Athènes. Parmi beaucoup de statues, on y citait celles de Neptune isthmien et d’Amphitrite qui étaient colossales, en or et en ivoire (1). Hërode Atticus etendait de tous côtés ses libéralités et laissait des témoignages de son goût. A Delphes , c’était le stade d’Apollon pythien , qui anciennement était en pierre, et qu’Hérode revêtit de marbre pentélique (2); aux Thermopyles, de superbes thermes. Il ne s’en tenait pas aux diverses contrées de la Grèce; en Italie, à Canusium, de beaux bains et des eaux en abondance, amenées à grands frais et distribuées dans toute la ville, attestaient sa magnificence. Tous ces travaux, que tout autre eut trouvés considérables, et qui eussent épuisé sa fortune , étaient encore peu de chose pour la noble ambition d’Hérode , pour ses richesses et pour le désir qu’il avait de les employer à l’utilité publique. Quelques villes avaient à se féliciter de sa libéralité, mais il aurait voulu mériter, par un seul ouvrage, la reconnaissanee du Péloponnèse, de toute la Grèce et de la postérité. Il forma donc le projet de couper l’isthme de Corinthe et de procurer, par le large détroit qu’il aurait ouvert, une navigation moins longue et plus facile , et de rendre , en abrégeant la route, un grand service au commerce entre les côtes de la Grèce et de la Macédoine, à l’ouest de l’isthme, et l’Asie Mineure. On ignore ce qui put s’opposer à ce vaste et utile projet d’Hérode, mais il ne le réalisa pas.
Malgré les bienfaits qu’Hérode répandait de toutes parts , maigre la foule que son esprit, ses talens, l’affabilité de ses manières, son éloquence, attiraient sans cesse autour de lui autant que ses richesses, qui semblaient appartenir à tout le monde, la malignité, depuis longtemps, se déchaînait contre lui et faisait circuler sourdement sur sa conduite et sur son ambition d’odieuses inculpations : il se serait rendu coupable de concussions, d’exactions et des actes les plus arbitraires pendant qu’il était à la tête du gouvernement d’Athènes. On alla même jusqu’à le charger du crime d’avoir fait mourir sa femme, la vertueuse et belle Regilla, enceinte de huit mois. Et cependant à sa mort il avait, et pendant longtemps, donné des preuves
(1) Ces statues e'taient dans le temple de Neptune isthmien ; elles formaient un immense groupe : Neptune et Amphitrite e'taient sur un quadrige dont les chevaux dore's avaient les sabots en ivoire. Us e'taient conduits par deux tritons en or, et de la ceinture en bas en ivoire. Paie'mon , en or et en ivoire, e'tait debout sur un dauphin j sur la base e'tait repre'sente'e la mer personnifiée et tenant entre scs bras
Vénus enfant. Autour étaient les Néréides. Sur ia même base on voyait les dioscures Castor et Poflux , divinités protectrices des navigateurs. Le calme de la mer y était aussi représenté, ainsi qu’un cheval marin, Ino , Beüérophon et Pégase. Paus., Cor., c.1,1. Voy. dans le Jupiter olympien de M. Quatremère de Qurncy des détails sur cette grande composition.
(2) Paus., Phoc., c. xxxii, 1.
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de la plus vive douleur ; sa raison paraissait meme en avoir ete alteree. Dans ses splendides habitations, les statues, les peintures, les ornemens, les bronzes, tout fut voile de noir. Sur les murailles, aux lambris, les plus beaux mai'bres des plus riches couleurs furent remplaces par le marbre noir de Lesbos. Cerès se vit consacrer dans son temple d’Eleusis tous les elegans et somptueux bijoux de Regilla. Enfin le chagrin d’Herode fut si excessif, que l’on y vit de l’ostentation. Un de ses amis, le caustique et plaisant Lucius ne lui épargna pas les conseils et les bons mots , et parvint à modérer une affliction probablement sincère, mais que la malignité athénienne tournait en plaisanterie.
Bradua , personnage consulaire , sénateur romain , frère de Regilla , soutint l’accusation devant l’empereur Marc-Aurèle , élève d’Hérode et qui l’honorait de son estime et de son amitié; une députation d’Athènes joignit, pour l’accabler, ses plaintes aux violentes attaques de Bradua. Hérode se défendit lui-méme avec toute la chaleur et toute l’éloquence que l’on pouvait attendre de son esprit, de son cœur et, on peut le croire, de son innocence. Aucune des charges portées contre lui ne produisit l’effet qu’en espéraient ses ennemis ; rien ne fut prouvé : Hérode sortit vainqueur de toutes ces attaques. On crut qu’il resterait contre lui de fâcheuses impressions dans l’esprit de Marc-Aurèle, et que sa faveur en recevrait quelque atteinte; mais il n’en fut rien. Hérode parla toujours depuis à l’empereur avec la meme franchise et cette noble énergie que lui inspirait son dévouement, et des lettres de ce grand prince prouvèrent qu’il lui avait conservé la même affection; et, bien que les conseils d’Hérode à son ancien élève fussent parfois sévères jusqu’à la rudesse , on vit qu’il aimait à y avoir recours et qu’il s’en trouvait bien.
Après son procès avec les Athéniens, plaidé devant Marc-Aurèle, Hérode Atticus se retira à Marathon , sa patrie, et à Céphisie, dont il avait fait un délicieux séjour, et où il était entouré de tout ce que la jeunesse d’Athènes offrait de plus distingué, et qu’attiraient son esprit, sa bonne maison et le charme de ses paroles. Hérode avait eu pour maîtres d’éloquence des rhéteurs célèbres, Polémon, Pliavorin , Scopelianus, Secundus d’Athènes, dont les noms et quelques écrits sont venus avec honneur jusqu’à nous, et sur lesquels Philostrate, dans de longs articles biographiques pour chacun d’eux et des suivans, nous offre de nombreux documens où il est souvent question d’Hérode. Il suivit, pour la critique, Théogène de Cnide et Munatius de Tralles; et, pour la philosophie platonicienne, Taurus de Tyr. De tels maîtres avaient formé un disciple digne d’eux, et qui même les surpassa.
Hérode avait eu une fille, Panathénaïs ; à sa mort, qui eut probablement lieu loi'S de la plus grande faveur de son père à Athènes, les Athéniens l’y enterrèrent avec pompe et de grandes démonstrations de douleur, et on alla jusqu’à supprimer dans l’année le jour de sa mort, ce qui ne se conçoit guère et devait fort déranger le calendrier. Elpinicie, autre fille d’Hérode, mourut aussi avant lui. On ne parle que d’un de ses fils, qui ne paraissait pas le moins du monde propre à le remplacer. Il était si inepte , qu’on désespérait de parvenir à lui apprendre rien , même les lettres de l’alphabet.
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Pour venir au secours de son manque presque absolu de mémoire et de son incapacité , Herode eut l’idee de faire ëlever avec lui vingt-quatre enfans, à chacun desquels il fit prendre pour nom celui d’une des lettres de l’alphabet, pour que peu à peu son fils apprît à les connaître en appelant ses camarades. On ne dit pas si ce plan réussit et si le fils imhëcille d’un homme de tant de mérité finit par devenir un littérateur distingue ou même quelque chose.
Parmi les innombrables affranchis d’He'rode Atticus, il en regardait plusieurs comme ses meilleurs amis, et ils le me'ritaient par leurs talens et leur affection pour lui. Aussi pleura-t-il amèrement la mort d’Achille, de Pollux et de Memnon, qu’il avait ëleves. Sa douleur s’exprimant, pour ainsi dire, toujours par des monumens, il leur fit ëlever des statues sous la figure de chasseurs, qu’il plaça, dans diverses attitudes, parmi ses bois, ses champs, près des fontaines qu’ils avaient aimëes, à l’ombie des platanes où il avait joui de leur conversation et de leur amitië. Des imprécations ëtaient fulminées contre ceux qui oseraient les mutiler ou les changer de place. Lorsqu’on reprochait à Hërode ce luxe extravagant pour la mémoire de ses esclaves, «que vous importe, rëpondait-il, que jj m’amuse à ma guise de mes « marbres ? » Au reste , c’était un moyen d’exercer le talent des statuaires , de multiplier les monumens, et, en embellissant le pays, d’entretenir le goût par la vue d’ouvrages de mérite. Il n’est pas à craindre ou à espérer que nos gens à trésors encourent de leurs contemporains et de la postérité de semblables reproches; jamais ils ne se rendront coupables d’avoir, en faveur des arts, épuisé leurs carrières de marbres; jamais on ne les accusera d’avoir fatigué et usé le ciseau de la sculpture (1).
(1) La sculpture ou du moins la statuaire n’est plus en honneur. Autrefois, chez fes anciens, délice des princes, des grands, des hommes de goût, ou pour mieux dire de toutes les classes, elle attirait à ses pieds dans les palais du riche et même chez les particuliers. Les places publiques , les lieux de réunion , les promenades, de même que les temples et les bois sacrés, étaient peuplés, vivans de ses chefs-d’œuvre. Aux hommages que l’on rendait à un dieu , à un grand homme , on associait ceux que l’on devait à l’habile artiste qui les arait reproduits. Qu’il est loin le temps où l’on s’agenouillait d’admiration devant un chef-d’œuvre! Aujourd’hui, l’on passe froidement près de beaux ouvrages , c’est à peine si on les regarde ou si l’on en sent la valeur ; on leur préférerait un meuble à la mode.
Quels sont les particuliers parmi ceux que la fortune favorise le plus de ses dons,
chez lesquels vous trouverez ou des statues antiques ou de belles statues modernes? Il en est jusqu’à trois que l’on pourrait nommer, et on les cite comme des phénomènes. Qu’on cherche bien, et l’on ne trouvera peut-être pas en France, hors Paris , trente statues antiques. Et nous parlons toujours bien haut de notre amour, de notre goût pour les arts? Nous sommes le peuple qui les sent le mieux j oui , et qui les paye le moins. OflFrez une belle statue dans telle et telle grande maison où les écuries abondent de chevaux et les cours de voitures; laissez-la à un prix modéré, bien au-dessous de la valeur quelle aurait eue aux temps où l’on eût eu le bon goût de l’apprécier; faites-lui subir la comparaison avec quelque objet de fantaisie, de mode, trois fois trop cher, et vous verrez qui l’emportera. Cependant l’opulent propriétaire de tant de beaux équipages, de tant de chevaux, de chiens,
Herode Atticus mourut à Marathon à soixante-seize ans, vers 176 de notre ère. II avait ordonne à ses affranchis de l’y enterrer; mais les jeunes gens d’Athènes, par une résolution spontanée, vinrent l’enlever et le conduisirent dans la ville. Ils firent de magnifiques funérailles à celui dont la vie et les richesses avaient été consacrées à leur instruction , à leurs plaisirs, et à l’embellissement d’Athènes et de la Grèce. Les Athéniens de tout âge, de tout sexe, tout Athènes lui servit de cortège funèbre, et conduit au stade Panatbénaïque au milieu des larmes et des éloges, comme s’il eut été le père de tous les Athéniens, il fut déposé, avec une pompe lugubre, dans ce magnifique monument qui lui servit de tombeau.
Le désir qu’Hérode avait témoigné que sa sépulture fût à Marathon peut faire présumer que, n’ayant pas pu y posséder son corps, on y consacra quelque monument à son honneur, et il serait assez probable que, pour y donner encore plus de lustre, on y eût réuni sa mémoire à celle de ses augustes élèves Marc-Aurèle et Lucius Vérus. On trouva, il y a quelques années, dans un tombeau à Marathon , trois bustes dont deux étaient ceux de ces deux empereurs, le troisième offrait un personnage inconnu. Acquis par le de Choiseul-Gouffier, ils ont passé dans la belle collection de M. le de Poui'talès-Gorgier, celle de particulier en France qui possède le plus de statues et de monumens de la sculpture antique , réunis avec goût et connaissance des arts. La circonstance d’avoir été trouvé à Marathon , dans un monument funèbre, et avec les bustes de Marc-Aurèle et de Lucius Vérus, me ferait présumer que celui qui leur était uni est le buste de Publius Claudius Hérode Atticus, personnage qu’ils chérissaient et estimaient pendant sa vie, et qu’ils auront voulu honorer après sa mort, en joignant leurs portraits
de tant d’arpens au soleil et de tant d’actions très-productives dans son portefeuille, aime les arts à la passion , il en parle , il ne quitte pas le salon , il juge en oracle les statues, les tableaux; mais il ne les achète pas; virtus laudatur et alget. On loue la statuaire, et elle se morfond; on la laisse se geler et grelotter dans ses ateliers, et l’on s’embarrasse fort peu que ses ciseaux se rouillent. A quelles gens riches vient jamais l’ide'e de les lui faire employer à quelque grand ouvrage ou seulement à une statue? si ce n’est quelque millionnaire qui aura voulu, au meilleur marche' possible, rappeler et transmettre à la poste'rité son manteau d’hermine , sa toque empennée, sa chaise curule et sa froide figure, et qui l’aura fait faire, au rabais, par des mains habituées à sculpter des cheminées ou des monumens de pacotille pour le fastueux magasin mortuaire du Père-Lachaise. Où sont les hommes a tré-
sors qui, animés de la noble firté de posséder de beaux ouvrages, dignes de leurs richesses , consacrent quelques-uns de leurs millions à faire fleurir les arts , à réchauffer leur génie et à leur faire produire des chefs-d’œuvre? Qui, parmi nos Crésus modernes, dirait à un statuaire d’un talent reconnu, faites ce que vous pourrez produire de plus beau , n’épargnez ni le temps, ni la peine, ni ma bourse, et vous serez content de moi? Ces doux propos s’adressent à un orfèvre, à un tapissier, à un carrossier, mais jamais à un statuaire! ■ivec l’homme de talent on marchande ; si par hasard on lui demande un de ses ouvrages, on sait qu’à tant le pied cube de marbre et à tant par jour pour le travail,, cela fait tant, et en sus de ce calcul on ne compte que bien peu pour le talent. Une statue est un meuble comme un autre ; c’est bien cher ! est le premier mot , sans qu’on ait la moindre idée des peines, des soins
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au sien dans le monument qu’ils lui auront peut-être fait ériger, et dont il ne reste que des ruines. Il est fort à regretter que ce buste cui'ieux ait éprouvé quelques dégradations et que le nez soit mutilé.
501 B. ViTRASius POLION. N° 857 H, pl, LXII, lolig., grès.
O Voici ce que M. Letronne, p. 85 de la Description de la collection de M. Miniaut, par M. J. J. Dubois, nous apprend sur cette belle inscription : elle porte que l’an 14 de (Tibère) César, empereur auguste, Vitrasiüs PoLLiON (écrit Polion), étant Hégémon et Ragonius Celer, épistratége,
qu’a coûtés sa triple exécution , depuis le moment où, après avoir été conçue par le statuaire, elle sort de la masse d’argile, est reproduite en plâtre pour arriver à sa dernière métamorphose et à donner la vie au marbre ou au bronze. Au reste , y a-t-il lieu d’étre surpris que les riches et les prétendus amateurs y regardent de si près pour des ouvrages qui les intéressent si peu et qu’ils mettent à si bas prix le talent , lorsqu’on sait que certains sculpteurs en vogue , on ne sait pas trop pourquoi, et auxquels l’on accorde quelque talent , emploient , pour de grands ouvrages commandés à de hauts prix, je ne dis pas des praticiens, c’est tout simple , mais des camarades moins heureux , plus timides , moins prônés par les coteries , qui , à cinq francs par jour, cinq francs! leur font leurs modèles, en terre, et c’est le principal, et leur laissent l’honneur et le profit d’un travail qu’on leur paye très-cher et qui leur a coûté si peu. Je ne nommerai personne , mais je le pourrais : sic itur ad astra.
Ce n’est pas en faisant tailler beaucoup de pierre ou de marbre, en coulant des montagnes de bronze, qu’on rend le plus de services à la statuaire, c’est en l’employant à des productions qui l’invitent et la forcent même à des études consciencieuses, graves et sévères, en harmonie avec les élans ou les hautes conceptions de son imagination et de son génie. Offrez-lui les occasions de les exercer par des compositions nobles et élevées, dont elle n’ait à chercher les modèles que dans la nature la mieux choisie et la plus pure, et dans ses propres inspirations. Ce n’est
pas chose facile de trouver des sujets propres à la sculpture, du moins à celle qui , par ses compositions autant que par son exécution , mérite de passer à la postérité et n’est pas un caprice du moment ou de la mode. Malheur à l’artiste qui se plie aux fantaisies de cette bizarre déité ; ce n’est pas celle qui dirigeait et qu’adoraient les Phidias, les Alcamène, les Scopas, les Praxitèle et toutes ces savantes et brillantes écoles de la Grèce, et qui leur fit enfanter tant de chefs-d’œuvre. L’on dirait que pendant ces siècles de glorieuse mémoire la sévère et pure déesse des arts. Minerve , du haut de son Parthéuon , animant de ses regards divins les artistes et leur inspirant son feu céleste , veillait sur eux et les empêchait de sortir de la route que son génie leur avait tracée. C’est en la suivant qu’ils sont arrivés, ces amans passionnés de la belle nature , au faîte de la gloire. Ils savaient que, pour parvenir à ce but, objet de leurs désirs, il ne suffit pas de marcher beaucoup , mais qu’il faut être sur la bonne voie, et que l’on pourrait demander un monde de travaux à la sculpture et lui nuire plus que si on la laissait oisive. Livrée en repos à ses méditations , elle serait plus prête à se réveiller et à se relever grande , forte et dans toute sa sublimité, que si l’on énervait son génie et ses forces en exigeant d’elle des productions peu dignes de son ciseau , et où elle n’aurait rien à acquérir. L’on citerait d’immenses monumens qui font plus de tort à la gloire de la sculpture que si elle était restée les bras croisés, et dont un jour elle n’aura qu’a rougir.
GRECQUES
Longinus, centurion, a eleve' ce monument, sur lequel on ne s’explique pas davantage et dont il ne nous reste que cette pierre. Vitrasius PoUion fut prefet d’Egypte sous le règne de Tibère; il y mourut en 785 de Rome, l’an 32 de J. C., et l’an 19 de ce prince. On voit d’après notre inscription qu’au moment de sa mort il était en fonction au moins depuis cinq ans. — Ce monument a ètè rapporte' d’Egypte par M. Mimaut; Descript., n“ 336. [Haut. 1™,028 3 pi. 2 po.]
D’après les documens épars çà et là que peuvent, mieux que les auteurs, fournir les inscriptions de l’Egypte grecques et latines, la sagacité' de M. Letronne est parvenue à établir, d’une manière positive, la hiérarchie qui, sous la domination des Romains, l’églait les rangs entre les places administratives de l’Egypte, ainsi que leurs droits et leurs pouvoirs sur les pays qui leur étaient confiés. ]Jhégémon, ■, prœfectus augustalis, ou prcefectus
Ægypti, nommé aussi éparque, iwap^oç, et archonte, âp-gcôv, était le gouverneur général de l’Egypte. Ce titre de prcefectus augustalis indiquerait peut-être qu’il était nommé par l’empereur lui-même, tandis que les autres places dépendantes de Vhégémon étaient à sa disposition. II paraît hors de doute que ses attributions ne fussent à la fois civiles et militaires, et qu’il n’eut la haute main sur toute l’administration de l’Egypte.
Après Vhégémon venaient les épistratéges , iTranpoLmyoI, dont chacun administrait une des grandes divisions de l’Egypte, et dont les fonctions étaient civiles et militaires. L’épisti'atége avait probablement sous son commandement plusieurs nomes ou petites provinces; il semble que tous les épistratéges, de même que l’hégémon, étaient toujours pris parmi des Romains, ou du moins, jusqu’à présent, les inscriptions n’ont-elles pas fourni de Grecs ou d’Egyptiens qui aient rempli ces charges. Ces épistratéges romains surveillaient et contrôlaient, d’après l’esprit et les instructions de Rome, l’administration des places occupées sous leurs ordres par des Grecs ou des Egyptiens qu’ils maintenaient dans la ligne qu’ils leur avaient tracée. Il est à présumer, d’après une inscription il est vrai unique, que du temps des Ptolémées il y avait déjà des gouverneurs avec titre à’ épistratéges. Ce titre était particulier à l’Egypte ; car on ne le trouve que dans les inscriptions grecques de ses monumens et de ses papyrus.
Sous les épistratéges étaient les stratèges, les mêmes, à ce qu’il paraît, que les nomarques , et qui administraient un et quelquefois deux nomes lorsqu’ils se trouvaient limitrophes l’un de l’autre. Le mot de stratège, (rrpajrayiç, par sa véritable acception , indique un général. Cependant ce n’était pas toujours le sens que l’on attribuait, même en Grèce, à ce mot srpcLTV\yéç, et on voit ce titre donné à l’administrateur d’un temple dont les fonctions n’étaient nullement militaires. En Egypte, celles du stratège n’étaient que civiles, quoique en certaines circonstances elles pussent lui donner de l’autorité sur les troupes. Les inscriptions où l’on n’a pas encore trouvé de noms romains parmi les stratèges prouvent, du moins jusqu’à de nouvelles decouvertes, que ces places étaient données à des Grecs et à des Egyptiens, qui , bien au fait des localités et de leurs besoins ou de leurs ressources, étaient
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plus en état que des Romains de les administrer. La place de stratège ressemblait à celle de nos préfets. C’était Auguste qui avait établi ce mode d’administration de l’Egypte, et on ne voit pas que, jusqu’aux deux Philippe, vers 250, on y eut rien change, et l’on ne rencontre pas de Romains revêtus du titre de stratège.
Dans les inscriptions grecques d’Egypte, le stratège est nomme immédiatement après l’èpistratege ; il ne paraît pas dans l’inscription des colonnes d’Antinoé, citee par M. Letronne (1), qui pense que probablement Antinoe, ville nouvelle et toute grecque, était administrée d’une manière particulière, ainsi que son nome, et qu’il n’y avait pas de stratège. Notre inscription n’en offre pas non plus; et on peut croire ou qu’il n’y avait pas de stratège dans le nome où le centurion Longin a éleve un monument, ou que, s’il y en avait un , il n’avait été pour rien dans l’érection de ce monument. Il semblerait cependant que le stratège, soit qu’il y eût ou n’y eût pas contribué, devait être mentionné dans l’inscription, et que son nom y était nécessaire, et même indispensable, comme une espèce de date. Ne serait-ce pas une preuve que cette localité, que nous ne connaissons pas, n’avait pas de stratège parmi ses administrateurs? Cette circonstance ou cette similitude avec l’inscription d’Antinoé ne suffit pas pour attribuer la notre à cette ville, fondée par Adrien en honneur de son favori Antinous; mais peutêtre appartient-elle à quelque ville toute grecque, qui n’était pas régie de la même manière que les villes égyptiennes, et qui, sans stratège, était sous le gouvernement immédiat de l’hégémon et de l’épistratége. Jusqu’à présent, les inscriptions grecques et latines d’Egypte n’ont fourni que trois de ces hégémons ou préfets de l’Egypte : Ulpianüs primianus, préfet en 194 de notre ère, sous Septime-Sévère; son nom est sur le nilomètre d’Eléphantine; — Lætüs, en 202; — Siibatianüs aqüila, en 205, que nous verrons, 560 B, 11° 8 16 A.^ — Voy. sur ces places Letronne, Recherches pour servir à l'histoire de l'Egypte, p. 263, 265, 266, 279, 284, 293 et passim.